Italie (54) Regio Esercito (4)

Des origines du Regio Esercito Italiano au premier conflit mondial (1861-1915)

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Création et première années

Le Regio Esercito Italiano est officiellement créé le 4 mai 1861 soit un mois et demi après la proclamation du royaume d’Italie (17 mars 1861).

Il est créé par la fusion de l’armée du royaume de Piémont-Sardaigne, de l’armée du royaume des Deux-Siciles ainsi que l’intégration des éléments les plus surs de l’expédition des Mille, la campagne de Giuseppe Garibaldi, un ancien mazziniste rallié à Victor-Emmanuel II et à Cavour.

Garibaldi chemise rouge

Giuseppe Garibaldi

Cette nouvelle armée est composée de 46 régiments d’infanterie (dont 20 sardes), 10 régiments de cavalerie (9 sardes) et 36 bataillons d’infanterie légère, les fameux bersaglieri célèbres pour la plume de coq.

Elle ne tarde pas à être engagée au combat non pas contre un ennemi extérieur mais contre une menace intérieure à savoir le brigandage endémique dans feu le royaume de Naples, un phénomène protéiforme mêlant vrais bandits de grand chemin avec paysans fidèles à l’ancienne dynastie, déserteurs de l’armée napolitaine, le tout soutenu par le roi François II en exil dans les états pontificaux (ou du moins ce qu’il en reste).

Plutôt que d’engager l’armée stricto sensu, le gouvernement italien installé à Florence (Rome est occupée par les troupes françaises chargées de préserver le pouvoir temporel de Pie IX) décide d’utiliser un corps particulier, la Guardia Nazionale Italiana, la garde nationale italienne.

Cette garde nationale à d’ailleurs été d’abord créé au sein du royaume sarde le 5 juillet 1860 avant d’être intégré au Regio Esercito Italiano.

Disposant de 100000 hommes elle va opérer jusqu’à sa dissolution survenue le 11 juillet 1876. Son action ne se limitera pas au brigandage puisqu’elle sera engagée dans la troisième guerre d’indépendance en 1866. De cette GNI seront issues les milices territoriales et les milices communales.

Ce n’est pas la première fois qu’une milice est créée en Italie c’est même un événement récurrent dans l’histoire martiale italienne. Citons par exemple les milices des villes lombardes qui triomphèrent de l’empereur Fréderic Barberousse.

Ces unités étaient soit destinés à défendre des villes contre des monarques ou des roitelets ou fournir à l’armée régulière souvent de taille réduite des renforts en cas de guerre.

Au XIXème siècle les différentes milices italiennes s’inspiraient clairement de la garde nationale mise en place en France lors de la révolution de 1789.

Mise en place initialement dans le royaume de Piémont-Sardaigne, cette garde devient vraiment nationale avec l’intégration à partir de 1861 de milices venus des royaumes annexés. Elle compte alors 220 bataillons engagés principalement dans la lutte contre le brigandage dans l’ancienne royaume des Deux-Siciles.

Cette force était parfois appuyée par des troupes du Regio Esercito Italiano même si les unités comme les bataillons de Bersaglieri restaient en retrait, les habitants préférant largement s’adresser à des compatriotes qu’à des étrangers. C’est d’autant plus utile que les piémontais envoyés dans l’ancien royaume de Naples se comportaient davantage comme dans un territoire étranger conquis que dans un territoire frère.

En 1866 la Guardia Nazionale Italiana (GNI) participe à la troisième guerre d’indépendance italienne, mobilisant 62 bataillons pour des effectifs théoriques de 36000 hommes même si sur le papier il n’y avait que 25000 hommes présents au combat.

Le conflit terminé, des réformes tentent de transformer la GNI en réserve officielle du Regio Esercito Italiano mais sans succès. Résultat la GNI disparaît le 11 juillet 1876, cédant sa place à une milice territoriale intégrée au Regio Esercito et à des milices communales.

La troisième guerre d’indépendance (1866) et la prise de Rome

Quand le royaume d’Italie voit le jour l’unité italienne est loin d’être achevée. Il manque en effet la Vénétie toujours sous contrôle italien ainsi que le Latium toujours sous l’autorité du souverain pontife, autorité protégée par des volontaires étrangers mais également par une garnison française.

