Italie (4) Histoire (3)

Eveil culturel et morcellement politique : l’Italie de la Renaissance (XVème-XVIème siècle)

Avant-propos

Quand débute le quinzième siècle, le quattrocento la situation de l’Italie est noire puisque le pays à été ravagé par les guerres, les famines et la peste noire.

Peu de transalpins pouvaient imaginer à cet instant que le monde italien était à l’orée d’un éveil culturel qui allait marquer l’Europe, marquant la fin du Moyen-Age et le début d’une nouvelle ère.

La prise de Constantinople en 1453 marque les contemporains qui voit la fin d’un monde et le début d’un autre comme si le lien ténu avec l’Antiquité et l’empire romain avait définitivement rompu, un lien politique s’entend, le lien culturel qui n’avait jamais été totalement rompu (contrairement à ce que pensait une certaine doxa politico-idéologique) va être renforcé, sublimé par les humanistes.

Le quattrocento se termine même par la découverte de l’Amérique (1492), une découverte qui va bouleverser l’Italie et mettre en difficulté l’économie des états italiens, la Méditerranée n’étant plus le seul cœur battant du monde occidental.

Et pour ne rien arranger, le début des guerres d’Italie met fin à la paix de Lodi (1454), paix qui avait pour origine la volonté des différentes constructions étatiques italiennes de s’unir contre la poussée ottomane dans les Balkans.

Si cette paix n’à pas favorisé l’unité politique de la péninsule, la paix de Lodi à permis au moins d’apaiser les tensions entre états italiens qui ne vont pas tarder à redevenir les jouets de puissances extérieures.

Si l’Empire regarde davantage à l’est et au sud-est, la France et l’Espagne vont faire de la péninsule italique un véritable champ de bataille pour leurs ambitions opposées. Si la France à terminé la guerre de Cent Ans en 1453, l’Espagne n’à terminé la reconquista qu’en 1492 avec la chute de Grenade.

C’est à partir de cette date que les fameuses guerres d’Italie vont commencer, guerres qui vont montrer les limites du système «condottieral» et la nécessité de créer des armées modernes, Machiavel appelant ainsi de ses vœux une armée basée sur la conscription, une préfiguration du peuple en armes. Cette guerre va aussi permettre la diffusions des idées humanistes et de la Renaissance qui profitera également de l’invention de l’imprimerie.

L’évolution politique de l’Italie : les grandes lignes pour ne pas se perdre (parce qu’avec les détails c’est compliqué)

Dans cette partie je vais essayer de résumer l’évolution politique de l’Italie au 14ème siècle pour permettre au lecteur de ne pas être perdu au moment d’aborder les guerres d’Italie et pour éviter d’être assommé d’événements qui n’apportent pas grand chose à mon uchronie.

-Au sud, le royaume de Naples passe en 1442 des angevins aux aragonais. La dynastie fondée par Charles d’Anjou, le frère de Saint Louis, l’homme des Vêpres Siciliennes se déchire en trois branches antagonistes.

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L’épuisement des différents protagonistes favorise Alphonse V d’Aragon qui s’empare du royaume de Naples et permet la réunification du Royaume des Deux Siciles.

-Au nord le duché de Milan connait une période compliquée jusqu’au milieu du XVème siècle avec un changement dynastie, les Visconti cédant la place aux Sforza. Comme souvent cela commence par la mort prématuré du duc régnant, la minorité de trois fils et les ennemis qui en profitent pour tenter de dépecer un état affaiblit.

Ce conflit aux multiples rebondissements aboutit en 1447 à une paix précaire entre Milan et ses adversaires (Gênes, Florence, Venise) mais cette paix est remise en question par une révolte «populaire» qui aboutit à la proclamation d’une république ambrosienne.

Cette république pour se protéger fait appel à un condottiere réputé Francesco Sforza qui s’entend également avec Venise mais la Sérénissime négocie aussi avec la république ambrosienne quand la république de Saint Marc compris que le condottiere se verrait bien duc. En 1450, Francesco Sforza devient duc de Milan.

Cette situation irrite fortement Venise qui cherche de nouvelles alliances pour contrer l’arrivée de ce nouveau duc. Elle noue une alliance avec le roi des Deux Siciles, le duc de Savoie, le marquis de Montferrat et la république de Sienne.

