Italie (85) Regia Aeronautica (7)

Les avions de la Regia Aeronautica (4) : reconnaissance et observation

Avant-Propos

Quand les militaires s’intéressent au «plus lourd que l’air» c’est pour savoir ce qui se passe au delà de la colline et effacer ce que Clausewitz appelle le brouillard de guerre. Avec l’augmentation de la portée des canons il y avait besoin de repérer des cibles toujours plus lointaines.

La reconnaissance, l’observation et le réglage des tirs de l’artillerie étaient donc les premières missions des aéronefs militaires bien avant la chasse et le bombardement.

Même après le développement massif des chasseurs et des bombardiers, la reconnaissance était encore une mission majeure ce qui explique les difficultés des aviateurs à obtenir leur indépendance, les différentes armées de terre voulant conserver le contrôle sur ce capteur aéroporté.

L’Italie elle parvient à créer une armée de l’air indépendante, la Regia Aeronautica mais cette dernière créé une véritable aviation de coopération avec des groupes opérant au profit des armées et des corps d’armée.

En octobre 1948, la reconnaissance dans l’armée de l’air italienne regroupe les unités suivantes :

-Chaque région aérienne (Bari, Milan, Rome et Palerme) dispose d’une brigade de coopération à trois groupes de quatre escadrilles soit un total de quarante-huit escadrilles destinées à opérer au profit des armées et des corps d’armée mais également d’un groupe indépendant de reconnaissance.

-On trouve également un groupe indépendant en Sardaigne, un groupe indépendant en Albanie, un groupe indépendant en mer Égée.

-En Africa Septentrionale Italiana (ASI) on trouve deux stormo de reconnaissance alors qu’en Africa Orientale Italiana (AOI) on trouve deux groupes indépendants et une escadrille.

En matière d’équipement on trouve à la fois des petits avions de reconnaissance, des avions de coopération.

Caproni Ca-111

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Le Caproni Ca-111 est un monomoteur à aile haute et train fixe utilisé pour la reconnaissance et le bombardement léger. Effectuant son premier vol en février 1932, il est issu du Caproni Ca-101.

Embarquant deux à quatre membres d’équipage (le plus souvent trois = pilote, copilote/observateur, mitrailleur-ingénieur de vol), l’appareil est produit entre 1934 et 1936 à 152 exemplaires auxquels il faut ajouter les deux prototypes.

Sa carrière est très courte puisque il est retiré du service en 1941, remplacé par les derniers IMAN Ro-37 (qu’il s’agisse du Ro-37 ou du Ro-37bis). Il à été exporté au Pérou mais la carrière à été très courte.

Les appareils retirés du service à l’automne 1941 sont pour l’immense majorité feraillés. Une dizaine d’avions était encore disponible en octobre 1948 mais zéro au printemps 1954.

Caractéristiques Techniques

Type : avion de reconnaissance et de bombardement léger

Masse à vide 3490kg maximale au décollage 5490kg

Dimensions : longueur 15.30m envergure 19.65m hauteur 3.85m

Motorisation : un Isotta-Fraschini Asso 750RC de 830ch

Performances : vitesse maximale 290 km/h rayon d’action 1300km plafond opérationnel 6700m

Armement : quatre mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT (une dorsale, une ventrale et deux latérales) charge de bombes supérieure à 600kg

IMAM Ro-37

IMAM Ro.37 5.jpg

L’IMAM Ro-37 est un petit biplan biplace de reconnaissance et de coopération comparable à la série des ANF-Les Mureaux. Il effectue son premier vol le 6 novembre 1933, prélude à la production de 617 exemplaires.

Mis en service en 1934, il va participer à la deuxième italo-abyssinienne puis à la guerre d’Espagne, étant encore en service en octobre 1948 alors qu’il était totalement dépassé mais comme la production du Reggiane Re-2003A était trop faible, le vénérable petit biplan du jouer les prolongations.

Pour remplacer le Ro-1 l’armée de l’air italienne lance un concours d’équipement pour un appareil léger de reconnaissance. Le nouvel appareil devait filer à 350 km/h, avoir cinq heures d’endurance, trois mitrailleuses et des bombes légères, un blindage et la possibilité d’opérer depuis des terrains improvisés.

Aux côtés de cet appareil léger devait être mis au point un appareil lourd de reconnaissance capable de voler à 325 km/h, de franchit 1300km, de pouvoir opérer à 7000m d’altitude, de grimper à 5000m en 19 minutes, un équipage de trois hommes, cinq armes embarquées et une configuration ailes hautes.

