Italie (28) Croiseurs légers (2)

Croiseurs-éclaireurs classe Capitani Romani

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Le Pompeo Magno

Avant-propos

C’est en 1935/36 que les ingénieurs du génie naval italien commencent à travailler sur un projet d’éclaireur océanique, désignation destinée à ne pas les confondre avec les Navigatori initialement classés comme des éclaireurs légers.

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Le Mogador à la mer

Ces navires étaient une réponse aux nouveaux contre-torpilleurs français de type Le Fantasque mais surtout aux Mogador et Volta qui étaient de véritables petits croiseurs avec leur formidable armement (8 canons de 138mm en quatre tourelles doubles).

Les italiens dessinent un petit croiseur avec des superstructures limitées, quatre tourelles doubles de 135mm installées deux par deux à l’avant et à l’arrière, un armement en torpilles important (huit tubes lance-torpilles en deux plate-formes quadruples), une capacité de mouillage de mines (130 mines).

Douze navires sont commandés, des navires mis en service entre 1942 et 1947, douze navires qui portent les noms de grands capitaines romains et même d’empereurs, douze navires qui vont former quatre divisione incrociatori esploratori (divisions de croiseurs-éclaireurs) avec trois unités à chaque fois.

Ces divisions sont numérotées 1/3/5/6 occupant ainsi les numéros manquants des divisione de incrociatori leggeri. Les 1ère et 6ème division sont stationnées à La Spezia, les 3ème et 5ème étant stationnées à Tarente.

Il à été initialement envisagé d’envoyer une division en mer Rouge mais face à l’augmentation des tensions en Méditerranée, l’Italie préfère conserver le maximum de forces dans la Mare Nostrum.

Carrière opérationnelle

Les dates clés

-L’Attilio Regolo est mis sur cale aux chantiers navals OTO (Odero-Terni-Orlando) de Livourne le 28 septembre 1939 lancé le 28 août 1940 et mis en service le 14 février 1942.

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Le Giulio Germanico

-Le Giulio Germanico est mis sur cale aux chantiers navals Naval Mecanicca de Castellamare di Stabia près de Naples le 3 avril 1939 lancé le 26 juillet 1941 et mis en service le 8 juin 1942.

-Le Pompeo Magno est mis sur cale aux chantiers navals CNR (Cantieri Navali Reuniti) d’Ancone le 23 septembre 1939 lancé le 24 août 1941 et mis en service le 13 octobre 1942

-Le Scipione Africano est mis sur cale aux chantiers navals OTO de Livourne le 28 septembre 1941 lancé le 15 mai 1941 et mis en service le 22 mars 1942

-Le Caio Mario est mis sur cale aux chantiers navals OTO de Livourne le 16 septembre 1941 lancé le 24 mai 1943 et mis en service le 8 septembre 1944.

-Le Claudio Tiberio est mis sur cale aux chantiers navals OTO de Livourne le 2 octobre 1941 lancé le 4 septembre 1943 et mis en service le 1er mai 1945

-Le Claudio Druso est mis sur cale aux chantiers navals CdT (Cantieri del Tirreno) de Riva Trigoso le 4 mars 1942 lancé le 26 octobre 1943 et mis en service le 5 février 1945.

-Le Vispanio Agrippa est mis sur cale aux chantiers CdT de Riva Trigoso le 10 novembre 1943 lancé le 2 mars 1945 et mis en service le 6 juin 1946

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9 octobre 1945 : le Cornelio Silia est lancé 

-Le Cornelio Silia est mis sur cale aux chantiers navals Ansaldo de Gênes le 4 avril 1944 lancé le 9 octobre 1945 et mis en service le 2 février 1947

-Le Paolo Emilio est mis sur cale aux chantiers navals Ansaldo de Gênes le 8 juin 1944 lancé le 12 novembre 1945 et mis en service le 5 mai 1947.

-L’Ottaviano Augusto est mis sur cale aux chantiers navals CNR d’Ancone le 2 septembre 1944 lancé le 4 mars 1946 et mis en service le 12 septembre 1947

-L’Ulpio Traiano est mis sur cale aux chantiers navals CNR de Palerme le 10 octobre 1944 lancé le 6 août 1946 et mis en service le 2 décembre 1947.

Carrière opérationnelle

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, les douze croiseurs-éclaireurs type Consul sont répartis en quatre divisione incrociatori esploratori numérotées 1, 3, 5 et 6, chaque division disposant de trois unités :

-1a Divisione Incrociatori Esploratori (La Spezia) : Attilio Regolo Pompeo Magno Caio Mario

-3a Divisione Incrociatori Esploratori (Tarente) : Giulio Germanico Claudio Druso Ulpio Traiano

-5a Divisione Incrociatori Esploratori (Tarente) : Scipione Africano Claudio Tibero Vispanio Agrippa

-6a Divisione Incrociatori Esploratori (La Spezia) : Cornelio Silia Paolo Emilio Ottavanio Augusto

Ces croiseurs-éclaireurs vont subir de lourdes pertes durant le second conflit mondial puisque seulement quatre unités vont survivre au conflit.