Face à cette alliance Milan n’est pas seul puisque Sforza s’allie avec Cosme de Medicis (Florence), Bologne, Mantoue et surtout le roi de France Charles VII qui cherche à récupérer le royaume de Naples en dépit du fait que la dauphin Louis est le gendre du duc de Savoie allié au roi aragonais !

La guerre reprend en mai 1452 alors que Frederic III de Styrie, chef de la maison de Hasbourg effectue la dernière descente impériale dans la péninsule. Il ne s’agit pas renouver avec les manes des Hohenstaufen mais de se faire couronner empereur et roi d’Italie par le pape Nicolas V.

Détail qui ne trompe pas, les deux camps lui font bon accueil signe que l’empereur ne représente plus une menace qu’elle soit politique ou militaire.

Cette nouvelle guerre va cependant être de courte durée en raison de la menace ottomane. Le 29 mai 1453, les ottomans s’emparent de Constantinople. Le retentissement est immense en Occident et cette prise qui rend la menace turque encore plus prégnante pousse à l’union et à la paix.

La paix de Lodi signée le 9 avril 1454 après des négociations ardues marque la fin (provisoire ?) des ambitions vénitiennes en Italie du Nord. La Sérénissime est obligée de reconnaître Francesco Sforza comme duc de Milan, un équilibre s’installe dans le nord de la péninsule.

Cette notion d’équilibre concerne toute la péninsule avec cinq grandes puissances italiques du nord au sud, le duché de Milan, les républiques oligarchiques de Venise et de Florence, les Etats Pontificaux et le Royaume des Deux Siciles.

Les autres états italiens ne pèsent pas d’un poids significatif mais ne sont pas totalement à négliger qu’il s’agisse des duchés de Savoie et de Ferrare, des marquisats de Montferrat, de Saluces et de Mantoue ainsi que les républiques indépendantes de Sienne, de Gênes ou de Lucques.

On compte ainsi une vingtaine d’états à la fin du 15ème siècle ce qui est encore loin de l’unité mais c’est mieux qu’au début du quattrocento où on trouvait une cinquantaine d’entités territoriales.

Cet équilibre entre plusieurs états va cependant empêcher une unification comparable à l’Angleterre, l’Espagne ou la France. Aucun grand état ne devint suffisamment puissant pour s’imposer aux autres.

Il semble cependant évident que personne n’aurait laissé un des cinq gros devenir le moteur de l’unité italienne sans compter que les mentalités n’étaient pas prêtes.

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Laurent de Médicis. Son surnom du Magnifique ne vient pas de sa beauté physique mais de sa générosité

En 1469, Pierre le Gouteux fils de Cosme Medicis meurt. Il cède son pouvoir sur Florence à ses deux fils, Laurent et Julien. Si son père et son grand-père avaient exercé leur pouvoir dans l’ombre, Laurent le Magnifique n’avait pas ces pudeurs au risque de s’aliéner bien des clans et des familles.

La république de Florence était de toute façon depuis longtemps un véritable panier de crabes où les différentes familles se jalousaient et se querellaient. Cosme et Pierre exilés par les Albizzi à Venise étaient bien placés pour le savoir.

Le péril que va courir Laurent et Julien sera plus grand encore avec la célèbre conjuration des Pazzi (1478).

Le 26 avril 1478 alors que Laurent et Julien sortent du Duomo ils sont attaqués par des partisans des Pazzi. Si Julien est sauvagement assassiné, son aîné bien que blessé en réchappe en se réfugiant dans la sacristie.

La seigneurie de Florence appelle le peuple aux armes contre les conjurés qui échouent dans leur tentative de neutraliser les Médicis. La répression est impitoyable, faisant plusieurs milliers de morts.

Tout n’est cependant pas réglé puisque le pape Sixte IV et le roi de Naples Ferrante avaient massé des troupes aux frontières de la république de Florence. Laurent est excommunié et l’interdit jeté sur la cité toscane.

La guerre éclata un mois plus tard avec d’un côté Sienne, Naples et les Etats pontificaux et de l’autre Florence, Milan et le royaume de France, ce dernier apportant un soutien diplomatique. Elle fût d’abord désastreuse pour les florentins mais le talent diplomatique de Laurent le Magnifique transforma ces échecs militaires en succès politiques. La paix est signé en mars 1480.

