URSS (22) Artillerie et Systèmes d’Armes (2)

Artillerie légère

Canons de 57mm

Le développement d’un canon antiaérien plus puissant que le canon de 45mm commença en 1949 alors que les soviétiques étaient encore mais pour peu de temps en dehors du second conflit mondial.

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Affût double de 57mm ZIF-31

Paradoxalement le premier canon de 57mm baptisé SM-24-ZIF à été conçu pour dôter les sous-marins d’une pièce contre-avions modernes et efficace.

Deux prototypes sont testés en 1949/50 mais les défauts sont tels que le projet est provisoirement mis de côté.

Face aux limites du canon de 45mm, le projet est relancé en 1951, les défauts majeurs sont éliminés mais la production en masse n’est lancée que 1953 dans deux versions, une version pour sous-marin baptisée SM-26-ZIF et une version destinée aux bâtiments de surface ayant pour désignation ZIF-31.

A la fin du conflit peu de canons de 57mm sont en service au sein de la RKKF. Il faudra attendre l’après guerre pour que ce canon devienne une pièce majeure sur les frégates et les destroyers soviétiques dans des affûts simples, doubles et même quadruples notamment sur des frégates et des destroyers lance-missiles. A noter que ce canon utilisait le même obus que le canon S-60 utilisé par l’armée de terre.

Ce canon de 78.7 calibres (longueur du tube : 4.486m) tire des obus de 2.8kg à une distance maximale de 8420m à raison de 100 à 150 coups/minute (SM-26-ZIF) et de 50 coups/minute (ZIF-31).

L’affût pour sous-marin pesait 7.3 tonnes et permet au canon supporté de pointer en site de -6° à +85° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 147° de part et d’autre de l’axe à raison de 25° par seconde.

L’affût simple pour navire de surface pèse 10.8 tonnes, permettant aux canons de pointer en site de -10° à +85° à raison de 25° par seconde et en azimut sur 140° de part et d’autre de l’axe à raison de 30° par seconde. La dotation en munitions est selon les navires de 150 à 500 coups par affût.

Canon de 45mm 21-KM

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Canon de 45mm 21-KM

Ce canon de 45mm est une adaptation du canon antichar de 45mm modèle 1942 pour un rôle antiaérien. Deux prototypes sont commandés en septembre 1943, intensivement testés courant 1944, la production en série commençant en 1945 pour ne s’achever qu’en 1952 quand le canon de 57mm va prendre le relais.

Ce canon de 68 calibres (longueur du tube : 3.412m) tire des obus de 1.065kg à une distance maximale de 10680m en tir antisurface et de 6400m en tir antiaérien à raison de 40 coups par minute.

L’affût simple pesait 867kg et pemettait aux canons de pointer en site de -10° à +85° à raison de 15° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 15° par seconde. La dotation en munitions est de 500 coups par navire.

Après guerre ce canon à été rapidement retiré du service actif même si dans les années quatre-vingt quelques canons étaient encore utilisées dans les unités de réserve.

Canon de 37mm 70-K

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Canon terrestre 61-K et son adaptation navale 70-K

Ce canon antiaérien est une adaptation du canon de 37mm 61-K utilisé par l’armée de terre, un canon dérivé du 45mm 49-K lui même issu du canon de 25mm Bofors modèle 1933 (ouf!), un canon suédois ayant été acquis en petit nombre en 1935.

Après les essais du canon suédois, les soviétiques décidèrent de développer un canon de 45mm mais en dépit des qualités du 49-K, l’armée de terre jugea le calibre de 45mm trop gros pour une arme automatique du champ de bataille et demanda un canon de 37mm.

Ce canon de 37mm 61-K va donc déboucher sur le canon naval 70-K, un canon utilisé en affûts simples, doubles et quadruples, les deux premiers étant manuels et le dernier affût apparu tardivement (1953) était assiste électriquement pour réduire le temps de réaction.

