Japon (72) Armée de Terre (12)

Canons automoteurs

Avant-propos

Quand le front occidental se fige à l’automne 1914, personne n’imagine qu’il va falloir attendre quatre ans pour sortir des tranchées et reprendre la guerre de mouvement.

Après l’échec des offensives majeures en 1915 et 1916, les occidentaux réfléchissent sur le meilleur moyen de sortir de cet enlisement. Très rapidement, l’idée de monter une mitrailleuse et/ou un canon sur un châssis apte à se mouvoir dans le no man’s land devient la seule idée viable.

Se pose ensuite la question des appuis avec une artillerie performante mais qui va vite arriver en limite de portée pour frapper les deuxièmes et troisièmes lignes allemandes. L’utilisation de tracteurs chenillés permet certes de déplacer les pièces en terrain bouleversé mais ce n’est qu’un pis aller.

A la fin du conflit, la France installe des pièces de 194mm et de 280mm sur des chassis chenillés mais ils arrivent trop tard pour jouer un rôle majeur et montrer l’utilité de pièces automotrices.

Durant la période 1919-1939 très peu de projets de canons automoteurs sont lancés, faute de moyens et probablement à cause d’un scepticisme des artilleurs. On peut aussi imaginer que l’artillerie à pu craindre que de telles armes finissent par partir sous le contrôle de l’infanterie ou de la cavalerie.

Même la mise en place de divisions à base de chars n’entraine pas la mise en service immédiate de canons automoteurs, l’appui-feu se faisant par des pièces tractées bien incapables de suivre les chars et l’infanterie portée.

Si des pays développant précocement des «divisions à base de chars» ont tardé à mettre en service des Self Propeled Gun alors le Japon pensez-donc……. .

Le Japon va certes mettre sur pied trois divisions blindées mais va manquer de temps, de moyens financiers et industriels pour développer des canons automoteurs efficaces. Les rares modèles mis au point seront produits en petite quantité et n’apporteront qu’un maigre apport aux unités japonaises.

Comme dans beaucoup de pays, les canons automoteurs japonais vont associer un châssis de char plus ou moins déclassé avec une pièce d’artillerie déjà en service, pièce d’artillerie venant de l’armée de terre ou de la marine.

Ces canons automoteurs participeront moins à la phase de conquête qu’à la phase de défense de la sphère de coprospérité, opérant essentiellement en Chine, en Indochine et aux Philippines. Ils ne parviendront qu’à ralentir l’avance inéluctable des américains, les rares SPG japonais étant écrasés sous le feu de leurs homologues ou de l’aviation.

Les différents canons automoteurs japonais

Type 4 Ho-Ro

Type 4 Ho-Ro 2.jpg

-Le Type 4 Ho-Ro est le principal canon automoteur japonais. Apparu comme son nom l’indique en 1944, il combine le châssis du char type 97 Chi-Na et un obusier type 38 de 150mm.

Quatre prototypes sont successivement livrés entre 1944 et 1946 mais en dépit de certaines qualités et de qualités certaines, la production n’est lancée qu’en septembre 1948 à un rythme particulièrement lent puisqu’à la capitulation nippone en août 1954 seulement 120 exemplaires ont été produits, un chiffre bien insuffisant pour faire face aux besoins japonais.

Sur les 120 automoteurs sortis des usines, 96 sont équipés de type 38 et 24 du type 4 plus moderne.

Engagé au combat, il fait bonne figure même si son obusier type 38 est obsolète en terme de portée.

A la fin du conflit, quelques exemplaires sont capturés. Si les six exemplaires capturés par les nationalistes de Tchang-Kaï-Chek ne sont pas réutilisés dans la guerre civile chinoise (manque de munitions, présence de SPG plus modernes), les quatre exemplaires capturés par les américains sont réutilisés à des fins de tests.

Ces tests terminés, les type 4 Ho-To rejoignent les musées. Si trois sont exposés aux Etats-Unis, le quatrième à été cédé au musée de l’Artillerie de Draguignan.

