Italie (55) Regio Esercito (5)

Le Regio Esercito Italiano dans le premier conflit mondial (1915-1918)

En guise d’introduction

En août 1914 l’Europe s’embrase. Des années de tension explosent, le geste inconsidéré d’un étudiant serbe est la flamme qui allume la mèche du baril de poudre qu’était devenue l’Europe. Le mécanisme des alliances fait le reste.

Et pourtant l’Italie reste neutre en dépit de ses engagements envers l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, engagements tempérés par un traité secret franco-italien qui s’applique pleinement puisque c’est Berlin qui prend l’initiative des hostilités et non Paris.

Tel un marchand, Rome qui se sait désirée va chercher à obtenir le plus d’un camp pour s’y engager et c’est la Triple Entente qui décroche la timbale, promettant via le traité de Londres la récupération des terres irrédentes. On sait ce qu’il en est advenu……. .

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Terres Irrédentes 

Il faut attendre le 24 mai 1915 pour que le royaume d’Italie rentre en guerre du côté de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie, affrontant comme adversaire prioritaire l’armée austro-hongroise sur un front nord-est particulièrement difficile notamment sur le plan climatique, les avalanches ayant provoqué 60000 morts rien que dans les rangs italiens !

Quand l’Italie rentre dans le premier conflit mondial, le Regio Esercito Italiano dispose des moyens suivants :

-1ère Armée : 3ème Corps d’Armée (5ème,6ème et 35ème DI + des unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri) et 5ème Corps d’Armée (9ème, 15ème et 34ème DI + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri). A cela s’ajoute des unités dépendant directement de l’état-major d’armée.

-2ème Armée : 2ème Corps d’Armée (3ème,4ème et 32ème DI + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri) 4ème Corps d’Armée (7ème,8ème et 33ème DI, Division des Bersaglieri à 4 régiments, Alpini Groupe A et B)

-3ème Armée : 6ème Corps d’Armée (11ème et 12ème DI, 1ère division de cavalerie + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri) 7ème Corps d’Armée (13ème et 14ème DI + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri), 11ème Corps d’Armée (21ème et 22ème DI, 2ème Division de Cavalerie).

-4ème Armée : 1er Corps d’Armée (1ère, 2ème et 10ème DI + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri) 9ème Corps d’Armée (17ème et 18ème DI + unités indépendantes d’artillerie, de soutien mais également des unités territoriales de milice, d’Alpini et de Bersaglieri)

-Réserve Générale : 8ème Corps d’Armée (16ème et 29ème DI + unités indépendantes) 10ème Corps d’Armée (19ème et 20ème DI + unités indépendantes), 13ème Corps d’Armée (25ème, 30ème et 31ème DI + unités indépendantes) 14ème Corps d’Armée (26ème, 27ème, 28ème DI, 3ème et 4ème Division de Cavalerie).

Avec ses 4 armées, ses 14 corps d’armées, ses trente-huit divisions d’infanterie et ses quatre divisions de cavalerie, l’armée de terre italienne est en apparence puissante mais les faiblesses sont nombreuses.

L’industrie encore dans l’enfance est bien incapable de fournir la somme incroyable de matériel nécessaire pour la première guerre industrielle de l’histoire où on accumule des quantités astronomiques de munitions, de vivres, d’eau, de carburant mais également de produits médicaux.

Ces faiblesses en matière d’armement et de munitions ne sont pas nouvelles, elles ont été repérées dès 1911/12 lors de la guerre italo-turque mais en trois ans tout n’à pas été résolu.

Alpini WWI

Avec les Bersaglieri, 

Si les unités d’Alpini et de Bersaglieri sont de très bonne facture et se dispute le titre de meilleure unité de l’armée italienne le reste de l’armée affiche un niveau hétérogène.

Le soldat italien de base est robuste et endurant mais on manque de sous-officiers compétents (une tare aussi présente durant le second conflit mondial) et le corps d’officiers est souvent composé d’hommes dont la morgue n’à d’égale que l’incompétence.

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Luigi Cardona

C’est ainsi qu’en dépit du retour d’expérience des neuf premiers mois, le commandant en chef Luigi Cardona dont on ne peut pas dire qu’il soit enchanté à l’idée de combattre aux côtés des alliés va s’obstiner dans une série d’offensives frontales aussi absurdes que sanglantes.

Sur un front particulièrement dur sur le plan climatique (froid, pluie, avalanche), les deux adversaires s’acharnent à tenter d’obtenir la percée décisive pour aboutir à la victoire totale et finale.

On assiste ainsi à pas moins de onze offensives sur l’Isonzo avec parfois des gains, souvent un piétinement particulièrement sanglant, épuisant les deux adversaires.