Le développement du 70-K commence en 1938 et la mise en service à lieu courant 1940 même si ce n’est qu’à partir de 1943/44 que la production passa du statut de présérie à celle de production de masse pour équiper navires de surface, sous-marins, bases navales et batteries côtières.

La production se poursuivit jusqu’en 1957 et le canon resta en service jusqu’au milieu des années soixante-dix quand un canon de 30mm remplaça les canons de 37mm alors totalement dépassé.

Le modèle simple était donc le canon de 37mm 70-K, l’affût double 66-K _seuls ces deux affûts étaient opérationnels en juin 1950_ et l’affût quadruple 46-K. Ce dernier était non seulement assiste électriquement mais était protégé par un bouclier très enveloppant. Après guerre une version améliorée baptisée 46-KSM permettait l’utilisation de ce canon en ambiance contaminée.

Ce canon de 67 calibres (longueur du tube 2.729m) tire des obus de 0.732g à une distance maximale de 8400m en tir antisurface et de 4000 en tir antiaérien à raison de 150 coups par minute pour l’affût simple (145 coups pour le 66-K et 400/500 coups pour le 46-K).

L’affût simple pour le 70-K pèse 1350kg et permet au canon de pointer en site de -10° à +85° à raison de 15° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 19.6° par seconde.

L’affût double 66-K pèse 7320kg, permettant aux canons de pointer en azimut de -10° à +85° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 20° par seconde.

L’affût quadruple 46-K pèse 18300kg et permet aux canons de pointer en site de -10 à +90° à raison de 30° par seconde (70° pour le 46-KS) et en azimut sur 360° à raison de 30° par seconde (70° pour le 46-KS). La dotation en munitions varie en fonction de la taille du navire et de l’affût mais généralement on ne compte pas moins de 150 à 200 coups par canon.

Canon de 25mm 110-PM

Ce canon à été développé au milieu des années quarante pour compléter le canon de 37mm et offrir une alternative économique au canon 70-K. Sans le savoir (ou pas) l’URSS avait choisit le même duo que La Royale à savoir un canon de 25mm et un canon de 37mm là où d’autres pays préféraient le duo 20/40mm.

Le développement commença en 1945, les premiers tests furent lancés en 1946, la production commença doucement en 1947, atteignant une bonne cadence à partir de 1949, la production se poursuivant dura tout le conflit et jusqu’en 1972 !

Ce canon était utilisé en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples, des projets d’affûts à six et huit tubes ne dépassant pas le stade du projet.

Ce canon fût utilisé sur des vedettes lance-torpilles et de petits navires auxiliaires comme canon principal alors que sur les plus gros navires il était utilisé comme arme de défense rapprochée que le navire soit un cuirassé, un croiseur de bataille, un porte-avions, des croiseurs, des destroyers voir des sous-marins.

Ce canon de 79 calibres (longueur du tube : 1.975m) tire des obus de 0.281kg à une portée maximale de 2800m et en tir antiaérien de 1700m à raison de 270 à 300 coups par minute. Les différents affûts permettent aux canons de pointer en site de -10° à +85° à raison de 25° en manuel et 60° avec assistance électrique et en azimut sur 360° à raison de 15° par seconde en manuel (40° avec assistance électrique).

Initialement il était prévu que la RKKF mette au point une version navale du canon de 25mm 72-K de l’armée de terre mais ce projet ne dépassa pas le stade du prototype.

Torpilles,Mines et Armes ASM

Torpilles

Désignation, technique et fabrication

En ce qui concerne la désignation des torpilles, la marine tsariste utilisait un système très simple avec le calibre suivit de l’année de l’adoption. Par exemple la torpille 18inch Pattern 1912 était une torpille de 450mm adoptée en 1912.

