URSS (38) Navires légers (2)

Chasseurs de sous-marins

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Un chasseur de sous-marin soviétique

Avant-propos

Quand le sous-marin est apparu, les différentes amirautés ont craint que cette nouvelle arme ne rende totalement hermétique un blocus, que tous les ports soient bloqués et réduits à l’impuissance.

On craignait de voir des sous-marins tapis à la sortie des ports, des bases, des estuaires et des baies, torpillant les navires et embouteillant ainsi les passes.

Pour contrer cette menace il fallait de petits navires anti-sous-marins pas forcément rapides mais fiables et endurants. Leur armement devait se composer de charges de profondeur, de quelques mitrailleuses et d’un canon médian pour pouvoir combattre un sous-marin en surface à une époque où le sous-marin était davantage un torpilleur submersible qu’autre chose.

Si certains pays ont choisit d’appeler ces navires des vedettes (Italie, Grande-Bretagne), d’autres comme la France, les Etats-Unis ou l’URSS préféraient le terme de chasseur de sous-marins.

Au sein de la RKKF les chasseurs de sous-marins ne portaient pas de noms mais simplement deux lettres suivies d’un chiffre ou d’un nombre. Les deux premières lettres étaient MO pour Malyj Okhotnik ou «petit chasseur».

En juin 1950, quatre-vingt huit chasseurs de sous-marins sont en service bien loin des chiffres imaginés dans les années trente mais ces chiffres étaient tellement délirants que l’on peut se dire que c’est plutôt rassurant.

A la différence d’autres catégories de navires, la construction des MO va se poursuivre durant tout le conflit.

Entre juin 1950 et avril 1954, ce sont 96 chasseurs de sous-marins supplémentaires qui vont être construits par les chantiers soviétiques, des navires utilisés pour la lutte ASM mais aussi pour d’autres missions (opérations spéciales, mouillage de mines, ravitailleur d’hydravions, remorquage……). A la fin du conflit ce type de navire est peu à peu délaissé au profit de nouveaux types de navires.

Ces 184 MO ne forment pas une classe homogène puisqu’ils sont répartis en cinq sous-classes, le type MO-1 produit à quarante-huit exemplaires numérotés MO-1 à MO-48. A ce premier modèle succède le MO-2 visiblement moins bien réussi car produit à seulement vingt-quatre exemplaires immatriculés MO-49 à MO-72.

La troisième sous-série appartient au type MO-3 et comprends soixante-quatre unités immatriculés MO-73 à MO-137. Les types MO-4 et MO-5 alignent chacun vingt-quatre unités immatriculées respectivement MO-138 à MO-161 et MO-162 à MO-185.

En juin 1950, quatre-vingt huit MO sont en service, les quarante-huit MO-1, les vingt-quatre MO-2 et les seize premières unités type MO-3.

A noter qu’au printemps 1954 les américains proposèrent un transfert de chasseurs de sous-marins type SC. Moscou donna un accord de principe mais quand le Japon capitula, les discussions étaient encore en cours.

NdA : les Malyj Okhotnik construists durant la guerre seront étudiés dans la partie consacrée aux constructions de guerre. J’y aborderai pour des raisons de confort les pertes des chasseurs de sous-marins.

Historique

Type MO-1 (48 exemplaires)

Cette première série de quarante-huit navires est mise en service entre 1935 et 1938. Inspirés d’une vedette de sécurité destinée au NKVD, ces navires connus sous les noms de MO-1 à MO-48.

Navires d’environ cinquante tonnes, ils étaient armés de pièces d’artillerie légère (canons de 37 et de 45mm), de mitrailleuses et de charges de profondeur. Ces navires sont répartis entre les différentes flottes de la RKKF.

La flotte de la Baltique dispose de seize unités (MO-1 à 4,MO-9 à 12,MO-17 à 20,MO-25 à 28) soit le double de la flotte de la Mer Noire qui disposait de huit unités (MO-5 à MO-8 MO-13 à MO-16).

