URSS (40) Navires de Soutien

NAVIRES DE SOUTIEN

Avant-propos

Avec les siècles la charge logistique des marines militaires n’à cessé d’augmenter. Plus les navires s’éloignaient des côtes et plus le soutien logistique était important. Du temps de la marine à voile, il fallait prévoir la nourriture et l’armement mais avec l’arrivée de la propulsion à vapeur, il fallait également prévoir du carburant, du charbon puis du pétrole.

Aux navires de soutien hauturiers s’ajoutaient des navires opérant dans les rades et les ports ainsi que des embarcations non motorisées comme des pontons ou des chalands. Le soutien s’étend également aux installations terrestres (formes de radoub, ateliers, magasins et dépôts).

Au sein de la Flotte des ouvriers et des paysans, le soutien logistique était assuré par le Service des Arrières chargé du ravitaillement, de l’entretien des navires et des installations terrestres.

A l’origine, il s’agit d’une direction du commissariat à la Défense. En 1937, il est inclus dans l’état-major de la marine à sa création. Un adjoint s’occupe du ravitaillement des bâtiments et un autre des installations terrestres. C’est la partie nationale du service des arrières, chaque flotte disposant de son propre service de soutien.

Géographiquement l’URSS ne dispose pas de gros besoins en matière de navires de soutien océanique. Aucune colonie à défendre, aucun convoi à escorter mais la présence de cuirassés, de croiseurs de bataille et de porte-avions impose à la RKKF de nouvelles servitudes.

En septembre 1948 la marine soviétique dispose de douze pétroliers (quatre en Baltique, deux en mer Noire, trois dans le Pacifique et trois dans l’océan glacial Arctique), de dix cargos (deux en Baltique, deux en mer Noire, deux dans le Pacifique et quatre dans l’océan glacial Arctique), d’un bâtiment-base de sous-marins déployé en mer Noire, un navire-atelier déployé en Baltique.

C’est peu de chose et même la réquisition de la marine marchande ne parvint à compenser des carences que la marine soviétique mettra du temps à combler même après guerre. A cela s’ajoute des navires légers à savoir 132 remorqueurs, 330 chalands et 24 grues flottantes.

Les différents navires de soutien de la RKKF

Pétroliers

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Un pétrolier militaire soviétique

Comme nous l’avons vu en introduction, les besoins de la RKKF en matière de soutien logistique ont été longtemps assez faible en raison d’un manque de navires hauturiers, d’un manque d’intérêts outre-mer et surtout d’une géographie guère favorable à de longues et grandes chevauchées en haute-mer.

Le choix à partir de 1936 d’une flotte océanique, d’une Blue Water Navy avec la construction de cuirassés, de croiseurs de bataille et de porte-avions impose la construction de pétroliers hauturiers, des pétroliers qui vont être tardivement (milieu des années quarante) équipés pour le ravitaillement à la mer.

En septembre 1948, douze pétroliers militaires (VT Voenni Tanker) sont en service, des navires qui ne disposent pas de noms mais sont connus sous les noms de VT-1 à VT-12.

Ces navires ne forment pas une classe homogène puisque les quatre premiers sont des pétroliers de 8000 tonnes filant à 17 nœuds (VT-1 à 4), les quatre suivants sont des gros pétroliers de 12000 tonnes filant à 15.5 nœuds (VT-5 à 8) alors que les quatre derniers sont des navires de 7500 tonnes (VT-9 à VT-12).

Ils sont tous armés avec deux canons de 100mm, quatre canons de 37mm et six mitrailleuses de 12.7mm.

La Flotte de la Baltique aligne en septembre 1948 les VT-1, VT-2, VT-5 et VT-12. Sur ces quatre navires, deux sont coulés durant le conflit, le VT-1 victime de l’aviation allemande en juin 1952 et le VT-12 coulé par une mine allemande en janvier 1953.

La Flotte de la mer Noire dispose de deux pétroliers, les VT-3 et VT-4. Si le VT-3 survit au conflit (il est désarmé en 1965), le VT-4 est coulé par l’aviation allemande en janvier 1953.

