Italie (50) OdB et Programme de guerre (2)

Programme de guerre

Avant-propos

Quand l’Italie entre en guerre en octobre 1948 la situation de la Regia Marina est en apparence plus favorable qu’en septembre 1939.

La flotte est globalement plus moderne, plus efficace, les stocks de carburant plus importants mais comme au même moment les ennemis de l’Italie se sont renforcés…… .

Quelques jours seulement après l’entrée en guerre, Supermarina commence à étudier les constructions à poursuivre, celles à abandonner ou à ralentir.

Au final il n’y aura pas de programme de guerre stricto sensu mais une série de commandes avec quelques sous-marins, des escorteurs, des navires anti-mines, des navires amphibies et des navires de soutien.

Toutes les constructions ne seront pas menés à bien faute de temps, de moyens humains et industriels, de matières premières et bien évidement à cause de bombardements alliés qui frappèrent les chantiers mais également les fournisseurs ainsi que les voies de communication (routes, voies ferrées,ponts).

Contre-torpilleurs classe Commandante Medaglie di Oro

Avant-propos

Quand commence la période de la Pax Armada _véritable guerre froide à échelle réduite_ l’Italie est lancée dans la construction d’une importante classe de cacciatorpedinieri, la classe Soldati composée de dix-neuf unités soit la classe de contre-torpilleurs la plus nombreuse de la marine italienne.

Artigliere classe Soldati

Le Cacciatorpidiniere Artigliere classe Soldati

Si les Aviere, Bersaglieri et autres Camica Nera sont destinés à augmenter la flotte de destroyers de la marine royale italienne, les successeurs sont destinés à remplacer les premiers contre-torpilleurs construits après le premier conflit mondial.

C’est ainsi que les douze unités de classe Palestro vont remplacer les Turbine et huit des douze Navigatori, leur mise en service ayant lieu entre 1945 et 1948.

Alvise da Mosto.jpg

L’Alvis da Mosto (classe Navigatori)

Ces navires sont des évolutions des Soldati avec une coque légèrement allongée, une puissance propulsive similaire mais un armement différent avec quatre canons de 135mm en affûts simples sous pseudo-tourelles.

L’armement secondaire se compose d’une DCA considérée comme importante mais qui révélera vite ses limites face à la puissance aérienne franco-britannique avec quatre canons de 37mm en deux affûts doubles et six canons de 20mm en affûts simples.

L’armement en torpilles passe de six à huit tubes en deux plate-formes quadruples et nouveauté intègre une capacité anti-sous-marine avec deux grenadeurs de sillage mais seulement vingt-quatre projectiles. L’absence d’un sonar efficace va cependant obérer leurs capacités ASM.

Quand le second conflit mondial éclate, la Regia Marina s’interroge sur l’utilité ou non de construire de nouveaux contre-torpilleurs. Ne vaut-il mieux pas privilégier les torpediniere da scorta pour faire face aux sous-marins ennemis ?

Finalement en mars 1949 la décision est prise de commander vingt nouveaux contre-torpilleurs, des navires qui sont une évolution des Soldati, le manque de temps empêchant les bureaux d’études italiens de se lancer dans une révolution technique hasardeuse.

Baptisés Commandante Medaglie di Oro, ils sont baptisés du nom de commandants de la marine italienne ayant reçu la médaille d’Or, la plus haute distinction militaire italienne.

Ils sont quasiment identiques aux Palestro avec néanmoins la présence d’un cinquième canon de 135mm. La DCA légère est identique tout comme l’armement en torpilles et en armes ASM. Un sonar est embarqué tout comme un radar de navigation même si dans ce domaine, l’Italie n’était pas en pointe pour des raisons techniques et philosophiques.

Hélas pour les marins italiens seulement dix navires seront mis sur cale et six achevés, quatre d’entre-eux ne connaissant pas les joies du service actif, deux étant même détruits sur cale par des bombardements aériens alors que les deux autres seront démantelés sur cale après guerre non sans que leur achèvement ait été étudié puis abandonné.

Les dix derniers ne seront jamais mis sur cale, ne dépassant pas le stade des matériaux approvisionnés.

Construction et carrière opérationnelle

La construction des vingt navires prévus est répartie entre quatre chantiers habitués à construire ce type de navire :

-Les Cantieri Reuniti dell’ Adriatico (CRDA) de Trieste sont chargés de la construction de cinq navires de cette classe en l’occurence le Commandante Margottini, le Commandante Botti, le Commandante de Cristofaro, le Commandante Esposito et le Commandante Navarro.

