Japon (58) OdB et Programme de guerre (1)

ORDRE DE BATAILLE ET PROGRAMME DE GUERRE

Avant-propos

Dans cette partie, je vais aborder à la fois l’organisation de la marine japonaise quand elle décide d’attaquer les Etats-Unis (mars 1950) mais également son évolution durant le conflit, les structures s’adaptant à la diminution du nombre de navires.

Il y eu aussi la création de structures ad hoc adaptées aux besoins du moment mais il n’y eut jamais de structures comme des Task Force. Plus que le concept, il n’y eut jamais de politique suivie comme les américains qui systématisèrent le concept de “groupement occasionnel” au point que certaines Task Force notamment celle des porte-avions rapides deviendront permanentes.

Je vais aussi parler des programmes de guerre. C’est à partir de 1951 et la campagne des Salomons que le Japon comprend que la guerre va durer et que les constructions navales s’adaptent.

Problème le Japon est incapable de mener une guerre longue. Même si le pays l’avait voulu, l’absence de matières premières, une industrie loin de ce qu’elle sera dans les années soixante et soixante-dix et un manque de main d’oeuvre qualifiée rendait l’objectif inatteignable.

En théorie l’acquisition des ressources des colonies européennes d’Asie du Sud Est devait permettre au Japon d’être autosuffisant et tenir tête à la puissante industrie américaine mais en pratique il aurait fallu une puissante marine marchande et surtout des moyens de protection et d’escorte.

Or le Japon par choix ou par nécessité à totalement négligé l’exploitation de sa sphère de coprospérité, son empire colonial.

Ces ressources n’allaient donc pas profiter à la machine de guerre nippone qui ne fût jamais capable de rivaliser avec son homologue américaine ou du moins de faire illusion.

Condamné à terme, le Japon se lança dans une politique jusqu’au-boutiste avec des commandes de navires toujours plus importantes alors que les chantiers étaient incapables de produire les navires déjà commandés.

De toute façon même si ces navires avaient été achevés, la marine impériale japonaise aurait été incapable de les mettre en oeuvre faute d’équipages et surtout de carburant. Avec la supériorité maritime et navale américaine, quelques navires de plus n’auraient pas changé le cours de la guerre.

Ordre de bataille de la marine impériale japonaise

Etat-Major de la marine impériale

La marine impériale japonaise est dirigée par un état-major installé à Tokyo. Cet état-major à la tête duquel se trouve un amiral est chargé à la fois de la planification et de la conduite des opérations.

Créé en 1893, il est donc chargé des fonctions opérationnelles alors que le ministère de la Marine est responsable des fonctions administratives (budget, planification des constructions navales, gestion du personnel, relations avec la Diète et le cabinet).

Cependant si dans n’importe quelle démocratie, le chef de la marine était sous l’autorité du gouvernement (et donc du premier ministre ou du président du conseil), au Japon où l’armée et la marine avaient une place primordiale, le chef d’état-major de la marine, le chef de la Nihon Kaigun dépendait directement de l’empereur.

Pour ne rien arranger, la marine japonaise se divisa en deux factions opposées, la faction de la flotte opposée au traité de Washington (1922) et la faction des traités qui préférait réduire la flotte pour préserver l’alliance anglo-japonaise.

Si la première faction dominait à l’état-major, la seconde dominait au ministère d’où de nombreuses tensions entre deux entités censées travailler ensembles. La montée du militarisme japonaise dans les années trente n’arrangea rien même si la faction de la flotte finit par triompher de la faction des traités.

Après 1937, le ministère et l’état-major devinrent membres du quartier-général impérial. Cet état-major était organisé en quatre section, la 1ère chargée des opérations, la 2ème des armes et de la mobilisation, la 3ème des renseignements et la 4ème chargée des communications.

Ministère de la marine

Ce ministère à existé de 1872 à 1954, disparaissant au moment de la capitulation japonaise. Il n’à jamais été reconstitué puisqu’en 1960 lors de la mise en place des forces d’autodéfense, toutes les forces armées japonaises ont été placées sous l’autorité d’un ministère de la Défense.

Créé en avril 1872 en même temps que le ministère de la Guerre, ces deux départements ministériels remplacent le ministère des Affaires Militaires (Hyobusho). Jusqu’en 1893, le ministère de la Marine était chargé aussi bien de l’administration que du commandement opérationnel, tache laissé à l’état-major de la marine créé en mai 1893.

Comme nous l’avons vu à propos de l’état-major, deux factions s’opposèrent, la faction du traité et la faction de la flotte. Si la première dominait au sein du ministère, la seconde dominait au sein de la marine.

Cet affrontement n’était pas qu’idéologie et discours puisqu’il y eut des assassinats de tous ceux qui étaient considérés comme des “tièdes”. A partir des années trente, inexorablement, la faction du traité va perdre peu à peu la partie au profit de la faction de la flotte qui triomphe avec la fin de ces traités.

