Italie (83) Regia Aeronautica (5)

Les avions de la Regia Aeronautica (2) : les bombardiers

Avant-propos

Les premiers avions étaient de fragiles petites machines. Assemblage incertain de bois et de toile, les premiers avions militaire ne pouvaient faire outre chose que de la reconnaissance et de l’observation.

Peu à peu les performances augmentent et les avions peuvent mener des opérations de bombardement avec des armes rudimentaires (grenades, obus d’artillerie munis ou non d’ailettes) puis de véritables projectiles.

L’Italie va disposer rapidement de bombardiers lourds produits par la firme Caproni. Ces bombardiers vont ainsi mener des raids au dessus de l’Autriche-Hongrie et notamment un raid de propagande spectaculaire au dessus de Vienne.

Giulio_Douhet

Guillermo Douhet

Le premier conflit mondial terminé, l’Italie croit toujours au bombardier. Influencé par Guillermo Douhet, nos voisins transalpins vont continuer à construire des bombardiers mais vont tarder à mettre point des bombardiers lourds faute de moteurs et surtout de capacité industrielle.

La majeure partie des bombardiers italiens sont des bombardiers légers/moyens, bi et trimoteurs, le seul bombardier lourd étant le Piaggio P-108, un appareil produit en très faible quantité.

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Piaggio P-108

Lents et mal protégés les bombardiers italiens ont terriblement souffert des coups de la chasse ennemie, peinant à représenter une menace crédible pour les français et les britanniques qui néanmoins saluaient le courage et la détermination des équipages qui tentaient de compenser ainsi les déficiences de leur matériel. Cela marchait parfois mais pas toujours……….. .

La Regia Aeronautica disposait également d’avions d’attaque au sol et de bombardiers en piqué mais leur production à été limitée par rapport aux bombardiers horizontaux.

Après le basculement de l’Italie en avril 1953, les deux aviations italiennes ont utilisé des bombardiers, l’ANR utilisant les bombardiers italiens survivants en attendant des bombardiers allemands qui ne seront jamais livrés.

De leur côté les aviateurs de l’aviation italienne co-bélligérante vont utiliser des bombardiers légers britanniques et américains pour des opérations visant essentiellement l’Albanie et des Balkans.

Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero (épervier)

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Un point commun pour de nombreux moteurs italiens dans les années trente : un manque de puissance et de fiabilité. Résultat les constructeurs aéronautiques transalpins furent contraints de choisir une configuration trimoteur pour obtenir une puissance suffisante.

Cela avait de nombreux inconvénients notamment un poids supplémentaire et surtout l’impossibilité d’installer un armement frontal.

A l’origine de cet appareil figure comme souvent à cette époque un avion civil. En octobre 1934 pour célébrer le centenaire de la fondation de Melbourne, le lord-maire proposa un prix pour l’avion capable de faire le trajet Londres-Melbourne le plus rapidement possible.

Les italiens qui voyaient dans l’aviation un formidable outil de propagande décidèrent de développer un appareil destiné à ce record mais il partit trop tard dans la compétition.

Ayant montré de bonnes performances, il attira l’intention des militaires italiens qui décidèrent de transformer ce trimoteur racé et élégant en bombardier. La production en série fût lancée en 1936 et se poursuivit jusqu’en septembre 1948 permettant la sortie de 1800 exemplaires, une partie étant vendu à l’export.

Conçu initialement comme bombardier terrestre, le SM-79 à connu son baptême du feu durant la guerre d’Espagne, 19 appareils étant perdus sur les 99 engagés.

Il fût ensuite engagé dans la campagne d’Albanie moins comme bombardier que comme avion de transport dans un pont aérien au dessus de l’Adriatique.

L’appareil qui fût également développé en version bombardement-torpilleur, version dans laquelle il s’illustra durant le second conflit mondial dans les unités d’aerosiluranti.