Si Cavour est décédé en 1861, Victor-Emmanuel II est toujours là, bien décidé à achever l’unité de l’Italie.

Après avoir profité d’une guerre entre la France et l’Autriche en 1859 pour obtenir la Lombardie et d’autres territoires en Italie centrale, Florence (capitale italienne jusqu’en 1871) va profiter des tensions entre la Prusse et l’Autriche sur la question de l’unité allemande.

Le conflit qui aurait déjà pu avoir lieu en 1850 était à terme inévitable. Si l’Autriche soutenait l’hypothèse d’une grande Allemagne, la Prusse préférait une «petite Allemagne» excluant Vienne et l’empire d’Autriche.

Comme les ennemis de mes ennemis sont mes amis l’Italie se rapproche de la Prusse obligeant ainsi l’Autriche à maintenir des troupes sur sa frontière septentrionale pour faire face à l’Italie.

Cette guerre considérée comme la troisième guerre d’indépendance italienne va être une catastrophe pour l’Italie et sa nouvelle armée qui est écrasée à Custoza le 24 juin 1866.

Dans ce petit village près de Vérone, 120000 italiens affrontent 60000 autrichiens et vénitiens. En dépit de leur supériorité numérique, les italiens perdent la bataille et doivent se retirer de la Vénétie. Les pertes sont plutôt minimes avec 960 morts, 3690 blessés et 1000 prisonniers côté austro-vénétien alors que les italiens déplorent la perte de 720 tués, 3112 blessés et 4315 pirsonniers.

Le 21 juillet 1866, les volontaires garibaldiens l’emporte à Bezecca dans le Trentin mais cette victoire est une maigre consolation.

Cette guerre va finalement bien tourner pour le royaume d’Italie grâce à la bataille de Sadowa où l’armée prusienne écrase l’armée autrichienne le 3 juillet 1866 surprenant l’Europe qui s’attendait à un conflit long où les deux adversaires vont s’épuiser.

Aux abois l’Autriche solicite la paix auprès de la Prusse. L’armistice austro-prussien est signé le 26 juillet, l’armée italienne déposant les armes le 21 août.

Le traité de paix est signé à Vienne le 12 octobre. François-Joseph cède la Vénétie à la…..France qui la rétrocède à l’Italie ce qui laisse un goût amer à certains patriotes italiens.

Il reste alors à l’Italie à s’emparer du Latium et de Rome, les patriotes italiens ne pouvant imaginer une autre capitale que la ville éternelle.

L’Italie ne pouvant s’opposer frontalement à la France il lui faut attendre un contexte favorable pour s’emparer de Rome. Ce contexte c’est la guerre franco-allemande de 1870 qui entraîne le rappel en France des troupes jadis déployées dans le Latium.

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20 septembre 1870 les Bersaglieri font irruption dans la ville éternelle

Les italiens vont attendre la défaite de Sedan (2 septembre 1870) et la chute de l’empire (4 septembre 1870) pour attaquer, profitant du départ des troupes françaises rappelées au pays.

Le 20 septembre 1870, l’artillerie italienne pilonne la muraille d’Aurélien entre la porta Pia et la porta Salaria. Une brèche de douze mètres permet aux bersaglieri de pénétrer à l’intérieur de Rome, la prise de la ville éternelle permettant d’achever l’unité de l’Italie.

Le 2 octobre 1870 un plébiscite confirme l’annexion de Rome au royaume d’Italie, Rome devant attendre juin 1870 pour devenir officiellement la troisième capitale du royaume d’Italie après Turin (1861-1865) et Florence (1865-1871).

C’est en juin 1871 que Rome devient la capitale du royaume d’Italie. C’est le retour de l’unité de la péninsule presque 1400 après la chute de l’empire romain d’Occident.

Premières expéditions coloniales

Alors que l’unité du pays n’est pas terminée, le Regio Esercito Italiano participe à des expéditions coloniales. A cette époque il reste encore assez peu de territoires disponibles, colonisables. Rome s’intéresse surtout à la corne de l’Afrique le long de la mer Rouge.

Cette région est stratégique pour la puissance mondiale qu’est la Grande-Bretagne. Si Londres laisse Rome s’y installer c’est qu’ils ne craignent pas une concurrence italienne à moins qu’il s’agit d’éviter une installation française potentiellement hostile (nous sommes plus proches de Fachoda que de l’Entente Cordiale).