Le 24 octobre 1917 profitant de l’épuisement italien, d’un dispositif inadapté (manque de profondeur), de tactiques révolutionnaires (barrage d’artillerie éclair, utilisation de Stosstrupen), les austro-allemands enfoncent le front italien à Caporetto (auj. Kobarid en Slovénie), manquant d’obtenir la victoire, le front reculant de 120km sur la Piave, front rétablit avec l’aide de troupes alliées.

Stosstrupen

Stosstrupen

Cette offensive est cependant pour Vienne une victoire à la Pyrrhus. Non seulement le front est consolidé par les alliés mais les troupes allemandes sont retirées du front pour participer à l’offensive prévue au printemps 1918, offensive qui manquera également son objectif de gagner la guerre avant l’arrivée massive des américains.

Sur le front italien si les italiens montent en pression, les austro-hongrois commencent à perdre pied, les forces centrifuges grignotent l’armée de la Double-Monarchie, affaiblissant durablement le front.

Entre les 15 et 23 juin 1918 à lieu la seconde offensive italienne sur la Piave, une offensive dont l’impact décisif n’à pas été immédiatement constaté car la bataille avait eu lieu sur un front «secondaire» du premier conflit mondial.

Plus encore que la bataille de Vittorio (Vittorio-Veneto en juillet 1923) (24 octobre-4 novembre 1918) c’est la seconde bataille de la Piave qui à porté un coup décisif à l’Autriche-Hongrie et par ricochet à l’Allemagne qui avait constaté l’échec de ses offensives printanières sur le front occidental.

Le 3 novembre 1918 est signé l’armistice de Villa-Giusti entre l’Italie et une Autriche-Hongrie en pleine désagrégation. C’est la fin de trois ans et demi d’un conflit abominable qui à provoqué plus de 750000 morts côté italien, d’innombrables blessés et mutilés sans compter un profond ressentiment qui allait alimenter les mouvements extrémistes aboutissant au final à la fin du régime libéral mis en place en 1871.

1915 sur le Front italien

La guerre commence vraiment à la fin du mois de juin par la première bataille de l’Isonzo. Ce sont les italiens qui prennent l’initiative le 23 juin pour quatorze jours de combat jusqu’au 7 juillet 1915.

Les italiens engagent 18 divisions, 700 canons et 225000 hommes contre l’armée austro-hongroise qui dispose de 115000 hommes, 356 canons et 115000 hommes.

La supériorité italienne est donc nette et pourtant l’offensive italienne va être un échec. Comme souvent dans le premier conflit mondial, l’assaillant se heurte à de solides positions ennemies, positions largement épargnées par un barrage d’artillerie plus impressionnant que vraiment efficace.

Les seuls succès sont donc tactiques mais la percée espérée n’est pas obtenue. De violents combats ont ainsi lieu dans les faubourgs de Gorizia mais les italiens sont incapables d’aller plus loin.

La deuxième bataille de l’Isonzo à lieu du 18 juillet au 3 août 1918, 250000 soldats italiens s’opposant à 78000 austro-hongrois. Cette offensive est un échec avec de lourdes pertes, 41800 soldats italiens et 46600 soldats de la Double-Monarchie étant mis hors de combat.

La troisième bataille de l’Isonzo à lieu du 18 octobre au 4 novembre 1915. Encore une fois les italiens ont des effectifs supérieurs avec 338 bataillons et 130 escadrons de cavalerie plus 1372 canons contre 137 bataillons (plus 47 de renforts) et 634 canons.

Les pertes sont lourdes avec 67100 soldats italiens hors de combat (11000 morts) contre 40400 soldats austro-hongrois (9000 morts).

La quatrième bataille de l’Isonzo à lieu du 10 novembre au 2 décembre 1915. Les italiens engagent 370 bataillons contre 155 bataillons austro-hongrois. La 2ème armée doit viser la ville de Gorizia et le plateau de Kras pendant que la 3ème armée doit attirer les réserves ennemies sur le reste du front jusqu’à la mer Adriatique.

Cette offensive est de nouveau un échec avec une offensive frontale aussi sanglante qu’inefficace, des gains minimes surtout quand on compare les pertes abominablement lourdes avec 49500 hommes hors de combat côté italien (7500 morts) face à 32100 hommes hors de combat côté austro-hongrois (4000 morts). Les combats cessent en raison du froid et d’un manque de fournitures logistiques.

1916 sur le Front italien

Après des résultats décevants, le général Cadorna décide de prendre son temps pour organiser une nouvelle offensive.

