URSS (3) Histoire et géopolitique (2)

Le XVIIème siècle russe

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Michel 1er Romanov (1613-1645)

Michel 1er Romanov n’avait que 17 ans quand il est élu tsar. Il ne s’intéresse pas à la politique laissant son père Fedor gouverner à sa place. De nombreuses réformes sont menées pour relever le pays et lui permettre de faire face aux menaces extérieures (Pologne-Lituanie, Empire ottoman).

La colonisation de la Sibérie se poursuit sous son règne. La Lena est atteinte en 1630, la ville de Iakoutsk est atteinte en 1632, L’Amour en 1636.

L’armée est réorganisée avec l’aide de mercenaires et de conseillers étrangers. En 1632, Sigismond III meurt, son fils Ladislas IV devient roi de Pologne. Se considérant comme le souverain russe légitime il décide de reprendre la guerre alors qu’en face Michel et Fedor n’ont pas digéré la perte de Smolensk.

La guerre est un désastre pour la Russie qui doit signer un nouveau traité (Paix de la Poloniavka) en 1635, perdant de nombreux territoires et devant payer des dommages de guerre. Seule acquis, Ladislas IV renonce à la couronne de Russie.

De 1634 à 1645, Michel 1er gouverne seul avec néanmoins l’influence majeure de la famille de sa mère, les Saltykov. En 1637, la ville d’Azov est prise par les russes, ville qui doit permettre l’accès à la mer Noire. Les ottomans menaçant d’une guerre et le pays n’ayant pas les moyens d’un nouveau conflit, la ville est rendue. Il faudra attendre le 18ème siècle pour que la Russie puisse de nouveau accéder à la mer Noire.

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Alexis 1er (1645-1676)

Son fils Alexis 1er lui succède. Il n’à que 16 ans quand il succède à son père. Il à été politiquement éduqué par son grand-père Fedor. Il lui choisit son précepteur, un boyard prénommé Morozov dont l’ambition est sans limites.

La situation de la Russie est particulièrement délicate avec notamment une crise financière qui impose une augmentation brutale des impôts alors que la pression fiscale est déjà très forte. Cela génère des révoltes qui sont impitoyablement réprimés par le pouvoir en place.

Le deuxième tsar romanov est cependant à l’origine d’un nouveau code législatif, le Oulojénié qui restera en application jusqu’en 1833, ce code remplaçant le Soudielnik d’Ivan le Terrible. Ce nouveau code renforce le servage, le serf étant définitivement attaché à sa terre et à son seigneur.

En 1652 la guerre reprend avec la Pologne. Le cours des combats est favorable aux russes mais l’arrivée dans le conflit de la Suède à pour conséquence une trêve entre la Russie et la Pologne (crainte d’un accord polono-suédois) signée en 1656 avec le retour de toutes les conquêtes à la condition qu’Alexis devienne roi de Pologne, l’Ukraine devient autonome mais reste dans le giron polonais.

Entre 1656 et 1658 à lieu une guerre entre russes et suédois pour le contrôle de la Livonie, région occupée par la Suède et qui empêche la Russie de pouvoir accéder à la Baltique.

La guerre reprend ensuite avec la Pologne, ce conflit s’achevant en 1667 avec la conquête par la Russie de Smolensk, de la Sévérie (région couvrant le nord de l’Ukraine et le sud-ouest de la Russie selon les frontières actuelles), de l’Ukraine orientale à l’est du Dniepr (qui était un fleuve mythique dans la psyché russe) et surtout du contrôle de Kiev pourtant situé à l’ouest du Dniepr.

Sous ce long règne (1645-1676) naît la querelle des vieux-croyants, un véritable schisme secouant l’église orthodoxe russe.

En 1669 sa première épouse décède. Il se remarie avec Natalia Navychkina qui l’année suivante lui donne un fils prénommé Pierre, le futur Pierre le Grand (Piotr Velikyi).

Sous son règne la colonisation de la Sibérie se poursuit et les rives du Pacifique sont atteintes dès 1645.

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Fedor III (1676-1682)

C’est son fils qui lui succède sous le nom de Fedor III Alekseïévitch. Comme son père il accède jeune au trône puisqu’il n’est alors âgé que de quinze ans. Si il intellectuellement brillant, il souffre d’une santé fragile qui laisse augurer d’une mort à relative brève échéance.

Bien secondé par le boyard Vassili Golitsyne (c’est l’amant de sa sœur Sophia Alexeievna), il amorce une politique d’ouverture vers l’Occident.

