URSS (7) Histoire et Géopolitique (6)

La Russie dans le premier conflit mondial

Un certain Gavrilo Princip

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Gavrilo Princip

En ce début de vingtième siècle, la péninsule balkanique est une véritable poudrière, menaçant d’exploser et d’embraser l’Europe à tout instant.

L’Empire Ottoman véritable homme malade de l’Europe est trop faible pour tenir son rang et n’est que spectateur des menées russes et austro-hongroises qui se disputent cette zone d’influence.

En 1908, Vienne à annexé la Bosnie-Herzégovine qu’elle gouvernait depuis 1878. Une partie des élites russes à voulu bouger mais la première guerre mondiale n’éclata pas en raison du faible soutien français qui devait tenir compte d’un ultimatum de l’Allemagne, ultimatum secret qui ne fût connu que bien plus tard.

En 1905 et 1911, la question marocaine avait faillit provoquer un conflit majeur en Europe, resserrant les différentes alliances. En 1912 éclate la première guerre balkanique, guerre qui dure d’octobre 1912 à mai 1913.

Ce conflit oppose la ligue Balkanique (Serbie, Monténégro, Grèce, Bulgarie) à l’empire ottoman, aboutissant au traité de Londres. Ce traité signé le 30 mai 1913 prive Constantinople de quasiment tous ses territoires européens, la Crète revenant à la Grèce, l’Albanie devenant indépendante.

La Bulgarie mécontente de ce traité (qui ne fixait pas officiellement les frontières) déclenche une deuxième guerre balkanique dès le mois de juin 1913. Elle est opposée à la Serbie et à la Grèce qui mis en difficultés appellent la Roumanie à l’aide. Cette dernière bouscule clairement les troupes bulgares, menaçant la capitale Sofia.

C’est un désastre pour la Bulgarie qui sollicite un armistice dès le mois de juillet. Le traité de Bucarest le prive d’un certain nombre de gains du premier conflit mais le pays doit aussi céder une partie des territoires à la Roumanie ce qui génère de nouveaux contentieux.

L’alliance russo-bulgare est rompue, un pouvoir revanchard s’installant à Sofia, cherchant le moindre prétexte pour retrouver les territoires conquis. Comme la Serbie, la Grèce et le Monténégro vont basculer du côté de l’Entente, la Bulgarie va rallier les empires centraux.

Pourquoi raconter tout cela me direz-vous ? Tout simplement parce que cette ligue balkanique à été clairement pilotée par Saint-Pétersbourg, les différents états chrétiens servant d’instruments à la politique russe dans la région au grand dam de l’Autriche-Hongrie pour qui cette péninsule est une chasse gardée.

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François Ferdinand

Le 28 juin 1914, l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, François Ferdinand est en visite à Sarajevo en compagnie de son épouse. Un étudiant serbe Gavrilo Princip abat le couple héritier déclenchant sans le savoir le mécanisme qui allait aboutir à la première conflagration mondial, un conflit où plusieurs millions d’hommes vont mourir.

L’enquête menée par la police austro-hongroise montrant que l’attentat à été préparé en Serbie, Vienne réclame le droit d’y enquêter ce que Belgrade refuse. Le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie mettant en branle le mécanisme des alliances prévu de longue date.

Face à la Triplice (Allemagne,Autriche-Hongrie et Italie) s’oppose la Triple Entente, une alliance franco-britannico-russe, la France et la Russie s’étant alliées en 1893, la France et la Grande-Bretagne en 1904 et la Russie et la Grande-Bretagne en 1907.

Le 30 juillet 1914, la Russie décrète la mobilisation générale suivit dans la nuit de l’Autriche-Hongrie. Le 1er août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et décrète sa mobilisation générale.

Selon le fameux plan Schlieffen, Berlin espère l’emporter suffisamment rapidement contre la France pour se retourner ensuite contre la Russie, un géant militaire aux 15 millions d’hommes mobilisables mais mobiliser autant d’hommes cela prends du temps.

Le 2 août 1914, la France décrète la mobilisation générale, le lendemain l’Allemagne déclarant la guerre à la France et à la Belgique.

