Japon (65) Armée de Terre (5)

Armes collectives de l’infanterie (1) : fusils-mitrailleurs

Avant-Propos

Quand on interroge des gens sur la première guerre mondiale, les premières images qui surgissent sont les tranchées, les barbelés, le no-man’s land balayé par le feu des mitrailleuses, les soldats tués pour des avancées de quelques mètres.

Ce terrible triangle Mitrailleuse + Tranchées + Barbelés à fait oublier qu’Hiram Maxim en créant la première mitrailleuse moderne voulait faire preuve d’humanisme en réduisant le nombre de soldats sur les champs de bataille et donc les morts.

Cette volonté peut apparaître à première vue paradoxale si on oublie que jusqu’au premier conflit mondial, les soldats mourraient davantage de maladie que des obus et des balles. Très vite, les nobles intentions d’Hiram Maxim ont été abandonnées dans les oubliettes au profit d’une utilisation nettement plus meurtrière de la mitrailleuse.

Chaque pays ou presque développa ses propres mitrailleuses, certaines directement issues de la création d’Hiram Maxim, d’autres en développant d’autres modèles. Des grands noms apparaissent alors dans ce secteur florissant qu’il s’agisse de Vickers, de Breda, de Hotchkiss, de Colt…… .

Chaque pays équipe son infanterie de ce type d’arme utile notamment en phase défensive où une mitrailleuse bien placé peut provoquer de terribles dégâts et stopper net une offensive.

Seulement voilà les mitrailleuses de l’époque qu’elles soient refroidies par eau ou par air sont lourdes et difficilement transportables par les soldats dans un terrain bouleversé comme le no-man’s land.

D’où l’idée de dévelloper une arme automatique délivrant la puissance de feu d’une mitrailleuse mais avec le poids (ou peu s’en faut) d’un fusil. Le fusil mitrailleur est né.

Si l’Allemagne développe une version FM de sa mitrailleuse standard, la plupart des pays mettent au point un fusil mitrailleur en partant de zéro comme le BAR américain ou le Chauchat français.

FM BAR M1918

Le fusil mitrailleur BAR (Browning Automatic Rifle) M1918

Et le Japon dans tout ça ? Faute d’avoir combattu massivement durant le premier conflit mondial, la Dai-Nippon Teikoku Rikkugun doit attendre l’immédiat après guerre pour s’équiper de son premier fusil mitrailleur, le Nambu type 11 (depuis 1912, l’empereur Taisho à succédé à son père l’empereur Meiji) entré en service en 1922.

Cette arme va rester en service en 1954 même si en mars 1950, cette arme à été largement remplacée dans les unités de première ligne par le Nambu type 96, de même calibre mais mieux réussis bien que son calibre de 6.5mm soit toujours assez faible.

Si le type 11 à été inspiré du fusil mitrailleur Hotchkiss modèle 1922, le type 96 est issu de fusils mitrailleurs ZB vz.26 tchèques capturés en Chine, fusil mitrailleur qui allait également servir de base au fusil mitrailleur Bren britannique.

Enfin le type 99 est identique extérieurement au type 96 mais son calibre est de 7.7mm comme la nouvelle mitrailleuse type 92, version 7.7mm de la mitrailleuse Taisho type 3, elle même issue de la Hotchkiss modèle 1914 de 8mm.

Fusil mitrailleur Nambu type 11

Type 11 LMG 5

Le premier fusil mitrailleur japonais à été mis en service en 1922. Mis au point par la firme Nambu, cette arme à l’aspect inimitable associait la forme extérieure du fusil mitrailleur modèle 1922 de la firme Hotchkiss et le fonctionnement de la Taisho type 3, une adaptation au calibre 6.5mm de la mitrailleuse Hotchkiss.