Caractéristiques Techniques

Masse : 16.3 tonnes

Dimensions : longueur 5.52m largeur 2.33m hauteur 2.36m

Motorisation : un moteur diesel refroidit par air de 170ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 200km

Blindage : 12-25mm

Armement : un obusier de 150mm type 38 ou type 4 sous bouclier de 25mm pouvant pointer en site jusqu’à +30° et en azimut sur 3° de part et d’autre de l’axe

Equipage : six hommes

Type 1 Ho-Ni I et Ho-Ni II

Type 1 Ho-Ni II 3.jpg

Type 1 Ho-Ni II

Adopté officiellement en 1941, ce canon automoteur à connu un développement long et compliqué ce qui explique au final le faible nombre d’exemplaires produits savoir 52 type Ho-Ni I à canon de 75mm et 104 Ho-Ni II à obusier de 105mm.

Le Type 1 Ho-Ni I à été développé à la fois comme canon automoteur et comme chasseur de chars, une solution intérimaire en attendant la mise en service de chars à canon de 75mm, mise en service longue et compliquée comme nous l’avons vu.

Le Type Ho-Ni I combine le chassis et le moteur du type 97 avec un casemate abritant le canon de 75mm type 90, casemate ouvert à l’arrière et au dessus pour faciliter l’évacuation des fumées. Le canon ainsi abrité pouvait pointer sur 10° en azimut et en site de -5° à +25°.

Initialement il n’y avait pas de mitrailleuse mais après un retour d’expérience sur la vulnérabilité du véhicule aux attaques rapprochées, une mitrailleuse est embarquée. Le casemate avait une épaisseur de 25mm sur les côtés et de 20mm sur l’avant.

Après la production de 150 type 1 Ho-Ni I, l’armée impériale passa à la production du type 1 Ho-Ni II qui se différenciait par la présence d’un obusier de 105mm type 91, faisant de lui un véritable canon automoteur et non un véhicule capable d’être à la fois chasseur de chars et canon automoteur. Seulement 44 type 1 Ho-Ni II sont sortis des chaines de montage.

Un certain nombre de véhicules à été récupéré notamment par les américains, deux étant exposés dans des musées aux Etats-Unis.

Caractéristiques Techniques

Masse : 15.4 tonnes

Dimensions : longueur 5.9m largeur 2.29m hauteur 2.39m

Motorisation : un moteur diesel refroidit par air Mitsubishi de 170ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 200km

Blindage : 25-51mm

Armement : un canon de 75mm type 90 ou un obusier de 105mm type 91. Une mitrailleuse de 7.7mm était parfois embarquée

Equipage : cinq hommes

Type 3 Ho-Ni III

Type 3 Ho-Ni III 3.jpg

Le type 3 Ho-Ni III apparu en 1943 est une évolution du type 1 vu plus haut. Il se distingue de son devancier par une superstructure entièrement fermée pour améliorer la sécurité de l’équipage.

En dépit de qualités certaines, le type 3 Ho-Ni III n’à été produit qu’à une quarantaine d’exemplaires. Son utilisation au combat est attestée en Chine au cours de l’opération Boxer mais beaucoup de ces véhicules ont été préservés au Japon en vue de repousser un débarquement américain.

Voilà pourquoi une douzaine de véhicules à été récupérée par les alliés. Un est exposé en France au musée des blindés de Saumur, deux en Angleterre (un à l’entrée du champ de manœuvre de Salisbury et un second au Bovington Tank Museum), un en Australie, deux aux Etats-Unis et un au Canada. Les autres on été feraillés.

Caractéristiques Techniques

Masse : 17 tonnes

Dimensions : longueur 5.52m largeur 2.29m hauteur 2.39m

Motorisation : un moteur diesel refroidit par air de 170ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h distance franchissable 200km

Blindage : 12-25mm

Armement : un canon de 75mm type 3

Equipage : cinq hommes

Canon antiaérien automoteur type 8

Type 98 Ho-Ki 3.jpg

La création de divisions à base de chars posa immédiatement la question de leur protection vis à vis des avions. A l’époque les pièces d’artillerie antiaérienne étaient remorquées ce qui pouvait limiter leur efficacité pour suivre les chars.

Dans un premier temps on monta les canons légers sur des camions mais ces derniers étaient bien en peine de suivre les chars. La solution était d’installer des canons légers sur un châssis chenillé ce que le Japon fit dès 1948 soit dès le début du conflit.