Le 04 août 1914, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne qui venait de violer la neutralité belge. Le 6 août l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie,l’Italie restant neutre.

Tout le monde est persuadé que la guerre va durer quelques semaines, les plus optimistes espérant revenir pour les moissons, les plus pessimistes pour Noël. En réalité c’est le début d’un conflit de quasiment quatre ans et demi, un conflit abominable qui va traumatiser toute une génération et mettre par terre des empires, des états…… .

La guerre sur le front oriental

En France, la guerre sur le front oriental est assez méconnue. Tout juste sommes-nous capables de citer les défaites russes de Tannenberg et des lacs Mazures de l’été 1914 ainsi que l’offensive Brousilov de 1916. Pour le reste la guerre entre russes, allemands et austro-hongroises prend la forme d’une belle inconnue.

Je serais prétentieux de vouloir réparer cette «injustice» historique mais je vais essayer de porter ma pierre à l’édifice.

D’abord quelques informations préliminaires. Ce conflit débute le 17 août 1914 et s’achève le 3 mars 1918 soit quarante-deux mois et quatorze jours, le 17 août 1914 étant le début de l’offensive russe en Prusse-Orientale, le 3 août la signature du traité de Brest-Litovsk qui sort la Russie du conflit et permet à l’Allemagne de concentrer ses forces sur le front occidental, Berlin espérant remporter la décision avant l’arrivée massive des troupes américaines.

Les moyens humaines sont considérables. La Russie peut mobiliser 15 millions d’hommes (ce qui suscite d’énormes espoirs en France) face au million allemand et aux six millions d’hommes de la Double-Monarchie.

Sur le papier, la Russie doit écraser les Empires Centraux mais les chiffres ne font pas tout. En effet, les russes sont incapables d’armer correctement une telle masse d’hommes.

L’industrialisation est encore trop récente pour faire face aux besoins immenses de la première véritable guerre industrielle de l’histoire où la puissance de feu, les transmissions, la logistique, le renseignement semble compter davantage que la valeur intrinsèque du soldat qu’il soit allemand, austro-hongrois ou russe.

Les russes prennent l’initiative, bousculent les austro-hongrois en Galicie, les allemands en Prusse-Orientale mais les défaites à Tannenberg et aux lacs Mazures vont provoquer une stabilisation du front en Pologne russe, en Galicie, en Ruthenie et dans les Carpates.

En 1915, les Empires Centraux passent à l’offensive, s’enfonçant profondément dans le territoire russe. L’année suivante en 1916, la Russie remporte une série de succès aidée notamment par l’entrée en guerre de la Roumanie.

Ces succès arrivent cependant trop tard, l’économie russe périclite, le désespoir et la colère d’une partie de la société provoque une première révolution en février, mettant à bas le tsar Nicolas II qui doit abdiquer.

Le gouvernement provisoire continue la guerre ce qui ne fait qu’aggraver le mécontentement général, aboutissant cette fois à une révolution bolchevique en novembre 1917 (mais octobre si l’ont suit le calendrier julien), le nouveau pouvoir négociant une paix avec l’Allemagne, paix conclue par le traité de Brest-Litovsk signé comme nous l’avons vu le 3 mars 1918 qui voit la Russie perdre les Pays Baltes, la Pologne, l’Ukraine et la Biélorussie.

Les pertes humaines ont été très importantes puisque l’Allemagne à perdu 650000 tués, l’Autriche-Hongrie plus d’un million, la Russie 1.7 millions de tués et 5 millions de blessés/mutilés.

Les buts de guerre sont fixés avant guerre pour la Russie, au cours du conflit par les empires centraux et si Saint-Petersbourg souhaite annexer la Galicie orientale (alors possession austro-hongroise), Berlin et Vienne souhaite reconstituer une Pologne avec un roi à leur dévotion, cet état devant être le premier d’une série d’états-tampons entre la Triplice et la Russie. Bien entendu au cours du conflit les buts de guerre évoluent en fonction des victoires et des défaites.

Ce qui ne change pas c’est l’annexion pure et simple des pays baltes notamment de la Courlande et de la Livonie. On trouve également le paiement de lourdes indemnités de guerre.