Le Ciao Mario est torpillé par le sous-marin britannique HMS Unique alors qu’il couvrait un convoi en direction de Tobrouk, trois torpilles l’envoyant par le fond mais le sous-marin n’à pas le temps de savourer son succès puisque sévèrement grenadé il doit faire surface où un Spica l’achève avec trois obus de 100mm.

Ce n’est pas le premier Capitani Romani à succomber puisque le 12 octobre 1948 son sister-ship Claudio Tiberio à été coulé par les trois contre-torpilleurs de la 4ème DCT, les Magon Dunois et La Hire, trois navires armés de huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles et dix tubes lance-torpilles (deux plate-formes triples et deux plate-formes doubles latérales).

L’affrontement à lieu à la tombée de la nuit entre chien et loup. En dépit d’une inexpérience dans le combat de nuit, les contre-torpilleurs adoptent la bonne stratégie en lançant une salve massive de torpilles (neuf projectiles) avant d’ouvrir le feu. Le croiseur riposte endommageant assez sérieusement le Magon qui finira par sombrer après avoir encaissé une torpille…..française et six obus de 135mm du croiseur italien.

Ce dernier est foudroyé par trois torpilles et une bonne trentaine d’obus de 130mm qui ravagent les superstructures avant de provoquer une voie d’eau qui sera fatale au navire.

Quand aux torpilles lancées, une défectueuse endommagera sérieusement le Magon alors que les autres vont se perdre au loin, deux se retrouvant sur une plage de la côte Sarde où elles seront pétardées par des sapeurs français.

Le Corrnellio Silla est coulé lors de l’opération MERKUR et plus précisément le volet maltais de l’ambitieuse opération germano-italienne (MERKUR-III). Après le largage de la division parachutiste Folgore et l’aérotransport de la 83ème division d’infanterie aérotransportée, la marine italienne devait amener des renforts par voie maritime, des troupes, du matériel et des véhicules pour soutenir les troupes aéroportées durement accrochées.

Elle doit donc obtenir le contrôle des flots et des airs mais les alliés ne l’entendent pas ainsi. Une bataille aérienne à lieu au dessus de Malte et de ses approches, une bataille aérienne doublée d’un affrontement naval où le Cornellio Silla est coulé par des destroyers légers britanniques de type Hunt menés par le croiseur léger Arethusa qui ne lui laisse aucune chance, le croiseur-éclaireur encaissant au minimum quatre torpilles et une cinquantaine d’obus dont douze de six pouces et le reste de quatre pouces.

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Le Giulio Germanico à succombé aux obus de 152mm de l’Emile Bertin et aux obus de 130mm du contre-torpilleur Hoche. 

Le Giulio Germanico est coulé lors de l’opération BAYARD en août 1949 par le croiseur léger Emile Bertin et le contre-torpilleur Hoche.

Le 7 août 1949 alors qu’il venait de déposer en ASI de l’infanterie de marine et tiré contre terre le croiseur-éclaireur est surpris par le navire-amiral de la 6ème Escadre Légère et par le contre-torpilleur Hoche de la 11ème DCT. Alors que le croiseur léger pilonne le croiseur-éclaireur, le Hoche se met en position lançant six torpilles. Deux touchent le croiseur, une troisième explose à proximité aggravant les dégâts.

Les superstructures ravagées par les obus de 152 et de 130mm, le croiseur s’incline sur tribord avant de sombrer, ne laissant qu’une poignée de survivants recueillis par les navires français qui ont encaissé des obus de 135mm du croiseur léger.

L’Ottaviano Augusto succombe lors de l’opération MARIGNAN, la libération de la Corse déclenchée en août 1951, deux ans après le succès de l’opération MERKUR.

Il n’à même pas l’insigne honneur de succomber au combat puisqu’il est victime d’une mine au large d’Ajaccio alors qu’il patrouillait pour tenter d’intercepter l’Express d’Ajaccio, des embarcations rapides qui faisaient la traversée de nuit entre le continent et la Corse.

La mine explose au niveau de la tourelle III de 135mm. La voie d’eau est rapidement aggravée par un temps particulièrement difficile. L’évacuation est ordonnée ce qui limite les pertes humaines, les survivants parvenant à rallier la côte où ils rejoignent les troupes germano-italiennes pour défendre l’île sur le point de tomber aux mains des alliés.

Le Paulo Emilio est coulé lors de l’invasion de la Sicile par les alliés (opération HUSKY). Ce débarquement lancé le 15 juillet 1952 est marqué par de violents combats.