L’armée italienne participe à l’établissement d’une colonie dans ce qui allait devenir l’Erythrée en attendant de prendre pied sur les rives du golfe d’Aden dans ce qui allait devenir la Somalie, serrant de près l’Abyssinie, la future Ethiopie.

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officiers du Regio Esercito dans la tenue modèle 1885

Comme toutes les puissances coloniales, l’Italie va créer des unités de supplétifs coloniaux, les askaris (du turc asker soldat), des soldats comparables à nos tirailleurs sénégalais. Ces unités solides et endurantes vont former la colone vertébrale des Regi Corpi Trupi Coloniali.

En 1891 est créé le Regio Corpo Truppe Coloniali de Eritrea suivit en 1908 du Regio Corpo Truppe Coloniali della Somalia Italiana. Il faut ensuite attendre 1914 pour que soit créé les Regio Corpo Truppe Coloniali della Tripolitana et della Cirenaica. Ce seront les derniers RCTC créé avant le début du premier conflit mondial.

Ces unités dépendent directement du gouverneur italien sont composées de différentes unités régulières et irrégulières.

On trouve ainsi des basci-buzuk (irréguliers erythréens), Ascari, Ascari del Cielo (infanterie de l’air),Zaptié (carabiniers), Dubat (fantassin irrégulier somalien), Méhariste (méhariste, unité montée sur chameaux),Savari (cavalerie libyenne), Spahis (cavalerie irrégulière libyenne) mais également les Cacciatori d’Africa (chasseurs d’Afrique) ainsi que des unités de la MSVN (Milice des Volontaires pour la Sécurité Coloniale, les chemises noires) déployées dans les colonies.

Avanti Alpini !

Alpini WWI

 

Tout en s’intéressant aux conquêtes coloniales l’Italie se préoccupe de défendre son territoire national récemment unifié.

En 1882 Rome se rapproche de Berlin et de Vienne pour signer la Triplice, une alliance politique et militaire destinée à empêcher le retour de la France sur la scène européenne.

En cas de guerre contre la France, le théâtre d’opérations sera particulièrement ardu à savoir les Alpes.

Ce théâtre d’opérations va nécessiter des troupes spécialisées, des troupes capables de vivre et de combattre en montagne. C’est l’acte de naissance des Alpini, l’équivalent transalpin de nos chasseurs alpins.

La maison de Savoie n’est pas à l’origine de la création d’un corps spécialisé dans le combat de montagne. Dès l’Antiquité des cohortes sont spécialisées dans la défense des monts alpins notamment sur le limes.

Dans les siècles suivants des milices locales combattent dans les Alpes, défendent ses montagnes contre l’adversaire parfois impérial parfois français.

Au moment de l’unité italienne des unités temporaires sont créées comme les Volontari Cadorini en 1848 ou les Cacciatori delle Alpi de Garibaldi en 1859.

C’est dans le dernier quart du XIXème siècle que les Alpini naissent. Après des débats sur leur caractère défensif ou offensif, les chasseurs alpins italiens voient le jour le 30 septembre 1873.

C’est le premier corps du monde spécialisé dans le combat en montagne à voir le jour, la France devant attendre 1888 pour se doter d’unités similaires en transformant douze bataillons de chasseurs à pied en bataillons de chasseurs alpins.

On trouve quinze compagnies en 1873, six régiments en 1882, régiments bientôt appuyés par des compagnies de milice mobile et territoriale, de l’artillerie.

Quand le premier conflit mondial éclate les alpini alignent huit régiments (26 bataillons) plus trois régiments d’artillerie, 38 compagnies Monte (montagne) de la milice mobile, 62 compagnies Valle de milice territoriale.

Paradoxalement (ou pas) les Alpini vont connaître leur baptême du feu loin de la zone où ils sont censés combattre à savoir l’Afrique de l’Est, les monts d’Erythrée.

Les monts est-africains ne sont pas recouverts de neige mais les conditions d’évolution et de combat ne sont pas moins compliquées.

Les premiers combats sont d’ailleurs amers pour les porteurs du nappina (pompom) et de la plume de corbeau. Le 1er mars 1896 le 1er bataillon des Alpini d’Africa est ainsi anéanti à Adoua.