-Les Cantieri dell Tirreno (CdT) de Riva-Trigoso sont chargés de la construction des contre-torpilleurs Commandante Baroni,Commandante Ruta,Commandante Giobbe, Commandante Corsi et Commandante Milano.

-Les chantiers Odero-Terni-Orlando (OTO) de Livourne sont chargés de la construction du Commandante Borsini, du Commandante Dell Amro, du Commandante Giorgis, du Commandante Rodocanacchi et du Commandante Giannatassio.

-Les Cantieri Navali Reuniti (CNR) de Palerme sont chargés de la construction du Commandante Casana, du Commandante Fontana, du Commandante Toscane, du Commandante Moccagatta et du Commandante Fiorelli.

Les six navires construits et mis en service sont baptisés Commandante Margottini, Commandante Baroni,Commandante Borsini,Commandante Botti,Commandante Casana et Commandante De Cristofaro.

Les quatre unités dont la construction à été abandonnée sur cale ont été baptisés Commandante Dell’Amro, Commandante Fontanta,Commandante Ruta,Commandante Toscano alors que les dix autres jamais mis sur cale ont été baptisés Commandante Giobbe, Commandante Giorgis, Commandante Moccagatta,Commandante Rodocanacchi,Cdte Corsi,Cdte Esposito,Cdte Fiorelli,Cdte Giannatassio,Cdte Milano et Cdte Navaro.

Le Commandante Margottini est mis en service en mars 1951 suivit deux mois plus tard au mois de juin par le Commandante Baroni. Il faut ensuite attendre le moins d’octobre pour que soit considéré comme achevé et opérationnel le Commandante Borsini.

Si le Commandante Botti est mis en service en mars 1952, le Commandante Casana ne l’est qu’en juin 1952. Ce délai (le navire est le premier commandé aux CNR de Palerme) s’explique à la fois par les bombardements alliés et par les difficultés à amener en Sicile les éléments nécessaires, l’industrie sicilienne étant bien incapable de fournir à elle seule les chantiers palermitains.

Le dernier navire de cette classe à être mis en service est le Commandante De Cristofaro admis au service actif en février 1953.

Le Commandante Dell’Amro était toujours en construction quand en avril 1953 quand l’Italie change de camp entraînant l’occupation du nord de l’Italie par les allemands.

Au moment du basculement, le navire est à un mois du lancement mais avant même que les allemands procèdent à cette opération toujours risquée jamais banale, un bombardement allié détruira le navire sur cale. Ce n’est qu’au printemps 1955 que le cale sera libérée de ses morceaux de fers tordus.

Le Commandante Fontanta était en construction à Palerme quand l’opération HUSKY est déclenchée (15 juillet 1952). Le navire était à quatre mois du lancement quand il est détruit par un bombardement aérien de l’ancienne capitale royale.

Une première bombe endommage le navire à l’arrière, une deuxième détruit une cheminée, le souffle d’une troisième couche le navire sur sa gauche avant qu’une quatrième ne rendre impossible sa remise en état et son lancement. La cale sera libérée de ses éléments qu’après la fin du conflit.

Le Commandante Toscano était lui aussi en construction à Palerme mais son lancement n’était pas prévu avant la fin 1952. Miraculeusement épargné par les bombardements et les combats (Palerme ne tombe qu’à la mi-novembre), le navire était toujours sur cale. Après avoir envisagé son achèvement avec des armes américaines, la marine italienne préfère abandonner et le chantier sicilien démantèle le navire sur cale.

Enfin le Commandante Ruta était toujours sur cale en mars 1953 mais son lancement n’était pas prévu au mieux avant janvier 1954. Les éléments sur cale seront démantelés après guerre, là aussi après étude d’une reprise de la construction.

Les six navires mis en service seront tous coulés, le Commandante Margottini étant coulé par l’aviation tout comme le Commandante De Cristofaro.

Si le Commandante Baroni est victime d’une mine au large de Brindisi, le Commandante Borsini est coulé par un sous-marin britannique à la veille de l’opération HUSKY.

