Italie (15) Regia Marina (5)

La Regia Marina dans le second conflit mondial

Avant-propos

En septembre 1948, la Regia Marina est une puissante marine qu’il ne faut pas négliger sous peine de graves déconvenues. Quasi-totalement concentrée en Méditerranée, la marine italienne doit faire face aux forces navales alliées supérieures en terme de tonnage et de capacité.

A cela s’ajoute un certain nombre de faiblesses techniques et tactiques qui n’ont pas été corrigées durant la Pax Armada soit parce qu’elles ne sont pas considérées comme importantes ou tout simplement parce que l’Italie n’en avait pas les moyens.

Marine puissante mais aux faiblesses importantes, marine d’un pays ne disposant pas d’une industrie aussi puissante que celle de ses ennemis, la Regia Marina sait qu’elle n’à que très peu de chances d’obtenir la victoire.

Comme elle sait en plus que son industrie aura beaucoup de mal à compenser les pertes, elle hésitera beaucoup à s’engager à fond au risque de ne pas profiter pleinement des opportunités favorables qui se présentent.

Ne pas oublier à ce propos que les historiens ont parfois tendance à omettre un facteur capital : ils savent des choses que les protagonistes ignoraient à l’époque.

Facile de critiquer les décisions des amiraux au milieu des gerbes d’eau depuis un bureau confortable et une montagne de livres….. .

Résultat elle va se déliter dans une guerre d’usure encore plus défavorable pour elle que pour les alliés qui peuvent s’appuyer sur des industries puissantes et surtout sur l’industrie américaine bien supérieure et surtout à l’abri des bombardements aériens et navals.

Le manque de carburant va également jouer en limitant les mouvements de la flotte, bloquant d’abord les plus grosses unités au port avant de paralyser peu à peu les unités légères, les contre-torpilleurs et les croiseurs.

Quand l’Italie bascule dans le camp allié, la marine se déchire une partie ralliant les allemands, une autre les alliés même si ces derniers ne lui confieront que des missions secondaires, se gardant bien par exemple d’accepter la proposition italienne d’envoyer les cuirassés Roma et Dante Alighieri (ex-Littorio) dans le Pacifique.

Situation globale de la marine italienne en septembre 1948

Cuirassés

BB Littorio

Le cuirassé Littorio 

En septembre 1948, le corps de bataille de la Regia Marina à fière allure et n’à rien à envier aux moyens de la Flotte de la Méditerranée française et de la Mediterranean Fleet britannique avec pas moins de dix cuirassés.

Quatre d’entre-eux sont de vieux cuirassés affichant plus de trente ans de service mais ils ont été totalement reconstruits dans les années trente. Ils peuvent tenir la dragée haute ou presque à leurs cadets qu’il s’agisse des quatre Littorio ou des deux Francesco Caracciolo.

Le corps de bataille de la marine italienne regroupe les navires suivants :

-Cuirassés Conte di Cavour et Giulio Cesare (classe Conte di Cavour) totalement reconstruits entre 1933 et 1937

-Cuirassés Andrea Doria et Caio Duilio (classe Andrea Doria) totalement reconstruits entre 1937 et 1940

-Cuirassés Littorio Vittorio Veneto Roma Impero (classe Littorio). Ces quatre navires de 40000 tonnes symbolisent la renaissance du cuirassé qui passe du statut de navire lent, bien armé et bien protégé à un navire rapide, bien protégé et bien armé. Ces navires mis en service dans les années quarante sont l’orgueil de la marine royale.

-Cuirassés Francesco Caracciolo et Marcantonio Colonna (classe Francesco Caracciolo). Ces deux cuirassés de 47500 tonnes à pleine charge sont des dérivés des Littorio. Ils remplacent les neuf canons de 381mm par neuf canons de 406mm, modifient l’artillerie secondaire, ajoute des radars, permettant à l’Italie de posséder ce qui se fait de mieux en matière de cuirassé.

Porte-avions

CV Graf Zeppelin à la mer

Le KMS Graf Zeppelin à en partie inspiré les porte-avions italiens de classe Italia

Comme nous l’avons vu plus haut, l’arrivée du porte-avions dans la marine italienne à été particulièrement longue et douloureuse. Deux porte-avions d’escadre sont commandés après l’arrivée à Toulon du Joffre, le premier vrai porte-avions français.

Inspirés librement des Graf Zeppelin, les Italia et Don Juan de Austria sont des porte-avions pouvant mettre en œuvre une quarantaine d’appareils, des chasseurs, des avions de reconnaissance, des torpilleurs et des bombardiers en piqué.

Seul le premier est en service depuis septembre 1947, le second ne le sera qu’en mars 1949 après une mise au point accélérée, sa mise en service étant initialement prévue pour l’automne.

Croiseurs lourds

CA Bolzano.jpg

Pour moi le Bolzano est le croiseur italien le plus élégant

Comme la construction des cuirassés était interdite par le traité de Washington (1922), toutes les marines se sont rabattues sur la construction de croiseurs lourds (parfois appelés dans un premier temps léger car des croiseurs cuirassés étant encore en service).

La Regia Marina ne fait pas exception à la règle, la construction de croiseurs type Washington par la marine italienne intégrant également la rivalité avec la France, chaque construction de l’un entrainant une riposte de l’autre.