Si des guerres ont lieu contre la Pologne et la Turquie, une paix de trente ans est signé avec la première nommée en 1680 alors que l’année suivante en 1681, un traité de paix cède à la Turquie la partie de l’Ukraine située à l’ouest du Dniepr moins Kiev qui reste dans le giron russe, traité qui met fin à une guerre de cinq ans entre la Russie, le khanat de Crimée et l’empire ottoman.

Dans le domaine de la politique intérieure, Fedor III entame la réforme de l’armée (complétée ultérieurement par son demi-frère Pierre le Grand) et supprime la préséance des boyards sur les autres fonctions gouvernementales (mestnitchestvo). En revanche son idée d’une académie russe où on enseignerait à tous des matières aussi diverses que le latin, l’histoire ou les sciences n’aura pas le temps de voir le jour.

Comme dans toutes les monarchies, les luttes de faction et de clans sont légions. Cela est ici aggravé par la possibilité d’une succession difficile. En effet non seulement les enfants de Fedor meurent tous en bas âge mais en plus son frère Ivan (le futur Ivan V) est physiquement inapte au règne.

Le seul candidat est crédible est son demi-frère Pierre né en 1672 mais la famille de sa mère refuse cette idée. Cela explique peut être la mort soudaine de Fedor III à 21 ans en 1682, l’hypothèse de l’empoisonnement n’étant pas totalement farfelue.

Lui succède non pas un mais deux tsars, Ivan V et le véritable maître du pouvoir, Pierre 1er qui passa à la postérité sous le nom de Piotr Veliky, Pierre le Grand.

Pierre le Grand et l’ouverture de la Russie au monde

Un certain Pierre le Grand

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Probablement le plus célèbre portrait de Pierre le Grand (1682-1725)

Avant d’aborder les réalisations politiques de cet immense souverain (tant sur le plan physique que politique) il m’à semblé intéressant de rappeler quelques informations sur la vie de Pierre 1er de Russie.

Piotr Alekseïévitch Romanov est né le 9 juin 1672 à Moscou. C’est le fils d’Alexis 1er dit «le tsar très paisible» et de sa deuxième épouse Natalia Narychkina.

Avec la mort précoce des enfants de Fedor III et l’inaptitude du futur Ivan V à régner efficacement, le jeune Pierre véritable colosse (il mesurait 2m !) est le seul candidat crédible au tsarat de Russie ce qui ne peut que déplaire aux Miloslavsky, la famille de la première épouse d’Alexis 1er.

Voilà pourquoi à la mort de Fedor III, ce n’est pas un mais deux tsars qui sont proclamés, le débile et moitié aveugle Ivan V et Pierre 1er. Comme les deux tsars sont mineurs, la régence est assurée par Sophia Alexeievna, la sœur d’Ivan V.

La régente est écartée en 1689, les deux tsars sont déclarés majeurs mais seul Pierre 1er gouverne effectivement, Ivan V étant inapte. Ce dernier meurt en 1696 et Pierre 1er devient le seul et unique «tsar de toutes les Russies».

En janvier 1689, il épouse Eudoxie Lopukhine qui lui donnera deux fils, l’ainé prénomé Alexis Petrovitch et un cadet mort à dix-huit mois dont le prénom n’à pas été retenu par l’histoire.

Le règne effectif commence en 1694. Le futur Piotr Veliky est animé d’une volonté farouche : arracher la Russie à la «barbarie asiatique», moderniser le pays à marche forcée, le rapprocher de l’occident et faire de la Rus’ une superpuissance.

Comme plus tard le Japon, la Russie de Pierre 1er va attirer des spécialistes étrangers pour assimiler les nouvelles technologies. Le tsar lui même passionné de navigation se fait embaucher dans un chantier naval hollandais pour assimiler les techniques de construction navale destinées à la marine russe officiellement créée en 1696. L’année suivante en 1697, la ville d’Azov est prise permettant à la Russie d’approcher la mer Noire.

Entre mars 1697 et septembre 1698 à lieu la Grande Ambassade, Pierre 1er accompagné de Franz Lefort, Fédor Golovine et Procope Voznitsine parcourt l’Europe pour un double rôle : trouver des alliés pour une guerre contre l’Empire Ottoman et découvrir l’Europe, ramener les technologies pour moderniser le pays.