C’est ainsi que la cinquième bataille de l’Isonzo ne début que le 9 mars 1916, une offensive voyant l’engagement de 286 bataillons (plus 90 en réserve) et de 1360 canons par les italiens, les soldats italiens affrontant 100 bataillons (plus 30 en réserve) et 470 canons alignés par l’Autriche-Hongrie.

Les combats sont extrêmement violents avec plus de 4000 morts en une semaine, le mauvais temps accroissant encore les difficultés rencontrées par les différents belligérants. Les combats majeurs cessent le 15 mars même si des combats résiduels vont avoir lieu jusqu’au 30 mars 1916.

Avant la sixième bataille de l’Isonzo, les austro-hongrois contre-attaquent dans le Trentin. C’est l’offensive du Trentin ou la Strafexpedition (expédition punitive) lancée le 15 mai 1916.

Cette offensive doit porter un coup décisif aux unités italiennes. Après le refus allemand d’envoyer des renforts, l’Autriche-Hongrie décide d’opérer seule avec les 3ème et 11ème armée soit 300 bataillons et 2000 canons contre les 1ère et 5ème armées italiennes qui alignaient 172 bataillons et 850 canons.

Les renseignements italiens reçoivent bien des informations sur une offensive imminente sur le plateau d’Asiago mais le général Cadorna n’y croit pas. Le 15 mai 1916 donc 2000 canons austro-hongrois ouvrent le feu contre les positions italiennes.

L’attaque à lieu sur 50km de front. Si les ailes tiennent bon, le centre cède, les austro-hongrois se précipitant dans la brèche. Non seulement Vicenze est à une trentaine de kilomètres mais de plus les forces massées sur l’Isonzo sont menacées sur leur flanc.

Des renforts sont prestement envoyés à la 1ère armée tandis que la 5ème armée nouvellement créée doit stopper toute avancée dans la plaine vénétienne. Heureusement pour les italiens le 4 juin les russes attaquent en Galice, obligeant les austro-hongrois à stopper leur offensive et à envoyer la moitié de leurs troupes à l’est.

Au final on compte 142000 pertes (12000 morts, 80000 blessés, 50000 prisonniers) côté italien et 105000 pertes côté austro-hongrois (15000 morts, 75000 blessés, 15000 prisonniers et disparus)

La sixième bataille de l’Isonzo à lieu du 6 au 17 août 1916. Alors que l’offensive dans le Trentin à aspiré les moyens austro-hongrois les italiens mobilisent 22 divisions contre 9 divisions de l’armée de la Double-Monarchie.

Les pertes sont lourdes (51000 dont 21000 morts côté italien, 41835 pertes dont 18000 morts côté austro-hongrois) mais c’est l’offensive italienne la plus efficace puisqu’elle permet enfin la prise de la ville de Gorizia.

Le moral italien remonte en flèche. Enhardis par cette victoire, les italiens décident de déclarer la guerre à l’Allemagne le 28 août 1916, déclenchant le mécanisme qui allait aboutir au désastre de Caporetto.

Profitant du succès de cette sixième bataille, le commandant en chef italien Luigi Cardona lance une septième offensive du 14 au 18 septembre 1916.

Comme la précédente cette offensive voit une supériorité militaire importante côté italien (240 bataillons et 1150 canons contre 150 bataillons et 770 canons) mais cette fois cette bataille renoue avec le piétinement sanglant des précédentes, cette offensive provoquant 17000 pertes italiennes contre 15000 côté austro-hongrois.

La Huitième bataille de l’Isonzo à lieu du 10 au 12 octobre 1916. l’objectif des 20 divisions italiennes étant d’élargir la tête de pont autour de Gorizia puis de pouvoir l’utiliser comme tremplin offensive.

Là encore le succès n’est pas au rendez-vous, les 14 divisions austro-hongroises imposant une résistance acharnée. Les pertes sont abominablement lourdes avec 50 à 60000 pertes côté italien et 38000 côté austro-hongrois.

La Neuvième bataille de l’Isonzo qui à lieu du 31 octobre au 4 novembre 1916 cloture l’année en terme d’offensives italiennes.

225 bataillons italiens affrontent 170 bataillons austro-hongrois avec toujours l’objectif d’élargir la tête de pont autour de Gorizia et d’enfin percer. La tactique d’assaut frontal à montré ses limites mais ne pouvant (ou ne voulant ?) pas faire autrement, le général Cardona s’entête.

Comme lors des offensives principales les italiens se heurtent à des positions austro-hongroises solides, solidité renforcé par un terrain escarpé et montagneux, terrain qui facilite indéniablement la défense. Les pertes vont s’en ressentir avec 39000 pertes (tués, blessés, prisonniers) côté italien contre 33000 côté austro-hongrois.

