URSS (16) Marine (2)

La guerre russo-japonaise et l’agonie de la marine russe

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Bref résumé de ce conflit

Du 8 février 1904 au 5 septembre 1905, la Russie des Romanov et le Japon de l’ère Meiji s’affrontent pour savoir qui de Petrograd et qui de Tokyo doit dominer l’Asie du Nord-Est, la Chine des Qin moribonde n’étant pas invité à la fête.

La Russie subit une cuisante et humiliante défaite. Pour la première une puissance occidentale est battue à la régulière par une puissance issue d’une race prétendument inférieure. Certes par le passé les pays européens ont subi des défaites mais il s’agissait de revers tactiques qui ne remettaient pas en cause leur supériorité intrinsèque.

Conflit de masse (plus de 2 millions d’hommes engagés), il annonce le première conflit mondial avec l’importance de l’artillerie, de la logistique, l’utilisation massive d’armes automatiques…… .

Le 13 janvier 1904, le Japon adresse un ultimatum à la Russie, exigeant l’évacuation de troupes russes présentes en Mandchourie. Sans réponse, le Japon se considère en guerre avec la Russie, attaquant l’escadre mouillée de Port-Arthur par surprise le 8 février 1904. La déclaration de guerre officielle à lieu le 10 février 1904.

Sonnés par l’attaque surprise de Port-Arthur, les russes ne peuvent s’opposer à l’invasion puis à l’occupation de la péninsule coréenne (février-mars 1904). Dans la foulée Vladivostok est bombardée par la marine japonaise, Port-Arthur assiégée capitulant en janvier 1905, Moukden deux mois plus tard.

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Schéma de la bataille de Tsushima

Sur terre les japonais l’ont emporté, la décision va donc se faire sur mer avec la célèbre bataille de Tsushima du 27 au 28 mai 1905, la flotte de l’amiral Tojo triomphant de la flotte russe de la……Baltique qui venait de réaliser un quasi-tour du monde dans des conditions dantesques avec le canonnage de chalutiers britanniques sur le Dogger Bank pris pour des torpilleurs japonais le 21 octobre 1904, le contournement de l’Afrique par le cap de Bonne Espérance, des suicides en masse notamment lors de l’interminable escale à Madagascar (deux mois), des mutineries….. .

Face à une flotte exténuée, épuisée, au bord de la mutinerie généralisée (elle était partie le 11 octobre 1904 de Liepaja), l’escadre de l’amiral Tojo fraiche et entrainée n’à aucun mal à l’emporter.

Entre-temps les mauvaises nouvelles du conflit ont provoqué une révolution le 22 janvier 1905, le «Dimanche Sanglant» étant une sorte de répétition générale en attendant 1917. Ce jour là la police tire sur une manifestation menée par un agent provocateur de la police, le pope Gapone. Le bilan est de 800 à 1000 morts, semant les graines d’une future révolte.

La Russie épuisée n’à d’autre choix que négocier. Les négociations ont lieu à Portsmouth (Etats-Unis) en présence du président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt. Le négociateur russe est Serge Witte. Le Japon s’approprie la Corée, la région de Port-Arthur, une partie des îles Sakhaline, les russes devant eux évacuer la Mandchourie du sud qui est rendue à la Chine.

Les négociations vont durer du 5 au 29 août, le traité de Portsmouth est signé le 5 septembre 1905.

Ce conflit mais personne ne le sait encore va déclencher le long et lent mécanisme de la guerre entre japonais et américains, désormais seules puissances à pouvoir se disputer le contrôle du Pacifique.

La marine impériale russe et la guerre russo-japonaise

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Représentant de la bataille de Tsushima

Après avoir présenté les principales étapes du conflit, voyons d’abord de manière plus précise le volet naval de ce conflit.

Non seulement cette guerre vis le seul affrontement entre cuirassés à tourelles avant le Jutland mais la bataille de Tsushima fût à l’origine du battlecruiser, le croiseur de bataille dont la réputation négative était moins due à sa conception qu’à une mauvaise utilisation.

Dans la nuit du 7 au 8 février 1904, des torpilleurs japonais attaquèrent la base navale russe de Port-Arthur en Mandchourie, endommageant sérieusement deux cuirassés, choquant les russes qui estimaient qu’une attaque sans déclaration de guerre préalable était injuste ce à quoi les japonais répondaient qu’en 1809 Petrograd avait fait la même chose contre la Suède.

