URSS (48) Bases Navales (3)

Flotte du Pacifique

Base sous-marine de Rybachi

Implantée dans la ville de Villoutchinsk, à 25km au sud-ouest de Petropavlosk-Kamtchatski, elle à été inaugurée en 1937. Elle regroupe tous les sous-marins de la flotte du Pacifique pour faciliter l’entretien, la logistique mais aussi le secret, obsession du régime stalinien.

Elle dispose d’un grand bassin à flot, de bassins annexes _tous construits par les prisonniers du Goulag_ , de magasins, d’ateliers, de dépôts enterrés de carburants mais aussi de trois formes couvertes pour l’entretien courant ou les réparations d’urgence.

Des batteries côtières ont également été aménagées pour couvrir la base contre une action ennemie (sous-entendue japonaise) avec des canons de 152 et de 130mm, des canons antiaériens de 76.2mm, des armes d’infanterie _mitrailleuses, mortiers_ et bien entendu des fusiliers marins pour la défense et la sécurité.

Cette base n’est pas endommagée par le second conflit mondial. Dans l’immédiat après guerre elle est réaménagée pour pouvoir accueillir des sous-marins nucléaires qu’ils soient d’attaque ou lance-engins. Les défenses côtières sont elles désactivées car obsolètes. En 2018 la base est toujours opérationnelle même si elle à connue une période difficile dans les années quatre-vingt après l’implosion de l’URSS.

Petropavlosk-Kamtchatski

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Ville dépendant du krai du Kamtchatka, elle à été fondée au XVIIIème siècle mais il faut attendre 1812 pour qu’elle reçoive officiellement le statut de cité.

Quarante ans plus tard en 1854/55, une escadre franco-britannique met le siège devant ce port dans le cadre de la guerre de Crimée.

Les russes sont en infériorité numérique, la ville est peu protégée et pourtant ce sont les russes qui parviennent à repousser les assaillants qui après deux tentatives infructueuses préfèrent abandonner l’idée de s’emparer d’une ville située à plusieurs milliers de kilomètres du théâtre d’opérations principal.

Base navale et port de commerce, Petropavlosk-Kamtchatski est le relais de Vladivostok qui est la principale base de la flotte russe du Pacifique en dépit d’une situation délicate car menacée au sud comme à l’est par le Japon.

Le site en lui même accueille essentiellement des navires légers, des croiseurs comme des destroyers, de plus grosses unités viennent parfois y faire escale mais sans stationnement pérenne.

Des travaux de modernisation sont menés dans les années trente et les années quarante. Aucun dégât n’ayant été causé durant le second conflit mondial, la base est en excellente état fin 1954.

De continuels travaux de modernisation sont menés pour notamment adapter la base à l’accueil de navires à propulsion nucléaire qu’il s’agisse de brise-glaces ou de sous-marins, Villoutchinsk perdant son monopole pour éviter qu’une frappe préventive des américains ne privent la Flotte du Pacifique de nombreux submersibles.

Comme pour toutes les bases soviétiques, les années quatre-vingt dix ont été particulièrement difficiles après l’implosion de l’URSS. La base à été délaissée, des navires nucléaires laissés dans un état préoccupant. La situation s’est néanmoins largement amélioré depuis le début des années 2000.

Vladivostok

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Dépendant du Krai de Primorsky, implantée dans la partie méridionale de la péninsule de Muravyov-Amursky, Vladivostok (qui signifie «le maitre de l’Orient» et non «la perle de l’Orient») est officiellement fondée le 2 juillet 1860 après le débarquement d’un détachement de marins russes.

Ce n’est pas du goût de la Chine et une courte guerre oppose Pékin et Saint-Petersbourg pour le contrôle de cette région. Les russes l’emportent et se dépêchent de fortifier la zone. Ce sont des travaux de longue haleine puisque menés en continue dans les décennies 1870,1880 et 1890.

Comme jadis le site de l’Arsenal de Brest et son fleuve côtier la Penfeld, activités de commerce et marchandes cohabitent mais rapidement le port de commerce est relocalisé à Nikolayevsk-sur-Amour. Le 22 avril 1880, Vladivostok obtient le statut de cité.

Base navale majeure de la Flotte du Pacifique, elle est aux premières loges dans la guerre russo-japonaise mais faute de menace allemande au chômage technique durant le premier conflit mondial.

Quand éclate la guerre civile russe, la ville est prise par les bolcheviques tout comme le TransSibérien, une voie ferrée reliant Moscou à Vladivostok. La ville comme la voie ferrée sont repris par la légion tchécoslovaque, d’anciens prisonniers austro-hongrois qui libérés vont entamer une véritable odyssée vers le Pacifique pour rentrer dans une Tchécoslovaquie récemment indépendante.