Au final au 31 décembre 1916 les deux adversaires sont comme des boxeurs sonnés, incapables d’infliger le K.O décisif à l’ennemi. Les italiens demandent de l’aide aux alliés tout comme les austro-hongrois qui demandent l’aide de l’Allemagne.

Berlin accepte d’envoyer des renforts en hommes et en matériel sur le front italien, ayant bien compris que l’effondrement de ce front exposerait son flanc méridional. Il faudra cependant du temps pour que ce renfort porte ses fruits pour le plus grand malheur des troupes italiennes qui ne pourront compter sur une aide alliée qu’après le désastre de Caporetto, anglais et français répugnant à l’idée de diviser leurs moyens.

1917 sur le Front italien

La Dixième bataille de l’Isonzo débute le 10 mai 1917 toujours à l’initiative des italiens. Lancée en coordination avec la future offensive du chemin des Dames, la nouvelle attaque choisit cette fois un front large avec une supériorité numérique incroyable puisque 38 divisions italiennes doivent faire face à 14 divisions austro-hongroises.

Comme souvent durant le premier conflit mondial, les premiers combats sont prometteurs, des troupes italiennes parviennent à moins de 15km de Trieste, un pôle industriel et militaire important.

L’armée de la Double-Monarchie lance une contre-offensive le 3 juin qui permet à Vienne de récupérer la quasi-totalité des territoires conquis par les italiens. Les pertes sont abominablement lourdes avec 157 000 pertes (sur 400000 hommes engagés) côté italien (dont 35000 morts) et 75000 pertes côté austro-hongrois dont 17000 tués sur les 200000 hommes engagés.

Du 10 au 25 juin 1917 à lieu la bataille du mont Ortigara, une bataille destinée à s’emparer de ce sommet sur le plateau d’Asiago. Il s’agit de renforcer la protection du dispositif italien sur l’Isonzo, dispositif menacé par les résultats de l’offensive dans le Trentin menée par l’armée de la double-monarchie.

300000 soldats italiens et 1600 canons vont affronter 100000 austro-hongrois et 500 canons. En dépit de cette supériorité, le dispositif austro-hongrois est bien plus favorable que le dispositif italien. De plus l’attaque est attendue par les austro-hongrois.

Résultat après des premiers succès, les italiens doivent renoncer à l’attaque après une vigoureuse contre-attaque austro-hongroise. Les pertes sont sensibles avec 23000 morts et blessés côté italien contre 9000 morts et blessés du côté de la Double-Monarchie.

La Onzième bataille de l’Isonzo commence le 18 août 1917. Des moyens colossaux sont engagés avec 52 divisions (600 bataillons !) côté italien appuyées par 5200 canons qui doivent faire face à 250 bataillons austro-hongrois mais également allemands, bataillons appuyés par 2200 pièces d’artillerie.

Les débuts de l’offensive sont prometteurs, les italiens franchissent l’Isonzo en plusieurs endroits pour cette offensive qui s’étend de Tolmin dans la haute vallée de l’Isonzo à la côte Adriatique.

Le front ennemi est percé en plusieurs endroits mais deux solides positions austro-allemandes (Mont Saint Gabriel et Mont Herada) se révèlent imprenables. Les attaques italiennes cessent le 12 septembre 1917 avec de très lourdes pertes des deux côtés.

En effet les italiens ont enregistré 158000 pertes (30000 morts, 108000 blessés, 20000 disparus et prisonniers) contre 115000 pertes de l’autre côté (20000 morts, 45000 blessés, 30000 disparus et 20000 prisonniers).

Encore plus grave pour les italiens, la 2ème armée est divisée de part et d’autre de l’Isonzo, une situation de fragilité dont les allemands et les austro-hongrois vont bientôt profiter.

Tout est en place pour que survienne la plus grande humiliation de l’histoire militaire italienne avec Adoua : la bataille de Caporetto.

Caporetto, un traumatisme à très long terme

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Bataille de Caporetto

A l’automne 1917 les adversaires sur le front italien sont tout aussi épuisés que leurs adversaires sur le front occidental. Les pertes ont été abominablement lourdes pour des gains limités, le moral est pour le moins flanchant.

Le front italien est comme une maison vermoulue. Un choc un peu violent et elle s’effondre. C’est ce qui va se passer à partir du 24 octobre 1917 à Caporetto.