La flottille de la mer Caspienne dispose de huit unités (MO-21 à MO-24, MO-29 à 32) tout comme la flotte du Pacifique (MO-33 à 36, MO-41 à 44) et celle de la flotte du Nord qui alignait les MO-37 à 40 ainsi que les MO-45 à MO-48.

Type MO-2 (24 exemplaires)

Ces navires mis en service entre 1939 et 1942 étaient nettement plus gros, plus rapides et mieux armés avec un canon de 85mm, des pièces de DCA légère, des mitrailleuses et des charges de profondeurs. Ce modèle est considéré comme peu réussit et la production s’arrête au vingt-quatrième exemplaire.

La flotte de la Baltique dispose de huit unités (MO-49 à MO-52 et MO-65 à MO-68) tout comme celle du Pacifique (MO-57 à MO-60 et MO-69 à MO-72) alors que les flottes de la mer Noire et du Nord ne disposent que de quatre unités chacune respectivement les MO-53 à 56 et MO-61 à MO-64.

Type MO-3 (16 exemplaires en service en juin 1950)

Soixante-quatre navires de ce modèle vont être construits mais seulement seize sont en service en juin 1950. A la différence d’autres navires, tous les MO-3 seront achevées tout simplement parce que les chantiers constructeurs étaient situées dans le cœur de la Russie, dans des territoires hors de portée des allemands.

Ce modèle considéré comme le plus réussi était composé d’une structure en acier et d’une coque en bois, d’un armement composé d’un canon de 85mm, de deux canons de 37mm, de quatre mitrailleuses de 12.7mm et de charges de profondeur. Si besoin on pouvait embarquer un treuil et des réservoirs de carburant pour le soutien aux hydravions.

Les seize navires en service le 21 juin 1950 sont répartis entre la flotte de la Baltique et celle du Pacifique, la première disposant des MO-73 à MO-80 et la secondes des MO-81 à 88.

Caractéristiques Techniques

Type MO-1

Déplacement : standard 55 tonnes pleine charge 70 tonnes

Dimensions : longueur 26m largeur 4m tirant d’eau 1.35m

Propulsion : trois moteurs diesels développant 2550ch

Performances : vitesse maximale 27 nœuds distance franchissable nc

Armement : deux canons de 45mm (ou de 37mm sur certaines unités), quatre mitrailleuses de 12.7mm et huit à douze charges de profondeur

Equipage : 22 officiers et marins

Type MO-2

Déplacement : standard 85 tonnes pleine charge 105 tonnes

Dimensions : longueur 42m largeur 5.5m tirant d’eau 2.75m

Propulsion : trois moteurs diesels développant 3250ch

Performances : vitesse maximale 25.5 nœuds distance franchissable nc

Armement : un canon de 85mm sous bouclier à l’avant, deux mitrailleuses de 7.7mm sur les ailerons de passerelle, un affût double de 37mm à l’arrière, deux lanceurs de grenades ASM avec douze à seize projectiles

Equipage : 32 officiers et marins

Type MO-3

Déplacement : standard 95 tonnes pleine charge 115 tonnes

Dimensions : longueur 43.50m largeur 6m tirant d’eau 3m

Propulsion : trois moteurs diesels développant 3400ch

Performances : vitesse maximale 26 nœuds distance franchissable nc

Armement : un canon de 85mm sous bouclier à l’avant, deux canons de 37mm, quatre mitrailleuses de 12.7mm et des charges de profondeur (douze le plus souvent)

Equipage : 32 officiers et marins

Dragueurs de mines

Avant-propos

«God Damned Torpedoes ! Forward !» (Au diable les torpilles ! En avant !). En hurlant cet ordre en baie de Mobile le 5 août 1864, l’amiral David Farragut ne faisait pas référence aux torpilles automobiles mais aux mines.

En effet la mine marine et la torpille avaient une origine commune avant de de diverger de manière irrémédiable et irréconciliable. À la mobilité de la torpille, la mine préférait l’immobilité mais une immobilité mortellement efficace.