La «Grande Ambassade» se rend en Prusse, dans les Provinces Unies, en Angleterre mais Louis XIV refuse de recevoir le tsar de toutes les Russies ce qui en dit long sur le poids du pays à l’époque à savoir une puissance très secondaire, à la marge d’une Europe obsédée par la future succession de Charles II d’Espagne.

Après s’être rendu en Autriche, le tsar allait gagner Venise quand lui annonce une révolte des strelsys, les régiments impériaux à Moscou. Ces régiments voulaient visiblement replacer ex-régente Sophie sur le trône.

Pour certains historiens, les strelsys se révoltaient aussi contre la politique progressiste de Pierre le Grand. Pierre 1er arrive après la fin de la révolte, révolte brutalement réprimée avec 1239 exécutions, de nombreuses déportations, des exils ainsi que la dissolution des régiments moscovites.

Soupçonnant sa première femme d’avoir soutenu les révoltés, il en divorce, sa remariant en 1712 avec celui qui lui succédéra en 1725, la future Catherine 1ère.

A cette époque, la Russie est en guerre avec la Suède, la Grande Guerre du Nord, un conflit qui va durer de 1700 à 1721 entre Pierre 1er le Grand et Charles XII.

Cette guerre permet à la Russie de contrôler à nouveau les rives de la Baltique. Sur l’estuaire de la Neva, Pierre le Grand décide de bâtir une nouvelle capitale moins isolée que Moscou. C’est la naissance de Saint-Pétersbourg, ville qui va être la capitale de la Russie de 1712 à 1922 quand Moscou redevient la capitale.

En 1718 le tsarevitch Alexis meurt alors qu’il était en conflit avec son père. Se pose la question de la succession à l’Empire, Pierre 1er le Grand devenant «empereur de toutes les Russies» le 2 novembre 1721.

Depuis plusieurs siècles, la primogéniture mâle s’était imposée mais Pierre le Grand après la mort de son unique fils modifie la loi. Comme jadis dans l’empire Romain, c’est le tsar régnant qui était censé choisir son successeur. Seulement à sa mort il n’à pris aucune décision clair, générant une période de troubles et d’instabilité.

Une succession de réformes

La volonté réformatrice de Pierre 1er commence dès son avènement. Entouré de conseillers occidentaux il prend conscience du retard de la Russie par rapport à un Occident qui le fascine. Il réorganise l’armée, créé une marine pour faire de la Russie une puissance à la hauteur de son étendue territoriale.

Ces réformes sont accompagnées de taxes et impôts supplémentaires qui ne sont pas étrangers à plusieurs révoltes. Inutile de préciser que ces révoltes sont réprimées de manière impitoyable…. .

En dépit de cette volonté réformatrice, le servage est réinstauré mais un oukase autorise les russes à voyager à l’étranger.

Le 24 janvier 1722 Pierre le Grand alors empereur de toutes les Russies promulgue la «Table des Rangs». Désormais le rang de noblesse n’était plus déterminée uniquement par l’hérédité mais également par la fonction. C’était une façon de réduire le pouvoir des boyards.

Toutes les réformes n’étaient pas des succès. L’impôt sur la barbe pour encourager les hommes russes à abandonner une pilosité abondante ne fût pas un franc succès, Pierre le Grand devant reculer devant l’opposition. Le port des habits traditionnel fût également proscrit au profits de vêtements à l’occidentale. Il échoua également dans sa volonté de réformer le droit ainsi que le système monétaire.

Il développe l’industrie (l’industrialisation de l’Oural remonte à cette époque), voulant s’inspirer du mercantilisme, du colbertisme pour éviter la fuite de métaux précieux. Les idées modernes sont encouragées dans une certaine mesure, les étudiants les plus brillants partant se former à l’étranger pour transmettre ensuite leur savoir en Russie.

On adopte le calendrier julien au 1er janvier 1700, l’alphabet cyrillique est simplifié, on introduit les chiffres arabes, on publie le premier journal en langue russe.

Les principaux opposants aux réformes de Pierre sont les religieux orthodoxes qui estiment que les réformes s’attaquent aux vieilles traditions. En 1700 le patriarche Adrien meurt, le poste reste vacant jusqu’en janvier 1721 quand est créé le Saint Synode.

La Grande Guerre du Nord (1700-1721) Pierre 1er contre Charles XII

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Charles XII

Au XVIème siècle la Suède s’impose comme la puissance dominante en mer Baltique et en Europe du Nord. Cette domination va durer plus d’un siècle jusqu’au début du XVIIIème siècle, cessant après la défaite de Charles XII dans un conflit que l’histoire à retenu sous le nom de Grand Guerre du Nord, un conflit long de vingt et un ans, conflit opposant la Russie (aidée principalement du Danemark, de la Saxe, de la Pologne, de la Lituanie) à la Suède.

