URSS (30) Destroyers (1)

DESTROYERS

Avant-propos

A la fin du XIXème siècle apparu la torpille automobile, une invention d’un capitaine austro-hongrois prénommé Giovanni Lupis perfectionnée par un anglais prénommé Robert Whitehead.

Le succès fût immédiat, remettant en cause le Britannia rules the wave. Comme jadis avec les obus explosifs Paixans, les navires à vapeur et les navires protégés, la torpille et le torpilleur, le Torpedo Boat (TB) relança les invasions scares, ces bouffées de peur délirantes qui saisissaient de temps en temps l’opinion publique britannique particulièrement attachée à sa puissance navale, une puissance incontestable et incontestée depuis 1815.

Tout comme la France, la Russie construisit de nombreux torpilleurs, faisant craindre le pire à une Royal Navy qui craignait de devoir faire face à trois cents torpilleurs franco-russes réduisant à néant sa puissance navale. Après plusieurs tentatives infructueuses, la Grande Bretagne inventa le Torpedo Boat Destroyer (TBD) qui devint rapidement destroyer.

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Le Sokol

Les premiers TBD russes furent pourtant construits selon un modèle de la firme Yarrow, le premier d’entre-eux baptisé Sokol étant mis en service en janvier 1895, un navire de 220 tonnes et filant à 30 nœuds. A ce navire succédèrent vingt-six navires supplémentaires construits en Russie entre 1896 et 1903. Ces navires furent d’abord connus comme torpilleurs (minonosets) avant d’être reclassés destroyers (eskadrennyi minonosets) en 1907.

Les deux catégories cohabitèrent un temps mais nombre de marines se contentèrent de construire des destroyers, des navires qui ne cessaient de prendre du poids, dépassant les 1000 tonnes dès les années 1910, la barre des 2000 tonnes étant dépassée durant la période 1919/1939.

La marine tsariste utilisa le torpilleur/destroyer durant la guerre russo-japonaise où lE retour d’expérience poussa la Russie à abandonner la torpille de 15 pouces (380mm) pour une torpille de 18 pouces (460mm) et à renforcer l’artillerie, passant d’un à deux canons médians (75 ou 76mm).

Sur les soixante navires en service quand éclate ce conflit, vingt et un navires sont perdus coulés, sabordés ou capturés. Les pertes sont donc particulièrement lourdes même si nombre de navires perdus étaient déjà anciens ce qui peut limiter l’impact.

Le programme de 1907 connu pour la reconstitution de son corps de bataille ne négligeait pas les destroyers, prévoyant la construction de quarante cinq unités.

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Le Novik

Entre 1905 et 1914, soixante-seize torpilleurs/destroyers sont mis en service dans la marine russe, certains financés avant le programme 1907, d’autres après. Parmi ces unités figurent dix-huit unités de classe Novik qui vont être les derniers destroyers construits par la marine tsariste. Des unités plus anciennes sont également désarmées.

Durant le conflit, vingt-trois unités de classe Novik sont mises en service mais d’autres ne seront achevées qu’après guerre.

Durant ce conflit qui aurait du être la «Der des ders», la marine tsariste va perdre un certain nombre de destroyers en l’occurrence trente-cinq unités.

La guerre civile prélève son lot de navires entre les sabordages, les destructions, les captures ce qui fait que la flotte tombe à 22 unités le 1er janvier 1918 et même à dix-sept en 1925.

Comme dans tous les domaines la flotte de destroyers soviétiques est longtemps handicapée par un manque de cadres compétents, un manque d’experts _tenus en forte suspicion par le nouveau régime_ et un tissu industriel en lambeaux.

Les projets pourtant ne manquent pas avec par exemple en 1932 un plan quinquennal prévoyant la construction de quarante-neufs destroyers et dix conducteurs de flottille.

Le plan quinquennal de 1933/38 prévoyant soixante-deux destroyers. Les chiffres s’emballent avec pas moins de 145 destroyers à construire en 1939. Rien que la période 1938/42 prévoyait la construction de quarante et un navires soit dix navires par an !