Petit engin simple et efficace il pouvait provoquer des dégâts monstrueux, pouvant envoyer par le fond les plus grosses unités de la marine ennemie. Citons par exemple pendant le premier conflit mondial le naufrage suite à l’explosion d’une mine des cuirassés Audacious (Royal Navy) et Bouvet.

HMS Audacious naufrage 5

Une mine et le HMS Audacious rejoignit Neptune

Les russes connaissent parfaitement la puissance et le danger de la mine marine pour y avoir été confronté durant la guerre russo-japonaise. Plusieurs de leurs cuirassés ont été coulés et plusieurs capital ship nippon ont été coulés par ces mines.

Résultat lors du premier conflit mondial la marine russe à mouillé massivement des mines pour protéger ses bases navales et ainsi se prémunir contre une attaque surprise comme celle qui frappa sa flotte à Port-Arthur.

Qui dit minage dit aussi déminage et la guerre des mines à toujours revêtu une grande importance pour la marine russe comme pour la Flotte des Ouvriers et des Paysans.

Outre une bonne capacité en mouillage de mines avec des navires spécialisés, la RKKF dispose d’une flotte de dragueurs de mines pléthorique avec 108 unités en service en juin 1950 réparties entre la Baltique (vingt-quatre), la Mer Noire (vingt-quatre), la mer Caspienne (douze), le Pacifique (vingt-quatre) et la flotte du Nord (vingt-quatre également).

La construction se poursuivra durant le conflit mais en dépit de cet important investissement, les pertes causées par des mines seront très importantes. Outre les dragueurs conventionnels, des vedettes antimines seront construites.

Dragueurs de mines classe Yugas

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Un dragueur de mine classe Yugas

Présentation

Cette classe de quarante-quatre navires est mise en service entre 1937 et 1943. Ces navires d’environ 500 tonnes forme la colonne vertébrale de la force de dragage des mines soviétique composée de cent-huit navires en juin 1950.

Le projet à été lancé en 1930 et validé l’année suivante. La coque est en acier assemblée par rivetage et par soudure. L’intérieur est doublé de bois pour l’isolation et la coque est divisée en neuf compartiments. L’habitabilité est particulièrement soignée.

Initialement ces dragueurs disposaient de trois dragues mécaniques avant d’embarquer au cours du second conflit mondial une drague mécanique, une drague magnétique et une drague acoustique pour faire face aux différentes mines de l’arsenal allemand.

L’armement se compose d’un canon médian, d’une DCA légère et d’un armement ASM plus ou moins important en fonction de l’embarquement (ou non) des équipements de dragage de mines.

Dans l’ensemble le design des Yugas était considéré comme satisfaisant, d’autant plus satisfaisant qu’au cours de la construction des différents navires les problèmes constatées sur les premières unités furent graduellement résolus. Un seul problème resta sans solution, un tirant d’eau trop important qui provoqua un certain nombre de pertes lors des opérations de déminage.

Carrière opérationnelle

Ces quarante quatre navires se répartissent en sous-séries avec les huit navires du Projet 3 (T-201 à T-204, T-401à 404), les dix navires du projet 53 qui se distinguent des précédents par un meilleur ballastage, une amélioration des organes de direction (T-1 à T-4, T-7, T-8, T-405,T-406,T-407 et T-411), les dix sept navires du projet 53U qui sont plus larges, une DCA plus importante et un équipage passant de cinquante-deux à soixante-six hommes (T-205 à T-221), les sept navires du projet 58 (T-5, T-6,T-408 à T-410, T-412,T-413), les T-414 et 415 étant des navires uniques n’appartenant à aucun type cité plus haut.

Ces navires sont mis en service en 1936 (T-201, T-204, T-401), en 1937 (T-402,403,404), en 1938 (T-1,T-2,T-3,T-4,T-5,T-7,T-8,T-202,T-203,T-405,T-406,T-407,T-411), en 1939 (T-6,T-205,T-206,T-207,T-208,T-210,T-213,T-408,T-409,T-410), en 1940 (T-209,T-211,T-212,T-214,T-215,T-216,T-218) et en 1941 pour les derniers (T-217,T-219,T-20,T-221,T-412,T-413,T-414,T-415).

