Italie (29) Croiseurs légers (3)

Croiseurs légers antiaériens classe Etna

Avant-propos

En 1938, la marine siamoise (le royaume de Siam devient la Thaïlande en 1939) soucieuse de renforcer ses positions dans la région décide de commander deux croiseurs légers aux chantiers Cantieri Reuniti dell Adriatico (CRDA) de Trieste.

Ces navires baptisés Taksin et Naresunan sont inspirés des Raimundo Monteccucoli mais sont d’une taille réduite avec un déplacement standard de 4300 tonnes, 153.8m de long, une puissance propulsive de 65000ch, une vitesse maximale de 28 nœuds avec un armement composé de six canons de 152mm en trois tourelles doubles. Ces navires sont livrés en 1944 pour le premier et en 1945 pour le second.

CL Raimondo Montecuccoli (4).jpg

Les Naresunan et Taksin sont une évolution du Raimundo Monteccucoli

Entre-temps la marine italienne cherche à protéger de la meilleure des façons possible ses porte-avions alors en projet. Elle va s’inspirer de ce qu’à fait la France, les Etats-Unis la Grande-Bretagne mais également leur allié allemand.

Manquant de cuirassés, elle ne peut faire comme la France et attribuer à chaque porte-avions un cuirassé de protection, les Cavour et les Andrea Doria devant combattre dans la ligne.

CLAA HMS Dido 3

Le croiseur léger antiaérien HMS Dido

Si la présence de contre-torpilleurs ou de torpilleurs était une base il restait la question de la défense aérienne à la mer. En voyant la construction du Waldeck Rousseau en France, des Dido en Grande-Bretagne, des Dantzig en Allemagne et des Atlanta aux Etats-Unis, les italiens comprennent l’utilité de croiseurs légers antiaériens.

Pour gagner du temps, ils reprennent le tracé de la coque des croiseurs exportés en Thaïlande, conservent la quasi-totalité des superstructures mais modifient en profondeur l’armement avec douze canons de 135mm en six tourelles doubles (deux avant, deux latérales et deux arrières) accompagnés de six canons de 65mm en affûts simples, de douze canons de 37mm et de seize canons de 20mm. Initialement il était prévu l’embarquement de tubes lance-torpilles mais on y a renoncé pour des raisons de poids.

Outre l’armement ces deux navires embarquent des radars qui seront sans cesse améliorés mais resteront globalement inférieurs à ceux de l’ennemi ou de leur allié allemand ainsi que d’importants moyens de communication.

En effet ces deux navires baptisés Etna et Vesuvio étaient censés assurer le commandement de la chasse et coordonner la défense du groupe de combat organisé autour du porte-avions qu’il s’agisse de l’Italia ou du Don Juan de Austria.

Ce ne sera pas le cas. Non seulement les italiens n’imiteront pas les alliés en créant un équivalent transalpin du FDO (Figther Director Officer _officier directeur de chasse) mais en plus une querelle opposera la marine et l’armée de l’air pour savoir de quelle arme devait être issue les hommes chargés de donner l’ordre à la chasse embarquée.

Résultat l’efficacité des croiseurs légers antiaériens de la marine italienne sera sacrément réduite par rapport à leurs homologues étrangers.

Carrière opérationnelle

-L’Etna est mis sur cale aux chantiers navals Cantieri Reuniti dell Adriatico sis à Trieste le 14 mars 1944 lancé le 8 septembre 1945 et mis en service le 8 janvier 1947.

-Le Vesuvio est mis sur cale aux chantiers navals Cantieri Reuniti dell Adriatico sis à Trieste le 12 octobre 1945 lancé le 12 février 1947 et mis en service le 8 août 1948.

Stationnés à Tarente, il sont placés comme leurs protégés hors rang, suivant les mouvements des porte-avions, assurant essentiellement leur protection antiaérienne mais également la protection antisurface contre une attaque de contre-torpilleurs.

C’est l’Etna qui connait la carrière la plus courte puisqu’il est coulé le 17 mars 1950 en compagnie de son protégé le porte-avions Don Juan de Austria dans la terrible bataille du golfe de Zanthe où la marine italienne subit de lourdes pertes (un cuirassé coulé plus un autre très endommagé, un porte-avions, des unités de moindre importance).

Les deux navires sont parvenus à repousser plusieurs attaques aériennes ennemies mais les équipages sont épuisés, le niveau des munitions critique.

Aussi quand des contre-torpilleurs français et des destroyers britanniques accompagnés de croiseurs lancent une attaque en profitant de la confusion des opérations le croiseur léger antiaérien et le porte-avions sont hors d’état de s’y opposer efficacement.