Enfin les Commandante Botti et Casana sont coulés lors d’affrontements avec des bâtiments de surface ennemis, le premier étant coulé par des contre-torpilleurs français alors que le second est victime de vedettes lance-torpilles britanniques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 2000 tonnes pleine charge 2700 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 119.7m largeur 11.90m tirant d’eau 5.2m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières développant 55000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 31 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : cinq canons de 135mm en quatre affûts simples en pseudo-tourelles (deux avant, trois arrières), quatre canons de 37mm en affûts simples, six canons de 20mm en affûts simples, deux plate-formes quadruples lance-torpilles axiales, deux grenadeurs de sillage avec vingt-quatre projectiles

Equipage : 220 hommes dont 14 officiers

Torpilleurs d’escorte

Classe Ariete

Ariete

L’Ariete

Dans le cadre des constructions de guerre, la Regia Marina passe commande de huit Ariete supplémentaires et surtout de seize unités de classe Ciclone.

Si les huit Ariete sont achevés, seulement la moitié des Ciclone sera mise en service, la marine italienne à court d’escorteurs privilégiant l’achèvement des corvettes de classe Gabbiano (mouette en italien), navires plus faciles à construire.

Les huit nouvelles unités de classe Ariete sont baptisées Nembo, Turbine,Espero,Borea,Aquilone,Zeffiro,Ardito et Ardente.

La construction des huit unités est répartie entre les chantiers navals Navalmeccanica de Castellammare di Stabia près de Naples qui s’occupe de la construction des quatre premiers alors que les quatre derniers sont construits par les chantiers navals Ansaldo de Gênes.

Le Nembo est mis en service en septembre 1950 suivit le mois suivant par l’Aquilone alors que le Turbine doit attendre janvier 1951 pour être admis au service en même temps que le Zeffiro.

L’Espero est mis en service en février 1951 suivit au mois de mars par l’Ardito, le Borea et l’Ardente fermant la marche en juillet 1951.

Sur ces huit unités, seulement deux vont survivre au conflit. Le Nembo est capturé à Trieste au printemps 1954 par des parachutistes américains.

Le torpilleur est en relatif bon état et va donc poursuivre sa carrière au sein de la marine italienne mais pour peu de temps car en septembre 1956 il s’échoue à l’entrée de la lagune de Venise.

Avant même que des manœuvres de déséchouage soient lancées, le navire se brise en deux, l’arrière coulant alors que l’avant reste fixé sur la lagune jusqu’à son enlèvement quelques mois plus tard.

L’autre survivant est l’Ardente capturé à Palerme par les français. Ramené en Corse, le torpilleur est rebaptisé L’Ardent et sert de patrouilleur côtier jusqu’en 1962 quand il est coulé comme cible au large de Toulon.

Le Turbine et l’Espero sont coulés par des sous-marins ennemis, le Borea saute sur une mine, l’Aquilone est coulé par l’aviation, le Zeffiro succombe à un duel contre des vedettes lance-torpilles françaises alors que l’Ardito est coulé par des destroyers britanniques.

Déplacement : standard 765 tonnes pleine charge 1125 tonnes

Dimensions : longueur 84m largeur 8.62m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : deux canons de 100mm en affûts simples dix canons de 20mm en affûts simples et doubles, six tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes triples, grenades ASM et vingt mines

Equipage : nc

Classe Ciclone

Aux côtés des huit Ariete la Regia Marina décide de construire seize torpediniere di scorta classe Ciclone, des navires dérivés des Orsa avec une largeur plus importante pour améliorer la stabilité, un déplacement plus important.

Sur les seize navires commandés, seulement huit seront mis sur cale et achevés, la marine italienne préférant les corvettes de classe Gabbiano plus rapides à construire et pouvant être disponibles en plus grand nombre.

Les deux premiers Ciclone baptisés Ciclone et Fortunale construits aux chantiers navals CRDA de Trieste sont mis en service en janvier 1950 suivis trois mois plus tard par les Aliseo et Ghibli construits par les chantiers Navalmeccanica de Castellammare di Stabia (avril 1950).

Les Indomito et Intrepido construits aux chantiers navals CNR de Riva-Trigoso sont mis en service en décembre 1950 suivis en mai 1951 des deux derniers navires de cette classe baptisés Tifone et Uragano construits par les chantiers Ansaldo.