Outre l’Italie l’appareil à été utilisé par le Brésil (deux exemplaires), la Yougoslavie, l’Allemagne (appareils ex-yougoslaves), l’Espagne (80 appareils ayant été utilisés par l’Aviazione Legionaria et cédés à l’Espagne nationaliste une fois le conflit terminé) et la Roumanie (104 exemplaires en différentes versions).

L’appareil participe à tout le conflit jusqu’au printemps 1953 même si à l’époque le nombre d’appareils en service était fort réduit en raison du manque de pièces détachées.

L’aviation co-belligérante conserve des Sparviero comme appareil de transport et de liaison mais après plusieurs tirs fratricides les appareils sont cloués au sol.

En septembre 1954, il reste une douzaine d’appareils disponible. Certains ont été préservés jusqu’à nos jours, un en vol en Italie et quatre dans des musées (un en France, deux aux Etats-Unis et un en Grande-Bretagne).

Caractéristiques Techniques

Type : Avion trimoteur multiplace de bombardement et de torpillage

Masse à vide : 7700kg Masse en charge : 10050kg

Longueur : 16.2m Envergure : 20.2m Hauteur : 4.1m

Motorisation : trois moteurs radiaux Alfa-Romeo 128-RC18 de 860ch chacun

Performances : vitesse maximale 460 km/h Distance franchissable : 2600km Plafond opérationnel : 7500m

Armement : un canon de 20mm Mauser MG151 à l’avant, une mitrailleuse de 12.7mm Breda-SAFAT dans le poste dorsal et deux mitrailleuses de 7.7mm dans des postes latéraux (armes optionnelles). 1200kg de charge militaire en soute ou deux torpilles de 450mm sous le fuselage en extérieur.

Equipage : six hommes (pilotes, co-pilotes, mécanicien-canonnier, opérateur radio, bombardier et mitrailleur arrière)

Savoia-Marchetti SM-81 Pipistrello (chauve souris)

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Savoia-Marchetti SM-81 larguant ses bombes sous la protection de Fiat CR-32

Si aujourd’hui les avions civils peuvent difficilement devenir des bombardiers, dans les années trente c’était monnaie courante. C’est ainsi que le Savoia-Marchetti SM-81 Pipistrello est un bombardier monoplan trimoteur issu en droite ligne de l’avion de ligne Savoia-Marchetti SM-73.

Le prototype décolle pour la première fois le 8 février 1935. Une première commande de 100 exemplaires est immédiatement passée. La production va poursuivre et ne s’achèvera qu’après la sortie de 535 exemplaires enfin je dirai plutôt 536 exemplaires puisqu’une version bimoteur baptisée SM-81B à été produire à un seul exemplaire.

Peu après sa mise en service, l’appareil à été engagé en Ethiopie dans la deuxième guerre italo-abyssinienne comme bombardier, avion de reconnaissance et même avion de transport. L’année suivante le Pipistrello est engagé en Espagne au sein de l’Aviazione Legionaria, la force aérienne italienne soutenant les nationalistes.

Avec le Fiat CR-32, le SM-81 est le principal appareil et le bombardier majeur de l’aviation du camp nationaliste jusqu’à son remplacement progressif par le Fiat BR-20.

Rapidement déclassé comme bombardier il est devenu un pur avion de transport suivant le même chemin que le Junkers Ju-52.

Si 300 appareils sont encore en service au début des années quarante, le nombre va rapidement décroître. Quelques appareils sont néanmoins encore en service en octobre 1948 en Africa Orientale Italiana (AOI), utilisé comme avion de transport et comme bombardier de nuit. A la fin du conflit il ne restait aucun appareil, tous ont été détruits au combat ou feraillés. Outre l’Italie, l’appareil à été également utilisé en Chine (trois appareils tous perdus en février 1938) et au Japon.