Entre 1560 et 1660, la Suède à conquis un empire centré autour de la Baltique comprenant la Carélie, l’Ingrie, l’Estonie et la Livonie. Pendant la guerre de Trente Ans, Stockholm ajouta l’ouest de la Poméranie occidentale, Wismar, Brême et Verden.

A cela s’ajoute des provinces danoises et norvégiennes au nord de l’Oresund. Ces victoires pouvaient être attribuées à l’excellence de l’armée suédoise et à une administration tirant le maximum de ressources plus limitées que cela de ses voisins. Le traité de Stolbovo en 1617 prive la Russie d’un accès à la mer Baltique.

En 1700, la Russie s’allia avec le Danemark et la Saxe pour attaquer la Suède. La flotte et l’armée suédoise se concentre sur le Danemark poussant Copenhague à se retirer du conflit dès le mois d’août 1700.

Le bouillant Charles XII de Suède peut se tourner vers les autres ennemis de son royaume. A cette époque l’armée d’Auguste II (roi de Saxe et de Pologne-Lituanie) associée à celle de Pierre 1er se préparait à envahir l’Ingrie suédoise, mettant le siège devant Narva en octobre 1700. En novembre, l’armée russe est étrilée à la première bataille de Narva, provoquant la dissolution de la première coalition.

Charles XII n’avait plus qu’un adversaire à savoir Auguste II. L’armée suédoise étrille son adversaire à la bataille de Kliszow (1702), provoquant la chute d’Auguste II et ‘élection de Stanislas Leszczynski qui n’est pas encore le beau-père du roi de France. La paix est signé à Altranstadt en 1706.

Alors que Charles XII se tournait vers la Saxe et la Pologne-Lituanie, Piere 1er reconstitua ses forces pour reprendre l’offensive dans les provinces baltes.

Les russes l’emportent à Erastfer et Nöteborg permettant à Pierre le Grand d’accéder à l’Ingrie, à la Baltique et de créer la ville de Saint-Pétersbourg. Le site de la nouvelle capitale n’à pas été choisit par simple caprice puisqu’il est proche de l’ancienne forteresse suédoise de Nyenskans. En revanche l’offensive en direction des territoires baltes fût un échec et restèrent sous l’autorité suédoise.

En 1707, Charles XII rejeta une proposition de Pierre 1er le Grand de récupérer tous les territoires conquis à l’exception de Saint-Pétersbourg et des territoires au nord de la Neva. Le roi de Suède entama l’invasion de la Russie, une invasion qui allait le perdre.

Comme souvent l’envahisseur se heurta au «Général Hiver», les conditions climatiques sapant la belle armée suédoise qui devait tenir compte des tactiques de la terre brûlée utilisées par Pierre 1er.

Une première armée suédoise est écrasée à Lesnaya suivit d’une seconde à Poltava (8 juillet 1709). Les restes de l’armée suédoise se rendirent aux russes pendant que Charles XII s’enfuyait en direction de l’empire ottoman.

Le conflit n’était cependant pas terminée mais ce fût un tournant. Le Danemark et la Saxe entrèrent en guerre, Auguste II retrouvant le trône polonais. En 1710, les forces russes s’emparèrent de Riga et de Tallinn, les provinces baltes étant intégrées à l’empire russe.

La déroute de Charles XII entraîne une nouvelle alliance anti-suédoise. La Russie, le Danemark-Norvège, la Pologne-Lituanie, le Hanovre et le Brandebourg-Prusse.

En apprenant la présence de Charles XII et de quelques soldats dans l’actuelle Moldavie, Pierre 1er exigea son expulsion mais devant le refus de la Sublime Porte, Pierre le Grand envahit l’empire ottoman, se heurtant à une puissante armée ottomane sur les rives du Prut. Des négociations permirent au tsar de Russie de s’en sortir sans trop de mal. De l’autre côté Charles XII essaya d’attirer le sultan dans une alliance contre la Russie mais sans succès.

Au nord l’armée suédoise connut une série de défaite en Poméranie, poussant l’armée scandinave à la rédition.

En 1714, Charles XII quitte l’empire ottoman pour retrouver Straslund et reprend le conflit. La même année, la Russie signe une alliance avec George 1er, roi d’Angleterre et surtout électeur de Hanovre.