Le premier projet de la firme IMAM (Industrie Meccaniche Aeronautiche Meridionali) baptisé Ro-30 ne satisfait pas les militaires italiens et un nouveau projet baptisé Ro-37 est développé aboutissant au premier vol du prototype le 6 novembre 1933.

L’appareil est mis en service en 1934 et au début de 1940 il équipe une escadrille de la 10ème brigade de bombardement stationnée en Sardaigne, un groupe indépendant à deux escadrilles en Libye occidentale et quatorze escadrilles destinés à la coopération avec l’armée de terre.

Ultérieurement une version améliorée baptisée Ro-37bis est également produite, version qui à la même époque une escadrille en Albanie, deux escadrilles en Libye orientale et treize destinées à la coopération avec l’armée de terre (douze totalement équipées de Ro-37bis et une mixte regroupant Ro-37bis et Caproni Ca-311).

La production qui s’achève en 1939 permet la sortie de 237 Ro-37 et 332 Ro-37bis. Initialement il devait être remplacé par le Caproni Ca-311 mais cet appareil se révéla décevant et c’est finalement le Reggiane Re-2003A qui allait le remplacer.

Cela aurait du être le cas en 1946 mais en octobre 1948 quelques unités étaient encore équipées de IMAM Ro-37 alors que l’appareil était totalement dépassé.

Le petit biplan va opérer essentiellement sur des fronts secondaires comme l’AOI, le Dodécanèse et même l’Albanie. Il est retiré du service à l’été 1950. Aucun appareil n’à survécu au conflit.

Outre l’Italie allait être vendu à l’Uruguay (dix appareils), à l’Afghanistan (seize appareils), à la Hongrie (quatorze appareils), à l’Autriche (huit appareils) et un à l’Equateur.

De cet Ro-37 à été mis au point le Ro-43 (un hydravion de reconnaissance pour la Regia Marina) et le Ro-44, un hydravion de chasse qui se révéla être un échec. Le projet d’une version améliorée baptisée Ro-45 n’à pas dépassé le stade du prototype probablement parce que le coût supérieur justifiait pas une augmentation modeste des performances.

Caractéristiques Techniques

Type : biplan biplace de reconnaissance et d’observation

Masse à vide 1585kg maximale au décollage 2420kg

Dimensions : longueur 8.56m envergure 11.08m hauteur 3.15m

Motorisation : un moteur radial Piaggio P.IX RC.40 de 560ch

Performances : vitesse maximale 330 km/h vitesse de croisière 250 km/h rayon d’action 1120km plafond opérationnel 7200m

Armement : deux mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT tirant vers l’avant, une mitrailleuse de 7.7mm en position arrière 180kg de bombes sous le fuselage

Caproni Ca-310

Caproni Ca-310 Libeccio.jpg

 

Effectuant son premier vol en avril 1937, le Caproni Ca-310 Libeccio est mis en service en 1938. Il sert pour des missions de reconnaissance, d’observation et de bombardement léger. Outre l’Italie, l’appareil à été utilisé par la Hongrie, la Yougoslavie, l’Espagne, la Norvège et le Pérou.

150 exemplaires ont été produits au final avant de céder la place au Caproni Ca-311 ainsi qu’au Caproni Ca-313 voir le Reggiane Re-2003A.

L’appareil est un bimoteur à ailes basses et train rétractable qui participe aux dernières opérations de la guerre d’Espagne. Les performances sont cependant décevantes à tel point que la carrière de l’appareil à été courte. Moins de soixante-quinze appareils sont en service en octobre 1948, appareils utilisés essentiellement en Afrique du Nord, en Afrique orientale et en Sardaigne.

A la fin du conflit il ne reste que deux appareils encore disponibles. Le premier est ferraillé lors de la remise en état de l’aéroport de Milan et le second en état de vol s’écrase en mer lors d’un vol entre Rome et Gênes. Aucun Ca-310 n’à donc survécu jusqu’à nos jours.

La Norvège déçu de ces appareils à annulé une commande supplémentaire d’appareils, utilisant ses 32 appareils jusqu’en octobre 1948 quand ils sont tous détruits au sol ou en vol moins huit appareils capturés par les allemands qui vont les utiliser comme avions d’entrainement au bombardement.