La Flotte du Pacifique aligne elle trois pétroliers, les VT-6, VT-8 et VT-10. Ces trois navires survivent au conflit et sont désarmés respectivement en 1962, 1965 et 1968.

La Flotte du Nord qui couvre l’Océan Glacial Arctique aligne trois unités, les VT-7, VT-9 et VT-11. Si le VT-7 survit au conflit (désarmé en 1970 et sacrifié lors d’un essai nucléaire en Nouvelle-Zemble), les deux autres sont coulés durant la guerre, le VT-9 par un sous-marin allemand alors que le VT-11 est victime d’une tempête à l’automne 1953.

Durant le conflit, la RKKF utilisera également des pétroliers commerciaux appelées VT(V) (pétroliers militaires auxiliaires ou Voenni Tanker Vspomogatel’nyye). Le nombre exact n’est pas connu _les sources varient entre 24 et 48 navires_ tout comme naturellement les pertes qui oscillent selon les textes entre 12 et 20 navires coulés.

Cargos

En septembre 1948, la RKKF dispose de dix cargos militaires appelées VG (Voenni Gruzovoy), des navires connus sous les désignation de VG-1 à VG-10. A la différence des pétroliers, ces «cargos militaires» forment une classe homogène, des navires de 12000 tonnes filant à 15 nœuds.

Ils ne disposent pas de moyens de ravitaillement à la mer (d’ailleurs aucun pays n’en possèdent au début du second conflit mondial) mais sont solidement armés avec quatre canons de 100mm et une puissante DCA pour l’époque avec quatre canons de 37mm et six mitrailleuses de 12.7mm.

Ces dix cargos sont répartis entre la flotte de la Baltique (VG-1 et VG-3), la flotte de la mer Noire (VG-2 et VG-4), la flotte du Pacifique (VG-5 et 6) et celle du Nord (VG-7,VG-8,VG-9,VG-10).

Sur ces dix cargos, six sont coulés durant le conflit, les VG-1, VG-3, VG-4,VG-6, VG-7 et VG-10. Les deux premiers sont victimes de l’aviation en Baltique, le VG-4 à été coulé par une mine, le VG-6 à été torpillé par un sous-marin japonais alors que les VG-7 et 10 ont été coulés respectivement par des destroyers allemands et par l’aviation.

Autres navires de soutien

Aux côtés des pétroliers et des cargos, la marine soviétique aligne peu de navires spécialisés en l’occurrence deux, un bâtiment-base de sous-marins déployé en mer Noire et un navire-atelier déployé en Baltique.

Imperator Alexander I.jpg

Le submarine tender Oural 

Le premier baptisé Oural est dérivé des cargos militaires étudiés plus haut. Mis en service en juin 1944, il est stationné à Sébastopol.

Il peut ravitailler six à huit sous-marins en vivres, carburant, munitions et pièces détachées, abriter des équipages, effectuer des réparations. Il se réfugie à Poti pour échapper aux foudres de l’ennemi.

Allant d’un port à l’autre, il assure une véritable mission de l’ombre jusqu’à la fin du conflit. Usé par un service attentif et par les dégâts du conflit (il à été endommagé à plusieurs reprises), il est mis en réserve en septembre 1960 et démoli en 1965.

Il dispose d’un solide armement avec quatre canons de 100mm, huit canons de 37mm et six canons de 25mm.

Le navire-atelier Stakhanovist est aussi dérivé des Vtr. Mis en service en septembre 1945, il effectue de nombreuses missions de soutien au profit de la Flotte de la Baltique jusqu’à sa destruction par l’aviation allemande en février 1953, quatre bombes l’envoyant par le fond. L’épave n’à toujours pas été retrouvé.

Il dispose d’un solide armement avec quatre canons de 100mm, six canons de 37mm et quatre canons de 25mm.

Le reste du Service des Arrières de la RKKF se compose de navires légers, d’embarcations et autres pontons en l’occurrence 132 remorqueurs, 330 chalands et 24 grues flottantes. Cette flotte de l’ombre subit de lourdes pertes, la prise des ports de la Baltique et de la mer Noire, les bombardements en mer Caspienne et dans l’Océan Glacial Arctique prélèvent leur lot de navires.

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