Caractéristiques Techniques

Type : bombardier trimoteur monoplan

Masse à vide 6800kg en charge 9300kg maximale au décollage 10505kg

Dimensions : longueur 18.3m envergure 24m hauteur 4.3m

Motorisation : trois moteurs radiaux Piaggio P.X R.C15 de 670ch

Performances : vitesse maximale 347 km/h vitesse de croisière 260 km/h distance franchissable 2000km (convoyage) 430km avec avec 2000kg de bombes rayon d’action maximal au combat 1500km plafond opérationnel 7000m

Armement : six mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT et plus de 2000kg de bombes

Equipage : six hommes

Fiat BR-20 Cigogna

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Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939 le bombardier médian standard de la Regia Aeronautica est le Fiat BR-20 Cigogna, un élégant bimoteur à aile basse.

Il est issu d’une demande de l’armée de l’air italienne pour un bombardier médian rapide, à long rayon d’action avec une charge militaire significative. Il devait avoir une vitesse maximale de 330 km/h à 4500m, 385 km/h à 5000m, une distance franchissable de 1000km et une charge militaire de 1200kg.

Plusieurs compagnies ont répondu à cet appel à projets en l’occurrence Fiat, Piaggio, Macchi, Breda et Caproni.

C’est le projet Fiat qui est choisit, l’appareil étant baptisé BR-20 (BR = Bombardiere Rosatelli), le prototype effectuant son premier vol le 10 février 1936. La mise au point est rapide et les premières unités sont équipées et opérationnelles en septembre 1936.

L’appareil est engagé dès l’année suivante en Espagne au sein de l’Aviazione Legionaria où il remplace progressivement le Savoia-Marchetti SM-81, un trimoteur à train fixe. Avec le Heinkel He-111, il sera le principal bombardier du camp nationaliste.

L’appareil va aussi être exporté au Japon comme appareil intérimaire en attendant l’arrivée du Mitsubishi Ki-21, appareil que l’armée japonaise va engager en Chine), en Hongrie et en Espagne. Au total ce sont 233 BR-20, 279 BR-20M et 150 BR-20bis qui vont être fabriqués soit un total de 672 exemplaires.

Un projet baptisé BR-20C n’à pas dépassé le stade de la planche à dessin. Il s’agissait une canonnière volante avec un canon de 37mm dans une gondole ventrale, deux canons de 20mm dans le nez, un nouveau train d’atterrissage et un blindage renforcé.

En voie de déclassement au début des années quarante, le Fiat BR-20 était obsolète en octobre 1948 mais il était encore en service dans un certain nombre de stormi de bombardement.

Il à donc été engagé au combat, subissant des pertes non négligeables. Toujours en service en avril 1953 lors du basculement, il n’est plus utilisé par les italiens qu’ils soient dans le camp allemand ou dans le camp allié.

A la fin du conflit quelques appareils sont capturés. Totalement obsolète, le Fiat BR-20 n’est pas un objet digne d’étude. Beaucoup sont feraillés mais certains sont préservés dans des musées ou sur des mémoriaux.

Actuellement cinq appareils sont toujours existants. Deux sont présents aux Etats-Unis, un en Italie, un en France et un en Grande-Bretagne.

Caractéristiques Techniques (Fiat BR-20M)

Type : bombardier bimoteur médian

Masse à vide 6500kg maximale au décollage 10100kg

Dimensions : longueur 16.68m envergure 21.65m hauteur 4.75m

Motorisation : deux moteurs radiaux Fiat A.80 RC.41 de 1000ch chacun

Performances : vitesse maximale 440 km/h vitesse de croisière 340 km/h distance franchissable 2750km plafond opérationnel 8000m

Armement : trois mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT et 1600kg de bombes

Equipage : cinq hommes

Piaggio P-32

Le Piaggio P-32 est un bombardier bimoteur contemporain du Fiat BR-20 et du Savoia-Marchetti SM-79. Effectuant son premier vol en 1936 l’appareil se révèle sous-motorisé et sa lourde charge alaire lui interdit de voler sur un seul moteur.