Comme nous le verrons ultérieurement les Alpini vont connaître un premier conflit mondial particulièrement sanglant, particulièrement meurtrier, montrant un héroïsme qui allait confirmer leur caractère d’unité d’élite.

Avanti Bersaglieri !

Bersaglieri 11.jpg

De tout temps les différentes armées ont mis en ligne des unités d’infanterie légère pour opérer en avant du gros des troupes. C’est ainsi que l’armée romaine disposait de cohortes auxiliaires mais aussi de vélites, les ancêtres des tirailleurs.

En 1836 l’armée sarde créé une première compagnie de tirailleurs, une première compagnie de bersaglieri, les célèbres unités aux chapeaux à larges bords au plumet de coq.

La création de cette unité répond à la fois au besoin d’une unité d’infanterie légère mais également pour compenser l’impossibilité pour le royaume de Piémont-Sardaigne de posséder un important corps de cavalerie.

La 1ère compagnie est créée en juillet 1836, la 2ème l’est en janvier 1837, la 3ème en janvier 1840 et la 4ème en février 1843, ces quatre compagnies étant ultérieurement regroupées dans un premier bataillon, le deuxième bataillon étant créé le 23 avril 1948.

Cette infanterie légère est conçue comme une véritable unité de choc pouvant opérer aussi bien comme tirailleurs en avant du gros des troupes mais également comme unité engagée dans la «petite guerre».

Pour cela les bersaglieri sont entraînés pour opérer seuls en autonome ce qui impose un état d’esprit différent des unités de la ligne : autonomie, indépendance d’esprit, esprit de décision, des qualités qui ne sont pas sans rappeler celles des commandos et autres forces spéciales.

Quelques années après leur création les bersaglieri participent à leur premier conflit en l’occurrence la première guerre d’indépendance italienne (1848-1849).

Entre temps le nombre de bataillon est passé à cinq (30 décembre 1848), à dix (10 mars 1849). En avril 1849 ces unités répriment la révolte de la ville de Gênes, une répression féroce qui va traumatiser la ville ligure.

Six ans plus tard en 1855 cinq bataillons de bersagliers sont engagés en Crimée, 15000 soldats piémontais participant à ce conflit où les intérêts piémontais sont inexistants si ce n’est de convaincre la France et la Grande-Bretagne de soutenir le risorgimento.

Ils participent ensuite à la deuxième guerre d’indépendance (1859), dix bataillons participant à la bataille de Magenta (4 juin 1859).

On compte dix bataillons en 1852, seize en 1859, 27 en 1860 et 36 en 1861. Au moment de l’unité italienne les trente-six bataillons sont regroupés en six régiments, chaque régiment étant rattaché à un corps d’armée portant le même numéro.

En compagnie de la Guardia Nazionale Italiana, les bersaglieri sont engagés dans l’ancien royaume de Naples pour mettre fin au brigandage. Cette forme de «petite guerre» pour reprendre l’expression chère à Clausewitz est particulièrement adaptée à l’infanterie légère qui s’y illustre, une guerre où les exactions sont légion.

Les bersaglieri sont également de la partie pour la troisième guerre d’indépendance (1866) puis dans la conquête de la ville éternelle, les bersaglieri profitant d’une brèche créée par l’artillerie dans la muraille d’Aurélien (IIIème siècle) près de la Porta Pia pour entrer dans la ville. C’est la fin du processus d’unification de l’Italie qui après 1395 ans retrouve son unité politique.

Ces unités vont également participer aux différentes campagnes coloniales où leur caractère d’infanterie légère est particulièrement difficile en terrain difficile. Leur caractère agressif, leur mentalité d’unité d’élite leur permettra de s’illustrer durant le premier conflit mondial comme nous le verrons ultérieurement.

Adoua,Chine et Libye

En 1871 l’unité italienne est terminée. Le gouvernement italien cherche un nouveau but, un nouvel objectif mobilisateur. Comme une guerre en Europe est improbable il ne reste que la course aux colonies.

Elle tente d’abord de s’emparer de la Tunisie mais en 1881 la France impose son protectorat ce qui pousse d’ailleurs l’Italie à choisir une alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie en vue d’un possible conflit contre la France.