C’est d’ailleurs le prétexte invoqué par les alliés pour déployer des troupes en Extrême-Orient, un corps expéditionnaire composé essentiellement d’américains, de chinois, de japonais, de français et de britanniques.

Dès l’origine le Japon fait cavalier seul, rêvant de créer un état-tampon entre la Russie et sa zone d’influence. Si les alliés occidentaux et les chinois sont tous repartis fin 1920, les japonais attendront octobre 1922 pour plier bagage.

Le 25 octobre 1922 les bolcheviks reprennent la vie et ne la lâcheront plus. Ville d’un intérêt stratégique majeure, ville militarisée, elle est interdite aux étrangers jusqu’en 1991.

La base navale subit de gros travaux dans les années 1940 pour s’adapter à l’arrivé de navires de ligne mais aussi du porte-avions Ulianovsk.

Les quais sont refaits, les magasins, les ateliers et les dépôts agrandis, les formes de radoub adaptées à la taille croissante des nouveaux navires. Les défenses côtières guère entretenues depuis leur construction à la fin du XIXème siècle sont transformées avec notamment de puissants canons de 180mm identiques à ceux des croiseurs lourds de la RKKF.

Comme les autres bases de la marine soviétique dans la région, la base navale de Vladivostok ressort indemne du second conflit mondial, l’URSS et le Japon ne s’affrontant qu’à l’été 1954 à une époque où les japonais n’ont plus les moyens de tenter une action décidée et décisive contre Vladivostok.

Après guerre la base reste le quartier-général de la Flotte du Pacifique. Elle s’adapte aux évolutions des navires militaires soviétiques mais il n’y à pas eu de travaux majeurs d’agrandissement des installations.

Les défenses côtières ont été désactivées au milieu des années soixante à l’exception d’une tourelle de 180mm maintenu en état de tirer jusqu’en 1990 quand les derniers obus de 180mm sont tirés en direction du Pacifique. Après des années de pillage et de dépradation, la tourelle et son environnement immédiat à été restauré entre 2010 et 2015 avec un musée dédiée à la défense côtière partout dans le monde.

Flotte du Nord

Mourmansk

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la ville de Mourmansk est une ville récente puisque créée en 1916. Dès 1915, un terminal portuaire est créé en baie de Kola près de la péninsule du même nom.

Destiné à recevoir l’aide alliée, ce terminal se développe avec un port mais également une base navale où navires russes et alliés prennent leurs quartiers. Une ville croit autour, ville officiellement créée le 6 juillet 1916 sous le nom de Romanov-on-Murman mais dès le 3 avril 1917 après la révolution de février la ville adopte son nom final.

Entre 1918 et 1920, la ville est occupée par les alliés et par les blancs. Initialement les français et les britanniques mis à terre devaient éviter que les armes et le matériel livrés par les occidentaux ne soient récupérées par les bolchéviques. Ce n’est qu’ensuite que les alliés vont soutenir les contre-révolutionnaires.

Longtemps délaissée par les autorités soviétiques, la région arctique bénéficie à partir des années trente d’un nouvel intérêt avec la création en 1932 de la Flotte du Nord.

Si une base est aménagée sur l’île de Kotelny et que Severomosk est le QG, Mourmansk n’est pas une base secondaire d’autant que son port est le seul port soviétique libre des glaces TOUTE L’ANNEE.

Voilà pourquoi durant le second conflit mondial Mourmansk fût le lieu d’arrivée des convois alliés livrant aux soviétiques des armes, des véhicules, des produits semi-finis. Cette aide longtemps minorée par la propagande soviétique à été vitale permettant à l’industrie soviétique de négliger certains secteurs et de mettre le paquet sur d’autres.

Ce n’est pas un hasard si les troupes germano-finlandaises ont tenté de s’emparer de Mourmansk mais sans succès. Il y eut de nombreuses tentatives, la plus sérieuse étant l’opération FRANZ déclenchée le 9 mars 1951, une diversion de l’opération FRIEDRICH.

Les combats terrestres et aériens sont violents (le volet naval est plus confidentiel), la ville souffre mais les germano-finlandais sont stoppés à 50km de la ville autant par la résistance soviétique que par le mauvais temps et des contraintes logistiques.

Le front est sans jeux de mot gêlé jusqu’en octobre 1953 quand la Finlande bascule dans le camp allié suite à l’opération BOREALIS. Les troupes allemands se replient dans le nord de la Norvège, combattant les troupes alliées (américains, britanniques et français), se rendant en janvier 1954.