La Hongrie à commandé 33 Caproni Ca-310. Pas satisfaite de ses appareils, l’armée de l’air hongroise à revendu ses appareils à l’Italie (vingt-sept) et à la Yougoslavie (six appareils), les remplaçant par des Caproni Ca-313. L’appareil à été engagé par le Pérou dans un conflit contre l’Equateur.

Caractéristiques Techniques

Type : bimoteur triplace de reconnaissance et de bombardement léger

Masse à vide 3040kg en charge 4650kg

Dimensions : longueur 12.20m envergure 16.20m hauteur 3.52m

Motorisation : deux moteurs Piaggio Stella P.VII C.16/35 de 470ch chacun

Performances : vitesse maximale 365 km/h vitesse de croisière 285:312 km/h rayon d’action 1690km plafond opérationnel 7000m

Armement : trois mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT (deux dans les ailes, une en tourelle dorsale) 450kg de bombes

Caproni Ca-311

Caproni Ca.311 2.jpg

Le Caproni Ca-311 est une évolution de l’appareil précédent. Bimoteur à aile basse, il effectue son premier vol en avril 1939.

L’appareil était destiné à remplacer tous les IMAM Ro-37 et Ro-37bis mais au final ce ne sera pas le cas, la Regia Aeronautica décidant de couper la poire en deux en remplaçant une partie des Ro-37 par un monoplan monomoteur biplace, le Reggiane Re-2003, un dérivé du chasseur Re-2000 et qui allait connaître une variante embarquée et une variante à flotteurs.

Après la production de 1940 à 1944 de 200 Ca-311, Caproni va produire de 1944 à 1948 100 Ca-311M (M = Modificato). Malgré des espoirs à l’exportation aucun Ca-311 n’à volé avant le second conflit mondial sous d’autres couleurs que les couleurs italiens.

Sur les 300 appareils produits de 1940 à 1948, 280 étaient encore disponibles quand l’Italie rentre dans le second conflit mondial. Il va être engagé dans des missions de reconnaissance, de coopération, de bombardement léger et parfois de largages logistiques.

Rapidement déclassé, il est peu à peu remplacé par le Caproni Ca-313 mais des Ca-310 sont toujours présents à la fin du conflit essentiellement du côté de l’ANR mais pour des missions secondaires assez loin du front.

Quand les armes se taisent enfin en avril 1954, fort peu de Ca-310 sont encore de ce monde. Un appareil est capturé par les anglais à Milan mais est rapidement feraillé tout comme un Ca-310 relevé dans le port de Livourne par les français.

Caractéristiques Techniques

Type : bimoteur monoplan triplace de reconnaissance et de bombardement léger

Masse à vide 3460kg en charge 4822kg

Dimensions : longueur 11.74m envergure 16.20m hauteur 3.69m

Motorisation : deux moteurs radiaux Piaggio Stella P.VII de 470ch chacun

Performances : vitesse maximale 307 km/h rayon d’action 1600km plafond opérationnel 7400m

Armement : une mitrailleuse de 7.7mm Breda-SAFAT dans l’aile gauche, une mitrailleuse du même modèle en tourelle dorsale et une autre en position ventrale, 400kg de bombes

Caproni Ca-313

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Le Caproni Ca-313 est une évolution du Ca-310. Effectuant son premier vol le 22 décembre 1939, l’appareil est essentiellement à l’origine un Ca-310 simplifié avec de nouveaux moteurs. Au final il sera plus proche du Ca-311 avec néanmoins des moteurs en ligne.

Comme ces moteurs avaient une surface frontale inférieure à celle des Piaggio, la traînée aérodynamique était plus faible ce qui permettait une vitesse supérieure avec une puissance propulsive inférieure.

L’appareil fût commandé par l’Italie mais connu un grand succès à l’export même si les commandes françaises et britanniques un temps envisagées ne se concrétisèrent pas avec la fin rapide de la guerre de Pologne.

L’appareil fût néanmoins vendu en Suède (64 exemplaires), en Belgique (32 exemplaires), en Norvège (16 exemplaires curieusement désignés Ca-312), en Yougoslavie (douze exemplaires), en Hongrie (seize exemplaires), en Bulgarie (seize exemplaires) soit un total de 156 exemplaires exportés sur une production globale de 350 exemplaires, le reliquat allant à l’Italie puis partiellement au cours du conflit à l’Allemagne pour des tâches secondaires (entrainement, liaison, remorquage de cibles).