Dans la nuit du 7 au 8 août, un convoi de navires rapides tente de faire passer troupes et munitions à Palerme.

Les 1500 hommes et les munitions sont débarqués mais alors que le Paulo Emilio repart à pleine vitesse pour être à l’abri d’une attaque aérienne il est surpris par des vedettes lance-torpilles françaises. Deux sont détruites mais les deux autres parviennent à lancer quatre torpilles, deux touchant le croiseur qui est littéralement pulvérisé, disparaissant de la surface des flots.

Son sister-ship Pompeo Magno est coulé à Cagliari lors de l’opération DRAGON déclenchée le 3 août 1952. Endommagé par l’aviation le 1er août, il était parvenu à revenir à Cagliari pour subir des réparations d’urgence, la remise en état complète étant prévue à Naples.

Le 3 août, les marines alliées et l’aviation déclenchent les bombardements préliminaires sur le sud de la Sardaigne.

Une bombe incendie le croiseur qui commence à s’incliner sur tribord mais ce qui va achever c’est le bombardement naval des cuirassés et des croiseurs lourds, les obus du cuirassé Jean Bart et du croiseur lourd HMS Drake provoquant son naufrage dans le port. Le croiseur-éclaireur est relevé après guerre et démoli.

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Le Scipione Africano

Enfin le Scipione Africano est coulé le 3 mars 1953 lors d’un bombardement préparant la prise de la ville de Naples. Le croiseur qui avait vu sa proue arrachée par la torpille d’un sous-marin français avait réussi à rallier on ne sait trop comment le port de Gaète pour être réparé même si l’avancée des troupes alliés rendait ce projet bien hypothétique.

Ce projet tombe définitivement à l’eau (c’est le cas de le dire) quand le croiseur (ou ce qu’il en reste) est coulé par les chasseurs-bombardiers français et britanniques qui attaquent le navire à la roquette avant un deuxième passage à l’aide de bombes.

C’est une véritable exécution, le navire chavirant dans le port de Gaète. L’épave qui n’est pas gênante pour la navigation ne sera relevée qu’en 1958 puis démolie.

Quatre navires vont donc survivre au conflit. Les Attilio Regolo et Claudio Druso rallient dès mars 1953 la marine co-belligérante, combattant en Adriatique pour isoler le nord de l’Italie occupé par les allemands et un gouvernement à leur solde des Balkans.

Quand la Regia Marina devient la Marina Militare Italiana, les deux croiseurs sont rebaptisés San Marco i(Attilio Regolo) et San Giorgio (Claudio Druso).

Ils troquent alors leurs canons de 135mm pour des canons de 127mm (six en trois tourelles doubles), les canons de 65mm, de 37 et 20mm étant remplacés par des canons de 40mm Bofors et de 20mm Oerlikon. Les tubes lance-torpilles d’origine sont conservés jusqu’au désarmement survenu en mars 1969. Mis en réserve à La Spezia, ils sont démolis en 1974.

Les Ulpiano Traiano et Vipsanio Agrippa sont cédés à la France en 1957 comme dommage de guerre. Rebaptisés respectivement Hoche et Joubert, ces deux navires sont réarmés avec des canons français (six canons de 130mm en trois tourelles doubles, huit canons de 57mm en quatre affûts doubles, tubes lance-torpilles français).

Ils sont utilisés comme conducteurs de flottille jusqu’en 1965, le premier stationné à Brest et le second à Toulon. En septembre 1965, ils sont transformés en navires-écoles, servant depuis Brest jusqu’à leur désarmement définitif en 1975. Ils sont démolis en 1981.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 3745 tonnes pleine charge 5419 tonnes

Dimensions : longueur 142.20m largeur : 14.40m tirant d’eau 4.10m

Propulsion : deux turbines à engrenages Belluzzo (Attilio Regolo,Giulio Germanico,Scipione Africano,Caio Mario,Claudio Tiberio,Cornelia Silia Paolo Emilio) ou Parson (Pompeo Magno,Ottaviano Augusto,Ulpiano Traiano,Claudio Druso,Vispanio Agrippa) alimentées en vapeur par 4 chaudières Thornycroft (produites sous licence) dévellopant 110 000 ch (alimentées par 1400 tonnes de fuel) et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale théorique : 40 noeuds distance franchissable : 3000 miles nautiques à 25 noeuds

Protection : aucune

Armement : 8 canons de 135mm modèle 1938 en 4 tourelles doubles (deux avant et deux arrières), six puis huit canons de 65mm en affûts simples, huit canons de 20mm Breda, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples, 70 à 130 mines selon les configuration

Durant le conflit, le nombre de canons de 65mm sera réduit à quatre voir à deux remplacés par des canons de 20 et de 37mm plus efficaces.

Aviation : aucune

Equipage : 425 officiers et matelots

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Une réflexion sur “Italie (28) Croiseurs légers (2)

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