A la veille de cette terrible bataille, l’ordre de bataille de la 2ème Armée est le suivant :

-En 1ère ligne on trouve le 4ème Corps d’Armée (4ème CA) avec quatre divisions d’infanterie (50ème, 43ème,46ème et 34ème DI), le 27ème Corps d’Armée (27ème CA) avec quatre divisions d’infanterie (19ème, 22ème, 64ème, 65ème DI), le 24ème Corps d’Armée (24ème CA) avec trois divisions d’infanterie (10ème, 49ème et 68ème DI), le 2ème Corps d’Armée (2ème CA) avec trois divisions d’infanterie (8ème, 44ème et 67ème DI), le 6ème Corps d’Armée (24ème et 66ème DI) et le 8ème Corps d’Armée (8ème CA) (7ème, 48ème et 59ème DI).

-En deuxième ligne on trouve trois corps d’armée, le 7ème Corps d’Armée (7ème CA) qui dispose de deux divisions d’infanterie (3ème, 62ème DI), le 14ème Corps d’Armée (14ème CA) qui dispose de deux divisions d’infanterie (20ème, 30ème DI) et le 28ème Corps d’Armée (28ème CA) qui dispose de deux divisions d’infanterie (23ème, 47ème DI).

-On trouve en réserve de haut-commandement trois divisions d’infanterie, la 13ème DI qui dépend du 28ème CA, la 53ème DI qui dépend du 14ème CA alors que la 60ème DI dépend du 8ème CA.

Face à ces dix-neuf divisions de première ligne (plus neuf en réserve) qui représentent globalement 874000 hommes et 6918 canons, les austro-allemands disposent des unités suivantes regroupées sous le commandement de la 14ème armée allemande :

-1er Corps d’armée austro-hongrois : 3ème DI austro-hongroise, 22ème division de chasseurs (Schützen) austro-hongrois, 55ème DI austro-hongroise, Division allemande de chasseurs (Jäger Division) soit quatre divisions.

-3ème Corps d’armée bavarois : 50ème DI austro-hongroise, 12ème et 117ème DI allemandes, Corps alpin allemand (German Alpenkorps, une brigade de chasseurs bavarois et un régiment de chasseurs) soit grosso modo quatre divisions.

-51ème Corps d’Armée allemand : 26ème DI allemande (1ère division du Württemberg) et 200ème DI allemande

-15ème Corps d’Armée austro-hongrois : 1ère division d’infanterie austro-hongroise et 5ème division d’infanterie allemande

-En réserve d’Armée : 4ème DI austro-hongroise, 13ème division de chasseurs austro-hongrois, 33ème division d’infanterie austro-hongroise

-Ultérieurement on trouvera les 35ème et 94ème DI austro-hongroises

-Le groupe d’armée Boroevic dispose de trois divisions d’infanterie, les 35ème, 57ème et 60ème DI

Cela représente pour l’attaque directe sur Caporetto 350000 hommes et 2213 pièces d’artillerie.

-Le groupe d’armées du Sud-Tyrol engagé dans des attaques secondaires de diversion disposaient des 10ème et 11ème armées, du 20ème CA, le groupe Erzehog Peter Ferdinand.

En août 1917 les allemands décident de soutenir de manière effective leur allié austro-hongrois qui après vingt-sept mois de guerre chancelle dangereusement. Trois officiers de l’état-major général sont ainsi envoyés sur le front de l’Isonzo pour étudier une offensive combinée.

Cette offensive prévoit l’utilisation massive de gaz, une préparation d’artillerie aussi rapide que brutale et surtout l’utilisation de Stosstrupen. Ces troupes d’assaut sont composées de fantassins entraînés pour combattre en autonome.

Délaissant les points de résistance ennemis, ils s’infiltrent le plus loin possible, générant insécurité et panique à une époque où le combat lacunaire est loin d’être une évidence, le principe du «front continu» est considéré comme un dogme.

Cette tactique est particulièrement efficace face à un front fragile et des troupes peu ou pas entraînées. L’inconvénient c’est que ces unités ont une durée de vie très limitée et que sans un prompt soutien du reste de l’armée leur utilité est plus que limitée.

Cela à aussi un désavantage majeur sur la durée : priver les unités de ligne, les unités «standards» de leurs meilleurs éléments.

L’offensive commence le 24 octobre 1917 à 2h du matin. Une attaque au gaz est lancée pour provoquer la panique chez les italiens et ainsi désorganiser leur dispositif.

Comme leurs masques ne leur garantissent que deux heures de protection, les unités italiennes préfèrent se replier ce qui n’empêche pas la mort de 500 à 600 soldats.

A 06.41, 2200 canons allemands et austro-hongrois ouvrent le feu, visant la route amenant les réserves italiennes destinées à combler la brèche crééer par la panique citée plus haut. A 8.00, deux mines sont déclenchées et l’infanterie se lance à l’assaut.