Le lendemain de cette attaque audacieuse (surprise, de nuit), des affrontements confus opposèrent les deux flottes, la flotte russe mouillée sous la protection des batteries côtières refusant l’affrontement en haute mer alors que les japonais étaient dans l’incapacité de contraindre l’ennemi au combat.

Dans la nuit du 13 au 14 février 1904, les japonais tentèrent de bloquer les passes de Port-Arthur pour y immobiliser la flotte. Pour cela ils imaginèrent saborder dans le chenal des vapeurs chargés de ciment.

Hélas pour eux la surprise fût éventée et le tir des canons russes fit dévier les vapeurs de leur course qui ne coulèrent pas à l’emplacement prévu rendant l’embouteillage inopérant. Une nouvelle tentative échoua dans la nuit du 3 au 4 mai 1904.

En mars 1904, le vice-amiral Stepan Makarov (1849-1904) prit la tête de la 1ère escadre russe du Pacifique (First Russian Pacific Squadron) avec la ferme intention de rompre le blocus de Port-Arthur, totalement isolée du reste de la zone russe, l’armée de terre japonaise l’assiégeant à terre et la marine impériale japonaise sur les eaux de la mer Jaune.

Le vice-amiral Makarov eut l’idée d’utiliser massivement la mine marine non pas seulement comme arme de protection défensive mais également pour perturber les lignes de communication ennemies. Malheureusement pour les russes les japonais ont eu également la même idée.

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Cuirassé Petropavlosk

Le 12 avril 1904 les cuirassés Petropavlosk et Pobeda quittent Port-Arthur, bien décidé à rompre le blocus japonais. Pénétrant dans un champ de mine inconnu, les deux cuirassés font exploser ces armes au rapport coût/efficacité inégalable.

Si le Pobeda peut être remorqué à Port-Arthur pour des réparations importantes, le Petropavlosk lui coule en moins d’une heure, emportant avec lui le vice-amiral Makarov. C’est un coup terrible pour la marine impériale russe qui perd un chef de valeur, énergique et décidé.

Réponse du berger à la bergère, le 15 mai 1904 les cuirassés japonais Yashima et Hatsuse font exploser au minimum deux mines. Le premier coule en quelques minutes emportant 450 membres d’équipage tandis que le second prit en remorque coule quelques heures plus tard.

Remplaçant l’amiral Makarov, l’amiral Wilgelm Vitgeft décide de tenter une nouvelle fois sa chance, espérant rompre le blocus de Port-Arthur pour rallier Vladivostok. Il sort le 10 août 1904, posant sa marque sur le cuirassé Tsesarevich (de conception et de construction française), dirigeant une flotte composée de six autres cuirassés, quatre croiseurs et quatorze destroyers.

Face à lui se trouvait l’amiral Tojo qui disposait d’une flotte de quatre cuirassés, de dix croiseurs et de dix-huit destroyers.

Vers 12.15, les «Gros» des deux camps se repérèrent mutuellement, Togo parvenant à barrer le T de son adversaire, ouvrant le feu à environ 8000m, une distance inimaginable encore quelques années plus tôt.

Un duel de trente minutes opposèrent les cuirassés qui engagèrent alors leur artillerie secondaire alors que la distance d’engagement était tombée à 4000m. A 18.30 la passerelle du Tsesarevich est touchée, l’amiral Vitgeft tué, le cuirassé russe tentant de quitter la zone des combats.

Tojo voulu à tout prix couler le navire-amiral russe mais une charge courageuse du Retvizan préserva le Tsesarevich d’un sort funeste. Informé que des renforts avaient été expédiés de Baltique, l’amiral japonais décida de jouer la prudence et de reprendre le blocus de Port-Arthur.

Cette nouvelle tentative fit comprendre aux russes et notamment aux marins que le sort de Port-Arthur était scellé. Fin août une tentative de dégagement de la ville par voie terrestre ayant échoué (bataille de Liaoyang à la fin du mois d’août), les troupes russes de replièrent sur Mukden.

Les navires russes bloqués à Port-Arthur furent peu à peu neutralisés par l’artillerie lourde déployée à terre, la ville tombant le 2 janvier 1905.

A noter que durant ce conflit les deux pays achetèrent des sous-marins (aux américains et aux allemands pour les russes, aux américains pour les japonais) mais ces drôles d’engins aux potentialités encore inconnues arrivèrent trop tard pour jouer un rôle majeur dans la guerre russo-japonaise.