Ce sont les russes qui prennent l’initiative en attaquant dès le 17 août 1914 en avance sur le calendrier imaginé par l’état-major allemand. Deux armées russes pénètrent en Prusse-Orientale et quatre autres en Galicie alors province austro-hongroise.

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Paul von Hindenburg

Les russes sont victorieux contre les forces allemandes à Gumbinnen (19-20 août 1914) mais des renforts commandés par le duo Hindenburg-Ludendorff stoppe l’avancée des troupes russes à la bataille de Tannenberg (27-30 août), victoire confirmée lors de la bataille des lacs Mazures (15 septembre).

Cela se passe mieux plus au sud aux les généraux russes profitent des erreurs de l’armée de la Double-Monarchie. La Galicie et le Bucovine sont ainsi perdues suite à la retraite des unités austro-hongroises sur les premiers contreforts des Carpates.

Si les russes ont eu 150000 tués, les austro-hongrois ont eu 300000 morts, une armée austro-hongroise est encerclée à Przemsyl et devra se rendre en mars 1915. Le front austro-russe se stabilise dans les Carpates et en Silésie.

L’avancée des troupes russes à provoqué l’exode de 870000 personnes (soit environ 40% de la population prussienne), 6000 civils étant tués et 42000 habitations détruites.

Les combats étaient violents mais les mouvements des troupes étaient ralentis par l’état déplorable des routes polonaises.

Le manque d’infrastructure gênait clairement le déplacement des hommes, des véhicules et de la logistique. Les allemands ont mené de gros efforts d’aménagement mais ce problème resta toujours prégnant.

Le 20 octobre 1914, les russes forcent les allemands à évacuer la boucle de la Vistule. Cela entraîne l’arrivée à la tête des troupes allemandes du front de l’est du général Paul von Hidenburg.

Les russes sont obligés au mois de novembre de stopper toute offensive en raison de l’avancée des allemands sur Lodz et de celle des austro-hongrois sur Cracovie qui restera austro-hongroise mais faute de réserves, l’offensive des Empires Centraux ne peut aller au bout.

Fin octobre, l’empire ottoman bascule dans le camp des empires centraux. Un nouveau front s’ouvre en mer Noire (les côtes russes sont bombardées par les turcs) et dans le Caucase.

L’entrée en guerre des ottomans changent les buts de guerre de la Russie. Le 10 mars 1915 le gouvernement fixe à son état-major des objectifs ambitieux : l’annexion de Constantinople et le contrôle du détroit des Dardanelles. Même si cet objectif ne fût jamais atteint on peut imaginer que Londres voir Paris n’auraient jamais laissé la Russie contrôler une zone aussi stratégique.

Le 2 mai 1915, les austro-allemands lancent une offensive en Galicie pour éviter l’invasion de la Hongrie par les troupes russes qui doivent battre en retraite quatre jours plus tard. Le front russe est rompu début juin, la ville de Przemysl et de Lemberg étant reprises.

La situation s’aggrave à la fin du mois d’août, les russes doivent se replier sur Brest-Litovsk, la ligne du Bug est évacuée, toute la Pologne étant aux mains des empires centraux. En septembre 1915 le front stabilise sur un axe rectiligne allant de la Baltique au Dniestr.

La retraite militaire s’accompagne d’un exode des civils. On estime ainsi en mai 1916 à quatre millions le nombre de réfugiés, chiffre qui passe à six millions début 1917.

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Erich Ludendorff

Après la conquête de la Pologne, le duo Hindenburg-Ludendorff multiplie les attaques sur la partie nord du front en Lituanie. Les troupes allemands conquièrent la ligne du Niémen, la ville de Vilnius mais comme précédemment les troupes russes sont battues mais pas écrasées.

En ce début 1916 la situation russe est délicate mais pas désespérée. Les alliés s’inquiètent cependant et des renforts sont envoyés, un corps d’autos blindés belge et un autre britanniques vont ainsi renforcer les troupes du tsar en l’échange de l’envoi de troupes russes sur le front occidental.