En 1937, le ministre de la Marine et le chef d’état-major de la marine sont intégrés au quartier général impérial.

Le ministère était divisé en deux divisions, une division des opérations internes et une division des opérations externes.

La division des opérations internes est subdivisée en un bureau des affaires militaires, un bureau de mobilisation, un bureau technique, un bureau du personnel, un bureau de l’entraînement, un bureau de médecine, un bureau des chantiers navals, un bureau de la construction des navires, un bureau juridique et un bureau des comptes et de l’administration.

La division des opérations externes est divisé en un bureau naval de l’aviation, une division des sous-marins, une division des canaux et des voies navigables, un département technique naval, une division de la guerre chimique, une division des radios et radars, un bureau des transports et des équipements, une division de la construction navale, une division de la maintenance et de la réparation navale, une division des armes d’attaque spéciale, une division de réaction urgente, une division navale d’entrainement aérien, une division navale de renseignement.

Le ministère à autorité sur l’académie navale, sur l’académie de guerre navale, sur l’école navale d’administration, sur l’école navale de médecine, sur l’école navale d’ingénieurie, un tribunal naval et le tribunal naval de Tokyo.

Selon la loi, le ministre de la Marine devait être un amiral ou vice-amiral en service actif. Sa fonction première était de s’occuper des communications entre l’État-major général de la Marine impériale japonaise, la Marine impériale japonaise, le Cabinet et la diète du Japon.

Les différentes “flottes” de la marine japonaise

Flotte Combinée

Avant d’être une puissante force de combat, la Flotte Combinée est une idée plus qu’une force de combat pérenne.

Elle apparait pour la première fois le 18 juillet 1894 en associant la flotte d’attente et la flotte occidentale. Elle apparait à nouveau pour la bataille de Tsushima (27-29 mai 1905) mais il faut ensuite attendre 1924 pour que cette idée ressurgisse dans les hautes sphères de la marine impériale japonaise.

Il s’agit de regrouper les 1ère et 2ème flotte mais uniquement en temps de guerre. En 1933, la flotte combinée devient permanente regroupant les 1ère et 2ème flotte ci-dessous.

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Amiral Yamamoto

Le commandant en chef de la flotte combinée dépend directement de l’empereur ce qui le met à l’abri des menées politiques voir des menaces sur sa vie comme le constatera l’amiral Yamamoto considéré par les faucons de la Nihon Kaigun comme un modéré ce qui équivalait pour les plus fanatiques à un arrêt de mort.

La Flotte combinée quand le conflit éclate va perdre beaucoup de sa substance puisque des flottes “régionales” vont assurer le commandement des unités engagées, faute de bataille décisive qui resta à jamais une chimère, chimère à laquelle la marine impériale va longtemps s’accrocher.

Cette force de combat redoutable et redoutée va être dissoute le 7 juillet 1953. Elle n’à bien entendue jamais été reconstituée, le Japon pacifique d’après guerre voulant à tout prix rompre avec le Japon belliqueux pré-seconde guerre mondiale.

1ère flotte (Dai-Ichi Kantai)

Cette 1ère flotte à été créée le 28 décembre 1903. Ce n’est cependant que durant la guerre russo-japonaise que la 1ère flotte acquiert une existence réelle quand la flotte en alerte est subidivisée en une 2ème flotte composée de croiseurs et de destroyers et une 1ère flotte regroupant le corps de bataille. Ces deux flottes sont regroupées dans une flotte combinée pour la bataille de Tsushima.

Comme nous venons de le voir, la 1ère flotte intègre la flotte combinée à partir de 1933. Elle regroupe en théorie les cuirassés et les porte-avions mais dans la pratique cette flotte va perdre beaucoup de ses moyens, dispersés dans de nombreuses flottes régionales. La 1ère flotte est dissoute le 17 mars 1953.

2ème flotte (Dai-Ni Kantai)

Flotte créée sur le papier le 27 octobre 1903 mais son existence réelle n’apparait que durant la guerre russo-japonaise, regroupant des destroyers et des croiseurs destinés à affronter les croiseurs russes stationnés à Vladivostok.

Comme son homologue de la 1ère flotte, la 2ème flotte intègre la flotte combinée, regroupant croiseurs et destroyers. Tout en conservant un contrôle nominal, la 2ème flotte cède des unités à des flottes régionales pour des missions précises.

En théorie, les navires en réparations dépandent à nouveau de la 2ème flotte. La 2ème flotte est dissoute le 8 janvier 1954.

3ème flotte (Dai-San Kantai)

Cette flotte à connu une histoire mouvementée puisqu’elle à été créée et dissoute à plusieurs reprises. Elle est ainsi créée le 28 décembre 1903 pour regrouper des navires obsolètes inaptes aux combats en première ligne.

Durant la guerre russo-japonaise, ces navires furent utilisés pour l’entraînement et les patrouilles côtières, mission où leur déclassement ne posait pas (trop) de problèmes. Elle est dissoute le 20 décembre 1905.