La base navale de Mourmansk née en même temps que la ville est agrandie entre 1940 et 1943 avec un bassin à flot, deux formes de radoub, des ateliers, des magasins, des dépôts, des logements pour les marins stationnés ou de passage.

Les défenses côtières sont particulièrement développées non seulement en direction de l’Océan Glacial Arctique mais aussi en direction de la Finlande et de la Norvège.

La base navale de Mourmansk est un vrai bastion, un vrai point d’appui pour tenir cette région stratégique.

Côté océan on trouve six tourelles doubles de 180mm permettant un tir en direction de la mer _leur rôle premier_ mais aussi de la terre comme s’en rendront compte les allemands et leurs alliés finlandais.

L’aviation allemande jouera un rôle important pour tenter de faire taire cette artillerie mais à la fin de l’opération FRANZ deux tourelles sont encore opérationnelles, deux autres étant remises en état ultérieurement, les deux dernières n’étant jamais remises en service.

Ces canons de 180mm sont relayés par des canons de 122mm de l’armée de terre mais aussi par des canons dual antichar/antiaérien de 85mm.

La défense terrestre est assurée par des blockhaus de campagne comparables aux ouvrages type STG français avec deux créneaux mitrailleuses/canons antichars et des cloches fusils mitrailleurs.

On trouve également des abris pour les troupes simplement armées de mitrailleuses. On trouve également des abris pour des pièces d’artillerie tractée, pièces fournies par l’armée de terre, l’armée Rouge déployant plusieurs divisions dans la région.

Le second conflit mondial terminé, la base navale reste opérationnelle. Elle s’adapte aux nouveaux navires de la RKKF, les défenses côtières en revanche sont désactivées car totalement obsolètes à l’heure du nucléaire et du missile.

Actuellement Mourmansk reste une base importante de la marine russe, la fonte des glaces et l’ouverture d’un potentiel «passage du nord-ouest» rendant encore plus crucial le contrôle de cette région.

Kotelny

L’île de Kotelny est une île de l’archipel des Anzhu, archipel qui fait lui même partie des îles de la Nouvelle Sibérie elles mêmes situées entre la mer de Laptev et la mer de Sibérie orientale.

Sur cette île est implantée une base navale dès 1933 peu après la création de la Flotte du Nord. Il s’agit davantage d’un point d’appui tactique que d’une base pérenne, le site étant trop isolé de la Russie utile.

Cela ne l’empêche pas d’être utilisé par la marine soviétique jusqu’en 1993 quand le site est abandonné par une Russie en pleine déliquescence. Seule une station scientifique maintient une présence humaine permanente. En 2013 le site à été réactivé toujours en vue de défendre les intérêts russes dans cette zone stratégiquement sensible.

Baie d’Olenya

Baie de la péninsule de Kola où se jette la rivière Pechenga. Donnant sur la mer de Barents, elle est un mouillage tactique pour la Flotte du Nord. Toutes proportions gardées c’est l’équivalent russe de la rade de Villefranche ou des salins d’Hyères.

Ce mouillage est peu utilisé durant la seconde guerre mondiale et abandonné une fois le conflit terminé.

Ostrovnoy

Site initial occupé par le terminal servant aux alliés occidentaux pour ravitailler une Russie chancelante (qui confirma durant le premier conflit mondial son statut de «colosse aux pieds d’argile») mais délaissé rapidement pour un autre site qui allait donner naissance à la ville de Mourmansk.

Le site est d’ailleurs très isolé puisque les seules liaisons sont aériennes et navales. Cet isolement est mis à profit pour y aménager dans les années trente une base sous-marine au profit de la Flotte du Nord. Cette base est déclassée à la fin du conflit en raison de graves dommages causés par les combats contre les germano-finlandais.

A plusieurs reprises les soviétiques étudient la reconstruction du site pour en faire une base navale moderne mais cela n’à jamais débouché.

Polyarny

Polyarny.png

Créée en 1896 sous le nom d’Alexandrovsk (en l’honneur du tsar Alexandre III), Polyarny devient une cité en 1899 même si elle ne prend son nom actuel qu’en 1931.

A la même époque un chantier naval est mis sur pied tout comme une base sous-marine qui va compléter Ostrovnoy avant de la supplanter, étant à l’abri de la fureur des combats. Elle est régulièrement modernisée et en 2019 est toujours la principale base pour les sous-marins de la Flotte russe du Nord. C’est aussi un site de désarmement et de recyclage des sous-marins nucléaires.