L’efficacité des Stosstrupen est immédiate. Ces fantassins d’élite précuseurs de nos commandos utilisent habilement les armes à leur disposition : fusil mitrailleur Maxim model 08/15, mortiers de tranchée légers, canons de montagne, lance-flammes, grenades à main.

L’avancée est rapide, les éléments les plus en pointe avançant de 25km en une journée, provoquant une panique générale dans les rangs de la 2ème armée.

Son commandant, le général Capello demande l’autorisation de se replier sur le Tagliamento situé à 19km à l’ouest mais le commandant en chef Cadorna refuse, persuadé que la situation n’est pas aussi désespérée. Il faudra attendre le 30 octobre pour que le repli sur le Tagliamento soit ordonné.

Ces quatre jours (26-30 octobre 1917) ont permis aux austro-allemands d’avancer et d’être sur les talons des italiens. C’est ainsi que dès le 2 novembre une division allemande établit une tête de pont sur le Tagliamento.

Fort heureusement pour les italiens à cette époque la logistique ennemie ne suit plus ce qui évite un nouveau désastre aux italiens. Le 10 novembre 1917, Luigi Cadorna peut établir un nouveau front sur la Piave et sur le Mont Grappa

Cette douzième bataille de l’Isonzo est un véritable désastre pour les italiens qui perdent 305000 hommes (10000 morts, 30000 blessés, 265000 prisonniers) contre 70000 morts et blessés de l’autre côté.

Sur le plan militaire, le général Cadorna est remercié. Particulièrement dur avec ses hommes et avec ses collègues il était unanimement détesté. Il est remplacé par Armando Diaz qui s’attache à regonfler le moral d’une armée. Son action se révélera être un succès car quelques mois plus tard il parviendra à prendre le dessus sur une armée austro-hongroise usée et minée par des divisions internes.

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Armando Diaz

A noter qu’après ce désastre les alliés envoient sur le front plusieurs divisions pour soutenir l’armée italienne et éviter un effondrement total et complet de leur allié méridional.

Du 13 au 26 novembre 1917, les italiens et les austro-hongrois s’affrontent pour le contrôle du Mont Grappa, une position vitale pour les italiens car protégeant le front installé sur la Piave après le désastre de Caporetto.

51000 italiens affrontent 120000 austro-allemands. Les combats sont violents mais se terminent par une victoire italienne qui à néanmoins causé 21000 pertes du côté des empires centraux contre seulement 12000 côté italien.

A noter que cette bataille est appelée première bataille de la Piave en Italie et ailleurs première bataille du monte Grappa.

1918 : Piave et Vittorio(Veneto)

Les deux adversaires entament l’année 1918 sur la corde raide. Les pertes ont été telles qu’il faut faire appel aux plus jeunes conscrits soit la classe 1899, des jeunes hommes tout juste majeurs ou sur le point de l’être.

Les alliés de l’Italie décide enfin en novembre 1917 d’envoyer des troupes pour consolider le front italien, des divisions françaises, britanniques ainsi que des unités américaines. De l’autre côté les allemands se sont retirés pour masser le plus grand nombre de divisions sur le front occidental pour obtenir la décision.

A Vienne, les généraux austro-hongrois débattent pour savoir comment finir la guerre avec l’Italie mais il n’est pas question de négocier plutôt d’obtenir une victoire décisive et accepter éventuellement une demande d’armistice ou de négociations de la part des italiens.

Du 15 au 23 juin 1918 à lieu la deuxième bataille de la Piave. Cette bataille à pour origine une offensive austro-hongroise, la dernière du conflit avant l’effondrement de la Double-Monarchie.

Cinquante-sept divisions alliées (52 italiennes, 3 britanniques et 2 françaises) , 7000 canons, 2400 mortiers et 676 avions vont affronter 58 divisions austro-hongroises, 946000 hommes et 6830 canons.

Les italiens et leurs alliés alignent d’ouest à l’est la 7ème, la 1ère, la 6ème, la 4ème, la 8ème, la 3ème et la 9ème armée alors que les austro-hongrois alignent quatre armées, les 10ème, 11ème,8ème et 6ème armée.

Les austro-hongrois doivent lancer leur offensive à 3h du matin le 15 juin. Suite à des informations précises les italiens lancent une contre-batterie dès 2h30 provoquant de lourdes pertes dans les premières lignes austro-hongroises, désorganisant l’attaque.

Si au nord du dispositif les troupes austro-hongroises se replient sur leurs positions défensives, au sud le long de la côte adriatique l’assaut se déroule normalement, une tête de pont étant même mise en place de l’autre côté de la Piave.