Si les submersibles nippons ne réalisèrent aucune mission, les sous-marins russes effectuèrent plusieurs patrouilles mais sans succès.

Après la destruction de la 1ère escadre du Pacifique, la Russie décida d’envoyer une nouvelle escadre dans le Pacifique venue de la mer Baltique. Sous le commandement de l’amiral Zinovy Rozhestvensky, la 2ème escadre du Pacifique quitta Liepaja (Lettonie) le 11 octobre 1904.

Composée de navires anciens avec des équipages peu surs, cette escadre était un véritable baroud d’honneur pour les armes russes. Le 21 octobre 1904, alors qu’elle traversait le Dogger Bank, elle ouvrit le feu sur des chalutiers britanniques prit pour des torpilleurs japonais !

Cet incident manqua de provoquer une guerre entre Londres et Petrograd. Officiellement neutre dans la guerre russo-japonaise, la Grande-Bretagne était depuis 1902 alliée au Japon.

Si la Grande-Bretagne ne déclara pas la guerre à la Russie, elle ferma le canal de Suez aux navires russes (bien que cette voie d’eau soit gérée par un entreprise franco-britannique) ce qui obligea l’escadre de l’amiral Rozhestvensky à contourner le cap de Bonne Espérance soit un voyage de plus de 29000 km !

Cette interminable traversée laissa tout le temps à l’amiral Tojo de peaufiner son plan d’action. Il fallait éviter que la flotte russe retrouve Vladivostok. Il faut dire que la presse internationale à abondamment couvert cette improbable odyssée.

Sur que l’amiral russe choisira la route la plus directe pour rallier Vladivostok, il choisit de l’attendre dans le détroit de Tsushima. Du nom d’une île en mer du Japon, elle sépare la péninsule coréenne de l’archipel japonais.

Le 27 mai 1905 à 4h45 du matin le cargo Shinano Maru repère l’escadre russe. L’alerte est donnée et les navires japonais tapis le long des côtes coréennes montent en pression, prêts à appareiller pour ce qui s’annonce comme l’affrontement final.

L’escadre russe s’organise en deux colonnes d’inégale importance, les cuirassés d’un côté, les navires plus anciens et moins protégés de l’autre. Quant aux japonais ils sont organisés en trois escadres.

La force intrinsèque des navires est comparable mais si la flotte japonaise est motivée, expérimentée et bien entraînée, son homologue est dans un état lamentable, des navires usés, des équipages épuisés en état de quasi-mutinerie. Si la bataille n’est pas forcément jouée d’avance, un bookmaker avisé mettrait sûrement son argent sur une victoire japonaise plutôt qu’une victoire russe.

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Tojo Heihachiro

Les deux flottes entrent en contact visuel à 13.15 et quelques minutes plus tard, l’amiral Tojo fait hisser le pavillon de combat. Disposant d’une vitesse supérieure (15 nœuds contre 10/11 nœuds pour son adversaire), l’amiral Tojo veut «barrer le T» en se plaçant perpendiculairement à la ligne de bataille adverse et ainsi disposer de toutes les tourelles battantes.

Cette tactique ne passe pas inaperçue et l’amiral Rojetsvenski ordonne de mettre cap à tribord pour contrer cette manœuvres. Les russes ne tardent pas à ouvrir le feu à 14.07 en visant le Mikasa, le navire-amiral japonais.

A 14.12 alors que la flotte japonaise à achevé sa manœuvre, la distance est tombée à 5000m. Les deux flottes se rendent coup pour coup. A 14.50 la situation tourne définitivement à l’avantage des japonais. A 15.10 le cuirassé Ostlyabya est coulé alors que le commandant en chef russe blessés et inconscient doit être évacué sur une torpilleur.

La bataille ordonnée tourne à la foire d’empoigne, une série de duels incertains à des distances parfois inférieures à 1500m ! Les conditions sont dantesques avec la fumée des cheminées, celle des tirs, un brouillard couvre la zone.

A 16.00 la flotte russe tente de se replier vers le sud mais les croiseurs japonais contrent habilement cette manœuvre. Deux heures plus tard l’affrontement entre «Gros» reprend et tourne au massacre pour les russes qui perdent successivement les cuirassés Alexandre III, Souvorov,Borodino (un survivant sur 784 hommes d’équipage !).