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Alexei Broussilov

Le 18 mars 1916, les russes battent les allemands en Lettonie au sud de Dvinsk. Un mois et demi plus tard, le 4 juin 1916, le général Broussilov lance l’offensive qui porte son nom en Galicie. Cette offensive qui va s’arrêter le 20 septembre est un immense succès pour les forces armées russes, un succès aux conséquences stratégiques importantes.

Cela entraîne l’arrêt d’une offensive austro-hongroise en Italie, la contre-offensive italienne et surtout l’entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des alliés le 27 août 1916, Bucarest passant à l’offensive en Transylvanie.

Le front est percé et rapidement exploité, exploitation favorisé par le fait que le front était tenu par des unités tchèques dont les hommes désertent en masse pour rallier les russes. Brody est reprise, 378000 austro-hongrois capturés….. .

L’offensive finit par s’enliser. Il semble que le choix de Broussilov de foncer vers Kovel un nœud logistique mais situé sur un terrain difficile où la cavalerie russe ne pouvait exploiter sa supériorité numérique et tactique à provoquer la fin des succès russes. De plus des troupes ont été ramenées des Alpes et des Balkans pour rétablir un front cohérent et continu.

Cela se passe moins bien pour les roumains. Ils prennent l’initiative de l’offensive, attaquant en Transylvanie et profitant de querelles internes à l’armée austro-hongroises pour savoir si il fallait stopper l’avance roumaine au plus près de la frontière ou simplement la jalonner en attendant que l’avancée des troupes russes ne s’effrite, ne se tasse. Les roumains percent mais ne peuvent exploiter à cause de l’arrivée prompt de renforts notamment de renforts allemands et bulgares.

La contre-offensive germano-austro-hongro-bulgare est foudroyante, l’armée roumaine mal préparée s’effondre quasi-complètement. Le pays ne doit son salut qu’à l’arrivée de troupes russes et de conseillers militaires français dirigés par le général Berthelot.

Quand débute l’année 1917, les armées russes semblent encore redoutables mais cet état est trompeur. Les pertes importantes, la crise économique, le mécontentement de l’arrière ont durablement affaiblie les forces armées russes.

Quand à Saint-Petersbourg des manifestations contre la guerre et les privations ont lieu, la troupe refuse de tirer sur la foule. Ces manifestations aboutissent à l’abdication de Nicolas II le 15 mars 1917 (3 mars selon le calendrier julien). C’est la révolution de février qui aboutit à la proclamation de la république et la mise en place d’un gouvernement provisoire dirigé par Alexandre Kerenski.

Le nouveau gouvernement russe est dans une situation inconfortable. Elle doit réaliser les réformes à l’origine de sa mise en place mais doit tenir compte des engagements vis à vis des alliés alors que la guerre est loin d’être gagnée.

Le 1er juillet 1917, une ultime offensive est lancée. Cette offensive que l’histoire à retenue sous le nom d’«offensive Kerenski» est un échec coûteux. Les unités russes ont été réorganisées mais les officiers ne sont pas obéis, les désertions massives. Dès le 9 l’échec est patent et dix jours plus tard les austro-allemands passent à la contre-attaque, réoccupant la totalité de la Galicie.

Le 1er septembre 1917 les allemands attaquent dans les pays Baltes, s’emparant de Riga sans rencontrer une résistance démesurée.

Cette décomposition peut être illustrée par un événement survenu sur le front occidental, la mutinerie des troupes russes stationnées dans le camp militaire de La Courtine

9000 soldats russes lassés de la guerre et du peu de considération des français à leur égard (sans compter des facteurs politiques et idéologiques) refusent d’obéir à leurs officiers, créant un embryon de république soviétique.

Cette situation qui dure depuis la fin juin se termine lors d’une violente répression menée entre le 16 et le 18 septembre 1917 par des troupes françaises mais également par des unités russes loyalistes. Officiellement il y à douze morts dont neuf mutins mais le bilan réel serait beaucoup plus lourd

C’est dans cette période de décomposition que les bolcheviks de Lénine et de Trotsky s’emparent du pouvoir lors de la révolution d’octobre (25 octobre 1917 selon les calendrier julien, 6 novembre 1917 selon le calendrier grégorien). Le 21 novembre 1917, une demande d’armistice est adressée aux empires centraux, armistice signé le 15 décembre, armistice qui n’est valable que du 17 décembre 1917 au 4 janvier 1918. Le 9 décembre 1917 la Roumanie signe également un armistice.