Une vague de torpilles est lancée (pas moins de trente six projectiles) pour saturer les défenses adverses avant que les canons de 120, de 130, de 152 et de 203mm ouvrent le feu sur l’Etna et le Don Juan de Austria.

Le croiseur léger antiaérien encaisse ainsi trois torpilles, huit obus de 203mm, quatre de 152mm et un nombre indéterminé d’obus de 120 et de 130mm.

Comme dira l’officier directeur de tir du croiseur léger Emile Bertin «C’était comme tirer des rats dans un tonneau». Le navire italien s’incline sur babord, chavire et coule rapidement ne laissant qu’une poignée de survivants.

Le Vesuvio suit donc l’Italia dans ces mouvements. Quand le premier porte-avions italien est immobilisé pour réparations, le croiseur léger opère comme un croiseur normal, assurant l’escorte et la couverture de convois.

Relativement peu endommagé durant le conflit, il semble chanceux mais cette chance tourne le 5 janvier 1953 quand un sous-marin britannique place trois torpilles qui envoie le croiseur léger rejoindre Neptune.

L’identité du sous-marin est incertaine, le submersible en question ayant été détruit peu après par un hydravion italien. Encore aujourd’hui on se querelle entre français et britanniques pour savoir qui à torpillé le croiseur léger antiaérien.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 5200 tonnes pleine charge 8250 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 153.8m largeur 19.80m tirant d’eau 7.80m

Propulsion : deux groupes de turbines Belluzo alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 70000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 7500 miles nautiques à 18 nœuds

Protection : ceinture 75mm pont blindé 45mm bloc-passerelle 120mm tourelles de 135mm 40mm

Armement: douze canons de 135mm polyvalents en six tourelles doubles (deux avant «A» et «B», deux latérales «P» et «S» et deux arrières «X» et «Y»), six canons de 65mm en affûts simples installés au milieu du navire, de douze canons de 37mm et de seize canons de 20mm en affûts doubles.

Equipage : 450 officiers et marins

Croiseurs légers classe Adriatico

Avant-Propos

Alors que la construction des Capitani Romani et des deux Etna était lancée, la marine italienne commença à planifier le renouvellement de sa flotte de croiseurs dont les plus anciennes unités avaient déjà dix ans de carrière derrière elles.

Devant affronter principalement les De Grasse français ces navires devaient être bien protégés, bien armés et rapides. Comme le temps pressait, la Regia Marina s’interdit les aventures techniques et technologiques au profit de solutions fiables et éprouvées.

CL Giuseppe Garibaldi schéma

Les Adriatico sont une évolution directe du Giuseppe Garibaldi

Les ingénieurs du Génie Naval partirent donc des derniers Condotierri, augmentèrent la protection, la puissance propulsive et étudièrent l’armement le plus efficace possible.

Un temps on envisagea l’embarquement de douze canons de 152mm en quatre tourelles triples mais on préféra embarquer seulement neuf canons en trois tourelles triples, l’armement secondaire étant composé de seize canons de 100mm en huit affûts doubles, d’une importante batterie lance-torpilles avec neuf tubes lance-torpilles en trois plate-formes triples.

Ces croiseurs légers disposaient également d’une capacité de mouillage de mines, d’une catapulte et de deux hydravions.

Quatre navires sont commandés, navires baptisés de mers bordant l’Italie à savoir Adriatico Mediteraneo Tireno et Iono soit la mer Adriatique, la mer Méditerranée, la mer Tyrrhénienne et la mer Ionienne. En septembre 1948 cependant seuls les deux premiers sont en service, les deux derniers étant en achèvement à flot.

Il semble que la construction de quatre autres unités à été envisagée mais n’à débouché ni sur une commande ni a fortiori sur une mise sur cale.

Carrière opérationnelle

Dates clés

-L’Adriatico est mis sur cale à l’Arsenal de La Spezia le 14 mars 1944 lancé le 8 novembre 1945 et mis en service le 14 mars 1947

-Le Mediteraneo est mis sur cale aux chantiers navals Cantieri Reuniti Tirreno (CNT) de Palerme le 19 juin 1944 lancé le 17 février 1946 et mis en service le 8 décembre 1947.

-Le Tireno est mis sur cale à l’Arsenal de La Spezia le 12 décembre 1945 lancé 8 septembre 1947 et toujours en achèvement à flot un an plus tard. Il est finalement mis en service le 15 mars 1949.

-Le Iono est mis sur cale aux chantiers navals Cantieri Reuniti Tirreno (CNT) de Palerme le 8 mai 1946 lancé le 4 décembre 1947 et toujours en achèvement à flot en septembre 1948. Le dernier né des croiseurs légers italiens est finalement mis en service le 8 juin 1949.