A ce système simple succéda un système plus complexe adopté par la nouvelle RKKF. Les torpilles standard étaient désignées par leur calibre en centimètres suivit d’un tirer et des deux derniers chiffres de leur année d’adoption. En cas de modification on ajoutait une voir plusieurs lettres.

Par exemple, la torpille 53-38U était une torpille de 533mm (21 pouces) adoptée en 1938 avec le U signifiant «modifiée».

D’autres lettres pouvaient être utilisées comme le M (Mederniziravannaya ou modernisé), le N pour les destroyers de classe Novik, PM pour Pribor Manevrirovaniya (torpille capable de manœuvrer), A pour Aviatsionnaya (avion), AV pour Aviatsionnaya Vysotnaya (torpille pour avion volant à haute altitude), VT pour Vysonaya Torpeda (torpille haute altitude) et NT pour Nizkaya Torpeda (torpille basse altitude).

Les torpilles spéciales étaient désignées d’abord par un code de mission puis l’année d’adoption, on trouve ainsi le préfixe TAV pour Torpeda Aviatsionnaya Vysotnaya (torpille destinée à un avion volant à haute altitude), TAN pour Torpeda Aviatsionnaya Nizkaya (torpille destinée à un avion volant à basse altitude), ET pour Electrical Torpedo (torpille à propulsion électrique), SET pour Samonavodyaschayasya Elektricheskaya Torpeda (torpille guide à propulsion électrique), SAET pour Samonavodyaschayasya Akustcheskaya Elektricheskaya Torpeda pour torpille à autoguidage acoustique et propulsion électrique.

On trouve également le préfixe AT pour Aviatsionnaya Torpeda (torpille aéroportée), le RAT pour Reaktivanaya Aviatsionnaya Torpeda ou torpille aéroportée à propulsion additionnelle, APR pour Aviacionnaia Podvodnaia Raketa (roquette ASM aéroportée) ou encore VTT pour Vertoletnaia Teleupravliaemaia Torpeda (torpille guidée pour hélicoptère).

La majeure partie des torpilles de la marine tsariste ont été fabriquées par deux entreprises, Obukhov & Lessner à Saint Petersbourg et enfin Nikolaïev dans le sud de la série. Ces deux entreprises sont contraintes de fermer à cause de la guerre civile russe et seule la première rouvre en 1927 sous le nouveau nom de Dvigatel.

En 1932 l’institut de développement des mines et torpilles (Nauchno-Issledovatel’skii Minno-Torpednyi Institut) est créé pour favoriser la mise au point de nouvelles torpilles plus modernes que celles en service.

A la fin des années trente, les torpilles de la RKKF étaient produites par quatre entreprises, deux à Leningrad (Dvigatel et Voroshilov), une à Dnepropetrovsk (Krasny Progress) et une à Makhachkala (Dagdiesel).

Comme ces entreprises étaient potentiellement à la merci d’une invasion étrangère (sous-entendue allemande), des plans étaient prévus pour évacuer ces usines loin à l’abri de la menace allemande. Dès le mois d’octobre 1950, la production de torpilles reprit dans l’Oural pour permettre à la flotte soviétique de disposer de suffisamment de projectiles et de munitions. Une autre usine fût établie sur les rives de la mer Caspienne.

Le conflit terminé, les usines retrouvèrent leurs lieux d’origine, seule celle établie au Kazakhstan sur les rives de la Caspienne continua à produire torpilles, mines et autres ASM.

Comme dans de nombreux domaines, les alliés occidentaux livrèrent des torpilles antisurface et anti-sous-marines à l’URSS, torpilles utilisées bien entendu au combat mais surtout utilisées pour améliorer les torpilles soviétiques au travers d’un processus de reverse ingeniering.

Sur le plan purement technique, les torpilles russes utilisées de 1877 à 1905 appartenaient à la grande famille Whitehead, la propulsion se faisant par de l’air comprimée ce qui avait l’inconvénient de laisser un sillage caractéristique.