La répartition des différents navires était hétérogène avec seulement huit navires dans le Pacifique (T-1 à T-8), vingt et un navires en mer Baltique (T-201 à T-221) et enfin quinze navires en mer Noire (T-401 à T-415).

Sur les huit Yugas de la Flotte du Pacifique, deux ont été perdus, le T-1 victime d’une tempête et le T-7 coulé par l’aviation japonaise. Les six survivants ont été désarmés à la fin des années cinquante et au début des années soixante.

Sur les vingt et un Yugas déployés en mer Baltique, douze navires ont été perdus ce qui traduit la violence des combats.

Quatre ont été victimes de mines (T-201,T-204,T-220,T-221), quatre ont été coulés par l’aviation (T-205, T-207,T-208,T-210), deux ont été coulés par des navires de surface (T-215,T-217) et deux victimes de sous-marins ennemis (T-213,T-214), les neuf survivants ont été désarmés au milieu des années soixante.

Sur les quinze Yugas déployés en mer Noire, cinq navires ont été coulés, un par l’aviation (T-401), deux par des mines (T-403,T-404), un par sous-marin (T-415) et un par une batterie côtière (T-409). Les navires survivants ont été désarmés à la fin des années soixante.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 490 tonnes pleine charge 535 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 7.41m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : moteurs diesels développant 2800ch (2x1400ch) entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 17.5 nœuds distance franchissable 7200 miles nautiques à 12 nœuds

Armement : un canon de 100mm, un canon de 45mm ou un à trois canons de 37mm ou deux canons de 25mm; 2 à 4 mitrailleuses de 12.7mm; deux mortiers ASM, deux grenadeurs de sillage avec 40 charges de profondeur. Embarquement possible de 21 à 31 mines.

Equipage : 52 à 61 officiers et marins selon les sous-séries.

Dragueurs de mines type T-43

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Un dragueur de mines type T-43

Présentation

Les cinquante-deux exemplaires du type T-43 sont une évolution des Fugas. Ils sont plus grands, plus gros mais avec une largeur supérieure, leur tirant d’eau est plus faible ce qui facilite les opérations de déminage. L’habitabilité est soignée pour améliorer la qualité de vie des équipages.

L’équipement de guerre des min es est similaire tout comme l’armement qui fait des T-43 de véritables escorteurs de fortune puisqu’ils sont armés d’un canon médian, d’une bonne DCA et d’un armement anti-sous-marin sérieux.

Comme pour les Fugas, les dragueurs de mine du projet 245 se répartissent en sous-séries qui se distinguent par des détails.

Les douze premiers navires appartiennent au projet 245A (T-222, T-223,T-224, T-416 à T-424) alors que les seize suivants correspondent au projet 245V (T-9 à T-24). Les vingt-quatre derniers (T-301 à T-324) appartiennent eux au projet 245K.

Carrière opérationnelle

Les cinquante-deux dragueurs de mines type T-43 sont mis en service à partir de 1942. Cette année là sont mis en service les T-222,T-223,T-224 (Flotte de la Baltique), les T-416 et 417 (flotte de la mer Noire), les T-9 et T-10 (flotte du Pacifique).

En 1943 dix navires sont mis en service au sein de la Raboche Krestyansky Krasny Flot (RKKF) à savoir les T-418 et T-420 de la flotte de la mer Noire, les T-11, T-13,T-14 et T-15 de la flotte du Pacifique et enfin les quatre premières unités de la flotte du Nord (T-301,T-302,T-303,T-304).

En 1944, six unités seulement sont mises en service à savoir les T-419,T-421 et T-422 de la Flotte de la Mer Noire, le T-12 de la Flotte du Pacifique et enfin les T-305 et T-306 de la Flotte du Nord.