A la tombée de la nuit Tojo lance ses torpilleurs qui harcèlent les survivants de la flotte russe. Le lendemain 28 mai 1905 à 9.30, les vigies de l’amiral Tojo repèrent le groupe de l’amiral Nebogatov qui finit par se rendre, un geste très critiqué en Russie qu’il justifie en disant qu’il ne voulait pas sacrifier inutilement toute une génération d’officiers.

Les croiseurs de l’amiral Enqvist parviennent à s’échapper, se réfugiant à Manille, le croiseur auxiliaire Almaz et deux torpilleurs sont les seuls navires à parvenir à Vladivostok.

Le bilan est terrible, les japonais ont perdu trois torpilleurs et 700 marins tués et blessés alors que les russes ont perdu cinq cuirassés sans compter ceux capturés, 13000 marins sont morts et 8000 fait prisonniers. Quant au coûte symbolique il est terrifiant.

A la fin du conflit la marine russe est dans un état faiblesse inquiétant, passant de la troisième à la sixième place après notamment la perte de treize cuirassés. Un sérieux effort de modernisation est nécessaire…… .

1905-1918 D’une guerre à l’autre

1905 anus horribilis pour une marine

Après cette terrible défaite la marine russe doit repartir quasiment de zéro. Elle à abandonné l’Extrême-Orient pour se replier sur la Baltique pour défendre Saint-Petersbourg contre la menace allemande même si la Hochseeflot était plus obsédée par l’idée de combattre la Home Fleet de la Royal Navy.

En 1906, Nicolas II créa un état-major naval (Naval General Staff) qui commença sa tâche de relever la marine russe en se focalisant sur les sous-marins et le mouillage de mines.

A l’époque la puissance navale se mesure en nombre de cuirassés et de croiseurs de bataille. Un programme naval est voté en 1907 prévoit la construction de sept cuirassés, huit croiseurs, quarante-cinq destroyers et quarante-deux sous-marins. L’effort naval 1906-1913 de la Russie était le cinquième du monde derrière la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Etats-Unis et la France.

Outre les chantiers russes, des navires sont commandés dans des chantiers étrangers y compris en Allemagne. Des plans sont également commandés pour faire progresser les bureaux d’étude russes.

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Le Gangut 

La renaissance de la marine russe passe donc par la construction de nouveaux cuirassés, les cuirassés des classes Gangut et Imperatritsa Mariya. Ce sont des navires de type dreadnought avec pour armement principal des canons de 12 pouces (305mm).

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l’Imperatritsa Mariya

Dessinés par les chantiers navals Baltique, les quatre Gangut furent mis en service en janvier 1915 (Gangut et Petropavlosk), en novembre 1914 (Sevastopol) et en décembre 1914 (Poltava).

A ces quatre cuirassés destinés à opérer en mer Baltique (24800 tonnes,24.1 nœuds,12 canons de 305mm en quatre tourelles triples et 16 canons de 120mm) s’ajoute des cuirassés déployés en mer Noire, les trois unités de classe Imperatritsa Mariya, cuirassés semblables aux Gangut et destinés à contrer un renforcement potentiel de la marine ottomane.

Ces trois unités baptisées Imperatritsa Maryia, Imperatritsa Ekaterina Velikaya et Imperator Aleksandr III sont mis en service respectivement le 10 juin 1915, le 8 octobre 1915 et le 17 juillet 1917.

A la différence des Gangut, aucun ne sera encore en service en septembre 1939, le premier étant coulé durant la guerre, le second sabordé par les bolcheviques pour éviter d’être livré aux allemands alors que le troisième aux mains des blancs après une véritable épopée se réfugiera à Bizerte. En 1924 l’URSS décline la proposition française de la restituer et il est finalement démoli en 1936.

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Schéma des croiseurs de bataille classe Borodino

A ses sept cuirassés devaient s’ajouter quatre croiseurs de classe Borodino destinés à servir à l’éclairage. Baptisés Borodino, Izmail,Kinburn et Navarin, ils auraient du déplacer 33022 tonnes, filer à 26.5 nœuds et auraient du être armés de 12 canons de 356mm en quatre tourelles triples associés à 24 canons de 130mm.

Je dis bien auraient car aucun ne fût achevé et après l’échec de projets d’achèvement voir de conversion en porte-avions (notamment le Borodino), toutes les coques achevées respectivement à 65,57,52 et 50% furent envoyées à la casse.

