Italie (62) Regio Esercito (12)

Divisions de Cavalerie et Divisions blindées

Aucune nouvelle division montée n’est mise sur pied à la mobilisation. On cherche avant tout à compléter des divisions en sous-effectifs depuis des années mais même l’arrivée massive de conscrits plus ou moins âgés, plus ou moins motivés ne suffit pas car dans des unités aussi techniques que le sont des unités montées le nombre ne suffit pas.

-La 132a Divisione Corazzate «Ariete» est déployée en Africa Septentrionale Italiana (ASI) pour renforcer la défense d’une colonie cernée par la Tunisie française à l’ouest et l’Egypte sous influence anglaise à l’est.

Elle est engagée dans des opérations limitées à l’est contre les britanniques mais connait surtout son apogée et son déclin opérationnel face à la France qui disposait d’une 1ère Division Légère de Cavalerie (1ère DLC) et de trois bataillons de chars de combat.

Somua S-35 2

Les chars de l’Ariete ont affronté les Somua S-35 de la 1ère DLC

Engagée dans l’opération BAYARD (juillet-août 1949), l’Ariete va faire ce qu’elle peut victime de l’incurie du haut-commandement, de la supériorité aérienne et d’un rapide découragement des centaures du Regio Esercito Italiano.

Virtuellement anéantie à la fin de l’opération BAYARD, elle est reconstituée avec le numéro 134 pour être engagée au sein du CSIR, le corps expéditionnaire en Russie engagé par l’Italie de juin 1950 à septembre 1952. Anéantie au printemps 1952 en Ukraine, elle est à nouveau reconstituée sous le numéro 136 et selon un format brigade. Déployée en Sicile, elle sera détruite lors de l’opération HUSKY et cette fois ne sera pas reconstituée.

-La 131a Divisione Corrazate «Centauro» stationnée dans le nord de l’Italie est engagée dans les Balkans contre la Yougoslavie puis contre la Grèce. Elle s’y montre relativement à son avantage même si la lumière à surtout été mise sur les Panzerdivisionen.

A la fin de la campagne de Grèce, elle rallie l’Albanie pour être reconstituée. Elle est ensuite transférée dans le sud de l’Italie en septembre 1952 non sans mal l’aviation et les sous-marins alliés détruisant des navires et des avions ramenant dans la péninsule hommes et matériels.

Engagée contre les troupes alliées de l’opération SKYLOCK elle est anéantie par les chars alliés et l’aviation. Elle sera reconstituée sous la forme d’une brigade blindée au sein de l’armée co-belligérante, une brigade entièrement équipée par les américains mais elle arrivera trop tard pour participer au second conflit mondial.

-La 133a Divisione Corazzate «Littorio» est engagée dans les Balkans aux côtés des allemands qui considère l’unité comme la meilleure panzerdivision de l’armée italienne.

Repliée en Albanie, elle revient dans le nord de l’Italie en mars 1953 peu avant le basculement de l’Italie dans le camp allié.

Elle rallie le gouvernement pro-allemand et combat aux côtés des allemands jusqu’à la fin du conflit. Elle est finalement détruite près de Trieste au printemps 1954. Elle ne sera pas reconstituée après guerre, son nom étant trop fortement connoté.

En ce qui concerne les trois divisions de cavalerie la situation est semblable à celle des divisions cuirassées italiennes. Les effectifs sont complétés par des réservistes et des rappelés mais aucune nouvelle division n’est mise sur pied.

-La 1ère division de cavalerie «Eugenio di Savoia» est engagée dans les Balkans, en Yougoslavie et dans le Nord de la Grèce.

Elle participe ensuite à l’opération BARBAROSSA, l’invasion allemande de l’URSS au sein d’un corps expéditionnaire qui absorbe bien des ressources qui auraient été peut être plus utiles ailleurs.

De retour en Italie en septembre 1952, elle participe comme unité démontée aux combats contre les alliés jusqu’en avril 1953 quand elle rallie le gouvernement pro-allemand.

Engagée dans des opérations anti-partisans, la division se rend tristement célèbre par sa cruauté et ses crimes de guerre, seize hommes de l’unité étant fusillés après guerre sans compter les exécutions sommaires juste après la fin du conflit.

-La 2ème division de cavalerie Emanuele Filiberto Testa di Ferro participe elle aussi à l’offensive en Yougoslavie et en Grèce mais à la différence de la première va y rester durant tout le conflit pour mener des missions de lutte anti-partisans, démontrant l’utilité dans ce type de mission d’une unité montée.

En avril 1953 la division implose entre partisans du roi et fascistes, des combats fratricides ont lieu, combats qui aboutissent au massacre des royalistes par de fervents fascistes qui après une véritable annabase rallient le nord de l’Italie puis le sud de l’Allemagne, faisant partie des derniers combattants de l’Axe à se rendre aux forces alliées en avril 1954.

-La 3ème division de cavalerie Principe Amedeo Duca d’Aosta participe également aux combats dans les Balkans avant d’être engagé sur le front de l’est contre les russes.

En septembre 1951 cette division exécute la dernière charge de cavalerie de l’histoire pour permettre le dégagement de troupes allemandes et roumaines sur le point d’être encerclées par les russes.

Ayant subit de lourdes pertes dans cette charge, la division est repliée loin du front pour être reconstituée selon une structure allégée plus proche de la brigade que de la division. Elle opère en arrière du front dans des opérations anti-partisans jusqu’en janvier 1953 quand elle retourne en Italie.

Ralliant le gouvernement co-belligérant, elle devait être transformée en division blindée mais quand le conflit s’achève en avril 1954 tous les véhicules nécessaires n’ont pas été livrés par les américains.

Divisions littorales

En mars 1952 alors que le sort des armes penche invariablement en défaveur de l’Italie décision est prise de mettre sur pied des divisions «destinés à protéger le sol sacré de l’Italie de la souillure étrangère».

Ces divisions côtières sont destinées à protéger la Sardaigne, la Sicicle, la péninsule italienne, la côte dalmate.

Elles doivent en théorie être organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon du génie

-Une compagnie antichar

-Une batterie antiaérienne

-Des éléments de soutien

Dans la pratique ces unités vont être faites de bric et de broc avec des recrues inexpérimentées ou peu motivées «encadrées» par des soldats inaptes au service actif, des officiers découragés.

Bref mis à part quelques rares exceptions ces divisions côtières seront davantages de désagréables nuisances qu’une réelle menace pour les alliés.

Comme le dira un général britannique «Face à ces divisions côtières il suffisait d’un bref tir de barrage pour provoquer leur rédition».

Initialement il était prévu vingt-quatre divisions côtières numérotées de 200 à 223 mais au final seulement douze ont été réellement mises sur pied, les 200 à 202 en Sardaigne, les 203 à 206 en Sicile, les 207 à 209 dans le sud de l’Italie, la 210 dans le nord de l’Italie et la 211 en Dalmatie.

Quand à savoir si ils étaient pleinement opérationnelles et efficaces il est probable que même vingt-quatre divisions côtières à 100% de leurs capacités n’auraient changé grand chose au cours du conflit.

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