Cette arme n’est pas une immense réussite. En effet, trois tares majeures perturbent son fonctionnement qu’il s’agisse d’un calibre trop faible (6.5mm), défaut aggravé par l’utilisation d’une charge de poudre trop forte, rendant obligatoire l’utilisation de cartouches moins puissantes que celles utilisées sur le fusil Arisaka type 38 ou d’un système d’alimentation avec lubrification qui favorise les enrayages et d’un boitier qui chargé déséquilibre l’arme sur la gauche.

En dépit de ces défauts, cette arme est produite de 1922 à 1945 à raison de 36000 exemplaires avant que le type 99 ne le supplante ainsi que le type 96, un nouveau fusil mitrailleur utilisant toujours la cartouche de 6.5mm.

Cette arme va être supplantée dans les unités de première ligne à partir de 1941 notamment dans les unités combattant en Chine. Courant 1945, on considère que le type 11 à rejoint les unités de réserve et l’entrainement. Certaines armes ont aussi été utilisées en positions fixes sur différentes positions fortifiées.

Il n’existe qu’une version du type 11. Baptisée type 91, elle est destinée aux chars avec une trémie pour dix lames-chargeurs de cinq cartouches (contre six pour le type 11).

Certains type 91 disposeront de bipieds pour une utilisation à terre mais le déséquilibre avec la trémie pleine était encore accrue.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 6.5mm Longueur totale 1105mm longueur du canon 483mm Poids à vide 10.2kg Portée : nc Alimentation par lames chargeurs Cadence de tir 500 coups/minute

Fusil Mitrailleur Nambu type 96 et type 99

Type 96 LMG 4.jpg

En 1931, l’armée du Kwantung monte de toutes pièces un attentat contre le chemin de fer du Sud-Mandchourien pour forcer la main du gouvernement et envahir la Mandchourie, une province riche en fer et charbon, indispensable pour le futur effort de guerre japonais.

Si l’invasion de la Mandchourie est une promenade militaire, une guerilla chinoise protéiforme émerge, rendant l’occupation difficile pour les japonais et leurs alliés mandchous. Au cours des combats, le type 11 montre ses limites rendant obligatoire le développement d’un nouveau fusil mitrailleur.

Au cours des combats en Mandchourie, les japonais capturent quelques fusils mitrailleurs ZB vz.26 de fabrication tchèque. Ces armes sont immédiatement retournées contre leurs anciens propriétaires et sont surtout soigneusement étudiées pour permettre au général Nambu de développer un nouveau fusil mitrailleur tirant toujours des cartouches de 6.5mm.

Le développement se termine en 1936, le nouveau fusil mitrailleur adoptant donc la désignation type 96 (année 2596 du calendrier japonais).

Le fonctionnement est semblable à celui du type 11 avec une alimentation différente, des chargeurs courbes de 30 cartouches, l’arme pouvant soit tirer la cartouche standard de 6.5mm ou celle à charge réduite.

Ces cartouches sont lubrifiées lors de l’introduction dans le chargeur mais si ce système est plus protecteur que celui du type 11, le phénomène d’encrassage reste constant et l’arme (certes moins que le type 11) est sujette aux enrayages.

Il dispose d’un bipied et d’une poignée de transport ce qui est au courant sur un fusil mitrailleur mais une attache pour une baïonnette est à ma connaissance une spécificité nippone. Un système de visée grossissement X2 ou X2.5 peut également être installé.

En 1932, une nouvelle cartouche de 7.7mm est mise au point pour la mitrailleuse type 92. Sept ans plus tard, un nouveau fusil mitrailleur est mis au point.

Baptisée type 99, cette nouvelle arme est une évolution du type 96, le nouveau venu se distinguant du précédent par la présence d’un cache-flamme au canon, une béquille sous la crosse, la culasse à ouverture retardée permettant de supprimer le système de lubrification.

Cette arme va cohabiter avec le type 96 ce qui va parfois poser des problèmes de ravitaillement en munitions.