Sur ces huit navires, six seront coulés, les Ciclone et Fortunale sont victimes de sous-marins, l’Aliseo est coulé par l’aviation alliée, l’Intrepido est torpillé par des vedettes lance-torpilles de la marine co-belligérante alors qu’il avait rallié le gouvernement pro-allemand. Les Tifone et Uragano ont succombé à des mines alliées. Les deux survivants (Ghibli et Indomito) sont capturés par les anglais à Ancone. Ils sont démolis sur place à la fin du conflit.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 850 tonnes déplacement en charge 1600 tonnes

Dimensions : longueur 82.5m largeur 9.69m tirant d’eau 3.74m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières développant 16000ch entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 28 nœuds distance franchissable inconnue

Armement : deux canons de 100mm en affûts simples (un avant et un arrière), dix canons de 20mm, huit mitrailleuses de 13.2mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux affûts doubles, six lanceurs de charge de profondeur

Equipage : 154 officiers et marins

Corvettes classe Gabbiano

Gabbiano

Pour protéger les convois et leur marine marchande les italiens comptaient sur leurs torpilleurs d’escorte (torpediniere da scorta).

Le problème c’est que ces navires étaient lents à construire. Il fallait donc disposer de plus de navires quite à rogner sur leurs capacités militaires. En clair le choix du quantitatif plutôt que du qualitatif.

Les italiens imaginent ainsi l’équivalent méridional de la corvette. En dépit de capacités militaires bien moindres les futurs navires de classe Gabbiano sont classés torpidiniere da scorta.

Il faut néanmoins attendre l’automne 1949 après la chute de l’ASI pour que les premiers navires soient commandés.

Après une première commande de seize navires passée en septembre 1949, de nouvelles commandes successives vont porter le nombre total à soixante navires mais seulement trente-six seront mises en service, seize étant abandonnées sur cale et huit annulés avant tout début de construction.

La construction des Gabbiano est naturellement répartie entre plusieurs chantiers en l’occurrence les chantiers Cerusa de Gênes appartenant au groupe Ansaldo qui était également partie prenante dans la construction.

A ces deux chantiers Ligure s’ajoutent les chantiers OTO de Livourne, les chantiers Navalmeccanica de Castellamare di Stabia, les chantiers navals Breda de Venise ainsi que deux sites des CRDA (Monfalcone et Trieste).

Les chantiers de Cerusa vont ainsi construire les corvettes Gabbiano (mai 1951), Procellaria (mars 1952) et Pelicano (janvier 1953), les Cormorano et Pellicano étant abandonnées sur cale.

Les chantiers navals Ansaldo vont ainsi construire les Cicogna (mai 1951), Ibis (juillet 1951), Tuffetto (mars 1952), Strolago (septembre 1952) et Ardea (décembre 1952). Si les Folaga et Gru sont abandonnées sur cale, la construction de la Marangone à été abandonnée avant toute mise sur cale.

Les chantiers navals OTO de Livourne vont ainsi construire les Antilope (avril 1951), Camoscio (mai 1951), Renna (mai 1952), Cervo (juillet 1952) et Stambecco (février 1953). Les Gazella et Alce sont saisies par les allemands alors qu’elles étaient sur cale mais elles ne seront pas achevées alors que les Capriolo et Daino feront parties des huit Gabbiano dont la construction est annulée.

Les chantiers Navalmeccanica de Castellamare di Stabia vont ainsi construire les Ape (mai 1951), Luciola (août 1951), Cicala (octobre 1951), Libellula (janvier 1952), Farfalla (juin 1952) et Cocciniglia (décembre 1952).

Les Vespa Calabrone et Crisalide sont abandonnés sur cale alors que la construction des Grillo,Cavaletta et Maggiolino est abandonnée au stade de l’approvisionement des matériaux.

Les chantiers navals Breda de Venise vont ainsi construire les Scimittara (avril 1951), Baionetta (juillet 1951), Carabina (septembre 1951), Bombarda (février 1952) Clava (juin 1952) et Zagaglia (septembre 1952).

La construction des Colubrina,Spingarda et Scure est abandonnée en mars 1953 alors qu’ils étaient déjà sur cale. Les allemands ont étudié leur achèvement mais ils manquaient de matériaux et les travaux n’ont guère progressé. Ces trois navires seront finalement achevés après guerre, servant au sein de la Marina Militare Italiana sous leur nom d’origine.