En dépit de cette mise au point difficile, la Regia Aeronautica va commander 17 P-32 I et 12 P-32 II qui vont connaître une carrière très courte puisque mis en service en 1938 ils sont retirés du service fin 1939, servant à l’entrainement.

Une version très améliorée P-32bis ne dépasse pas le stade du prototype, prototype qui s’écrase le 25 février 1938 (pilote tué) ce qui porte un coup fatal au programme. Tous les appareils sont feraillés dans les années quarante.

Caractéristiques Techniques

Type : bombardier bimoteur multiplace (cinq ou six hommes)

Masse à vide 6355kg maximale au décollage 9355kg

Dimensions longueur 16.3m envergure 18m hauteur 5.1m

Motorisation deux moteurs radiaux Isotta-Fraschini Asso XI.RC40 de 825ch

Performances vitesse maximale 386 km/h distance franchissable 1950km plafond opérationnel 7250m

Armement cinq mitrailleuses de 7.7mm (deux en tourelle dorsale, deux en tourelle ventrale, une mitrailleuse dans le nez) 1600kg de bombes

Caproni Ca-135

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Le Caproni Ca-135 est un bombardier median bimoteur à aile médiane qui effectua son premier vol le 1er avril 1935. Cet appareil est issu d’un concours lancé en 1934, un concours qui demandait un bombardier pouvant voler à 330 km/h à 4500m, 385 km/h à 5000m, une montée à 4000m en 12 minutes 30s, un rayon d’action de 1000km avec 1200kg de bombes, un plafond opérationnel de 8000m.

Mis en service en 1937, le bimoteur est de la même génération que le Fiat BR-20, le Savoia-Marchetti SM-79 mais aussi le Piaggio P-32 et le CANT Z-1007. Ce choix de multiples modèles est un aveu de faiblesse en terme de puissance industrielle et traduit une mauvaise organisation de l’industrie militaire italienne.

Le bombardier est engagé en petit nombre en Espagne aux côtés du Fiat BR-20 notamment. Le bombardier à aussi été exporté en Hongrie et au Pérou. Il aurait été vendu au Japon si le Dai-Nippon Teikoku Rikugun Kokubutai (service aéronautique de l’armée impériale) ne lui avait pas préféré le Fiat BR-20.

Rapidement déclassé, l’appareil n’est plus en service en octobre 1948, les derniers appareils ayant quitté les unités de bombardement au printemps 1947.

Cela signifie pas pour autant la fin de l’existence des 140 exemplaires produits. Une partie continue de servir pour des missions de transport, de liaison, d’évacuation sanitaire et d’entrainement au bombardement.

Le chiffre exact n’est pas connu mais il semble qu’environ 60 appareils étaient opérationnels quand l’Italie rentre dans le second conflit mondial.

Utilisés pour le transport, les liaisons et le remorquage de planeurs, les Caproni Ca-135 ont tous disparu à la fin du conflit ce qui explique son absence dans les musées aéronautiques mondiaux.

Les Ca-135 hongrois étaient toujours en service comme bombardiers en octobre 1948. Ils participent aux premiers combats de l’opération BARBAROSSA subissant des pertes sensibles sous les coups de la chasse soviétique. Ils sont remplacés par des avions allemands.

De leur côté les Caproni Ca-135 péruviens sont engagés dans un court conflit contre l’Equateur. Ils sont progressivement immobilisés par le manque de pièces détachées. Le dernier Ca-135 est retiré du service actif courant 1953.

Caracteristiques Techniques

Type : bombardier médian bimoteur

Masse à vide 6051kg en charge 9548kg

Dimensions : longueur 14.38m envergure 18.80m hauteur 3.40m

Motorisation : deux moteurs radiaux Piaggio P.XI RC de 1000ch chacun

Performances : vitesse maximale 365 km/h à 4800m vitesse de croisière 349 km/h distance franchissable 1199 à 1999km plafond opérationnel 6500m

Armement : trois mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT et 1474kg de bombes

Equipage : 4/5 hommes

CANT Z-1007 Alcione

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Le CANT Z-1007 est un bombardier trimoteur à ailes basses qui effectua son premier vol en mars 1937.