Initialement il était prévu de créer une 9a Divisione Incrociatori Leggeri mais au final ce ne fût pas le cas, les croiseurs étant conservés hors rang au sein de la 2ème escadre de Tarente où les quatre croiseurs sont stationnés.

Carrière opérationnelle

Le Mediterraneo participe à la défense de la Sardaigne attaquée par les français lors de l’opération SCIPION, une bombe détruit la catapulte et l’hydravion installé dessus mais au final les dégâts sont limités.

Si il échappe de peu aux torpilles d’un sous-marin ennemi lors du volet maltais de l’opération MERKUR, le Mediteraneo à moins de chance quelques moins plus tard l’opération BAYARD, la conquête franco-britannique de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI), la future Libye.

Le 16 août 1949, une escadre française (cuirassé Jean Bart croiseur lourd Charles Martel croiseur léger Jean de Vienne, contre-torpilleurs Mogador Volta Hoche) bombarde Benghazi, le port et la ville sont sévèrement endommagés par huit canons de 380mm, neuf canons de 203mm, neuf canons de 152mm et vingt-quatre canons de 130mm.

Le lendemain ce groupe occasionnel rencontre un groupe occasionnel italien composé du croiseur lourd Fiume, du croiseur léger Mediterraneo et de quatre contre-torpilleurs, groupe qui venait de bombarder des positions britanniques à l’est de Benghazi.

Si le Fiume est coulé en compagnie d’un contre-torpilleur, le Mediterraneo est légèrement endommagé, pas suffisamment pour empêcher le croiseur de se replier mais deux jours plus tard, il est surpris par l’aviation ennemie qui l’envoi par le fond, deux torpilles et six bombes étant à l’origine du naufrage.

Le Tireno après avoir combattu au large de la Sardaigne en octobre 1948 puis au printemps 1949, est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Endommagé plus sérieusement à l’été lors de l’opération BAYARD, il est réparé avant de retrouver les eaux tumultueuses de la Méditerranée.

Le 9 mars 1952 les alliés décident de s’emparer des îles de Lampedusa et de Pantelleria, c’est l’opération ACOLADE.

Le croiseur léger Tireno tente de surprendre la force navale et perturber le débarquement amphibie mais la riposte des alliés est musclée.

Touché par trois torpilles et huit obus de 152mm, le croiseur léger agonise, se trainant à 8 puis à 3 nœuds avant de sombrer emportant la majorité de son équipage.

Le Iono est coulé en avril 1953. Ayant rallié le gouvernement co-belligérant, il opère en Adriatique pour mener des opérations le long des côtes italiennes.

Le 18 avril 1953 alors qu’il venait de bombarder des objectifs ennemis du côté de Ravenne, le Iono tombe dans une embuscade de vedettes lance-torpilles.

Le croiseur léger se bat comme un beau diable succombe après avoir encaissé deux torpilles. Le commandant du navire qui fait partie des survivants (la première explosion l’à projeté dans l’Adriatique) à l’amère consolation de savoir que le lendemain des chasseurs-bombardiers North American P-51 Mustang pilotés par des pilotes italiens ont détruit à la roquettes les vedettes responsables.

L’Adriatico survit donc au conflit. Ralliant le gouvernement co-belligérant en mars 1953, il opère en Adriatique, étant le navire-amiral de la (petite) marine co-belligérante.

Le conflit terminé, Rome obtient de le conserver comme navire opérationnel. Transformé en croiseur lance-missiles en 1960, il va rester en service jusqu’en 1975 date de son désarmement. Il est depuis préservé comme musée à La Spezia où en 2018 il accueille toujours le public.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 9750 tonnes pleine charge 12150 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 190m longueur entre perpendiculaires 174.8m largeur 19.80m tirant d’eau 7m

Propulsion : deux groupes de turbines Belluzo alimentées en vapeur par six chaudières Ansaldo développant 110000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 32 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 15 nœuds

Protection : ceinture 150mm pont blindé 80mm bloc-passerelle 150mm tourelles 150mm

Tourelles triple de 152mm CL Duca degli Abruzzi 2.jpg

Tourelles triples avant du Luigi di Savoia Duca degli Abruzzi à élévation maximale (?)

Armement : neuf canons de 152mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), seize canons de 100mm en huit affûts doubles installés latéralement, douze canons de 37mm et seize canons de 20mm en affûts doubles, neuf tubes lance-torpilles de 533mm en trois plate-formes triples (une axiale et deux latérales)

Aviation : une catapulte installée à la poupe avec deux hydravions. Un hangar est installé derrière la cheminée n°1

Equipage : 570 officiers et marins

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