Les chantiers navals CRDA de Monfalcone vont construire l’Artemide (janvier 1951), le Persefone (mai 1951), l’Euterne (août 1951), le Minerva (mars 1952), le Berenice (septembre 1952) et l’Euridice (février 1953).

Si la construction de l’Urania est annulée avant la mise sur cale, les Egeria Melpomène et Tersicore sont mis sur cale.

Quand l’Italie bascule dans le camp allié en avril 1953, les corvettes sont saisies par la Kriegsmarine qui tente de les achever mais sans succès. Le conflit terminé, la marine italienne démantèle sur cale ces navires pour obtenir des matériaux et des équipements nécessaires à l’achèvement des Columbrina,Spingarda et Scure.

Les chantiers CRDA de Trieste ont construit les corvettes Driade (mars 1951), Pomona (septembre 1951), Sfinge (mars 1952), Chimera (septembre 1952) Fenice et Danaide (janvier 1953).La Flora à été abandonnée sur cale alors que la Sibilla n’à pas eut l’honneur d’être mise en chantier.

Sur les trente-six navires mis en service, vingt-quatre ont été coulées sous les coups des sous-marins (huit), des avions (six), des mines (quatre) et des navires de surface (six).

C’est ainsi que les corvettes Gabbiano,Ibis,Camoscio,Ape,Baionetta,Artemide,Euridice et Driade sont victimes des sous-marins français et britanniques.

Les Pelicano,Strolago,Stambecco,Lucciola,Carabina et Berenice sont coulés par l’aviation alliée alors que les mines sont responsables de la destruction des Antilope,Libellula,Farfalla et Sfinge.

Enfin les corvettes Scimitarra,Zagaglia,Minerva,Pomona,Chimera et Fenice succombent au cours d’un affrontement contre des navires de surface qu’il s’agisse de vedettes lance-torpilles, de torpilleurs ou de destroyers.

A la fin du conflit il reste donc douze Gabbiano de disponible en l’occurence les Procellaria,Cigone,Tuffetto,Ardea,Renna,Cervo,Cicala,Cocciniglia,Bombarda,Clava,Persefone et Euterpe.

La marine italienne récupère les Procellaria et Cigone utilisés comme patrouilleurs jusqu’en 1960, les Tuffetto et Ardea en trop mauvais état sont cannibalisées pour les deux premières avant d’être envoyées à la démolition.

Les Renna et Cicala sont capturés par les yougoslaves à Pola. Rebaptisés Pula et Dubrovnik, elles vont être utilisées comme navires-écoles jusqu’en 1970 date à laquelle elles succombent aux chalumeaux des démolisseurs.

Les Cervo et Cocciniglia sont récupérées par la Grèce. Rebaptisées Piraeus et Heraklion, elles sont utilisées jusqu’en 1967 date à laquelle elles sont feraillées.

Les Bombarda et Clava sont récupérées par les américains mais sont immédiatement feraillées alors que les Persefone et Euterpe sont cédées à l’URSS mais leur état est tel que Moscou préfère les utiliser comme cibles pour des exercices de tir que les remettre en service.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 670 tonnes pleine charge 740 tonnes

Dimensions : longueur 58.8m largeur 8.71m tirant d’eau 2.53m

Propulsion : deux moteurs diesels de 3500ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 18 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : sonar et hydrophones

Armement : un canon de 100mm en affût simple à l’avant, huit canons de 20mm Breda en affûts simples, deux tubes lance-torpilles de 450mm, dix grenadeurs avec soixante-dix charges

Equipage : 110 officiers et marins

Sous-marins

Sous-marins classe Flutto

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Le Tritone, classe Flutto

La dernière classe de sous-marins construite par la marine italienne avant le déclenchement du second conflit mondial est la classe Flutto, une classe de sous-marins inspirés des Argo. Il ne s’agissait pas de simples Argo améliorés mais il n’y avait pas une véritable rupture technologique.

Huit sous-marins sont commandés en septembre 1943 mais seulement quatre sont en service en octobre 1948 (Flutto,Tritone,Vortice,Nautilo), les quatre derniers (Gorgo,Marea,Murena,Grongo) étaient alors en achèvement à flot. Les travaux sont précipités permettant la mise en service au printemps et à l’été 1949.

En mai 1949, seize nouvelles unités sont commandées. Les différences sont minimes ce qui explique que certaines publications ne font pas de différence entre les Flutto d’avant guerre et ceux commandés dans le cadre du programme de guerre alors que d’autres font la distinction.