Oeuvre de Filipo Zappata, le Z-1007 est issu de l’hydravion Z-506. Cet appareil trimoteur à été choisit de préférence au Z-1011 qui était bimoteur. Comme les deux avions partageaient le même moteur on peut imaginer qu’avec deux moteurs les performances étaient insuffisantes.

Appareil multiplace le Z-1007 est rapidement produit dans une version différence baptisée Z-1007bis disposant de moteurs plus puissants, d’ailes plus grandes, un armement défensif et offensif plus puissant.

L’appareil est mis en service en mai 1939. Produit jusqu’au printemps 1945 à raison de 700 exemplaires, l’appareil était un bombardier majeur de la Regia Aeronautica quand éclate le second conflit mondial en octobre 1948 pour l’Italie.

Outre les versions Z-1007 et Z-1007bis, il y eu un projet de Z-1007ter mais ce projet fût abandonné au profit du Z-1018.

Il à été engagé au combat en Méditerranée, dans les Balkans et sur le front russe, subissant de lourdes pertes.

En avril 1953, l’appareil est toujours en service. Si l’aviation co-belligérante ne va pas l’utiliser au combat, l’Aviazione Nazionale Republicana l’à utilisé pour quelques missions.

A la fin du conflit il restait une dizaine d’appareils mais beaucoup étaient à l’état d’épave. Il restait deux appareils en relatif bon état, deux appareils qui existent encore aujourd’hui, l’un étant préservé en Italie et le second en France.

Caractéristiques Technique (Z-1007bis)

Type : bombardier monoplan trimoteur

Masse à vide 9396kg maximale au décollage 13621kg

Dimensions : longueur 18.35m envergure 24.80m hauteur 5.22m

Motorisation : trois moteurs radiaux Piaggio P.XI RC.40 de 1000ch chacun

Performances : vitesse maximale 458 km/h vitesse de croisière 338 km/h distance franchissable 1795km plafond opérationnel 7500m

Armement : deux mitrailleuses de 12.7mm Isotta-Fraschini Scotti ou Breda-SAFAT, deux mitrailleuses de 7.7mm Breda-SAFAT 1200kg de bombes interne ou 1000kg de bombes en externe ou 2200kg de bombes en interne et en exterme, deux torpilles de 450mm

Equipage : cinq hommes (deux pilotes, un ingénieur de vol, un opérateur radio et un navigateur bombardier)

CANT Z-1018 Leone

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Le CANT Z-1018 Leone est un bombardier bimoteur créé par l’ingénieur Filippo Zappata, le créateur du Z-1007. L’appareil effectue son premier vol le 9 octobre 1939 mais sa mise au point est longue et délicate.

Un deuxième prototype décolle pour la première fois en mars 1940 mais ce dernier s’écrase quelques semaines plus tard ce qui retarde la mise au point de l’appareil qui ne va entrer en service qu’au printemps 1942 au sein des unités terrestres et à l’automne 1943 pour les unités d’assaut aéromaritime et de de bombardement-torpillage.

A l’origine du Leone figure un plan d’expansion aéronautique de la Regia Aeronautica, le plan R de 3000 avions. Cet accroissement était aussi bien quantitatif que qualitatif.

Parmi les demandes figurait un nouveau bombardier médian. CRDA prropose le Z-1015, une version tout métal du Z-1007 qui n’est alors pas encore en service.

Cette proposition ne plait pas vraiment à la Regia Aeronautica et l’ingénieur Filippo Zappata propose un nouvel appareil, un bimoteur baptisé Z-1018.