Elle décide finalement de s’installer en Afrique de l’Est, d’abord en Erythrée avant la Somalie italienne. L’installation des italiens en Erythrée en 1884 provoque des frictions avec l’Abyssinie, dernier état indépendant d’Afrique avec le Libéria.

L’Abyssinie devient le nouvel objectif de l’Italie. Rome est persuadée que la conquête sera une promenade militaire. Cette arrogance et ce sentiment de supériorité est à l’origine du pire désastre de l’histoire militaire à savoir la défaite d’Adoua.

Le 1er mars 1896, 23000 italiens sont opposés à 80000 éthiopiens. Suite à une sous-estimation de l’adversaire et à des erreurs tactiques, le corps expéditionnaire italien est étrillé perdant 5000 hommes et toute l’artillerie. 3000 à 4000 italiens sont faits prisonniers, les askaris étant mutilés et tués. Menelik capture 10000 fusils et 56 canons non sans pertes avec 7000 tués et 10000 blessés.

Cette bataille est une véritable humiliation pour l’Italie, provoquant de nombreux remous y compris politiques. Cette défaite écorne la réputation militaire des italiens, bien avant le désastre de Caporetto.

Quatre ans plus tard éclate en Chine la révolte de Boxer, un mouvement nationaliste et xénophobe manipulé par la dynastie agonisante des Qing. Les légations européennes sont assiégées pendant cinquante-cinq jours jusqu’à ce qu’une colonne de secours internationale soit envoyée à leur secours.

Parmi ces troupes on trouve des soldats italiens. Il s’agit d’abord des compagnies de débarquement, des matelots de navires italiens dont la présence à terre était possible car cela ne désorganisait pas le service embarqué.

Comme la menace était plus sérieuse Rome envoya directement d’Italie un premier contingent de 1965 hommes suivis ultérieurement d’une force conséquente de 20000 hommes mais cette dernière ne resta que peu de temps sur place.

Alors que le 20ème siècle émerge, l’Italie continue ses expéditions coloniales, s’intéressant à la partie méridionale de la Corne de l’Afrique. Présente dès 1888 dans ce qui allait devenir la Somalie italienne, le Regio Esercito est déployé pour pacifier la région coincée entre deux colonies britanniques, le Somaliland au nord et le Kenya au sud. En 1908 est créé le Regio Corpo Truppe Coloniale della Somalia italiana chargé de la pacification et de la défense de la colonie.

En 1911 la crise d’Agadir prouve la solidité de l’alliance franco-britannique contre la menace allemande mais permet l’établissement d’un protectorat français sur le Maroc permettant à Paris d’établir un bloc compact de l’Atlantique au cap Bon.

L’Italie décide de passer la vitesse supérieure en Tripolitaine et en Cyrénaïque, deux possessions de l’empire ottoman.

Le 27 septembre 1911, le représentant italien à Constantinople remet à la Sublime Porte un ultimatum exigeant l’occupation immédiate de la Tripolitaine et de la Cyrenaïque. Cet ultimatum est logiquement rejeté et la guerre éclate le 29 septembre 1911.

Le Regio Esercito à mobilisé un corps expéditionnaire de 40000 hommes et une nouvelle arme l’avion qui réalisera ses premières missions offensives, le largage de projectiles air-sol sur les lignes turques. La résistance ottomane est plus forte que prévue et au grande désappointement des italiens les populations indigènes se montrent globalement indifférentes à cette campagne.

Si Tobrouk est prise dès le 4 octobre, Tripoli le 5 et Benghazi le 20, les combats vont se poursuivre jusqu’au printemps 1912 bien après l’annexion au royaume d’Italie de la Tripolitaine et de la Cyrenaïque (5 novembre 1911).

Cette guerre s’étend également à la Méditerranée orientale avec une démonstration navale devant Beyrouth, un débarquement à Rhodes et dans les îles du Dodécanèse en mai 1912 et même une tentative dans les Dardanelles en juillet 1912.

Le traité d’Ouchy signé le 18 octobre 1912 permet à l’Italie de s’emparer de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque, de Rhodes et du Dodécanèse. Deux ans plus tard en 1914 deux nouvelles Regi Corpi Truppe Coloniali (RCTC) sont mises sur pied, un en Tripolitaine et un second en Cyrenaïque.

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