Jusqu’en 1939 toutes les torpilles russes et soviétiques utilisaient de l’air comprimé et un système à piston. Cette année là une torpille à propulsion électrique fût essayée avec succès, la mise en service ayant lieu en 1944/45 suite à des problèmes d’industrialisation.

En 1936, une torpille expérimentale utilisant comme carburant de l’acide nitrique et de la turpentine fût mise au point, permettant une portée de 11/12000m à une vitesse de 45 nœuds mais l’acide nitrique se révéla trop corrosive ce qui entraîna l’abandon du projet. Même chose pour une torpille propulsée par une turbine dont le développement lancé en 1939 fût abandonné en 1942.

En ce qui concerne la charge propulsive, elle était composée de TNT. Le détonateur était classique, fonctionnant au contact. En 1932 une fusée magnétique fût mise au point mais peu fiable elle ne fût pas acceptée.

Après dix ans, une nouvelle fusée magnétique fût enfin mise au point et après des tests intensifs, acceptée en 1944 et mise en service un an plus tard. Durant le conflit, les deux modes de détonation furent utilisés.

Les différents modèles

La RKKF va utiliser de nombreux modèles de torpilles de deux calibres, 457mm et 533mm. Les modèles les plus anciens sont le 18inch modèle 1907/1908/1910, des torpilles pesant entre 641 et 665kg avec une charge explosive de 96kg, une portée maximale de 2000m à 27 nœuds pour les modèles 1907/08 et de 2000m à 34 nœuds pour le modèle 1910, ce dernier modèle évoluant vers une portée maximale de 3000m à 29 nœuds.

Le 18inch modèle 1912 équipe les destroyers de classe Novik. Elle pèse 810kg dont 112kg de charge militaire, sa portée maximale étant de 3000m à 39 nœuds et 6000m à 29 nœuds.

La torpille 18inch TAV-15 est une torpille aéroportée de 450mm adoptée en 1932. Dévellopée à partir des torpilles Pattern 1910 et 1915, cette torpille pouvant être larguée à 2000/3000m d’altitude avec trois parachutes pour la freiner.

La torpille 18inch TAN-12 est une torpille aéroportée adoptée en 1932 également,une torpille adaptée de la torpille 18inch modèle 1912.

La torpille 450mm 45-36N est une torpille destinée aux destroyers de classe Novik, succédant à la torpille modèle 1912. Mise en service en 1936, elle pèse 935kg (dont 200kg de charge militaire) avec une portée maximale de 3000m à 41 nœuds et de 6000m à 32 nœuds. Cette torpille est une évolution d’un modèle italien commandé à Fiume en 1932. A noter qu’elle peut être utilisée depuis des tubes de 533mm via un adaptateur.

La torpille 450mm 45-36NU était utilisée également sur les destroyers de classe Novivk. Mise en service en 1939, c’est une évolution de la précédente qui se distinguait pas une charge militaire plus importante (284 contre 200kg) ce qui explique un poids total plus important (1028 contre 935kg). Sa portée maximale est de 3000m à 41 nœuds et de 6000m à 32 nœuds.

La torpille 450mm 45-36-AV-A est une torpille destinée aux avions évoluant à haute altitude. Elle est apparue en 1939, pesant 935kg avec 200kg d’explosif, la portée maximale étant de 4000m à 39 nœuds.

La torpille 450mm 45-36AN est une adaptation de la 45-36AN destinée aux avions évoluant à basse altitude. Apparue en 1939, elle pèse 935kg avec une charge militaire de 200kg, ayant une portée maximale de 4000m à 39 nœuds.

La torpille 450mm 53-38U est une torpille destinée aux navires de surface, aux vedettes lance-torpilles et aux sous-marins. Apparu en 1939, elle pesait 1725kg pour une charge explosive de 400kg avec une portée maximale de 4000m à 44.5 nœuds, de 8000m à 34.5 nœuds et de 10000m à 30.5 nœuds.