Entre le Z-1015 et le Z-1018, les performances étaient comparables mais le Z-1018 était plus facile à construire, plus léger et plus facile à entretenir. De plus l’appareil pouvait embarquer une torpille en soute interne ce que ne pouvait faire le Z-1015. Une version hydravion était également prévue (Z-514) mais ne fût pas produite en série.

L’appareil n’est mis en service qu’en mai 1942. Il faudra attendre 1944/45 pour que toutes les maladies de jeunesse soient réglées et que l’appareil puisse donner le maximum de ses possibilités.

Seule la version bombardier haute-altitude et avion d’assaut multirôle ont aboutit à une construction en petite série, les projets de chasseur à haute altitude et d’avion antichar ne dépassant pas le stade du projet initial.

La production est lancée en 1942 et ne va s’achever qu’en septembre 1952 quand la production de chasseurs est privilégiée.

En dix ans, la firme CANT à produit 450 Z-1018, 350 Z-1018 Leone I (version de base) _appareils utilisés aussi bien comme bombardier terrestre que comme avion d’assaut aéromaritime_, 50 Leone II (variante bombardement haute altitude) et 50 Leone III (avion d’assaut multirôle).

Les Leone vont opérer jusqu’à la fin du conflit au sein de la Regia Aeronautica, de l’aviation co-belligérante et de l’aviation pro-allemande. Quelques appareils restent en service jusqu’en 1960 dans l’Aeronautica Militare Italiana (AMI) pour des missions de transport et de liaison.

Caractéristiques Techniques

Type : bombardier-torpilleur bimoteur monoplan à aile basse

Masse à vide : 8750 kg maximale 13100kg

Dimensions : longueur 17.60m envergure 22.5m hauteur 6.10m

Motorisation : deux moteurs radiaux Piaggio P.XV de 1500ch

Performances : vitesse maximale 510 km/h à 5000m distance franchissable 2100km à 7000m plafond opérationnel 9500m

Armement : trois mitrailleuses de 12.7mm (tourelle dorsale, poste de tir ventral, aile gauche) et deux mitrailleuses de 7.7mm (postes latéraux), une torpille ou 1500kg de bombes

Equipage : cinq hommes

Piaggio P-108

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Faute d’une industrie suffisamment développée, l’Italie devait se contenter de bombardiers légers et moyens.

Ces appareils étaient utiles pour appuyer les troupes au sol, viser l’arrière immédiat du front mais pour mener une offensive de bombardement stratégique c’était un peu court. Un comble au pays de Douhet…… .

Il y eut certes le Savoia-Marchetti SM-82 Marsupiale mais ce trimoteur fût rapidement déclassé au niveau performances et aurait été bien incapable de mener des bombardements sur la France et l’Afrique du Nord.

Il fallait un nouvel appareil pour permettre de riposter aux bombardements potentiels de la Grande-Bretagne et de la France qui commençaient à disposer de bombardiers lourds.

En octobre 1948, la France dispose de deux escadres de bombardement lourd pouvant frapper l’Italie, la 17ème EBL stationnée à Lyon avec des Bloch MB-162 alors que la 27ème EBL déployée en Tunisie dispose de Bréguet Br482, de CAO-700, de CAO-710 et d’une escadrille d’hexamoteurs Amiot 415. La Grande-Bretagne dispose elle d’une escadre stationnée en Egypte avec des quadrimoteurs Short Stirling et des bimoteurs Armstrong-Whitworth Whitley.

L’utilité d’un bombardier quadrimoteur est donc évident ne serait-ce que pour faire peser une menace sur le sud-est de la France, sur la Tunisie, la Corse voir Malte.

Au printemps 1941 la Regia Aeronautica lança un appel à projet pour un bombardier quadrimoteur rapide, bien protégé et bien armé. Tous les grands constructeurs italiens se penchèrent sur ce projet mais au final seule la firme Piaggio alla jusqu’à présenter un projet viable.