Severomosk

Créée sous le nom de Vayenga en 1896/1897, la ville fermée de Severomosk (il faut un permis d’accès spécial pour les ressortissants étrangers) voit l’implantation d’une base navale en 1933, base destinée à la toute nouvelle flotte du Nord.

Les travaux menés dans des conditions difficiles (travail forcé, conditions climatiques) ne sont achevés qu’en 1945. C’est à cette époque que le quartier-général de la flotte du Nord initialement installé à Polyarny est transféré à Severomosk.

En 1951 en plein conflit, Vayenga prend son nom actuel pour une raison encore inconnue aujourd’hui.

C’est une base navale complète avec défenses côtières, installations d’entretien (avec la plus grande forme de radoub de la péninsule de Kola), des dépôts, des magasins et des ateliers. On trouve des logements, un hôpital, des installations de commandement et même une base aéronavale pour couvrir et défendre la base mais aussi éclairer les navires qui y sont stationnés.

Si le porte-avions Orel est stationné à Mourmansk, il lui arrive de faire des escales dans la base navale de Severomosk. On trouve également des croiseurs, des destroyers, des sous-marins, de la «poussière navale» et des navires de soutien. Son rôle augmente avec la menace germano-finlandaise sur Mourmansk.

Après guerre le site est naturellement pérennisé, modernisé avec la démolition de défenses côtières obsolètes à l’heure de l’atome et du missile, l’agrandissement et l’adaptation des installations d’entretien.

En 2019 la base navale de Severomosk est toujours la principale base navale de la flotte russe du Nord.

Zapadnaya Lista

Située dans l’oblast de Mourmansk, plus précisément la partie la plus occidentale de la péninsule de Kola, ce site est situé à 120km de Mourmansk et à 45km de la frontière norvégienne à une histoire pour le moins singulière.

En effet ce site accueille une base navale allemande en 1939, base ouverte suite à la signature en août de la même année du pacte germano-soviétique. Elle doit servir de point d’appui pour la guerre de course mais avant même que la base soit pleinement opérationnelle la guerre de Pologne s’arrête.

Comme on ne sait pas à l’époque si cet arrêt est temporaire ou durable, les allemands continuent d’effectuer des travaux surveillés aussi bien par les soviétiques que par les britanniques (dès cette époque des plans de bombardement et d’assaut sont dressés contre cette base).

En juin 1945 le pacte germano-soviétique est dénoncé ce qui entraîne l’évacuation de la base par les allemands qui fait troublant se contentent d’évacuer tout le matériel mais laissent intactes les installations.

La RKKF étudie la possibilité de réactiver la base mais quand l’opération BARBAROSSA est déclenchée en juin 1950 rien n’à aboutit. Réoccupée par les allemands, elle est sévèrement endommagée par les combats et les bombardements.

Reprise par les soviétiques en janvier 1954 elle est laissée à l’abandon jusqu’en 1975 quand elle est à nouveau réactivée pour devenir une base pour sous-marins d’attaque. Elle est à nouveau désactivée en 1993 mais depuis 2013 des travaux sont menés pour réactiver la base ce qui à poussé la Norvège à renforcer sa présence terrestre, aérienne et navale dans la région.

Severodinsk

Ville du nord de l’oblast d’Arkhangelsk située sur le delta de la Dvina du Nord soit à 35km à l’ouest d’Arkhangelsk. Comme pour Severomosk, l’accès aux ressortissants étrangers est limité en raison du caractère sensible du site qui construit, soutien et entretien des sous-marins.

Créée sous le nom de Sudostroy, le site devient une cité en 1938 et prend alors le nom de Molotovsk (en référence au ministre soviétique des affaires étrangères), nom que la cité portera jusqu’en 1965 quand elle prend le nom de Severodinsk qui signifie simplement «ville de la Dvina du Nord».

Durant le second conflit mondial, Molotovsk sera un lieu d’arrivée des convois alliés ravitaillant l’URSS en armes, véhicules, produits finis et semi-finis. C’est aussi le site d’un important chantier naval capable de construire de grosses unités qu’elles soient navales ou militaires.

Le site reste stratégiquement important jusqu’à la chute de l’URSS en 1991. Les années suivantes sont difficiles tout comme l’ensemble de l’industrie et de l’économie russe mais peu à peu les chantiers navals de Severodinsk remontent la pente, restant encore aujourd’hui en 2019 en première position.

La base navale reste aujourd’hui une base navale importante pour la marine russe qui y stationne essentiellement des croiseurs et des destroyers lance-missiles. Quant à la base aéronavale elle accueille des avions de patrouille maritime et des bombardiers lance-missiles destinés à interdire à une marine ennemie l’accès à l’océan glacial arctique.

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