Elle est réactivée le 24 décembre 1908 pour des opérations en Chine avant d’être à nouveau dissoute le 25 décembre 1915.

Elle est recréée le même jour comme flotte de Chine de Sud, flotte active jusqu’au 1er décembre 1922, la majeure partie des navires la composant étant désarmés puis démolis pour permettre au Japon de respecter les termes du traité de Washington.

Après seize ans de sommeil, la 3ème flotte est réactivée le 2 février 1938 pour faire face aux besoins de la deuxième guerre sino-japonaise. Elle est cependant dissoute le 15 novembre 1939 mais l’essentiel des structures reste en place, regroupées sous le nom de 1ère flotte expéditionnaire de Chine, force opérationnelle jusqu’en décembre 1943.

La 3ème flotte/Flotte expéditionnaire du Sud est réactivée en septembre 1944 mais son existence est éphémère puisqu’elle est à nouveau dissoute en juin 1945.

Elle est à nouveau créée en septembre 1949 en vue d’assurer l’invasion des Philippines. Cette flotte regroupe les moyens engagés dans l’invasion puis l’occupation de l’archipel.

Cette flotte va donc être opérationnelle jusqu’au 15 septembre 1953 quand elle est dissoute pour la dernière fois. Comme il reste quelques (rares) navires japonais aux Philippines, un Philippina Group est maitenu mais son existence est éphémère et dérisoire.

4ème flotte (Dai-yon Kantai)

Cette 4ème flotte est créée pour la première le 14 juin 1905 pour une mission précise à savoir la couverture et l’appui du débarquement des troupes japonaises à Sakhaline. Après avoir amené la délégation japonaise au négociations du traité de Portsmouth, elle est dissoute le 20 décembre 1905.

La 4ème flotte est recréée le 20 octobre 1937 pour les opérations de Chine. Elle opère dans le nord depuis Tsingtao. Le 15 novembre 1939 elle est absorbée par la 3ème flotte expéditionnaire de Chine.

La 4ème flotte est recréée pour la troisième fois le 7 décembre 1949 afin de participer à la conquête de l’Indochine. La conquête terminée, la 4ème flotte se déploie dans le Golfe de Thaïlande, opérant en direction de la Malaisie, des Indes Néerlandaises et de Singapour.

Les opérations majeures terminées, la 4ème flotte devient une force d’escorte et de défense, disposant d’unités légères, de destroyers et de croiseurs.

Elle va rester active jusqu’à la fin du conflit, étant dissoute le 17 juillet 1954 même si cela faisait très longtemps que la 4ème flotte ne possèdait plus beaucoup de grands navires.

5ème flotte (Dai-Go Kantai)

Créée le 1er février 1938 pour les opérations de Chine, cette 5ème flotte opère en compagnie de la 4ème sous le contrôle de la 2ème flotte expéditionnaire de Chine. Elle est dissoute le 15 novembre 1939.

Elle est réactivée une première fois du 5 septembre 1941 au 14 juin 1943 pour la sécurisation des eaux territoriales japonaises. Réactivée le 7 février 1950, elle reprend ces mêmes missions qu’elle va réaliser jusqu’à la capitulation japonaise. Elle disposait pour cela d’unités légères, de torpilleurs, de destroyers et de croiseurs. Elle est officiellement dissoute le 1er octobre 1954.

6ème flotte (Dai-roku Kantai)

Créée le 15 novembre 1940, elle est chargée de coordonner et de diriger les opérations sous-marines de la marine japonaise. Elle va rester opérationnelle jusqu’à la fin du conflit le 4 septembre 1954 même si sa dissolution officielle ne va intervenir que le 1er octobre 1954.

7ème flotte (Dai-nana Kantai)

Flotte éphémère créée le 15 avril 1954 pour assurer la défense des côtes japonaises et notamment le nord de l’archipel. Ces moyens étaient très faibles et sa capacité de combat très limitée. Elle est dissoute le 14 septembre 1954.

8ème flotte (Dai-Hachi Kantai)

Flotte créée le 7 avril 1951 pour gérer les opérations navales japonaises dans les Salomons et en Nouvelle-Guinée. Cette flotte prennait sous son commandement tous les navires engagés dans la campagne des Salomons puis dans celle de Nouvelle-Guinée (mars/septembre 1951 et juillet 1952/janvier 1953). Elle est dissoute le 17 mars 1953.

9ème flotte (Dai-Kyu Kantai)

Flotte créée le 9 novembre 1952 pour couvrir les archipels des Carolines, des Mariannes et des Marshall, assurant des missions de transport et de défense mais ces moyens étaient assez limités surtout face à l’armada américaine. Elle est dissoute le 12 décembre 1953.

10ème flotte (Dai-Jyu Homen Kantai)

Flotte créée en septembre 1953 pour couvrir la Chine et Formose. Cette flotte va être engagée contre les forces américaines de l’opération Boxer. Cette flotte est dissoute le 12 août 1954.

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