Le Piaggio P-108 était un élégant quadrimoteur à aile basse. Deux prototypes sont commandés en décembre 1941. Le premier effectue son vol inaugural le 7 septembre 1942 suivit du second le 14 mars 1943.

La mise au point est difficile lié à la fois aux dimensions de l’appareil, à la faiblesse de l’industrie italienne et aux inévitables maladies de jeunesse que connait tout nouvel appareil.

En attendant la mise au point des prototypes et le lancement de la production en série, les italiens s’interrogent sur les version à produire.

Plusieurs projets sont étudiés. Si certains sont logiques (reconnaissance à très long rayon d’action, transport, avion de ligne) d’autres sont plus étranges (attaque antinavire avec un canon de 102mm !, bombardement en piqué (sic), chasse lourde).

Après plusieurs hésitations, la Regia Aeronautica décide de développer quatre versions de son nouveau bombardier. Le P-108A est un appareil de reconnaissance, le P-108B est la variante de base à savoir le bombardier, le P-108C était l’avion de ligne (fuselage redessiné) et le P-108T de transport (militaire).

La décision de le produire en série est finalement prise en septembre 1944. Le projet à été un temps menacé mais finalement maintenu devant le renforcement des unités de bombardement ennemies.

Les premiers appareils de série sont livrés à l’été 1945. La production est lente et trois ans plus tard quand l’Italie entre dans le second conflit mondial seulement 36 P-108B sont sortis des chaines soit à peine la moitié des appareils nécessaires.

En effet l’armée de l’air italienne prévoyait d’équiper six groupes de bombardement lourd indépendant de douze appareils chacun, un groupe stationné en Sicile, un autre en Sardaigne, un autre dans le Latium (région de Rome), un groupe stationné dans les Pouilles (région de Bari),un groupe déployé en Cyrénaïque et un dernier groupe en Tripolitaine.

Les six groupes se partagent les appareils. Si le groupe de Tripolitaine et celui du Latium disposent de leurs douze appareils que le le groupe déployé en Sicile dispose de six appareils, les autres ne disposent que de deux appareils chacun.

La production se poursuit à un rythme très faible, rythme d’autant plus faible que l’évolution défavorable du conflit rend l’utilisation des P-108 aléatoire.

Au final ce sont 48 P-108B, 12 P-108A, 1 P-108C et 16 P-108T qui vont être produits soit un total de 77 exemplaires, un chiffre faible si on le compare à la France, à l’Allemagne, à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis mais plutôt honorable pour une industrie aéronautique italienne bien plus faible que ses concurrents.

Au combat l’appareil était la hauteur de ses homologues. Les groupes indépendants de bombardement lourds qui regroupaient les meilleurs pilotes de la Regia Aeronautica se montrèrent efficaces, bombardant l’Egypte, Malte, le sud de la France, l’Afrique du Nord et Gibraltar.

Hélas tout comme les bombardiers lourds allemands, les Piaggio P-108 ne purent renverser le cours du conflit. La flotte se réduit rapidement et en avril 1954 quand l’Allemagne capitule il ne reste plus que deux P-108B, un P-108A et deux P-108T, l’unique P-108C au fuselage différent ayant été détruit sur l’aéroport de Rome lors d’un bombardement allié.

Aucun de ces appareils n’est en état de vol. Après quelques menus travaux, un P-108B est remis en état de vol par les britanniques mais il s’écrase au cours de son deuxième vol. Après cet accident, les autres appareils sont feraillés ce qui explique qu’aucun P-108 ne soit parvenu jusqu’à nous.

Caractéristiques Techniques

Type : bombardier lourd quadrimoteur

Masse à vide 17325kg en charge 29885kg

Dimensions : longueur 22.30m envergure 32m hauteur 6m

Motorisation : quatre moteurs Piaggio P.XV de 1850ch chacun entraînant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 475 km/h distance franchissable 3400km plafond opérationnel 8500m

Armement : sept mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT et 3500kg de bombes

Equipage : six ou sept hommes

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