Berlin et Vienne décident de reprendre la guerre le 13 février 1918. Cinq jours plus tard, le 18 est lancée l’offensive baptisée Faustschlag (coup de poing), une vraie promenade militaire, les allemands ne rencontrant aucune résistance.

En dépit du gouffre idéologique séparant l’Entente du nouveau pouvoir russe, les bolcheviks reçoivent des propositions d’aide des alliés mais si cette aide est acceptée verbalement parlant, elle n’aboutit à rien de concret tant le rapport de forces est défavorable.

Le traité de Brest-Litovsk est signé le 3 mars 1918 alors que les troupes allemandes sont à 150km de Pétrograd. Il met fin aux combats sur le front de l’est, permettant aux empires centraux de basculer l’ensemble de leurs forces ou peu s’en faut sur le front occidental pour l’Allemagne et sur le front italien pour la Double-Monarchie.

Les clauses sont d’abord territoriales avec d’importantes modifications de frontière, l’empire ottoman obtient les régions de Kars et de Batoum mais l’Autriche-Hongrie cède à la république populaire ukrainienne le district de Cholm censé initialement être intégré à un royaume de Pologne reconstitué. Cette cession se fait en échange de produits agricoles pour soulager des populations civiles affamées par le blocus.

Cette république populaire ukrainienne reconnue par les deux camps est le théâtre d’une guerre civile entre le gouvernement ayant signé le traité (gouvernement de Rada) et le gouvernement de Kharkov soutenu par les bolcheviks.

Des troupes austro-hongroises participent à cette guerre civile ukrainienne. Ultérieurement le gouvernement de Rada est renversé par un coup d’état pro-allemand qui établit un gouvernement monarchiste en place jusqu’en novembre 1918.

La Biélorussie est administrée directement par l’Allemagne ce qui n’empêche pas les nationalistes de gauche de proclamer la république populaire biélorusse qui ne peut contrôler tout le territoire de la «Russie blanche».

Le traité de Brest-Litovsk organise également la libération des prisonniers (plus de deux millions d’austro-hongrois, moins d’un million de russes en Autriche-Hongrie et environ 2 millions de russes en Allemagne). Des clauses économiques et des réparations de guerre sont également prévues.

Libérés de toute préoccupation à l’est, les allemands et les austro-hongrois espèrent l’emporter avant l’arrivée massive de troupes américaines. Les dernières offensives stratégiques menées au printemps sont cependant infructueuses. A l’été 1918, il devient clair que les empires centraux ne peuvent gagner la guerre, la victoire pour les alliés n’est qu’une question de temps.

Pour les deux camps, le traité de Brest-Litovsk était un traité provisoire. Pour Berlin et Vienne ce traité était incomplet alors que pour les bolcheviks c’était une façon d’échanger de l’espace contre du temps en clair d’arrêter une guerre extérieure pour consolider un pouvoir encore fragile à l’intérieur.

Le 27 août 1918 est signé le traité de Berlin qui est en réalité le véritable traité de paix entre l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie. Les clauses sont essentiellement politiques et économiques mais la Russie est obligée de reconnaître l’indépendance de la Lituanie, du duché de Courlande et de Sémigalie, de la Géorgie. Bakou est rendue à la Russie en échange d’un tiers du pétrole produit.

Ce traité sera cependant quasi-immédiatement caduc car dénoncé dès le 13 novembre 1918 soit deux jours après l’armistice de Rethondes qui met fin au premier conflit mondial.

L’Armée Rouge franchit la ligne de démarcation issue du traité le 17 novembre 1918 en évitant tout contact avec les troupes allemandes. Cette avancée prépare la reconquête de l’Ukraine et de la Biélorussie qui sera effectuée durant la guerre civile russe. Quant à l’or versé par l’Allemagne à la Russie, elle doit être reversée à l’Entente au titre des réparations décidées par le traité de Versailles.

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