Huit unités sont mises en service en 1945 en l’occurrence les T-423 et T-424 déployés en mer Noire, les T-16 et T-17 de la flotte du Pacifique et enfin les T-307, T-308,T-309 et T-310 de la Flotte du Nord.

Dix navires sont mis en service en 1946 en l’occurrence les T-18,T-19,T-20,T-21 et T-22 de la flotte du Pacifique ainsi que les T-311,T-312,T-313,T-314 et T-315 de la Flotte du Nord.

Les onze derniers navires du type T-43 sont mis en service en 1947 en l’occurrence les T-23 et T-24 de la flotte du Pacifique mais surtout les T-316,T-317,T-318,T-319,T-320,T-321,T-322,T-323 et T-324 de la Flotte du Nord.

Sur les cinquante-deux navires de cette classe, seize vont être perdus durant le conflit suite à l’explosion de mines, à des attaques aériennes, des attaques sous-marines voir des navires de surface.

Sur les trois navires de la Flotte de la Baltique, deux sont perdus, le T-221 victime d’une mine allemande et le T-223 coulé par des vedettes lance-torpilles lors d’une escorte de convois. Le T-222 est lui désarmé en mai 1956, utilisé comme ponton d’entrainement jusqu’en 1970 avant d’être démoli.

Sur les neuf navires de la Flotte de la Mer Noire, six sont perdus, trois sont victimes de mines (T-416,T-418,T-421), deux sont coulés par l’aviation (T-417,T-419) et un coulé par des vedettes lance-torpilles italiennes (T-420), les survivants (T-422,T-423,T-424) sont désarmés respectivement en 1960,1961 et 1963.

Sur les seize navires de la Flotte du Pacifique, quatre sont perdus, un lors d’une tempête (T-9), un lors d’une collision avec un paquebot soviétique qu’il protégeait (T-24), un victime d’une mine d’origine inconnue (T-12) et le dernier coulé par un sous-marin japonais (T-19).

Les survivants sont désarmés en 1959 (T-10,T-11), en 1961 (T-13,T-15), en 1963 (T-14,T-16), en 1965 (T-17,T-18), en 1967 (T-20,T-21,T-22 et T-23).

Sur les vingt-quatre navires de la Flotte du Nord, quatre sont perdus, un par l’aviation (T-301), un par mine (T-307), un dans une tempête (T-322) et un par une vedette lance-torpilles (T-309). Les survivants sont désarmés en 1957 (T-302,T-303,T-304,T-305), en 1959 (T-306,T-308,T-310), en 1961 (T-311,T-313,T-315), en 1963 (T-312,T-314,T-316), en 1964 (T-317,T-318,T-319,T-320) et en 1967 (T-323,T-324).

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 515 tonnes pleine charge 590 tonnes

Dimensions : longueur 64.50m largeur 8.5m tirant d’eau 2.3m

Propulsion : deux moteurs diesels développant de 1400ch chacun entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 6500 miles nautiques à 12 nœuds

Armement : un canon de 100mm, quatre canons de 37mm en deux affûts doubles, quatre mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts doubles, deux mortiers et deux grenadeurs de sillage avec quarante-quatre grenades ASM

Equipage : 57 officiers et marins

Dragueurs de mines type T-58

Présentation

Ces dragueurs de mines côtiers (Minesweeper Coastal MSC selon la terminologie américaine) ont été initialement conçus pour renforcer la Flottille de la mer Caspienne. Mer fermée, baignant l’Iran au sud, la Caspienne était considérée comme un théâtre opérationnel secondaire mais pas à négliger.

Voilà pourquoi la Flottille de la mer Caspienne disposait de moyens non négligeables avec six escorteurs, huit chasseurs de sous-marins, un mouilleur de mines et douze dragueurs de mines type T-58.

Initialement il était prévu la construction de T-43 supplémentaires mais comme ces navires sont grands on à préféré développé un modèle de dragueur de mines plus à l’aise dans les eaux peu profondes et dans une mer fermée comme la mer Caspienne. Il s’agit d’une version réduite des type T-43.