Ces navires reçoivent les noms suivants :

Cernia,Dentice,Sparide,Spigola,Bario,Ferro,Litio,Piombo,Potassio,Rame,Sodio,Zinco, Balilla, Domenico Millelire,Antonio Scesia et Enrico Toti.

Seulement douze seront achevés par les chantiers navals italiens, quatre (Spigola,Piombo, Antonio Scesia et Enrico Toti) étant abandonnés sur cale et démantelés après guerre.

Le Cernia, le Dentice, le Sparide sont mis en service à l’automne 1950 suivis des Barrio et Ferrio en mars 1951 alors que le Litio est mis en service en juin 1951.

Le Potassio est mis en service en septembre 1951, le Rame est mis en service en novembre 1951, le Sodio et le Zinco sont mis en service en mars 1952, le Balilla est mis en service en juillet 1952 alors que le Domenico Millelire est mis en service en décembre 1952.

Sur ces douze navires, neuf sont coulés, trois sont victimes de sous-marins ennemis (Cernia,Sparide,Ferro), deux sautent sur des mines (Dentice,Bario), deux sont victimes de l’aviation (Litio, Rame) et deux sont coulés par des escorteurs (Balilla,Domenico Millelire).

Le Potassio est récupéré par la France. Rebaptisé Porto Ferraio, il sert de sous-marin d’entrainement et d’expérimentation jusqu’à sa démolition en 1968.

Le Sodio capturé par les britanniques est cédé à la marine italienne comme sous-marin d’entrainement, le Sodio étant utilisé jusqu’en 1962 alors que le Zinco est cédé par l’URSS mais on ignore si il à été effectivement réutilisé.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : en surface 866 tonnes en plongée 1058 tonnes

Dimensions : longueur 63,15m largeur 6.98m tirant d’eau 4.87m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1200ch, deux moteurs électriques de 400ch

Performances : vitesse maximale 16 noeuds en surface 8 noeuds en plongée, distance franchissable 5400 miles nautiques à 8 noeuds en surface 80 miles nautiques à 4 noeuds en plongée Immersion opérationnelle 130m

Armement : un canon de 100mm modèle 1938, quatre mitrailleuses Breda de 13.2mm remplacées sur certaines unités par deux canons de 20mm du même fabriquant, dix tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe)

Equipage : 49 officiers et marins

Sous-marins de transport type R

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Sous-marin type R

Dès le début du premier conflit mondial, la Royal Navy imposa un sévère blocus aux empires centraux, gênant considérablement le commerce allemand avec les pays neutres. Pour contourner ce blocus, la Kaiserliche Marine imagina la construction de sous-marins de transport comme le Deutschland.

Ces sous-marins étaient gigantesques pour l’époque mais leurs capacités étaient trop faibles pour constituer une solution pérenne à tel point qu’ils furent transformés en croiseurs sous-marins pour mener la guerre sous-marine à outrance.

Ce projet de sous-marin de transport resurgit ça et là comme en Allemagne avec le type XIV, des sous-marins ravitailleurs de sous-marins ou en Italie avec le type R.

Sur le plan stratégique la situation italienne n’était pas la plus favorable, ses voies de communication étaient particulièrement vulnérables à une action décidée des marines françaises et britannique.

Si l’Africa Orientale Italiana (AOI) pouvait être considérée comme déjà perdue, l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) et le Dodécanèse ne pouvaient être ainsi sacrifiées.

Il fallait pour cela transporter hommes, matériels et fournitures logistiques. Comme l’envoi de navires de surface pouvait être difficile voir impossible avec la menace navale et aérienne les italiens envisagèrent la construction de sous-marins de transport. C’est l’acte de naissance du type R.

Ce projet est étudié dès l’automne 1942 mais les budgets ne sont jamais débloqués en raison d’autres priorités sans parler d’un certain scepticisme sur leur utilité. Il faut attendre le conflit pour qu’enfin la construction de sous-marins de transport soit lancée.

Douze navires sont commandés en janvier 1949, la construction étant répartie entre les chantiers Francesco Tosi de Tarente et CRDA de Monfalcone.

Seulement six unités seront mises sur cale et deux achevées, des unités portant d’abord un numéro R-1 à R-6 avant que les deux unités achevées soit baptisées Romulus et Remus.