Une version pour parachutiste à été mise au point, la crosse et le canon pouvant se démonter ce qui permet de diviser l’arme en trois fardeaux (canon, carcasse, crosse). Une version pour chars de la type 96 baptisée type 97 à également été mise au point.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 6.5mm Longueurs totale 1054mm Longueur du canon 552mm Poids à vide 9.07kg Alimentation : chargeurs de trente coups Cadence de tir : 550 coups/minute

Armes collectives de l’infanterie (2) : mitrailleuses

Avant-propos

Quand les armes à feu destinées à l’infanterie sont apparues, ces armes étaient individuelles qu’il s’agisse des arquebuses ou des mousquets, des armes lourdes certes mais utilisées par un seul homme, état de fait qui se renforça avec l’invention du fusil.

Au cours du XIXème siècle furent inventées les premières mitrailleuses mais elles n’avaient pas grand chose à voir avec nos mitrailleuses modernes, les Gatling et les Reynie ressemblant davantage à des pièces d’artillerie qu’à des armes d’appui de l’infanterie.

Il faut attendre la fin du 19ème siècle (1885) pour que la mitrailleuse «moderne» soit mise au point par l’américain Hiram Maxim dont les objectifs initiaux étaient humanitaires et non guerriers.

Bien évidement cet objectif humaniste fût très vite oublié au profit de l’utilité d’augmenter la puissance de feu de l’infanterie.

C’est d’ailleurs la guerre russo-japonaise qui est considéré comme le premier conflit où la mitrailleuse à joué un rôle majeur, provoquant de lourdes pertes sans que cela n’interroge les différents états-majors européens.

Même les Guerres Balkaniques où la mitrailleuse provoqua des coupes claires dans les effectifs ne suscita guère de réactions, le réveil allait être terrible.

Le Japon va s’équiper rapidement de mitrailleuses. La première est une mitrailleuse française de la firme Hotchkiss, le modèle 1897 qui adopté sous le nom de type 38 en 1905 (38ème année du règne de l’empereur Meiji) était d’un calibre différent de sa cousine française, le 6.5mm remplaçant le 8mm.

Cette arme va évoluer sous la forme d’un type 3 mis en service en 1914 (3ème année de règne de l’empereur Taisho) puis d’une type 92 (modèle 1932), une arme qui voit l’adoption d’une nouvelle cartouche calibre 7.7mm.

A côté de ces mitrailleuses fabriquées au Japon, des armes étrangères vont être également utilisées en petit nombre qu’il s’agisse de la type 92 (copie de la mitrailleuse Lewis) ou de la type 98, copie de mitrailleuses Vickers capturées en Chine, ces armes étant utilisées sur des positions fortifiées.

Mitraileuses type 38 et type 3 de 6.5mm

Type 3 heavy machine gun 2.jpg

Mitrailleuse Taisho type 3

Quand Hiram Mixam à mis au point sa mitrailleuse, le principe de fonctionnement reposait sur le court recul du canon.

Au départ du coup le canon recule légèrement, actionne une biellette qui déverrouille la culasse, extrait et éjecte la douille vide puis comprime un ressort qui la ramène vers l’avant en accrochant une nouvelle cartouche introduite dans la chambre.

La culasse verrouillée, le coup part et le processus recommence, l’alimentation se faisant par des cartouches dans des bandes de toile, un manchon permettant le refroidissement en faisant circuler de l’eau autour du canon ce qui en théorie permet de tirer des milliers de coups.

D’autres moyens de fonctionnement sont ultérieurement mis au point comme le système dit à emprunt de gaz, invention du capitaine austro-hongrois Adolf Odlolek qui comme son nom l’indique est d’origine tchèque.

Ce principe repose sur l’utilisation d’un piston repoussé par la pression des gaz pris dans le canon,piston placé sous le canon, le fonctionnement étant ensuite identique avec verrouillage de la culasse, percution de l’amorce et départ du coup. le refroidissement de la mitrailleuse se fait par air avec des ailettes pour augmenter la surface de captation.

Ce principe est acquis par la firme française Hotchkiss qui va mettre au point une mitrailleuse de 8mm qui est adoptée en 1897 sous le nom de Hotchkiss modèle 1897.