Après les douze navires construits pour la Flottille de la mer Caspienne, la production de ces navires va se poursuivre pour les autres flottes mais dans le cadre du programme de guerre (NdA ils seront donc étudiés dans la partie idoine).

Carrière opérationnelle

Les douze navires construits pour la flottille de la mer Caspienne sont numérotés T-101 à T-112, des navires mis en service en 1944 (T-101,T-102,T-103,T-104), en 1945 (T-105,T-106,T-107,T-108) en 1947 (T-109,T-110,T-111 et T-112).

Ces douze navires opèrent en mer Caspienne pour des patrouilles et des escortes essentiellement, les allemands s’essayent bien au mouillage de mines aéroporté lors de l’opération FRIEDRICH.

Lancée en mars 1951, cette opération avait pour objectif les pétroles du Caucase et secondairement la Volga, deux objectifs qui ne seront pas atteints.

Durant l’avancée allemande, la Luftwafe se charge de prendre le contrôle de l’espace aérien (avec plus de difficultés qu’à l’été 1950, la VVS apprenant très vite non sans subir encore de très lourdes pertes), d’appuyer les troupes au sol et de perturber l’acheminement des renforts soviétiques depuis l’Asie centrale.

Outre les attaques contre la navigation, l’armée de l’air allemande effectue des opérations de mouillage de mines qui remportent quelques succès mais seront incapables de stopper les mouvements navals ennemis.

Les douze type T-58 ne chôment pas et ne ressort pas indemnes du conflit. Trois navires sont ainsi perdus, le T-102 victime d’une mine qu’il essayait de désarmer, le T-109 est coulé par l’aviation allemande alors que le T-110 sombre dans le port de Bakou après avoir été victime de l’explosion d’un transport de munitions.

Les neuf autres navires survivent au conflit. Le T-101 est désarmé en 1956, les T-103 et T-104 sont désarmés en 1958, les T-105 et T-106 sont désarmés en 1960, les T-107,108,111 sont désarmés en 1962 alors que le T-112 quitte le service actif en 1964.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 345 tonnes pleine charge 475 tonnes

Dimensions : longueur 48m largeur 6m tirant d’eau 2m

Propulsion : deux moteurs diesels développant de 1200ch chacun entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 17 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 12 nœuds

Armement : un canon de 100mm, deux canons de 37mm, deux mitrailleuses de 12.7mm, deux grenadeurs de sillage avec seize grenades ASM

Equipage : 43 officiers et marins

Mouilleurs de mines et mouilleurs de filets

Avant-propos

Les mines marines étaient des engins encombrants. Pour assurer le mouillage on pouvait utiliser des navires réquisitionnés (cargos, paquebots) ou des navires militaires. Pour certains il s’agissait d’une mission secondaire (croiseurs, destroyers) alors que pour d’autres il s’agissait de la mission principale.

Appelé minelayer dans la langue de Shakespeare, le mouilleur de mines était le plus souvent un navire rapide (vitesse supérieure à 30 nœuds), bien armé et disposant d’un vaste entrepont pour stocker un nombre appréciable de mines le plus souvent supérieur à 100 (les Abdiel britanniques embarquaient par exemple 156 mines).

Comme ces navires avaient un rôle bien spécifique, ils étaient peu nombreux en temps de paix ou étaient conçus avec un deuxième mission, une mission de temps de paix. Par exemple l’infortuné Pluton de la marine française était utilisé en temps de paix comme navire-école d’application pour les artilleurs.

La Russie puis l’Union Soviétique étaient particulièrement concernés par la guerre des mines. La RKKF disposait d’une importante force de guerre des mines (cent-huit dragueurs de mines en service en juin 1950, le nombre de navires antimines augmentant durant le conflit), force qui comprenait également des mouilleurs de mines.

