URSS (36) Sous-Marins (4)

Sous-marins de grande croisière type K

K-2 (1938).JPG

Avant-propos

Quand éclate le premier conflit mondial, les économies des empires centraux sont étranglées par un blocus imposé par la marine britannique. Pour pouvoir continuer à importer des fournitures introuvables en Allemagne, Berlin utilise le commerce avec les états neutres mais aussi des sous-marins de transport.

Ces sous-marins bien plus gros que les sous-marins conventionnels vont entraîner l’apparition des croiseurs sous-marins, des sous-marins de grande taille, disposant d’une solide artillerie (supérieure à 100mm), d’une grande autonomie avec parfois un hydravion embarqué.

Ce sous-marin baptisé Deutschland va inspirer les grandes marines qui vont construire des sous-marins de ce type en vue de protéger leurs lignes de communication, attaquer celles de l’ennemi, mener une guerre de course, le tout avec des résultats contrastés. L’URSS va emboîter le pas avec les sous-marins de type K ou classe Kreiserkaya.

Ces douze sous-marins vont opérer au sein de la Flotte du Nord contre leurs homologues allemands, vont assurer la protection des convois alliés (mission abandonnée après plusieurs méprises liées à une mauvaise communication), attaquer la navigation allemande au large des côtes norvégiennes. Ces sous-marins devaient également assurer des missions de renseignement mais aussi participer à des «opérations spéciales».

Les recherches commencent en 1932, aboutissant début 1935 au projet EC-9 ( «croiseur-destructeur»), projet approuvé le 15 avril 1936. Douze navires vont donc être construits bien loin des projets initiaux qui prévoyaient soixante-deux sous-marins (six pour la Baltique, quatre pour la Mer Noire, 17 pour la flotte du Nord, 35 pour la Flotte du Pacifique).

Douze sous-marins seulement ont été construits mais là encore la volonté initiale d’en conserver trois pour la Nord, trois pour la Baltique et six pour le Pacifique se heurta à un changement de priorité qui fit que les douze sous-marins furent initialement déployés au sein de la Flotte du Nord, certains ralliant ultérieurement le Pacifique mais leur action fût assez limitée comme nous le verrons.

Il était ensuite prévu la construction de seize véritables croiseurs sous-marins aux caractéristiques techniques précises nimbées de mystère dans le cadre du programme naval de 1947 mais aucun navire n’est mis sur cale avant le 21 juin 1950. Le programme est abandonné en 1952 et le matériel commandé utilisé pour réparer et moderniser les sous-marins existants.

Carrière opérationnelle

-Le K-1 est mis sur cale le 27 décembre 1936 lancé le 28 avril 1938 et mis en service le 16 décembre 1939.

-Le K-2 est mis sur cale le 27 décembre 1936 lancé le 28 avril 1938 et mis en service le 30 décembre 1939.

-Le K-3 est mis sur cale le 27 décembre 1936 lancé le 31 juillet 1938 et mis en service le 27 novembre 1940.

-Le K-21 est mis sur cale le 10 décembre 1937 lancé le 16 août 1939 et mis en service le 30 juin 1941.

-Le K-22 est mis sur cale le 5 janvier 1938 lancé le 4 novembre 1938 et mis en service le 5 septembre 1941.

-Le K-23 est mis sur cale le 5 février 1938 lancé le 28 avril 1939 et mis en service le 11 juin 1941.

-Le K-51 est mis sur cale le 28 février 1938 lancé le 30 juillet 1939 et mis en service le 5 octobre 1940.

-Le K-52 est mis sur cale le 28 février 1939 lancé le 5 juillet 1939 et mis en service le 11 octobre 1942.

-Le K-53 est mis sur cale le 30 mai 1938 lancé le 1er septembre 1939 et mis en service le 21 mars 1943.

-Le K-54 est mis sur cale le 30 avril 1937 lancé le 3 mars 1941 et mis en service le 17 octobre 1942.

-Le K-55 est mis sur cale le 29 avril 1937 lancé le 7 février 1941 et mis en service le 28 septembre 1942.

-Le K-56 est mis sur cale le 17 octobre 1937 lancé le 29 décembre 1940 et mis en service le 7 mai 1943.

Sur les douze sous-marins construits, deux sont perdus durant le conflit, les K-53 et K-56. Le premier est perdu en septembre 1952 alors qu’il opérait au large de Trondheim. Il patrouillait pour intercepter la sortie d’unités de surface de la Kriegsmarine quand il saute sur une mine. Le naufrage rapide ne laisse aucun survivant.