Le canon antiaérien automoteur type 8 combine le châssis, la caisse et le moteur du char léger type 98 Ke-Ni avec un affût double de 20mm monté sous masque. Ce système aurait pu être efficace si il avait produit en grand nombre ce qui ne sera pas le cas puisqu’on estime qu’il y aurait entre 48 et 72 exemplaires.

Certains ont participé aux combats comme canon antiaérien automoteur mais également comme véhicule sol-sol où les obus de 20mm tirés par le type 98 se révèlent redoutables. Très peu d’exemplaires ont survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques

Masse : 22 tonnes

Dimensions : longueur 4.78m largeur 2.19m hauteur 2.58m

Motorisation : un moteur essence de 130ch

Performances : vitesse maximale 42 km/h distance franchissable 300km
Blindage : 6-16mm

Armement : deux canons de 20mm type 98 sous bouclier

Equipage : cinq hommes

Prototypes et petites séries

-A la fin du conflit et en vue de préparer les forces armées japonaises à l’invasion américaine, plusieurs projets d’automoteurs ont été étudiés. Parmi ceux-ci figure un canon automoteur de 120mm, combinant le châssis du type 97 Chi-Ha avec un canon de 120mm naval et un autre projet combinant le châssis du type 97 avec un obusier de 150mm. Il ne semble pas que ces projets aient débouché sur une production en série.

-Auparavant, plusieurs modèles ont été étudiés comme le Ji-Ro Sha qui combinait le châssis du char lourd type 95 avec un canon de 105mm alors que le Hi-Ro Sha combinait ce même châssis avec un canon de 150mm.

Si certaines sources mentionnent la construction d’un prototype pour chaque modèle il semble qu’en réalité le projet n’ait pas dépassé le stade de la maquette.

On trouve également un projet intéressant le Type 4 Ho-To qui combine l’utilisation du châssis du Type 95 Ha-Go avec l’obusier de 120mm type 38 (un prototype), le Type 5 Ho-Chi dont l’unique exemplaire combinait le chassis du char Type 97 Chi-Ha avec un obusier de 150mm type 96 alors que le Type 5 Ho-Ri combinait le châssis du char moyen Type 8 avec un canon de 105mm, un canon de 37mm en caisse et deux canons de 20mm antiaériens ! Un vrai porc-épic qui illustre les tentatives multiples de mise au point de canons automoteurs. Le Type 5 Ka-To était plus raisonnable avec seulement un canon de 105mm. Ces deux modèles n’ont pas dépassé le stade de la maquette d’aménagement.

Si le Japon n’à mis en service qu’un seul canon antiaérien automoteur le pays à également travaillé sur d’autres projets comme le Ta-Ha, un canon automoteur antiaérien dont le projet apparaît en 1952.

Ce projet combinait un châssis adapté du char moyen type 3 Chi-Nu avec un affût rotatif sous bouclier abritant deux canons de 40mm Bofors. Le Japon n’à pas officiellement commandé le canon suédois mais à capturé des exemplaires en Chine, le produisant en petit nombre pour compléter ces canons de conception nationale.

Cette production pirate n’est connue que par bribes, le nombre de pièces sorties est ainsi inconnu mais visiblement la production à été suffisamment importante pour qu’un projet de canon automoteur soit étudié.

Des photos d’une maquette ont été retrouvés en août 1954 mais on ignore si un prototype à été réalisé.

Canons d’assaut et chasseurs de chars

Avant-propos

Quand le char est apparu il était clairement destiné à assurer le soutien de l’infanterie, nettoyer le terrain des barbelés et des mitrailleuses.

Dans les années trente, on imagina confier au char un autre rôle à savoir la percée dans la profondeur du dispositif ennemi. L’appui de l’infanterie étant toujours d’actualité, il faut trouver un vecteur de puissance.

Si certains pays utilisaient le char pour appuyer les fantassins d’autres imaginèrent un véhicule d’appui spécifique, le canon d’assaut qui combinait un châssis chenillé avec un canon de gros calibre tirant des obus explosifs, canon installé sous casemate qui avait l’avantage de donner une silhouette basse au véhicule, de faciliter la production mais avait pour inconvénient de le rendre moins polyvalent qu’un véhicule disposant d’une tourelle.