Le Romulus (ex-R-1) construit par les chantiers Tosi est mis en service en mars 1951 suivit du Remus (ex-R-4) mis en service en septembre 1952 après avoir été construits aux chantiers navals CRDA.

Les quatre autres (deux à Tarente et deux à Monfalcone) sont abandonnés sur cale, les éléments étant démantelés après guerre. Quand aux unités R-7 à R-12 la construction est annulée avant la mise sur cale et même la commande des matériaux nécessaires à la construction.

Initialement ces navires devaient pouvoir rallier l’Asie pour récupérer des métaux précieux et autres produits introuvables en Europe mais en réalité ces submersibles vont opérer en Méditerranée où leur grande taille était plutôt un handicap.

Le Romulus et le Remus vont servir de sous-marins de transport jusqu’à leur destruction, le premier est torpillé par un sous-marin britannique dans le golfe de Tarente le 14 mars 1952 alors que le second est coulé par un hydravion français au large de La Spezia en février 1953.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 2155 tonnes plongée 2560 tonnes

Dimensions : longueur 86.5m largeur 7.86m tirant d’eau 5.34m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 2600ch deux moteurs électriques développant 900ch deux hélices

Performances :vitesse maximale 13 noeuds en surface 6 noeuds en plongée distance franchissable 12000 miles nautiques à 9 noeuds en surface 100 miles nautiques à 3.5 noeuds en plongée Immersion aux essais 80m

Capacité : 600 tonnes de cargo

Armement : deux tubes lance-torpilles de 450mm à l’avant, trois canons antiaériens de 20mm

Equipage : 63 officiers et marins

Dragueurs de mines type GD

Minensuchboot Typ 1940 4

Les Grande Dragamine sont inspirés des M-Boot type 1940

En décembre 1949 la Regia Marina passe commande de soixante-quatre dragueurs de mines type GD (Grande Dragamine) pour compléter les seize navires déjà en service (GD-1 à GD-16).

Ces navires numérotés GD-17 à GD-80, la construction étant répartie entre de nombreux chantiers pour accélérer la mise en service de navires d’autant plus nécessaires que les français comme les britanniques multipliaient les mouillages de mines.

Hélas pour la marine italienne, la construction se révéla trop lente pour permettre à la Regia Marina de disposer de ces soixante-quatre navires avant le basculement d’avril 1953.

A cette époque seulement vingt-quatre navires sont en service, des navires immatriculés GD-17 à GD-22, GD-30 à 33, GD-40 à 48 et GD-76 à GD-80.

Seize unités sont abandonnées sur cale (GD-23,GD-25,GD-27,GD-34,GD-35,GD-38,GD-39,GD-49,GD-50,GD-51,GD-52,GD-55,GD-56,GD-57,GD-58,GD-70) et toutes feraillés après guerre quand elles n’ont pas été détruites par les bombardements alliés ou les sabotages allemands.

La construction des vingt-quatre autres unités (GD-24,GD-26,GD-28,GD-29,GD-36,GD-37,GD-53,GD-54,GD-59,GD-60,GD-61,GD-62,GD-63,GD-64,GD-65,GD-66,GD-67,GD-68,GD-69,GD-71,GD-72,GD-73,GD-74,GD-75) est abandonnée avant la mise sur cale.

Sur les vingt-quatre navires mis en service entre janvier 1951 et mars 1953, vingt sont coulés par des sous-marins (huit : GD-17,GD-19,GD-30,GD-40,GD-44,GD-48,GD-79,GD-80), par des mines (deux : GD-18 et GD-42), par l’aviation (six : GD-20,GD-33,GD-41,GD-47,GD-76,GD-78) et quatre par des navires de surface ( GD-22,GD-32,GD-46,GD-77).

Les survivants sont les GD-21,GD-31,GD-43 et GD-45. Le GD-21 est cédé à la France où sous le nom d’Acacias il va servir de patrouilleur dans les colonies puis département d’outre-mer aux Antilles (généralités). Il est désarmé en 1970 puis coulé comme cible au large de Fort de France.

Le GD-31 est capturé par les grecs à Corfou. En très mauvais état, il est démantelé sur place à la différence des GD-43 et GD-45 qui sont cédé à l’URSS comme dommages de guerre, des dommages de guerre bien encombrant car ces navires en mauvais état ne seront pas utilisés comme navires actifs.