Junkers Ju-288 3.jpg

Junkers Ju-288

Le K-56 est perdu le 17 janvier 1953 quand il est surpris en surface par un bombardier Junkers Ju-288. Ce dernier armé de bombes destinés à viser Mourmansk se détourne en direction du grand submersible qui plonge immédiatement.

Malgré une plongée d’urgence à l’angle maximal, une bombe frappe le sous-marin juste en arrière de l’îlot. Le sous-marin émerge brièvement avant de chavirer et de couler, emportant l’ensemble de son équipage au fin fond de l’océan.

Les sous-marins survivants sont désarmés au cours des années soixante. Le K-1 et le K-2 respectivement désarmé en juin 1960 et février 1961 sont coulés lors de tests d’armes nucléaires en Nouvelle-Zemble.

Le K-3 désarmé en octobre 1961 est démoli en 1964 alors que le K-21 est coulé comme cible lors du test de nouvelles torpilles en juin 1965. Le K-22 est désarmé en juin 1962 avant d’être démoli dans la foulée alors que son sister-ship K-23 désarmé en septembre 1963 est démoli en 1966.

Le K-51 est désarmé en mars 1964 suivit en septembre par son sister-ship K-52. Ces deux navires sont un temps proposé à la Chine communiste mais Pékin ne donne pas suite. Les sous-marins K-54 et K-55 sont désarmés en juin et novembre 1965 et démolis au début des années soixante-dix.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 1490 tonnes plongée 2104 tonnes

Dimensions : longueur 97.7m largeur 7.4m tirant d’eau 4.04m

Propulsion : deux moteurs diesels 9DKR de 4200ch, deux générateurs diesels 38K8 de 800ch, deux moteurs électriques PG-11 de 1200ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 22.5 nœuds en surface 10.2 nœuds en plongée distance franchissable 3750 miles nautiques à 10.3 nœuds en surface 163 miles nautiques à 3 nœuds, 10 miles nautiques à 10.3 nœuds en plongée Autonomie de navigation 50 jours Immersion maximale 100m

Armement : deux canons de 100mm, deux canons de 45mm, deux mitrailleuses de 7.62mm, dix tubes lance-torpilles de 533mm (six tubes à la proue, deux tubes à la poupe, deux tubes externes) avec 24 torpilles

Equipage : 67 officiers et marins

Sous-marins type S amélioré (type 97)

Avant-propos

Alors que la construction des sous-marins type S se poursuivait, les ingénieurs soviétiques décidèrent de plancher sur son successeur.

Alors que les tensions se faisaient de plus en plus fort en Europe, l’idée initialement avancée d’une «rupture technologique» fût abandonnée au profit d’une évolution des type S qui après une longue mise au point donnaient enfin satisfaction.

Le projet type 97 était grosso modo un type S plus gros, plus long avec une DCA renforcée, de nouveaux capteurs, une meilleure habitabilité. Si le rivetage était encore majoritairement utilisé, la soudure prenait une place de plus en plus importante.

Cinquante-deux exemplaires sont commandés. Vingt et un exemplaires sont en service en juin 1950 auxquels il faudra ajouter vingt et un sous-marins à différents stades de construction.

Sur ces vingt et un exemplaires, douze seront mis en service durant le conflit, les neuf derniers sur cale sont sabordés pour ne pas tomber aux mains des allemands, les dix derniers n’étaient encore sur cale quand Berlin déclenche l’opération BARBAROSSA.

Il semble que la poursuite de la construction à été envisagée durant le conflit mais très vite les soviétiques y ont renoncé au profit d’autres construction bien plus urgentes.

Historique

Les dates clés

-Le S-57 est mis sur cale le 14 mars 1944 lancé le 8 septembre 1945 et mis en service le 4 juin 1946.

-Le S-58 est mis sur cale le 21 mars 1944 lancé le 12 septembre 1945 et mis en service le 12 juin 1946.

-Le S-59 est mis sur cale le 30 mars 1944 lancé le 22 septembre 1945 et mis en service le 21 juin 1946.

-Le S-60 est mis sur cale le 30 mars 1944 lancé le 22 septembre 1945 et mis en service le 21 juin 1946.

-Le S-61 est mis sur cale le 5 mai 1944 lancé le 25 novembre 1945 et mis en service le 4 septembre 1946.

-Le S-62 est mis sur cale le 5 mai 1944 lancé le 25 novembre 1945 et mis en service le 4 septembre 1946.

-Le S-63 est mis sur cale le 15 septembre 1945 lancé le 30 novembre 1946 et mis en service le 2 novembre 1947.