La montée en puissance est laborieuse, les premiers navires construits sont loin d’être au point avec de nombreux problèmes techniques. Cahin caha les soviétiques vont parvenir à disposer d’une flotte de destroyers efficaces.

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Le conducteur de flottille Tashkent

Soixante-deux destroyers sont en service en septembre 1948 répartis entre l’«italien» Tashkent, les six conducteurs de flottille de classe Leningrad, vingt-huit navires type 7 (classe Gnevny), dix-neuf navires type 7U (classe Soobrazitel’ny) et huit vétérans hérités de la marine tsariste.

D’autres navires entrant en service entre septembre 1948 et juin 1950 mais aussi durant le conflit, des navires appartenant au type 30 (classe Ognevoy) et au type 42 (Sovrennemy).

Les pertes sont importantes (vingt-cinq unités coulées) mais l’expérience accumulée est irremplaçable.

Cette expérience peinera cependant à être exploitée de manière sereine et il faudra attendre le début des années soixante pour qu’enfin un modèle de destroyer fiable et endurant soit mis en service au sein de la marine soviétique mais ceci est une autre histoire.

Destroyers classe Novik

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Le Dzerky

Avant-propos

Les destroyers de classe Novik sont les derniers destroyers construits par la marine tsariste. Ils tiennent compte de l’expérience acquise durant la guerre russo-japonaise en augmentant la puissance de l’artillerie (canons de 102mm) et le calibre des torpilles qui passe de 380 à 460mm.

Quarante-huit navires vont être construits en différentes séries (un de la sous-classe Novik, quatre de classe Dzerky, cinq navires de classe Shchastlivyi, huit navires de classe Orfey, quatorze navires de classe Gavriil, cinq navires de classe Izyaslav, sept navires de classe Fidonisy et quatre navires de classe Gogland) même si tous ne seront pas achevés en raison de la première guerre mondiale ou de la guerre civile russe.

Les survivants vont rester en service très longtemps puisque si dix-sept navires sont encore en service en 1925, huit autres vont participer au second conflit mondial, conflit au cours duquel ils vont tous disparaître sauf deux qui seront désarmés en 1955.

Carrière opérationnelle

Panorama général

-La sous-classe Novik est composée d’un seul navire, le Novik rebaptisé Sverdlov en 1926, retrouvant son nom d’origine en 1941. Il est désarmé en septembre 1943.

-La sous-classe Derzky est composée de quatre navires baptisés Bespokoiny, Gnevnyi,Derzkiy et Pronzitelny. Aucun n’est encore en service en septembre 1939.

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Le Bystryi

 

-La sous-classe Shchastlivyi est composée de cinq navires baptisés Gromkiy,Popeshnyi,Shchastlivyi,Bystryi,Pylkiy. En septembre 1939 seul le Bystryi est encore en service, étant désarmé en 1945 et démantelé.

-La sous-classe Orfey dispose de huit navires baptisés Pobeditel, Zabiyaka,Grom,Orfey,Letun,Desna,Azard,Samson. En septembre 1939, il reste en service le Volodarskiy (ex-Pobeditel), le Uritskiy (ex-Zabiyaka), l’Engels (ex-Desna), l’Artiom (ex-Zinoviev ex-Azard) et le Stalin (ex-Samson) soit cinq navires.

Neuf ans plus tard, trois d’entre-eux sont encore en service en l’occurence les Volodarskiy, Engels et Stalin, les deux autres (Uritskiy, Artiom) ont été désarmés en 1942 et 1944. A noter que le Stalin à reprit son nom d’origine pour laisser ce nom aux destroyers en construction en septembre 1948.

-La sous-classe Gavriil était composée de quatorze navires baptisés dont certains n’ont jamais été achevés. Il s’agit des Leitenant Ilyin, Kapitan Izylmetyev, Gavriil,Kapitan Belli,Kapitan 1 ranga Miklukho-Maklay, Kapitan Kern,Konstantin,Vladimir,Kapitan Konon Zotov,Kapitan Crown,Leitenant Dobosov,Mikail, Sokol et Mecheslav.