Cette tête de pont est cependant éphémère car l’ordre de retraite est rapidement envoyé. Comme l’artillerie italienne à détruit de nombreux ponts un nombre important de soldats austro-hongrois ont fini par se noyer dans la Piave.

Sur le plateau d’Asiago, une nouvelle offensive est lancée mais c’est également un échec. Le 20 juin l’empereur Charles 1er qui avait pris personellement le commandement ordonne la retraite et le 23 juin les italiens et les alliés ont récupéré tous les territoires perdus depuis le 15 juin 1918.

Le bilan humain est terrible avec 87000 pertes côté allié (8396 morts, 30603 blessés, 48182 prisonniers) et 118000 côté austro-hongrois (11643 morts, 80852 blessés, 25547 prisonniers).

Après la seconde bataille de la Piave les français et les anglais avaient espéré une contre-offensive majeure pour porter le coup de grâce à la Double-Monarchie mais le général Diaz considérait que l’état de l’armée italienne était encore trop fragile pour cela.

Au cours du mois d’octobre 1918 la situation de l’armée austro-hongroise était devenue dramatique.

Les différentes nationalités secouaient le joug autrichien et hongrois. Successivement les tchèques, les slovaques et les slaves du sud (yougo-slaves) déclarèrent leur indépendance provoquant des désertions importantes, des refus d’obéissance et des retraites sans ordres.

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Bataille de Vittorio (Veneto)

Le 24 octobre 1918 le Regio Esercito Italiano se sent assez fort pour passer à l’offensive. L’objectif est la petite ville de Vittorio (future Vittorio Veneto).

Les alliés disposent de neuf armées, sept totalement italiennes et deux mixtes, une franco-italienne et une italo-britannique. Sur le plan des grandes unités on trouve cinquante et une divisions italiennes, deux divisions britanniques, deux divisions françaises, la légion Tchécoslovaque et un régiment américain.

Sur nord au sud du front on trouve successivement la 7ème armée italienne (deux corps d’armée), la 1ère armée italienne (trois corps d’armée), la 6ème armée italienne (trois corps d’armée), la 4ème armée italienne (trois corps d’armée, quatre groupes d’assaut et un régiment de cavalerie), la 12 ème armée (franco-italienne) avec un corps d’armée italien et un corps d’armée français.

La 8ème armée italienne aligne quatre corps d’armée et un corps d’assaut, la 10ème armée (italo-britannique) aligne un corps d’armée italien et un corps d’armée britannique, la 3ème armée italienne dispose elle de deux corps d’armée, deux unités d’assault et trois régiments de cavalerie.

En réserve se trouve la 9ème armée italienne qui dispose de deux corps d’armée, un corps de cavalerie et la légion tchécoslovaque (connue officiellement comme la 6ème division).

En face on trouve soixante et une division austro-hongroises réparties en quatre armées, les 5ème, les 6ème, les 10ème et 11ème armées.

Le 24 octobre 1918, un an après jour pour jour après l’humiliation de Caporetto, le Comando Supremo donne l’ordre lançant l’attaque. L’artillerie située entre la Brenta et la Piave ouvre le feu à partir de 3h du matin.

A 7h15 l’infanterie se déploya sous la pluie et le brouillard, les conditions météorologiques exécrables réduisant l’efficacité de l’artillerie mais pas le combat au corps à corps.

Les premiers mouvements visaient le massif du Grappa mais après les premiers succès, les contre-attaque austro-hongroises poussèrent les italiens à se replier, scénario qui se répéta sur d’autres monts du massif. L’état-major italien poursuivit son attaque pour attirer les réserves ennemies et ainsi l’empêcher de concentrer tous ces moyens le long de la Piave.

Initialement l’offensive sur la Piave était prévue pour la nuit du 25 octobre mais les conditions météorologiques obligèrent le commandement italien à décaler l’offensive au 27 octobre.

Le 27 octobre 1918 à l’aube les troupes alliées franchirent la Piave sur six ponts lancés par les sapeurs italiens et français (sur les onze initialement prévus). Les combats furent violents, les têtes de pont un temps menacées mais finalement elles furent consolidées non sans mal.

Les combats vont se poursuivre jusqu’au 30 octobre quand la résistance austro-hongroise est définitivement brisée à une époque où l’armée de la Double-Monarchie est en pleine déliquescence.

Cette bataille sonne le glas de la Double-monarchie qui dès le 28 octobre solicita un armistice de son ennemi italien. L’armistice de Villa Giusti est signe le 3 novembre 1918 mettant fin à la guerre sur le front italien à 3h00 du matin le 4 novembre 1918.