En juin 1950, la RKKF disposait de onze mouilleurs de mines, un chiffre particulièrement élevé par rapport aux autres marines. Certains sont anciens et d’autres neufs et modernes. La répartition est hétérogène avec deux unités en mer Noire, un en mer Caspienne, deux dans le Pacifique, deux dans la Flotte du Nord et quatre dans la Flotte de la Baltique.

Outre le mouillage de mines, ces navires servaient également de transport de troupes et de matériel.

Mouilleur de mines Marti

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Le Marti 

A l’origine, le Marti était un yacht impérial construit sur ordre du tsar Alexandre III. Le navire est construit aux chantiers danois Burmeister & Wain. Il est mis sur cale en 1893 lancé le 21 mars 1895 et mis en service en septembre 1896.

Véritable palace flottant, ce navire servait de navire pour la famille impériale. En 1907 le navire s »échoue sur une roche non repérée au large des côtes finlandaises. Réparé, le navire continue ses pérégrinations jusqu’à l’été 1914 quand éclate le premier conflit mondial. Il est alors désarmé et conservé au port.

Après la chute de la monarchie, le navire est remis en service sous le nom de 18 Marta (18 mars) puis de Marti. Entre 1932 et 1936, le Marti est transformé en mouilleur de mines, étant toujours en service en juin 1950 au sein de la Flotte de la Baltique.

Dès le début du second conflit mondial, le Marti mouille des champs de mines défensifs pour protéger les accès des ports soviétiques de la côte Balte.

Ces mouillages sont renforcés après juin 1950 même si la maîtrise aérienne allemande rendait les mouillages massifs difficiles. Outre le mouillage de mines, le Marti servait de transport de troupes et de transport de matériel.

Le 4 mars 1952 alors qu’il venait d’assurer un mouillage de mines il est surpris par l’aviation allemande. En dépit de manœuvres énergiques et d’une DCA rageuse, l’ex-yacht impérial est touché par quatre bombes qui l’envoie rapidement par le fond. L’épave repose à plus de 250m de profondeur.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 5665 tonnes pleine charge 6198 tonnes

Dimensions : longueur 122.30m largeur 14.4m tirant d’eau 6.80m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion, quatre chaudières,deux hélices

Vitesse maximale : 18.85 nœuds

Armement : 4 canons de 130mm, 7 canons de 76.2mm, 3 canons de 45mm, 3 mitrailleuses de 12.7mm, 320 mines marine

Equipage : 400 officiers et marins

Mouilleurs de mines type MZ

Historique

A côté du Marti, la marine soviétique va construire dix mouilleurs de mines type MZ (Minnyy Zagraditel) de 3500 tonnes déployés dans les différentes flottes de la RKKF en l’occurrence deux en mer Noire, un en mer Caspienne, deux dans le Pacifique, deux dans la Flotte du Nord et trois en mer Baltique.

A la différence du précédent, les MZ portent des numéros. Navires hauturiers, les MZ sont rapides, bien armés (quatre canons de 130mm) et une bonne capacité en matière de mouillage de mines (200 mines). Comme les autres minelayer, les MZ assuraient également des missions de transport de troupes et de matériel.

La Flotte de la Baltique dispose de trois mouilleurs de mines type MZ, les MZ-1, MZ-3 et MZ-5 mis en service respectivement en septembre 1943, mai 1944 et juin 1946.

Deux d’entre-eux sont coulés au cours du conflit. Le MZ-1 qui explose en septembre 1951 lorsque la Luftwafe bombarde Krondstadt et que deux bombes touche le mouilleur de mines disposant de son plein chargement. Le MZ-5 est torpillé par un sous-marin allemand au large de Liepaja en janvier 1953. Le MZ-3 survit au conflit, n’étant désarmé qu’en 1975.

La Flotte de la Mer Noire dispose de deux unités, les MZ-2 et 4. Le premier est mis en service en juin 1945 et le second en mars 1947.

Ces deux navires sont perdus, le premier est coulé à Sébastopol en juillet 1951 lors d’un bombardement aérien mené par la Luftwafe alors que le second est coulé par des destroyers roumains en septembre 1952 lors d’une opération de mouillage de mines.