En septembre 1939, on trouve encore en service le Voikov (ex-Leitenant Ilyin), Le Lenin (ex-Kapitan Izylmetyev), le Karl Liebknecht (ex-Kapitan Belli), le Valerian Kyibyshev (ex-Kapitan Kern) soit quatre navires qui sont tous encore en service en septembre 1948.

-La sous-classe Izyaslav était composée de cinq navires baptisés Izyaslav,Avtroil,Pryamislav,Bryachislav,Fiodor Stratilat. Il y à seulement un navire encore en service, le Karl Marx (ex-Izyaslav) qui est toujours en service en septembre 1948.

-La sous-classe Fidonisy était composée de sept navires baptisés Gadzhibey,Fidonisi,Kerch,Kaliakriya,Zante,Korfu,Levkas,En septembre 1939, on compte le Dzerzhinsky (ex-Kaliakriya), le Nezamozhnik (ex-Zante), le Zhelezniakov (ex-Korfu), le Shaumian (ex-Levkas) soit quatre navires mais aucun n’est encore en service en septembre 1948.

-La sous-classe Gogland était composée de quatre navires baptisés Gogland, Kulm,Grengamn et Patras mais aucun n’à été mis en service.

Les Novik dans le second conflit mondial

Huit navires sont donc encore en service en septembre 1948 répartis entre la flotte de la Baltique (quatre navires Volodarskiy, Engels,Samson,Voikov), celle de la mer Noire (Lenin Karl Liebknecht) et celle de l’Arctique (future flotte du Nord) (Karl Marx et Valerian Kyibyshev).

Six vont être coulés durant le second conflit mondial. En mer Baltique les quatre navires sont tous coulés, le Volodarskiy lors d’une collision en plein brouillard en mai 1952 avecun cargo au large de Kronsdadt, l’Engels par l’aviation allemande le 17 septembre 1951, le Samson lui saute sur une mine le 17 juin 1953, son sister-ship Voikov l’imitant à son corps défendant le 4 janvier 1954.

En mer Noire, le Lenin est perdu suite à un échouage en sortant du port de Poti en Géorgie. Alors que les soviétiques allaient le relever, des avions allemands l’attaquent et le détruisent le 7 juillet 1952. Son sister-ship Karl Liebknecht survit au conflit mais très usé est désarmé dès le 7 octobre 1954 et démoli.

Au sein de la Flotte du Nord, le Karl Marx survit au conflit, étant désarmé en novembre 1954 avant d’être coulé comme cible au printemps suivant. Son sister-ship Valerian Kyibyshev n’à pas cette chance, étant torpillé par un sous-marin allemand en septembre 1953.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1260 tonnes pleine charge 1590 tonnes

Dimensions : longueur 102.4m largeur 9.5m tirant d’eau : nc

Propulsion : turbines à engrenages AEG-Vulcan alimentées en vapeur par six chaudières Vulcan développant 39000ch et entraînant trois hélices

Performances : vitesse maximale 37.3 nœuds distance franchissable 2000 miles nautiques à 21 nœuds

Armement : quatre canons de 102mm modèle 1911, quatre plate-formes doubles lance-torpilles de 457mm, 60 mines

Equipage : 142 officiers et marins

Conducteurs de flottille classe Leningrad (projet 1 et 38)

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Le Leningrad

Avant-propos

L’apparition de destroyers généra un certain nombre de problèmes notamment le commandement et la coordination entre des navires aussi rapides que fragiles.

Dans un premier temps on utilisa des croiseurs légers mais très vite l’augmentation de la vitesse imposa de nouvelles solutions en l’occurrence un destroyer un peu plus gros disposant d’aménagement pour accueillir un officier supérieur et un son état-major.

Ces navires appelés souvent conducteurs de flottille ou destroyer leader furent rarement utilisés pour le rôle initialement attribué.

C’est le cas pour les six unités de classe Leningrad, des navires inspirés par les contre-torpilleurs français qui furent utilisés comme des destroyers traditionnels en mer Baltique (deux), en mer Noire (deux) et dans le Pacifique (deux également).