Au combat l’appareil fût utilisé pour la reconnaissance et le bombardement léger. Il se montra efficace même si en présence d’une chasse mordante et décidé, le Ca-313 n’était pas forcément à son aise.

Toujours en service au moment du grand basculement de mars 1953, l’appareil est utilisé par l’ANR comme bombardier léger, avion de reconnaissance. Quelques missions de bombardement en piqué sont menées après le crash d’un appareil (rupture de l’aile gauche), ce type de mission fût strictement interdit.

Du côté de l’aviation co-belligérante, les Ca-313 furent utilisés loin du front pour des missions de liaison, de remorquage de cibles et d’évacuation sanitaire.

Une douzaine d’appareils à survécu au conflit. Beaucoup ont été feraillés mais certains ont rejoint des musées (un en Italie, un en France, un en Grande-Bretagne et un aux Etats-Unis). L’appareil à été retiré du service en Suède en 1960 alors que dans les autres pays ils ont disparu dans l’ouragan de feu et de fer qu’à été le second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : bimoteur triplace de reconnaissance et de bombardement léger

Masse à vide 4072kg en charge 5672kg

Dimensions : longueur 11.80m envergure 16.65m hauteur 3.70m

Motorisation : deux Isotta Fraschini Delta R.C 35 I-DS de 730ch

Performances : vitesse maximale 430 km/h rayon d’action 1700km plafond opérationnel 8500m

Armement : trois mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT 400kg de bombes

Reggiane Re-2003A

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Initialement il était prévu de remplacer le IMAN Ro-37 par un bimoteur le Caproni Ca-311 mais suite à un changement de priorités et à des performances décevantes, la Regia Aeronautica décida de lancer un nouveau programme pour un avion de reconnaissance et d’observation.

Le projet est lancé en septembre 1940 et signe de l’urgence, l’armée de l’air italienne demanda aux différents candidats d’utiliser un appareil existant comme base de travail.

La firme Reggiane partit donc de son chasseur monoplace Reggiane Re-2002 pour développer un petit biplace de reconnaissance. Baptisé Re-2003, il allait être décliné en version embarquée et en version hydravion.

C’est ainsi que la version terrestre allait recevoir la désignation de Re-2003A, la version embarquée Re-2003B et la version hydravion Re-2003C.

Par rapport au chasseur dont il était issu, le Re-2003 était un biplace, son fuselage était légèrement plus long mais sa vitesse était moindre.

Le premier prototype du Re-2003 effectue son premier vol le 15 mars 1942. Les essais se déroulent bien même si le deuxième prototype qui avait décollé la première fois le 7 juillet 1942 connait un certain nombre de problèmes techniques.

La décision de le produire en série est prise à l’été 1943 et les premiers appareils de série sont livrés en septembre 1944. Entre septembre 1944 et octobre 1948 ce sont 150 appareils qui sont livrés à la Regia Aeronautica en version terrestre. Des prospections à l’export ne donnent rien et le Re-2003 va être uniquement utilisé par son pays d’origine.

Au final ce sont 700 Re-2003 qui vont être produits répartis entre 330 Re-2003A, 190 Re-2003B et 140 Re-2003C, la version B étant une version embarquée et la version C une variante hydravion.

Cet appareil à été utilisé pour la reconnaissance, l’observation, le réglage des tirs de l’artillerie voir l’attaque légère. Il se montra efficace dans ces missions mais sans performances extraordinaires.

Après avril 1953 quelques appareils ont été utilisés par l’ANR comme par l’aviation co-belligérante et quand le conflit se termine seulement une poignée d’appareils à survécu à l’enfer du second conflit mondial.

Aujourd’hui quatre Reggiane Re-2003 sont préservés dans les musées à savoir un Re-2003A en France, un Re-2003B et un Re-2003C aux Etats-Unis et un Re-2003A en Grande-Bretagne.

Caractéristiques Techniques

Type : avion de reconnaissance

Masse à vide 2470kg en charge 3320kg

Dimensions : longueur 8.08m envergure 11m hauteur 3.2m

Motorisation : un moteur radial Piaggio P.XI R.C40bis de 1250ch

Performances : vitesse maximale 510 km/h distance franchissable 950km plafond opérationnel 9800m

Armement : quatre mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT dans les ailes avec 750 coups chacune, une mitrailleuse de 7.7mm en poste arrière, 500kg de bombes ou une torpille de 450mm

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