Cette arme intéresse rapidement le Japon qui l’adopte en 1905 sous le nom de mitrailleuse type 38, le chiffre faisant référence à la 38ème année de règne de l’empereur Meiji.

Elle est identique à l’arme française, la seule différence étant le changement de calibre qui passe de 8 à 6.5mm pour permettre une communauté logistique avec la cartouche utilisée par le fusil Arisaka type 38.

Cette arme est utilisée durant la guerre russo-japonaise et le premier conflit mondial avant d’être progressivement remplacé par une version améliorée baptisée type 3 (référence à l’an 1914/15, la 3ème année du règne de l’empereur Taisho) et assez proche de la Hotchkiss modèle 1914, la principale mitrailleuse française du premier conflit mondial.

Cette arme reste longtemps en service puisque ce n’est qu’en 1932 qu’une nouvelle mitrailleuse est mise en service. Cette mitrailleuse est extérieurement très proche de ses devancières mais son calibre est différent puisqu’il utilise la nouvelle cartouche 7.7x58mm.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 6.5mm Longueur 1270mm Poids : 47.8kg Alimentation : bandes de trente cartouches Cadence de tir maximale : 400/450 coups/minute Portée maximale 4000m

Mitrailleuse type 92 de 7.7mm

Type 92 heavy machine gun 6.jpg

Comme nous l’avons vu plus haut, la cartouche de 6.5mm était une cartouche manquant de puissance d’arrêt.

Voilà pourquoi une nouvelle cartouche est dévellopée dans les années vingt, une cartouche de 7.7mm (7.7x58mm), un calibre proche des standards étrangers qu’il s’agisse du 7.5mm français, du 7.62mm américain et soviétique, du 7.7mm britannique, du 7.92mm allemand.

Pour l’anecdote le Japon est l’un des derniers à y passer, seule l’Italie y passant encore plus tardivement avec une cartouche de 7.35mm adoptée seulement en 1943 et qui n’aura pas remplacé totalement la cartouche de 6.5mm antérieure.

Tout comme la France avec sa cartouche de 7.5mm, le Japon va d’abord dévelloper une arme automatique pour utiliser sa nouvelle cartouche en l’occurrence une mitrailleuse. Extérieurement, elle est assez semblable à ces devancières type 38 et type 3 mais outre son calibre différent, la type 92 (adoptée en 1932) pouvait recevoir un cache-flamme, avait deux poignets pistolets au placement différent que ses devancières.

Ses performances étaient meilleures bien que le système de lubrification à été maintenu sur cette nouvelle mitrailleuse.

En 1941, une nouvelle cartouche de 7.7mm est développée, cartouche qui autorise la mise au point d’une version allégée de la mitrailleuse type 92.

Baptisée type 1 (année 2601 du calendrier japonais soit 1941 pour nous), elle se distingue par un nombre plus faible de disques de refroidissement qui dévoile une partie plus importante du canon et du piston. Résultat, la nouvelle mitrailleuse pèse 32kg contre 55 pour son aînée.

Cette arme également plus facile à fabriquer prend la suite de la type 92 sur les chaines de montage. Cette mitrailleuse va être produite à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires entre 1932 et 1954, le chiffre le plus souvent cité faisant état de 68000 type 92 et type 1 produites, un nombre important sur le papier mais qui n’à pas suffit à combler tous les besoins de la Dai-Nippon Teikoku Rikugun.

Cette arme à aussi été utilisée en Chine par les troupes de Tchang-Kaï-Chek, par leurs alliés et futurs adversaires communistes, par des mouvements du guerilla en Corée, au Vietnam, en Malaisie, aux Indes Néerlandaises et aux Phillipines.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 7.7mm Longueur totale 1156mm Longueur du canon 731mm, Poids de la mitrailleuse à vide 28.12kg Poids de la mitrailleuse et de son affût sans munitions 55.33kg Portée maximale : nc Alimentation : bandes métalliques rigides de 30 cartouches Cadence de tir : 450 à 500 coups/minute

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