La question de la lutte antichar se posait également. On utilisa d’abord des fusils antichars puis des canons antichars mais ces deux armes ne pouvaient pas facilement se déplacer.

De plus l’augmentation du poids des canons antichars rendait leur utilisation par l’infanterie problématique. D’où la mise au point par plusieurs pays de chasseurs de chars (tank destroyer panzerjäger) qui combinaient généralement un châssis chenillé avec une pièce lourde en casemate.

Le Japon va s’équiper à la fois de canons d’assaut et de chasseurs de chars, en petit nombre avec un impact opérationnel limité.

Les différents modèles mis au point et mis en service

Type 5 Ho-Ru

 

Produit à seulement seize exemplaires, le type 5 Ho-Ru est un chasseur de char léger combinant le châssis du char léger type 95 Ha-Go avec un canon de 47mm type 1 installé en superstructure semi-fermée.

La production de ce véhicule lancée en septembre 1945 à été rapidement interrompue, le Japon préférant développer des chasseurs de chars plus puissants pouvant détruire des chars alliés comme le Cromwell ou le Sherman.

Type 2 Ho-I

Type 2 Ho-I.jpg

Le Type 2 Cho-I est un char d’appui ou un canon d’assaut construit à vingt-quatre exemplaires. Il est adopté officiellement en 1942 mais sa production stoppe rapidement pour des raisons obscures.

Le projet à été lancé en 1937 suite à l’expérience de Mandchourie nécessitant un véhicule tirant des obus explosifs puissants pour neutraliser les fortifications.

Les ingénieurs japonais vont combiner un canon de 75mm type 99 installé en superstructure sur un châssis du type 97 Chi-Ha, véritable couteau suisse de l’armée japonais.

Si le type 2 Ho-I avait été produit en nombre suffisant, il était prévu d’intégrer une compagnie de chars d’appui au sein des régiments de char.

Les vingt-quatre exemplaires ont été envoyés en Chine puis en Indochine où ils ont subit des lourdes pertes ce qui explique pourquoi aucun véhicule n’à survécu. Tous les Ho-I conservés dans des musées sont des reconstitutions.

Caractéristiques Techniques

Masse : 16.1 tonnes

Dimensions : longueur 5.73m largeur 2.33m hauteur 2.58m

Motorisation : un moteur diesel refroidit par air Mitsubishi de 240ch

Performances : vitesse maximale 44 km/h distance franchissable 100km

Blindage : 12-50mm

Armement : un canon de 75mm type 99 une mitraileuse de 7.7mm type 97

Equipage : 5 hommes

Char-canon à canon de 120mm

Projet de char d’appui avec un canon de 120mm de la marine. Il s’agissait de reprendre la production du type 2 Ho-I mais avec un canon de 120mm à la place du canon de 75mm. Seule une maquette à été réalisée et le projet s’est arrêté là.

Type 5 Na-To

Type 5 Na-To 2.jpg

Ce chasseur de char apparu en 1945 comme véhicule expérimental combinait le chassis du char moyen type 3 Chi-Nu avec un canon de 75mm en superstructure.

On peut s’étonner de choisir le même calibre que celui du char moyen mais il semble que la possibilité d’embarquer un canon plus puissant à été étudiée mais rejetée pour des raisons techniques.

La production lancée en septembre 1948 à connu de nombreux problèmes industriels. Le cours défavorable du conflit entraîna un arrêt de la production en septembre 1952 après la sortie de 120 exemplaires qui furent engagés en Chine, en Malaisie et aux Philippines où ils se montrèrent efficaces contre les chars alliés.

Des variantes furent étudiées comme un canon antiaérien automoteur disposant d’un affût double de 25mm issu des stocks de la marine mais également un chasseur de chars lourd disposant d’un canon de 105mm.

Caractéristiques Techniques

Masse : 15 tonnes

Dimensions : longueur 5.80m largeur 2.40m hauteur 2.75m

Motorisation : un moteur diesel de 150ch

Performances : vitesse maximale 40 km/h

Blindage : 12mm

Armement : un canon de 75mm type 5 et une mitraileuse de 7.7mm type 97

Equipage : sept hommes

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