Caracteristiques Techniques des Grande Dragamine type GD-1

Déplacement : standard 700 tonnes pleine charge 920 tonnes

Dimensions : longueur 69m largeur 9.12m tirant d’eau 2.90m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 4000ch entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 nœuds distance franchisable nc

Armement : deux canons de 90mm en affûts simples, quatre canons de 37mm, quatre canons de 20mm, des grenades ASM

Equipage : 120 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

MAS

Nation pionnière dans le domaine des vedettes lance-torpilles, l’Italie poursuit le développement de ce type de navire particulièrement adapté à des missions de guerilla navale.

C’est ainsi qu’en octobre 1948, quatre-vingt douze vedettes sont en service, soixante-seize vedettes lance-torpilles et seize vedettes anti-sous-marine. Ces vedettes sont stationnées à La Spezia (30 vedettes), à La Maddalena et à Tarente (8 vedettes chacun), Messine et Tripoli (douze vedettes chacun),Benghazi (six vedettes), Massawa et Rhodes (huit vedettes).

Dans le cadre des commandes de guerre, 256 vedettes type MS sont commandées mais seulement cent vingt seront achevées, ces vedettes opérant aux côtés des allemands contre les alliés puis après avril 1953 se livrèrent à des duels fratricides, une partie des vedettes lance-torpilles ralliant le gouvernement co-belligérant alors que d’autres préféraient continuer le combat aux côtés des allemands.

En septembre 1954 quand les armes se taisent enfin, les vedettes rescapées sont peu nombreuses et en assez mauvais état. La marine italienne parvient à conserver seize vedettes en service, histoire de préserver la flamme et surtout de capitaliser sur l’expérience opérationnelle.

Il faudra attendre les années soixante pour que de nouveaux navires rapides d’attaque soient mis en service, navires qui allaient porter les couleurs non plus de la Regia Marina mais de la Marina Militare Italiana.

Ces navires étaient des patrouilleurs lance-missiles, des canonnières rapides et des hydroptères destinés à mener une guerilla impitoyable contre l’Eskadra, le groupement des forces navales soviétiques en Méditerranée.

Navires de soutien

La logistique est un domaine où la marine italienne affiche nombre de faiblesses et de carences, la Regia Marina étant moins bien équipée que ses homologues alliés.

Dans le cadre des commandes du «programme de guerre», des commandes de navires de soutien vont être passées mais les chantiers navals italiens surchargés vont être bien incapables de livrer tous les navires commandés.

A cette surcharge de construction s’ajoute la pénurie de matériaux, de main d’oeuvre ainsi que les problèmes de transport provoqués par une organisation inadéquate et par les bombardements alliés.

Résultat les chantiers italiens ne vont produire que huit cargos sur les vingt-quatre commandés,deux pétroliers sur douze, six transport de troupes type caboteur sur les huit commandés, un mouilleur de mines, deux remorqueurs océaniques, des barges non motorisées, des citernes.

A la fin du conflit peu de navires sont encore à flot et ceux qui le sont sont en général en très mauvais état ce qui explique qu’aucun navire de soutien italien construit dans le cadre du programme de guerre n’à connu de carrière après la fin du second conflit mondial.

Navires amphibies

En vue de l’opération MERKUR et notamment le volet maltais, la marine italienne passe commande de navires amphibies comparables aux MPF allemands, des chalands motorisés mis à l’eau depuis des navires hauturiers comme des paquebots, des ferrys et des cargos.

Aux côtés de ces chalands motorisés, la marine italienne commandera des navires inspirés des chalands de débarquement alliés dont certains exemplaires ont été capturés plus ou moins endommagés lors de l’opération MERKUR voir dans l’opération BAYARD.

Etudiés, ils sont copiés par les italiens. La production est limitée et leur utilisation à lieu moins dans des opérations amphibies que pour du transport et du ravitaillement. A peine une centaine de chalands comparables à des LCM à finalement été produite par les chantiers navals italiens.

Des projets de grands navires amphibies ont été étudiés, des navires comparables aux LST mais aucun n’à été mis en chantier. Au final les italiens ont produit quatre-vingt seize Motozattere da Sbarco (MZ), des embarcations de 174 tonnes pouvant transporter 65 tonnes de matériel ou 250 hommes accompagnés d’une cinquantaine d’ embarcations plus petites, les Motolance da barco de 15.5 tonnes.

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