-Le S-64 est mis sur cale le 15 septembre 1945 lancé le 30 novembre 1946 et mis en service le 2 novembre 1947.

-Le S-65 est mis sur cale le 30 septembre 1945 lancé le 14 décembre 1946 et mis en service le 30 octobre 1947.

-Le S-66 est mis sur cale le 30 septembre 1945 lancé le 14 décembre 1946 et mis en service le 30 octobre 1947.

-Le S-67 est mis sur cale le 14 juin 1945 lancé le 12 septembre 1946 et mis en service le 4 juillet 1947.

-Le S-68 est mis sur cale le 14 juin 1945 lancé le 12 septembre 1946 et mis en service le 4 juillet 1947.

-Le S-69 est mis sur cale le 12 janvier 1946 lancé le 4 mars 1947 et mis en service le 4 mai 1948.

-Le S-70 est mis sur cale le 12 janvier 1946 lancé le 4 mars 1947 et mis en service le 4 mai 1948.

-Le S-71 est mis sur cale le 15 mai 1947 lancé le 4 août 1948 et mis en service le 14 juin 1949.

-Le S-72 est mis sur cale le 15 mai 1947 lancé le 4 août 1948 et mis en service le 14 juin 1949.

-Le S-73 est mis sur cale le 6 juillet 1947 lancé le 14 septembre 1948 et mis en service le 7 juin 1949.

-Le S-74 est mis sur cale le 6 juillet 1947 lancé le 14 septembre 1948 et mis en service le 7 juin 1949.

-Le S-75 est mis sur cale le 4 septembre 1947 lancé le 5 octobre 1948 et mis en service le 30 septembre 1949.

-Le S-76 est mis sur cale le 4 septembre 1947 lancé le 5 octobre 1948 et mis en service le 30 septembre 1949.

-Le S-77 est mis sur cale le 12 septembre 1947 lancé le 21 octobre 1948 et mis en service le 4 décembre 1949.

-Le S-78 est mis sur cale le 5 octobre 1948 lancé le 14 septembre 1949 et mis en service le 5 juillet 1950.

-Le S-79 est mis sur cale le 17 octobre 1948 lancé le 30 septembre 1949 et mis en service le 12 juillet 1950.

-Le S-80 est mis sur cale le 5 octobre 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service le 21 mars 1951.

-Le S-81 est mis sur cale le 5 octobre 1949 lancé le 12 septembre 1950 et mis en service le 21 mars 1951.

-Le S-82 est mis sur cale le 4 janvier 1950 lancé le 17 septembre 1950 et mis en service le 4 mai 1951.

-Le S-83 est mis sur cale le 12 janvier 1950 lancé le 4 octobre 1950 et mis en service le 17 juin 1951.

-Le S-84 est mis sur cale le 4 mars 1950 lancé le 2 juin 1951 et mis en service le 2 mars 1952.

-Le S-85 est mis sur cale le 12 mars 1950 lancé le 14 juin 1951 et mis en service le 30 avril 1952.

Les sous-marins S-86 à S-94 ont été mis sur cale à l’automne 1949 et sont donc encore en construction quand les allemands déclenchent l’opération BARBAROSSA. Ils sont sabordés dans leurs chantiers de construction.

Les S-86, S-88 et S-90 sont sabordés sur cale à Liepaja, les allemands examinent la possibilité d’achever ses sous-marins mais abandonnent l’idée, les trois coques sont démantelées et l’acier récupéré.

Les S-87, S-89 et S-91 sont sabordés sur cale à Odessa. Leur état est tel que les allemands se contentent d’évacuer la cale en vue d’éventuelles constructions, constructions qui n’auront jamais lieu, les chantiers manquant d’outils, de matière première et d’ouvriers.

Les S-92,S-93 et S-94 en construction à Riga sont détruits sur cale à la fois par les obus de l’artillerie allemande mais aussi par le sabotage des soviétiques. Les cales sont retrouvées encombrées lors de la libération de la Lettonie qui sera très tardive, le pays des lettons formant le cœur de la poche de Courlande, poche liquidée en mars 1954.

Les type 97 dans le conflit

Sur les trente-trois sous-marins de type 97 construits, neuf vont être perdus durant le second conflit mondial.

Deux vont être coulés par des sous-marins, deux sous-marins de la flotte du Nord victime de U-Boot, le S-73 est victime d’un sous-marin allemand au large de Mourmansk le 14 juin 1952 (trois torpilles, aucun survivant) alors que le S-89 est torpillé par un sous-marin allemand le 4 juillet 1953 alors qu’il guêtait la sortie d’un convoi allemand au large de Narvik (une torpille, aucun survivant).