Douze ans plus tard, le 8 avril 1492, Laurent le Magnifique meurt à seulement 43 ans, laissant une situation difficile à Florence notamment sur le plan financier.

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Statue de Jérome Savonarole à Ferrare

S’alliant à l’envahisseur sans consulter la Seigneurie, son fils Pierre le Malchanceux est chassé de la ville en 1494, laissant la place à la théocratie fanatique de Jérome Savonarole. Ce n’est qu’en 1512 que son fils le cardinal Jean reprendra possession de la ville avec le soutien des espagnols.

Comme nous l’avons vu le duché de Milan est passé en 1450 des Visconti aux Sforza. C’est un état aussi puissant que fragile et instable avec de nombreux attentats politiques. Devant l’instabilité et la fragilité de leurs positions, les différents protagonistes cherchent le soutien de puissances extérieures.

C’est ainsi qu’en 1480,Ludovico Sforza dit le More écarte la mère du jeune Gian Galeazzo et la remplace comme régent alors que son neveu qui est assassiné en 1494. «Le More» va alors faire appel à Charles VIII pour ceindre la couronne ducale alors que le fils de Louis XI à pour ambition de reconquérir le royaume de Naples.

Il ne faudrait cependant pas faire des ducs de Milan des potentats absolus. Ce sont des souverains aux pouvoirs limités en raison de l’indiscipline et de la turbulence d’une noblesse encore imprégnée de féodalisme. Cela favorise les ennemis qui encerclent le Milanais qu’il s’agisse des français, des savoyards, des vénitiens, des suisses.

-Durant la seconde moitié du 15ème siècle, Gênes poursuit son rapide déclin, conservant certes la Corse et la côte ligure mais abandonnant aux turcs ses possessions coloniales tandis que sur le plan commercial, Venise supplante son vieux rival.

A cela s’ajoute des querelles intérieures là où les classes dominantes vénitiennes s’entendent sur une politique diplomatique, militaire et commerciale commune. Lassée des querelles intérieures, Gênes préfère se donner un maître étranger.

En 1458, elle se donne à Charles VII mais chasse les français trois ans plus tard, se plaçant sous l’autorité des Sforza en 1464 en attendant la prise de la ville par Charles VIII en 1499.

Déclinant en Méditerranée et dans le domaine commerciale, l’autre sérénissime se renouvelle en développant son activité bancaire tandis que ces marins jouaient un rôle majeur dans les grandes découvertes espagnoles et portugaises. Parmi ces marins un certain Cristoforo Colombo, un marin génois appelé à un très grand avenir.

-Sur le papier les états pontificaux sont puissants : étendus, peuplés, ayant des ressources agricoles et minières non négligeables mais dans la réalité c’est différent en raison de la division locale de l’état pontifical et des rivalités entre grandes familles symbolisé par le duel entre les Orsini et les Colona. Pour contrer les grandes familles, différents papes ont recours au népotisme (de nepos neveu).

Sur le plan positif, ce système à permis de pacifier les états pontificaux mais les effets négatifs ont été dévastateurs notamment sur le plan moral.

-Le quatrocento se termine par la mort successive de Laurent le Magnifique et de Ferrance, le fils illégitime d’Alphone V (1492 et 1494 respectivement). Ces deux morts marquent la fin d’une époque, celle de l’équilibre de la paix de Lodi au profit d’une nouvelle ère, celle des guerres d’Italie.

Les guerres d’Italie et leurs conséquences

A la fin du XVème siècle, l’Italie reste toujours morcelée. Aucun état ne devient (ou ne pouvant devenir) assez puissant pour réaliser l’unité, la péninsule devient une proie pour des états mieux organisés où l’autorité suprême est moins remise en cause qu’en Italie où les monarques et autres autorités politiques devaient tenir compte d’une noblesse turbulente et de terribles luttes de faction.