A l’été 1715, le Brandebourg-Prusse rejoint la coalition anti-suédoise. Stralsund est prise en décembre 1715, Wismar en 1716. C’était la fin de l’empire suédois et notamment de ses possessions en Allemagne et sur les rives de la Baltique. La Finlande est également occupée par les russes.

En février 1716, Charles XII envahit la Norvège pour forcer le royaume de Danemark-Norvège à signer une paix séparer et empêcher l’accès de la mer Baltique à la Grande-Bretagne. Londres déclare la guerre en 1717 après la révélation de contacts entre Charles XII et les jacobites. Le 30 novembre 1718, Charles XII est abattu à Fredriksten. Sa sœur Ulrique-Éléonore lui succède, poursuivant la politique de son frère.

La Suède est directement menacée par la Russie, les côtes orientales sont pillées, Stockholm elle même est menacée mais la présence d’une flotte britannique limita les possibilités russes (depuis 1719 Londres et Stockholm avaient fait la paix et s’opposaient à la Russie en mer Baltique).

Les anciens adversaires de la Suède se divisèrent sur le partage des dépouilles entraînant querelles et la possibilité pour la Suède de «sauver les meubles», la Suède étant bien aidée par la France qui voulait éviter un effondrement total du royaume scandinave.

La Suède pu conserver Wismar et le nord de la Poméranie, le Brandebourg-Prusse récupérait le sud de la Poméranie, le Bremen-Verden suédois étant annexé par le Hanovre.

Un traité de paix est signé à Frederiksborg en juin 1720 entre la Suède, le Hanovre, la Grande-Bretagne, le Brandebourg-Prusse et le Danemark-Norvège.

L’espoir d’une nouvelle coalition anti-russe s’évanouit rapidement. La guerre se termina par le traité de Nystad signé le 30 août 1721 entre la Russie et la Suède.

La Suède récupéra la Finlande mais du céder l’Estonie, la Livonie, l’Ingrie, le Kexholm et une large part de la Carélie. Il n’y eut pas de traité de paix formel entre la Saxe-Pologne-Lituanie et la Suède mais les deux royaumes renouvelèrent la paix d’Oliva qui avait mis fin à la première guerre du Nord en 1660.

C’était la fin du siècle d’or suédois, la Suède redevenant une puissance européenne secondaire alors qu’à l’inverse la Russie devenait une puissance incontournable en Europe de l’Est.

Les autres guerres de Pierre le Grand

La grande guerre du Nord n’est pas le seul conflit du règne de Pierre le Grand. Il y à d’abord des expéditions en Crimée entre 1687 et 1689 pour tenter de s’emparer d’un accès sur la mer Noire et ainsi désenclaver le tsarat de Russie mais ces campagnes sont des échecs.

En 1722/23 à lieu une guerre entre la Russie et la Perse (auj. Iran). L’objectif de Pierre le Grand est d’étendre l’influence russe en mer Caspienne et dans le sud du Caucase. Comme la dynastie séfévide est sur le déclin, Saint-Pétersbourg craint que les ottomans n’en profitent pour s’emparer de ces régions.

Pour cette guerre, le tsar de Russie peut s’appuyer sur des alliés locaux, le roi géorgien Vaktang VI de Karthlie et le catholicos d’Arménie Asdvadzadur.

En juillet 1722, 22000 hommes embarquent à Astrakhan sur les premiers navires construits pour la flotte de la mer Caspienne de l’amiral Fiodor Apraxine. C’est une véritable opération combinée puisque 22000 hommes (essentiellement des cavaliers et des cosaques) prennent parallèlement le chemin du Caucase par la route depuis la ville de Tsaritsyne (future Stalingrad).

Le 23 août 1722, la ville de Derbent (sud du Daghestan) est prise mais à l’automne l’armée russe doit se replier à Astrakhan, laissant des garnisons à Derbent et Sviatoï Krest. En septembre, une armée géorgio-arménienne se joint à l’expédition russe, permettant la prise en décembre de Rast puis de Bakou en juillet 1723.

Entre-temps les turcs ont voulu profiter de la situation en envahissant les possessions perses dans le sud-Caucase (printemps 1723). Les perses choisissent de faire la paix avec la Russie, le traité de Saint Petersbourg le 12 septembre 1723 qui permet à la Russie de s’emparer de Derbent, de Bakou ainsi que des provinces perses du Chirvan, du Gilan, du Mazandaran et d’Astrabad.

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