Même chose pour les croiseurs légers, trois unités de classe Svetlana sont achevées après la guerre civile russe sur les quatre prévues. Seules les trois unités de classe Amiral Nakhimov sont mises en service durant le conflit avec quelques destroyers qui connaîtront une longue carrière une fois l’URSS ayant remplacé la Russie des Romanov.

La marine russe dans le premier conflit mondial

Quand la première guerre mondiale éclate en août 1914 le programme naval de 1907 était encore largement inachevé. Plusieurs navires en construction en Allemagne furent naturellement saisis et utilisés par la Kaiserliche Marine.

Craignant un scénario comparable à 1904, la marine russe multiplia les champs de mines défensifs pour protéger ses ports qu’ils soient dans le Golfe de Finlande ou dans les pays baltes. 40000 mines marines étant ainsi mouillées durant le conflit.

Manquant encore de cuirassés, la Russie utilisa surtout ses croiseurs et ses destroyers, réservant son corps de bataille à un éventuel affrontement contre la Hochseeflot (flotte de haute mer) de la Kaiserliche Marine.

Si cette dernière était surtout destinée à opérer contre la Grand Fleet britannique en mer du Nord, elle aurait très bien pu opérer contre la marine russe si celle-ci était parvenue à rompre les lignes de communication allemandes mais ce ne fût jamais le cas.

C’est ainsi que le minerai de fer suédois pu rallier les ports allemands sans être gêné par la marine russe. Le bouillant lord Fisher, premier lord de l’amirauté envisagea bien un débarquement en mer Baltique à 80km de Berlin avec notamment des troupes russes mais ce projet fût abandonné en 1916 après notamment l’échec des Dardanelles qui fit croire pour longtemps qu’un débarquement sur une côte défendue était impossible.

Des sous-marins britanniques sont bien déployés en mer Baltique mais leur impact stratégique est pour le moins limité.

En août 1915, les allemands tentèrent un assaut combiné dans le golfe de Riga mais ce fût un échec. Deux ans plus tard, en octobre 1917, dans un contexte totalement différent ce fût une réussite. C’était l’opération Albion qui vit l’occupation des îles du golfe avant d’endommager des navires russes dans le cadre de la bataille du détroit de Moon.

Le manque d’entrain, le manque d’agressivité de la marine russe, la sous-utilisation des cuirassés fit rapidement chuter le moral des marins qui entendaient les bruits etouffés des nouvelles désastreuses du front terrestre.

C’était un terrain fertile pour la propagande révolutionnaire et en octobre 1917, 10000 marins et dix bâtiments dont le célèbre croiseur Aurora participèrent à la Révolution d’Octobre.

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Le croiseur Aurora

En mars 1918, le traité de Brest-Litovsk fit des allemands les maîtres incontestés et incontestables de la Baltique. Les navires russes quittèrent Helsinki et Reval pour se replier à Kronstadt.

Dans le sud du pays, en mer Noire, la marine russe depuis sa base de Sébastopol n’eut pas à s’employer contre une marine ottomane faible et surtout préoccupée par la défense des détroits et des côtes méditerranéennes contre les forces alliées.

Il y eut bien des bombardements navals ottomans mais très rapidement la supériorité russe fût telle que la mer Noire devint un lac russe. En août 1915, un sous-marin et deux destroyers attaquèrent un convoi ottoman composé de quatre transports protégé par un croiseur et deux destroyers. Les quatre navires marchands furent coulés pour la perte d’un navire russe.

A l’été 1916, les ottomans tentèrent de reprendre Trebizond. La marine russe fût utilisée pour ralentir l’avancée ennemie. Les troupes ottomanes furent obligées de se replier.

En août 1916 l’amiral Kolchak prend la tête de la flotte russe de la mer Noire. Il fait miner l’entrée du détroit pour empêcher les turcs d’expédier des renforts.

Chose significative, la perte la plus lourde de la flotte fût l’explosion du cuirassé Imperatritsa Mariya le 7 octobre 1916 sans que l’on sache si cette explosion fût accidentelle ou l’oeuvre d’un saboteur.

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L’Imperatrista Mariya en mauvaise posture

Quand le premier conflit mondial s’arrête en novembre 1918, la marine russe à été terriblement affaiblie, cette affaiblissement allant se poursuivre avec la guerre civile russe.

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