Deux pays vont en profiter, la France et l’Espagne marquant le début de ce qu’on à appelé les guerres d’Italie qui vont aboutir à faire de l’Italie où zone où l’influence espagnole va rester prépondérante jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

A l’origine de cette série de conflits tout simplement un moteur éternel des guerres à savoir un pays riche économiquement et culturellement mais militairement divisé face à des pays moins riches _tout est relatif_ mais militairement capables d’imposer leurs volontés. Pendant plus de soixante ans, l’Italie va être un champ de bataille où vont s’opposer français, espagnols et leurs alliés transalpins respectifs.

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Charles VIII

Le premier conflit éclate en 1494. Charles VIII de France au pouvoir depuis 1483 rêve d’exploits héroïques et chevaleresques.

Son plan est simple sur le papier mais déjà hors du temps puisqu’il souhaite s’emparer du royaume de Naples en prétextant des droits contestables sur cette couronne (droits remontant à son ancêtre Charles d’Anjou) et en faire un tremplin pour reconquérir Constantinople prise par les turcs quarante ans plus tôt.

Ce projet est pourtant soutenu mais pour des raisons cyniques, chaque acteur de ce conflit ayant intérêt à voir une puissance armée française franchir les Alpes pour rallier Naples.

La conquête est une véritable promenade militaire avec la prise successive de Milan, de Pise _révoltée contre ses maîtres florentins_ , la chute de Pierre le Malchanceux et des Médicis au profit de la république théocratique de Savonarole (qui dirigea Florence jusqu’en avril 1498), Rome et enfin Naples en février 1495.

Cette promenade militaire se transforme en fiasco avec une occupation très impopulaire, Charles VIII commettant les mêmes erreurs que Charles d’Anjou. De plus le contexte diplomatique évolue, les alliés d’hier devenant les ennemis d’aujourd’hui. Début 1497, la défaite française est consommée.

Sans sa mort accidentelle le 7 avril 1498 à Amboise, Charles VIII serait repartit en Italie pour reconquérir le royaume de Naples. Son cousin Louis XII qui l’avait accompagné durant la première campagne marche sur ses traces. Un signe ne trompe pas : dès son avènement il se fait proclamer roi de Naples et duc de Milan.

Il attaque à la fin de l’été 1499, s’emparant de Milan et de Gênes, Ludovico Sforza duc de Milan étant capturé et détenu dans les geôles françaises jusqu’à sa mort en 1508.

En 1501, français et espagnols s’accordent sur un partage du royaume de Naples mais cet accord sera mort-né, chacun des signataires voulant la plus grosse part. Les français sont battus à Cerignole le 28 avril 1503 puis au Garigliano malgré les exploits du chevalier Bayard. Les français capitulent à Gaète en janvier 1504, la France ne conservant que le Milanais.

Des combats résiduels ont lieu entre italiens mais c’est provisoirement fini de l’intervention français, Louis XII décédant en 1515 alors que visiblement il préparait une nouvelle campagne.

Cette première phase des guerres d’Italie se termine par un véritable fiasco. Non seulement les rêves de croisade vers Constantinople et Jérusalem sont définitivement enterrés mais en plus les espagnols sont solidement installés au sud du Garigliano. Quand au Milanais, il est placé sous l’influence, le protectorat des cantons suisses.

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Gonzalve de Cordoue

Cette guerre à aussi permis à un grand capitaine de se révéler au monde, Gonzalve de Cordoue qui expérimente avec succès un système combinant l’infanterie, l’artillerie et la cavalerie. Ce n’est pas pour rien si il à été surnommé El Gran Capitan (le grand capitaine).

Louis XII n’ayant pas eu d’enfant mâle avec sa breizh (sa bretonne), la duchesse Anne de Bretagne, lui succède son cousin, François d’Angoulème qui devient François 1er.

Il n’à aucunement l’intention de renoncer aux rêves italiens de ses deux prédécesseurs. Ses ambitions sont moindres puisqu’il se contente de revendiquer le Milanais mais différentes puisqu’il rêve sérieusement à la couronne impériale et à renoncé à la reconquête du royaume de Naples.

En septembre 1515 quelques mois seulement après son avènement, François 1er prend la tête de son armée, franchit les Alpes, surprenant les suisses en passant par le col de Larche avant de les battre à la bataille de Marignan (13 et 14 septembre 1515) avec l’aide précieuse des vénitiens et d’une artillerie qui bat en brèche la réputation d’invincibilité des carrés de piquiers suisses.