Les trois premiers navires baptisés Leningrad, Kharkov et Moskva appartenaient au Projet 1 alors que les trois autres baptisés Minsk, Tbilissi et Baku appartenaient au projet 38. Les différences étant au final assez limitées, les six navires sont regroupés au sein d’une seule et même classe.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

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Le Moskva

-Le Leningrad est mis sur cale aux chantiers navals Zhdanov de Leningrad le 5 novembre 1932 lancé le 17 novembre 1933 et mis en service le 5 décembre 1936

-Le Kharkov est mis sur cale aux chantiers navals Marti South de Nikolaïev le 19 octobre 1932 lancé le 9 septembre 1934 et mis en service le 19 novembre 1938.

-Le Moskva est mis sur cale aux chantiers navals Marti South de Nikolaïev le 29 octobre 1932 lancé en septembre 1934 et mis en service le 10 août 1938.

-Le Minsk est mis sur cale aux chantiers navals Zhdanov de Leningrad le 5 octobre 1934 lancé le 6 novembre 1935 et mis en service le 15 février 1939

-Le Tbilissi est mis sur cale aux chantiers navals Dalzavod de Komsomolsk sur Amour le 15 janvier 1935 lancé le 24 juillet 1939 et mis en service le 14 juin 1941

-Le Baku est mis sur cale aux chantiers navals Dalzavod de Komsomolsk sur Amour le 15 janvier 1935 lancé le 10 mars 1936 et mis en service le 25 juillet 1938.

Les Leningrad dans la guerre

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, quand l’URSS entre en guerre suite à l’opération BARBAROSSA le 21 juin 1950, les six conducteurs de flottille sont tous en service, étant répartis entre la flotte de la Baltique (Leningrad Minsk), la flotte de la mer Noire (Moskva Kharkov) et la flotte du Pacifique (Baku, Tbilisi).

Le Leningrad stationné à Krondstadt assure des missions d’escorte de convois, attaque les lignes de communication, bombardant également les troupes allemandes.

Le 17 mars 1953 alors qu’il opérait en mer Baltique, le conducteur de flottille est torpillé par un sous-marin allemand, trois torpilles envoyant le conducteur de flottille par le fond, ne laissant que peu de survivants.

Son sister-ship Minsk lui survit au conflit même si il est endommagé à trois reprises (une fois par l’aviation, deux fois lors d’affrontements de surface). Il est désarmé en mars 1960 et coulé trois ans plus tard comme cible lors de tests de bombes et de torpilles.

Les deux conducteurs de la flotte de la mer Noire Moskva et Kharkov survivent au conflit ce qui ne les empêchent pas d’être endommagés à plusieurs reprises sous les coups de l’ennemi. Ils sont désarmés respectivement en 1965 et 1967. Ils restent longtemps mouillés à Sébastopol, leur démolition ayant eu lieu dans les années quatre-vingt.

Le Baku est victime d’une mine japonaise au large des côtes de Corée le 17 mars 1954. Les dégâts ne sont pas à proprement parler très importants mais les faiblesses structurelles et un très mauvais temps entraîne un naufrage assez lent ce qui permet à une majeure partie de l’équipage d’échapper à la mort.

Le Tbilissi lui survit au conflit. Il va rester en service jusqu’en septembre 1960 quand il est désarmé après un incendie. Il est démoli entre 1965 et 1967.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 2180 tonnes pleine charge 2623 tonnes

Dimensions : longueur 127.5m largeur 11.7m tirant d’eau 4.06m

Propulsion : trois groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières développant 66000ch et entraînant trois hélices

Performances : vitesse maximale 40 nœuds distance franchissable 2100 miles nautiques à 20 nœuds

Armement : cinq canons de 130mm en affûts simples (deux à l’avant, un entre le bloc-passerelle et la cheminée n°1, deux à l’arrière), deux canons de 76.2 et deux canons de 45mm AA puis huit canons de 37mm et quatre canons de 25mm, deux plate-formes quadruples de 533mm, 68 à 115 mines, 52 charges de profondeur

Equipage : 250 officiers et marins (311 en temps de guerre)

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