En 1917 une torpille de 533mm était encore de développement. Les deux révolutions russes empêchèrent la sortie de cette arme disposant d’une charge militaire de 216kg ayant une portée maximale de 3000m à 45 nœuds et de 10000m à 30 nœuds. Elle servit néanmoins de base à la torpille 53-27.

Cette torpille est la première torpille «100% soviétique» adoptée en 1927. Elle pèse 1710kg avec une charge de 265kg et une portée maximale de 3700m à 45 nœuds, cette torpille étant produite jusqu’en 1935 avant de céder la place à des modèles plus modernes.

La torpille 53-36 est une torpille mise au point en 1932 et mise en service quatre ans plus tard, cette arme devant être utilisée par de grands navires de surface, des vedettes lance-torpilles et des sous-marins.

Elle pèse 1700kg avec une charge explosive de 300kg, une portée maximale de 4000m à 43.5 nœuds et de 8000m à 33 nœuds. C’est une évolution de la 53-27 mais n’étant pas satisfaisante la production est stoppée en 1938 après la sortie de seulement 100 exemplaires.

La torpille 53-38 à été développée à partir de 1936 suite à l’échec de la précédente. Mise en service en 1938, elle à été utilisée par des navires de surface, des vedettes lance-torpilles et des sous-marins.

Pesant 1615kg (avec une charge militaire de 300kg), elle peut atteindre une cible à 4000m à 44.5 nœuds, de 8000m à 34.5 nœuds et de 10000m à 30.5 nœuds. Basée sur une torpille italienne, la 53-38 va être la principale torpille soviétique du second conflit mondial.

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Torpille 53-39

La torpille 53-39 est une évolution de la précédente, une torpille de 1780kg avec une charge militaire de 317kg, la portée maximale étant de 4000m à 51 nœuds, de 8000m à 39 nœuds et de 10000m à 34 nœuds.

La torpille 53-47 est une torpille apparue comme son nom l’indique en 1947. Evolution de la précédente, elle est utilisable aussi bien sur les navires de surface que dans les sous-marins. Elle pèse 1875kg avec une charge explosive de 300kg, une portée maximale de 4000m à 51 nœuds, de 8000m à 39 nœuds et surtout un percuteur magnétique à remplacé le percuteur mécanique des précédents projectiles.

Cette torpille évolue dans un modèle à autoguidage acoustique, la 53-53 qui apparaît trop tard pour jouer un rôle important dans le second conflit mondial. Pesant 1950kg, elle dispose d’une charge explosive de 400kg et peut atteindre la portée maximale de 5000m à 51 nœuds, de 9000m à 39 nœuds et de 12000m à 25 nœuds.

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Dans les années quarante, des torpilles à propulsion électriques apparaissent. Leur mise au point à été difficile et peu sont en service en 1950 quand les allemands déclenchent l’opération BARBAROSSA. Durant le conflit elles vont peu à peu remplacer les torpilles fonctionnant à l’air comprimé mais quand le second conflit mondial les deux types de torpilles vont cohabiter.

La torpille ET-46 est une torpille de 533mm apparue en 1946. Destinée aussi bien aux navires de surface qu’aux sous-marins, elle pesait 1810kg (dont 450kg de charge militaire) avec une portée de 6000m à 31 nœuds.

En revanche la ET-51 apparue au cours du conflit est uniquement destinée aux sous-marins de la RKKF. Pesant 2000kg avec une charge explosive de 300kg elle peut atteindre une cible à 6000m à la vitesse respectable de 36 nœuds.

En 1953 apparaît la torpille SET-53 une torpille à motorisation électrique et disposant d’un autodirecteur acoustique. Elle est un assemblage savant de recherches soviétiques et de l’étude de torpilles à autoguidage acoustiques allemandes capturées.