Ces derniers signent une paix perpétuelle avec la France. En échange de l’annexion d’une partie du Milanais, les suisses réservent le recrutement de leurs mercenaires à la France. C’est ainsi que jusqu’en 1792, les suisses vont être le principal contingent étranger de l’armée royale.

Le reste du Milanais est annexé par la France, le pape Léon X nous cède Parme et Plaisance. Cette série de victoires s’explique par un contexte diplomatique favorable. Cela ne va pas durer avec l’ambition d’Henri VIII et l’arrivée au pouvoir de Charles Quint. Ce trio infernal va dominer l’Europe par leurs alliances, leurs conflits et leurs rivalités jusqu’à la fin des années 1540.

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François 1er

En 1521, François 1er échoue dans l’élection impériale. La même année la guerre reprend dans la péninsule italique débouchant sur le désastre de Pavie le 25 février 1525, François 1er étant fait prisonnier et contraint de signer un traité léonin qu’il s’empresse de dénoncer une fois rentré en France.

L’année suivante, la France organise la ligue de Cognac avec l’Angleterre, le pape Clément VII (un Médicis), Venise, Florence,Milan et princes italiens. La guerre reprend contre les Impériaux, une bataille indécise à lieu près de Mantoue et surtout Rome est mise à sac par des mercenaires luthériens le 5 mai 1527.

Le choc est immense dans la chrétienté. Comme Charles de Bourbon à été tué dès le début de la prise de Rome, c’est Charles Quint qui considéré comme responsable. Il aurait du être totalement discrédité mais il parvient à se réconcilier avec le pape qui le couronne roi des romains le 22 février 1530.

Entre-temps le 3 août 1529 les différents belligérants ont signé la paix de Cambrai. Charles Quint renonce à la Bourgogne de son grand-père Charles le Téméraire pendant que François 1er renonce à l’Italie, payant également deux millions d’écus en échange du retour en France des deux princes envoyés en otage à Madrid en échange de François 1er.

C’est le début d’une période de sept années de paix. La guerre reprend en 1536 avec toujours le Milanais pour pomme de discorde, François 1er accordant l’investiture à son fils Henri (futur Henri II). Ce conflit concerne assez peu l’Italie et s’achève dès 1538 par la paix d’Aigues Mortes en raison de l’inquiétude du pape à propos de l’avancée des ottomans en Méditerranée.

La guerre reprend à nouveau en 1540 quand Charles Quint donne l’investiture du Milanais à son fils Phillipe, le futur Philippe II. François 1er rompt la trêve après la mort d’envoyés français vers le sultan, envoyés français tués par des soldats impériaux. La guerre qui concerne à nouveau peu l’Italie se termine dès 1544, François 1er se sentant obligé de signer la paix alors que Paris est menacé.

Cette paix voit l’empereur conserver le Milanais, François 1er la Savoie. Ce dernier s’engage également à ne plus soutenir les princes luthériens et à combattre les turcs mais comme tous les engagements de ce type, le «roi-chevalier» n’à pas l’intention de les tenir.

En avril 1547, François 1er meurt après trente-deux années de règne. Son fils Henri II lui succède et ce dernier marié à une Médicis déteste Charles Quint et les Habsbourg depuis ses trois années de détention à Madrid en échange de François 1er.

Influencé par des exilés italiens, il s’engage en Italie en 1551. Le premier conflit ne l’oppose pas aux impériaux mais à la papauté qui est à deux doigts de déclencher une croisade contre la France mais le Roi Très Chrétien se réconcilie avec le Pape en 1552.

Entre 1552 et 1555, les français tiennent Sienne mais doivent céder face aux espagnols après une résistance héroïque. En 1556, le vice-roi de Naples, le duc d’Albe envahit les Etats Pontificaux, Henri II envoie bien le duc de Guise à la tête d’un petit corps expéditionnaire au secours du pape mais le désastre de Saint Quentin en août 1557 impose le rappel en France des troupes royales.

Le 15 janvier 1556, Charles Quint abdique cédant à Phillipe II le royaume de Naples. En février 1556 le conflit est provisoirement stoppé par la trêve de Vaucelles. La trève est brève car les français interviennent en Italie centrale et dans le royaume de Naples mais la riposte espagnole dans le nord de la France est foudroyante avec le désastre de Saint Quentin en août 1557.