La Flottille de la mer Caspienne dispose d’une unité, la MZ-6 mise en service en janvier 1944 et qui survit au conflit.

Elle opère dans cette mer fermée jusqu’à sa destruction en 1977 lorsqu’un incendie provoque son naufrage dans le delta de la Volga. Comme l’épave gênait la navigation, elle est relevée et démantelée.

La Flotte du Pacifique dispose de deux unités, les MZ-7 et MZ-8. Ces deux navires sont mis en service en septembre 1947 et juin 1948.

Ils participent aux mouillages de protection des ports soviétiques d’Extrême-Orient ainsi que des missions de transport. Les deux navires survivent au conflit, étant désarmés en 1971 et 1974.

La Flotte du Nord dispose elle aussi de deux unités, les MZ-9 et MZ-10. Le premier mis en service en octobre 1947 est coulé par un sous-marin allemande en janvier 1953 et le second mis en service en septembre 1949 est victime d’un incendie à Mourmansk, incendie qui provoque son naufrage.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 3500 tonnes pleine charge 4415 tonnes

Dimensions : Longueur hors tout 135m longueur entre perpendiculaires 130m largeur 12m tirant d’eau 3.90m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières dévellopant 72000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 noeuds distance franchissable 1500 miles nautiques à 38 noeuds

Armement : quatre canons de 130mm en affûts simples sous masque, huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 25mm en affûts simples, 180 mines

Equipage : 242 officiers et marins

Mouilleurs de filets

Appelé en anglais netlayer, le mouilleur de filet est un navire destiné à protéger les accès d’une base navale contre une intrusion sous-marine. Ce navire hautement spécialisé est peu présent dans les différentes marines, la marine française ne possédant par exemple qu’un navire de ce type en septembre 1939 à savoir le Gladiateur.

Gladiateur

Le mouilleur de filets Gladiateur

Dans la marine soviétique, dans la RKKF on trouve sept mouilleurs de filets. Ces navires sont baptisés Set’ Gasitel’ d’où leur désignation de SG suivit d’un chiffre allant de un à sept.

Ces navires sont de petite taille (environ 2000 tonnes), lents (22 nœuds) et légèrement armés mais ces navires ne sont pas destinés à mener des missions de combat.

La Flotte de la Baltique dispose de l’unique SG-1 mis en service en juin 1940. Il est perdu en septembre 1950, victime d’une attaque aérienne allemande contre Krondstadt, deux bombes de 250kg. L’épave est relevée en 1975 lors de travaux d’extension de la base navale et démantelée.

La Flotte de la Mer Noire dispose de deux unités, les SG-2 et SG-4 mis en service respectivement en janvier et septembre 1941. Le premier survit au conflit (désarmé en 1965 et démoli) alors que le second est coulé par l’artillerie allemande lors du Siège de Sébastopol. (octobre 1950), l’épave relevée après guerre sert de cible lors d’entrainement de la flotte.

La Flotte du Pacifique dispose de deux unités, les SG-3 et 5 mis en service en juin 1943 et septembre 1944. Ces deux navires vont survivre au conflit, étant désarmés en 1970 et 1975 avant d’être démolis.

La Flotte du Nord dispose elle aussi de deux unités, les SG-6 et SG-7, des navires mis en service en janvier 1945 et juillet 1946. Si le premier survit au conflit avant d’être désarmé en 1970, le second est coulé par un sous-marin allemand au large d’Arkangelsk en septembre 1952.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1700 tonnes pleine charge 2100 tonnes

Dimensions : longueur 90m largeur 10m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par 2 chaudières développant une puissance totale de 7700ch et entraînant deux hélices. Mazout : 400 tonnes

Performances : vitesse maximale : 20 noeuds distance franchissable : 3500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : deux canons de 100mm, quatre canons de 37mm, quatre mitrailleuses de 12.7mm

Equipage : 75 officiers et marins

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