Pesant 1480kg, embarquant une charge militaire de 100kg, elle peut atteindre 8000m à 23 nœuds et 14000m à 29 nœuds. Ultérieurement un modèle amélioré baptisé SET-53M permettra à cette torpille d’embarquer une charge militaire plus importante (150kg) avec une portée maximale passant à 9000m à 25 nœuds et 15200m à 30 nœuds.

Mines

Désignation et informations techniques

Avant 1898 les mines russes portent comme désignation le nom de leur inventeur et l’année d’adoption ce qui nous donne par exemple Gertz modèle 1876. Entre 1898 et 1939, les mines furent simplement désignées par leur année d’adoption (ex la mine modèle 1912).

En 1939 nouveau changement avec l’instauration d’un code à deux lettres pour préciser la fonction de la mine. C’est ainsi que si les mines de surface sont baptisées KB (= Korabel’naya Mina), les mines mouillées par sous-marins sont les PL (= Podvodnaya Lodka) ou EhP. Une modification ou une adaptation particulière et les deux lettres se voient adjoindre un chiffre. Les mines magnétiques elles sont baptisées AMD.

La mise à feu des mines russes était le plus souvent lié à un système classique à contact voir à une commande depuis la terre. A la fin des années trente apparaissent les premières mines magnétiques qui vont entrer massivement en service au milieu des années quarante. Quand à l’explosif ce fût d’abord de la poudre à canon puis du gun cotton et enfin de la TNT à partir de 1908.

Pionniers dans l’usage de la mine marine, les russes mouillèrent rien qu’en mer Baltique 1865 mines durant la guerre de Crimée. Si aucun navire britannique ne fût endommagé et à fortiori coulé, leur présence dissuada les alliés de toute attaque massive contre Kronshtadt.

Vingt ans plus tard, la mine marine fût utilisée durant la guerre russo-turque de 1877/78. Ces mines utilisées défensivement pour protéger les ports et le trafic russe sur le Danube fût à l’origine de la destruction d’un navire.

Durant la guerre russo-japonaise, la mine marine fût massivement utilisée, les deux belligérants perdant un certain nombre de navire à cause de cette arme aussi peu coûteuse qu’efficace. La Russie mouilla 4275 mines qui provoquèrent la destruction chez les japonais de deux cuirassés, de deux croiseurs, de cinq canonnières, de six destroyers et d’un navire auxiliaire.

Le mouillage de mines fût mené encore plus massivement durant le premier conflit mondial, mouillant rien qu’en Baltique 38932 mines dans des rôles défensifs mais aussi offensives, provoquant la perte de 48 navires de guerre tandis que 21 autres étaient endommagés.

En 1916, onze destroyers allemands tombèrent dans un champ de mines, sept étant coulés sans que les russes ne tirent qu’un seul coup de canon ! 52000 mines furent mouillées par les russes durant le premier conflit mondial provoquant la perte de 64 navires de guerre et d’un nombre important de navires marchands et auxiliaires.

Pour comparer les alliés occidentaux mouillèrent 308700 mines pour protéger notamment les convois ou empêcher les sous-marins ennemis d’accéder à l’Atlantique. 207 navires allemands furent coulés ce qui représente un chiffre important mais le rapport mines posées/navires coulé et très favorable à la Russie.

Durant le second conflit mondial, des champs de mines furent mouillés pour protéger ports et bases navales. Quelques mouillages offensives seront également menés mais n’ont visiblement pas rencontré un immense succès.

Les différents modèles

Le parc de mines marine de la marine soviétique est pléthorique et hétérogène avec des modèles anciens et récents.

La mine la plus ancienne est le modèle 1908, une mine de 575kg avec une charge militaire de 115kg, une mine pouvant être mouillé jusqu’à 110m. Mine fonctionnant au contact, elle se révélera si efficace qu’elle restera en service jusqu’au milieu des années soixante.

La mine modèle 1912 est une autre mine fonctionnant au contact. Pouvant être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 130m, elle pèse 600kg (dont 100kg d’explosifs). C’est une modification d’une mine modèle 1909.