La paix est signée par le traité de Cateau-Cambresis (3 avril 1559). les deux participants au conflit se restituent mutuellement leurs conquêtes mais la France perd plus que l’Espagne.

En effet la France doit renoncer à la Corse, à ses revendications sur le Milanais, à la Savoie et au Piemont ne conservant que temporairement le marquisat des Saluces ainsi que les places-fortes de Pignerol et de Turin.

En revanche l’Espagne acquiert une place prépondérante en Italie avec une implantation solide à Milan et Naples. Les Médicis peuvent revenir à Florence, la Toscane devenant un grand-duché ce qui met fin à une fiction républicaine savamment entretenue. Gênes devient un protectorat espagnol et le principal créancier de la monarchie espagnole.

Un formidable éveil culturel

Ce mouvement artistique commence à la fin du XIVème siècle quelques années après la terrible Peste Noire et va s’étend jusqu’au début du XVIème siècle. La Renaissance est implicitement italienne (Il Rinascimento) puisque le pays en est le foyer d’origine.

Cette période est une véritable transition entre le Moyen Age et l’Epoque Moderne. A noter que le terme même de renaissance est un terme historiographique datant du XIXème siècle. Le mouvement n’à pas été homogène, la «Renaissance» étant à l’origine très liée au Moyen-Age.

Cette époque est connue pour à un retour à la culture classique antique, les humanistes considérant le Moyen-Age comme un âge sombre à rejeter, une situation que les historiens modernes ont considérablement relativisé, le Moyen-Age étant vu comme une période nettement plus positive.

Ce mouvement culturel concerne surtout les couches les plus élevées de la société, la noblesse et la bourgeoise, les plus humbles étant fort peu touchés par ce mouvement.

Il est difficile de trouver le point d’origine de la renaissance mais certains historiens considèrent que c’est l’ouverture de nouvelles routes commerciales dès le XIIème siècle en direction de l’Orient qui à permis l’enrichissement des cités italiennes qui ont alors rivalisé dans la magnificence artistique, architecturale et décorative.

De multiples commandes publiques ou privées donnent du travail à un grand nombre d’artistes, favorisant l’émulation entre de multiples foyers ce qui ne peut qu’améliorer la qualité des peintures, des statues, des tapisseries…… .

Florence et Sienne sont les premières cités marquées par ce mouvement artistique suivit de Venise et des autres cités et états italiens. Rome ne tarde pas à devenir un cœur battant avec des papes mécènes.

C’est ensuite les guerres d’Italie qui au delà des terribles destructions, des épidémies et des massacres qui favorisent le diffusion en Europe de l’Ouest et du Nord les idées de la Renaissance.

Si l’ouverture de routes commerciales à posé les bases d’une Renaissance artistique et culturelle, c’est l’ouverture d’autres routes commerciales en direction des Amériques qui à mit fin à la renaissance italienne. Moins d’argent égal moins de commandes et donc moins de rayonnement artistique sans compter l’action des états protestants du nord de l’Europe.

Ce mouvement artistique est marqué par une évolution du statut de l’artiste qui passe du statut d’artisan quasi-méprisé à celui de «vedettes» que l’on s’arrache entre mécènes et qui peuvent monnayer chèrement leurs services.

Un commerce florissant autour de l’art de la Renaissance se développe. Tandis qu’aux débuts de la Renaissance, de nombreux grands artistes étaient issus de basses ou petites classes sociales, ils devinrent au fur et à mesure membres d’une classe à part entière.

Pour baliser le terrain historique, on peut suivre les historiens de l’art qui estiment que la Renaissance commence au Duecento (XIIIème siècle) ou au Trecento (XIVème siècle) par une période de Pré-Renaissance (certains la font même débuter dès le 11ème siècle en Toscane avant sa diffusion en Provence et en Italie médiane).

Elle se poursuit pleinement par la Première Renaissance au Quattrocento avant de se transformer en Haute Renaissance au début du Cinquecento (1500-1530) suivie du Maniérisme ou Renaissance tardive qui va de 1520 (mort de Raphaël) à 1580. Lui succède alors l’art baroque mais ceci est une autre histoire.

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