Les pertes sur ce front ont été absolument abominables. Près de la moitié des morts italiens de la Grande Guerre l’ont été sur le front de l’Isonzo soit 300000 sur 750000 morts alors que feu la Double-Monarchie à subit 400000 morts sur 1.2 millions pour l’ensemble du conflit.

Les autres fronts

Si l’Isonzo à été le principal front du Regio Esercito Italiano, l’armée royale italienne à combattu sur d’autres fronts à savoir le front occidental (des troupes italiennes déployées en échange de renforts franco-britanniques sur la Piave), le front d’Orient dans les Balkans et enfin le Proche-Orient contre les turcs.

Commençons par le front balkanique. La participation italienne à cependant été minoritaire. Il faut dire que le Regio Esercito avait déjà bien à faire sur l’Isonzo et dans les Alpes. Néanmoins quelques batailles ont vu la participation de troupes italiennes.

-Du 12 septembre au 11 décembre 1916, la 35ème division italienne participa à une offensive visant la ville de Monastir (auj. Bitola) en Macédoine. Cette offensive engagea six divisions serbes, cinq divisions britanniques, quatre divisions françaises, une division italienne et une brigade russe.

Cette offensive avait comme toutes celles du premier conflit mondial des objectifs ambitieux, rompre le front et sortir la Bulgarie du conflit mais comme toutes ces grandes offensives, cette opération eut des résultats bien décevants. Certes la ville de Monastir fût prise par les alliés mais les gains territoriaux furent très limités, le front se stabilisa, stabilisation qui allait durer jusqu’à la fin du conflit.

-La bataille de Crna Bend à lieu du 5 au 9 mai 1917 sur la rivière Crna, un affluent sur la rive droite du Vardar. Elle voit l’engagement de forces germano-bulgares contre des forces franco-russo-italiennes.

Du côté des empires centraux ce sont 40 bataillons (27 bulgares, 13 allemands), 34 batteries (19 bulgares et 15 allemandes, 122 canons, 8 mortiers) et 246 mitrailleuses (115 bulgares et 113 allemandes) qui sont engagés contre 69 bataillons alliés (45 français, 18 italiens, 6 russes), 100 batteries d’artillerie (54 françaises, 32 italiennes, 14 russes, 412 canons) et 515 mitrailleuses (312 françaises, 171 italiennes, 132 russes).

Cette bataille qui vit l’engagement de la 35ème division italienne se solda par un échec pour les alliés et une victoire pour les forces germano-bulgares, la division italienne subissant de lourdes pertes, devant s’emparer des positions parmi les plus solides du dispositif ennemi.

-Cette même 35ème division italienne participe à l’offensive sur le Vardar. Cette offensive menée du 15 au 29 septembre 1918 est une offensive décisive puisqu’elle conduira dès le lendemain 30 septembre la Bulgarie à sollicité l’armistice et abandonner ses alliés allemands et austro-hongrois.

Les italiens vont également combattre sur le front occidental à la fin du conflit. Ils s’opposent ainsi à l’offensive allemande du printemps 1918, l’offensive de la dernière chance avant l’arrivée massive des troupes américaines. Deux divisions italiennes sont ainsi déployées participant aux opérations de défense puis à la contre-attaque déclenchée le 15 juillet 1918, le début d’une offensive qui s’acheva le 6 août 1918.

-Outre la 35ème division, l’Italie engage en Albanie le 16ème Corps d’Armée. A son apogée ce corps d’armée se composait de quatre divisions d’infanterie mais également de deux bataillons de volontaires albanais.

Ce corps d’armée défend le protectorat italien sur l’Albanie, protectorat établit le 23 juin 1917 sur la région de Vlora (port occupé par l’Italie encore neutre en décembre 1914) puis sur le sud de l’Albanie non sans provoquer des frictions avec les alliés.

Peu à peu ce protectorat s’étend atteignit les limites actuelles de l’Albanie mais également sur le nord de la Grèce et la Macédoine.

Une assemblée nationale albanaise se réunit à Durrës en décembre 1918 et espère faire entendre sa voix à la conférence de paix de Paris mais sans succès. En janvier 1920, les alliés projetèrent de diviser l’Albanie entre la Yougoslavie, l’Italie et la Grèce, Rome récupérant le territoire de Valona et le centre-sud de l’Albanie.

L’accord provoque une vague de ressentiment anti-italien chez les albanais. En mai 1920, les italiens se retirèrent de nombreuses villes, victimes de combats contre des mouvements armés rendant impossibles le maintien des italiens sur l’Albanie continentale, Rome ne conservant que l’île de Saseno.

-Quelques unités italiennes vont également combattre au Moyen-Orient en Palestine et en Irak mais leur apport à été pour le moins limité, de l’ordre du symbolique plus que de l’efficace.

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