Neuf croiseurs lourds sont en service en septembre 1948 :

-Quatre croiseurs de classe Zara, les Zara Pola Fiume et Gorizia, le second portant la marque de l’amiral commandant la Secunda Squadra Navale

-Le croiseur lourd Bolzano version modifié du type Trento

-Quatre croiseurs lourds classe Ragusa, les Ragusa Nissa Napoli Ravenna

Croiseurs légers

CL Alberico da Barbiano 1935

L’Alberico da Barbiano, un croiseur de classe Condottieri

Aux côtés des croiseurs lourds ou croiseurs Washington, la marine italienne aligne pas moins de trente croiseurs légers. Dernière ce nombre important ce cache une réalité moins flatteuse puisque les «croiseurs» italiens sont des navires armés de canons de 152mm mais également de canons de 135mm aux capacités limités en combat antisurface.

En septembre 1948, la Regia Marina dispose des croiseurs légers suivants :

-Quatorze croiseurs légers classe Condottieri

-Douze croiseurs légers classe Capitani Romani

-Deux croiseurs légers antiaériens classe Etna

-Deux croiseurs légers classe Adriatico (plus deux en construction/achèvement à flot)

Contre-torpilleurs

Velite (2).jpg

Le Velite, un destroyer de classe Soldati. Le Velite est un soldat léger de l’antiquité romaine comparable à un tirailleur

Tout comme leurs homologues français, les contre-torpilleurs italiens (cacciatorpidiniere) sont regroupés en escadrilles de contre-torpilleurs (squadriglia cacciatorpidiniere).

En septembre 1948, pas moins de cinquante et un contre-torpilleurs sont en service dans la marine italienne :

-Quatre contre-torpilleurs classe Navigatori

-Quatre contre-torpilleurs classe Freccia

-Quatre contre-torpilleurs classe Folgore

-Quatre contre-torpilleurs classe Maestrale

-Quatre contre-torpilleurs classe Oriani

-Dix-neuf contre-torpilleurs classe Soldati

-Douze contre-torpilleurs classe Palestro

Torpilleurs

Airone

L’Airone, un torpidiniere da scorta de classe Spica

Les torpilleurs de la marine italienne sont également regroupés en divisions appelées les squadriglia di torpidiniere. Cinquante navires sont en service en septembre 1948 :

-Quatre torpilleurs classe Orsa

-Trente torpilleurs classe Spica

-Seize torpilleurs classe Ariete

Sous-marins

Topazio.jpg

Le Topazio, un sous-marin de classe Sirena

En septembre 1939, la Regia Marina aligne un total de cent sous-marins plus seize en chantier mais durant la période de Pax Armada, trente unités sont désarmées (sept unités de classe Argonauta, huit unités de classe Sirena, quatre unités de classe Balilla, quatre unités de classe Mameli, quatre unités classe Vittore Pisani, quatre unités de classe Bandiera, deux unités classe Settembrini, quatre unités de classe Squalo et trois unités classe Archimède), donnant à la Squadra Sommergibili le visage suivant en septembre 1948 :

-Quatre sous-marins classe Sirena

-Dix sous-marins classe Perla

-Dix-sept sous-marins classe Adua

-Treize sous-marins classe Acciaio

-Un croiseur sous-marin Ettore Fieramosca

-Deux navires classe Bragadin

-Le sous-marin mouilleur de mines Piettro Micca

-Trois sous-marins mouilleur de mines classe Focca

-Trois sous-marins classe Calvi

-Deux sous-marins classe Glauco

-Deux sous-marins classe Argo

-Onze sous-marins classe Marcello

-Cinq sous-marins classe Brin

-Six sous-marins classe Marconi

-Quatre sous-marins classe Liuzzi

-Quatre sous-marins classe Cagni

-Quatre sous-marins classe Flutto

A ces quatre-vingt huit sous-marins s’ajoutent vingt-quatre sous-marins de poche répartis en trois modèles (quatre type CA, douze type CB et huit type CM).

Escorteurs et navires légers

Si les navires majeurs (cuirassés, porte-avions, croiseurs, contre-torpilleurs) dépendent des escadres, les unités légères dépendent davantage de commandements locaux destinés à la défense de secteurs précis.

Dans cette catégorie appelée «poussière navale» on trouve des escorteurs, des dragueurs de mines, des vedettes lance-torpilles….. . En septembre 1948, le panorama est le suivant :

-Canonnière coloniale Eritrea déployée comme son nom l’indique en Erythrée

-Trente-sept dragueurs de mines

-Quarante-huit vedettes lance-torpilles

Navires de soutien

Comme les marines françaises et anglaises, la marine italienne dispose de navires de soutien, de navires auxiliaires destinés à soutenir les navires de combat en leur fournissant du carburant, des munitions, des pièces détachées, de l’eau et des vivres. Ces navires assurent également l’entretien et le soutien sanitaire des équipages.

A la différence de certaines marines qui regroupaient leurs navires auxiliaires dans des groupements spécifiques (par exemple la Grande-Bretagne avec sa Royal Fleet Auxiliary [RFA]), la marine italienne à dispersé ses navires de soutien entre différentes forces opérationnelles.

En septembre 1948, la marine italienne dispose des navires auxiliaires suivants :

AV Giuseppe Miraglia 5

Le Giuseppe Miraglia, un ravitailleur d’hydravions

-Ravitailleurs d’hydravions Giuseppe Miraglia et Europa

-Ravitailleurs de sous-marins Pacinotti et Volta

-Navire de sauvetage de sous-marin Anteo

-Deux cabliers

-Deux navires hydrographiques

-Quatre remorqueurs de sauvetage

-Vingt et un grands remorqueurs

-Vingt pétroliers

-Douze cargos et caboteurs

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