Après l’échec de la mine modèle 1913 (non produite en raison du début du conflit), la Russie à produit une mine fluviale, la Rybka modèle 1915, un projectile de 190kg avec 9 à 12kg d’explosif, une mine qui ensuite adaptée à un usage côtier pouvait être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 18m.

La PL-100 est une mine apparue en 1915, une mine mouillable par des sous-marins. C’est une modification de la mine modèle 1912, une mine disposant de 100kg d’explosifs et pouvant être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 130m.

La mine modèle 1916 est une mine à contact pesant 750kg avec une charge militaire de 115kg, pouvant être mouillé dans des eaux d’une profondeur maximale de 425m.

Tout comme les torpilles, l’URSS après avoir hérité des mines tsaristes va développer toute une série de mines adaptée à ses besoins.

La mine modèle 1926 est une mine fonctionnant au contact comme l’immense majorité des mines soviétiques du second conflit mondial. Elle pèse 960kg, est chargée de 250kg d’explosifs et pouvant être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 130m.

La MAB-1 est une mine pouvant être larguée par avion à haute altitude. C’est une modification de la modèle 1912, une arme disposant de 100kg d’explosifs avec une profondeur maximale de 130m.

Sa production est cependant brève puisqu’elle est stoppée en 1936 après quatre ans de production

La mine modèle 1908/39 est une version modernisée de la mine modèle 1908. Elle pèse 592kg avec une charge militaire de 115kg. Elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 120m.

La mine Mirab apparue en 1939 est une mine magnétique aéroportée. Elle est mise en service en masse en 1945. Elle pèse 280kg avec 64kg de charge explosive. Elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 15m.

La mine R-1 apparue en 1939 est une mine fluviale, pesant 275kg (40kg de charge militaire). Elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 40m.

La mine AMG-1 apparue en 1939 est une mine aéroportée de 250kg, une adaptation de la mine modèle 1912. Elle peut être mouillée à une altitude de 200m. C’est la principale mine aéroportée de la marine soviétique.

La mine KB apparue en 1940 est une mine fonctionnant au contact, une mine utilisable contre les navires de surface et contre les sous-marins. Elle pèse 1065kg avec une charge militaire de 230kg et peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 260m.

La mine AG apparue en 1940 est une mine fonctionnant au contact et destinée à détruire les sous-marins. Pesant 1120kg, emportant une charge militaire de 230kg, elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 480m. La mine AGSB est une mine issue de la mine AG. Utilisée contre les sous-marins, elle pèse 1120kg avec une charge explosive de 230kg, la profondeur de mouillage maximale étant de 500m.

La mine PLT apparue en 1940 est une mine mouillable par sous-marin. Pesant 820kg, emportant une charge militaire de 240kg, elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 130m.

La mine PLT-G est une modification de la mine PLT pour une utilisation dans des eaux profondes. Elle pèse 820kg avec une charge militaire de 240kg et une profondeur maximale de mouillage de 260m.

La mine EhP est une mine destinée à être mouillée par les grands sous-marins de classe K, chaque submersible de ce type pouvant emporter seize mines. Pesant 1050kg avec une charge militaire de 300kg, elle peut être mouillée dans des eaux d’une profondeur maximale de 160m. Une version pour eaux profondes baptisée EhPG existe également, une mine pesant 1050kg avec une charge militaire de 260kg avec une profondeur de mouillage maximale de 350m.

La mine PLT-2 est une mine pouvant être mise en œuvre à n’importe quelle profondeur grâce à un système de flottaison pneumatique. Pesant 765kg, elle dispose d’une puissante charge militaire avec 300kg d’explosifs. Une version lançable depuis des tubes lance-torpilles et baptisée PLT-3 n’à pas dépassé le stade du prototype en raison de défauts de conception.