Le S-83 est coulé par un chasseur de sous-marins allemand au large de Trondheim le 14 mars 1952, deux charges de profondeur envoyant le submersible soviétique par le fond. Maigre consolation, des bombardiers américains foudroient le chasseur de sous-marin dont la coque en bois résiste assez mal aux cartouches de 12.7mm.

Le S-85 coule au large d’Arkhangelsk suite à une collision avec un destroyer lors d’une remontée en surface en urgence. Le sous-marin coule rapidement, le destroyer sérieusement endommagé parvient à rentrer in-extremis au port pour des travaux de remise en état.

Les sous-marins S-57,S-84 et S-88 sont perdus suite à des causes inconnues. Le premier aurait été coulé en raison du mauvais temps (septembre 1951), le second aurait été victime d’une mine (mai 1952) alors que le troisième aurait été coulé par l’aviation (septembre 1953) mais à chaque fois sans certitude absolue.

Le S-70 coule lors d’un entrainement au large de la Nouvelle-Zemble en septembre 1952 alors que le S-72 est victime d’une collision avec un caboteur soviétique, les deux navires sombrant dans une mer démontée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 950 tonnes plongée 1290 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 84.50m largeur 8.25m tirant d’eau 5.50m

Propulsion : système diesel-électrique avec deux moteurs diesels 1D de 2500ch deux moteurs électriques de 750ch, deux groupes de batteries rechargeables de soixante-deux éléments, deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 nœuds en surface 8 nœuds en plongée Autonomie : trente jours en mer, 7500 miles nautiques de rayon d’action en surface (124 miles nautiques en plongée) Immersion maximale 100m

Armement : un canon de 100mm avec 200 coups, deux canons de 37mm avec 500 coups, huit tubes lance-torpilles de 533mm (six à la proue, deux à la poupe) avec 16 torpilles

Equipage : 36 ou 46 hommes

Sous-marins mouilleurs de mines type 99

sousmarinl.18

Les type 99 sont une amélioration des Leninets (L-18)

Historique

Les sous-marins mouilleurs de mines type 99 sont une évolution des Leninets. Avec vingt-cinq exemplaires on aurait pu penser que le nombre de sous-marins mouilleurs de mines était suffisant mais visiblement la RKKF pensait le contraire puisqu’elle envisage la commande de seize type 99 !

Au final seulement six unités seront construites, la construction de dix autres unités étant abandonnée au profit d’autres constructions jugées plus urgentes.

Sur le plan technique, les type 99 sont une évolution des Leninets avec un système propulsif plus puissant, une DCA renforcée, une meilleure habitabilité………. .

-Le L-26 est mis sur cale le 14 septembre 1946 lancé le 7 août 1947 et mis en service le 14 juin 1948.

-Le L-27 est mis sur cale le 10 août 1946 lancé le 2 juin 1947 et mis en service le 12 mars 1948.

-Le L-28 est mis sur cale le 5 octobre 1946 lancé le 4 juillet 1947 et mis en service le 5 mai 1948.

-Le L-29 est mis sur cale le 1er septembre 1947 lancé le 8 mai 1949 et mis en service le 12 juin 1950.

-Le L-30 est mis sur cale le 12 septembre 1947 lancé le 12 juin 1949 et mis en service le 31 mai 1950.

-Le L-31 est mis sur cale le 30 septembre 1947 lancé le 24 mai 1949 et mis en service le 7 juin 1950.

Les six sous-marins de ce type sont déployés en zone Arctique où ils vont paradoxalement servir davantage de sous-marin d’attaque que de sous-marin mouilleur de mines.

Le L-26 est victime d’un sous-marin allemand au large de la Péninsule de Kola le 30 juin 1950 (deux torpilles, naufrage rapide) et le L-27 est coulé par un destroyer allemand protégeant un convoi de transport de troupes au large de Bergen le 17 septembre 1952.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 1300 tonnes plongée 1650 tonnes

Dimensions : longueur 85m largeur 7.6m (7m) tirant d’eau 5.80m

Propulsion : deux moteurs diesels de 4200ch deux moteurs électriques de 2400ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 nœuds en surface et 10 en plongée

Armement : un canon de 100mm, deux canons de 37mm,quatre mitrailleuses de 12.7mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (six tubes à la proue, deux à la poupe) avec quatorze torpilles, vingt mines

Equipage : 57 officiers et marins

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