La mine AMD-1-500 est une mine magnétique apparue au cours des années quarante. Pouvant être mise en œuvre par des navires ou des avions, elle pèse 500kg avec une charge explosive de 300kg, la profondeur d’eau où la mine peut être mouillée varie entre 6 et 30m.

La mine AMD-2-500 est une mine magnétique/acoustique, pouvant être mouillée par des avions ou par des navires (elle est alors appelée sous le nom de KMD-2-500). Elle pèse 500kg avec une charge explosive de 300kg, la profondeur de mouillage variant entre 6 et 50m.

La mine AMD-1-1000 est une mine magnétique semblable à la précédente mais jouant dans une catégorie supérieure. Elle pèse 1000kg avec une charge explosive de 700kg avec une profondeur de mouillage variant entre 6 et 30m.

La mine AMD-2-1000 apparue en 1945 est mine magnétique semblable à la précédente. Elle pèse 1000kg avec une charge explosive de 700kg et une profondeur de mouillage variant entre 6 et 50m.

La mine YaM est une mine apparue dans les années quarante. Elle peut être utilisée comme une «mine terrestre» dans des eaux très peu profondes (par exemple pour défendre une plage contre un débarquement). Elle pèse 172kg avec une charge explosive de 20kg, la profondeur d’eau maximale dans laquelle elle peut être mouillée est de -50m.

Durant le second conflit mondial, la marine soviétique à reçu des mines étrangères comme les mines magnétiques britanniques Mk IV et Mk V,

Lutte ASM

Sur le plan des capteurs, la Russie ne possède pas de bons sonars en septembre 1948, les quelques modèles mis au point dans les années quarante sont largement perfectibles.

En dépit de profondes réticences, quelques capteurs ASM seront fournis par les alliés aux soviétiques, appareils utilisés comme systèmes opérationnels mais aussi via la retro ingeniering pour faire progresser les concepteurs soviétiques de sonars.

Voilà pourquoi fort peu de sous-marins furent coulés par les soviétiques via des charges de profondeur, la majorité des U-Boot coulée par la RKKF l’étant par mines ou par l’aviation en surface via des bombes ou des roquettes air-surface.

En septembre 1948 la marine soviétique utilise des grenades ASM de différents modèles, des B-1 de 165kg (135kg de charge explosive), des Vickers 4 VB de 162.5kg (115kg de charge explosive), des M-1 de 36kg (charge de 25), des Vickers 4VM de 22 kg (16kg de charge militaire), ces grenades étant utilisées depuis des grenadeurs de sillage mais aussi des mortiers comme le BMB-1.

BMB-1 2.jpg

Mortier ASM BMB-1

Le grenadeur de sillage B-1 peut mettre en œuvre 20 grenades B-1 alors que le M-1 est taillé pour mettre en œuvre 32 charges de profondeur légère BM-1. Le mortier BMB-1 qui pèse 194kg peut tirer à une élévation fixe de 45° des charges de profondeur à 40, 80 et 110m.

Durant le conflit il y eut des tentatives de mise au point de lance-roquettes ASM comme le hedgehog américain ou le porc-épic français mais sans succès notables.

Quelques hedgehog Mk 11 furent livrés à la marine soviétique par les américains, servant d’accélérateur aux recherches sur des mortiers ASM 100% soviétiques.

Outre les modèles déjà présentés on trouve la 4B-M pouvant exploser à -12 ou à -24m. Elle date du premier conflit mondial et son utilisation est donc très limitée durant la 2ème GM.

La charge de profondeur 4B-B est également inspirée de charges du premier conflit mondial ce qui ne l’empêche pas d’être encore largement utilisée durant la deuxième guerre mondiale. Elle peut exploser à -12, -24, -36 et -48m.

La charge de profondeur BM-1 est la principale charge de profondeur de la marine soviétique. Elle est mise en service en 1933, pèse 45kg (dont 25kg d’explosifs).

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