Japon (55) Aéronavale (9)

Tactiques

Généralités

Après un conflit de quasiment un an, le Japon triomphe de la Russie. Outre le choc causé en Europe et aux Etats-Unis (c’est la première fois qu’un pays blanc était battu par un pays non blanc), cette guerre fait de Tokyo le seul maître de l’Asie du Nord-Est, consolidant son influence sur la Chine et la Corée.

Débarrassée de la menace russe, le Japon se tourne vers les Etats-Unis vu comme le seul rival crédible pour le contrôle du Pacifique. Une guerre à cette époque est cependant du domaine de l’illusion : le Japon n’en à pas les moyens et une alliance anglo-nippone depuis 1902 ne peut que dissuader les américains de ferrailler avec la première puissance militaire asiatique.

Néanmoins cette situation ne peut pas durer et dès 1905, le Japon se prépare à une guerre contre les Etats-Unis, une guerre où l’élément naval doit jouer un rôle majeur.

Hanté par le concept de bataille décisive, le Japon veut par tous les moyens accroître la puissance de sa flotte. Comme le nombre de cuirassés va forcément être limité par les moyens industriels et humains (sans parler des traités), il faut trouver des moyens additionnels aux Gros.

On développe les croiseurs, les destroyers, les sous-marins mais surtout l’aviation qu’elle soit basée à terre ou embarquée.

Dans le cadre de cette nouvelle bataille de Tsushima, le Japon à l’avantage puisqu’il combat quasiment à domicile, imposant à l’US Navy un long transit vers l’ouest depuis la Californie ou les eaux hawaïennes.

Ce transit est l’occasion de fragiliser le corps de bataille américain en l’attaquant, en le fragmentant pour pouvoir réduire la supériorité numérique de l’US Navy. Outre l’engagement des sous-marins, les croiseurs, les destroyers et l’aviation embarquée sont chargés de préparer le terrain aux cuirassés.

La chasse bordel !

En 1932, l’incident de Shanghaï permet à l’aviation embarquée japonaise d’acquérir une première expérience opérationnelle. Cette expérience est à la fois instructive et décevante, beaucoup de chemin reste à faire pour permettre à l’aéronavale japonaise de tirer la quintessence de la puissance aéronavale.

Le futur amiral Yamamoto va jouer un rôle capital en améliorant tactiques, structures et entrainement, faisant passer les pilotes japonais du statut d’acrobates un peu dingue à de véritables professionnels des opérations aéronavales.

Le premier problème à résoudre est le malaise des pilotes de chasse. A la différence des pilotes de chasse européens, les pilotes de chasse japonais n’ont pas eu d’expérience opérationnelle durant le premier conflit mondial.

Ils doivent répondre à des schémas dépassés, lui imposant un rôle défensif ce qui détonne dans une marine impériale où l’offensive est portée au pinacle. A la fin des années vingt, on se penche sur les problèmes de la chasse embarquée.

A l’époque, les tactiques sont rudimentaires, limitées au combat tournoyant, peu de choses étant fait sur le vol de groupe et l’escorte des bombardiers. En réalité si en 1932 les pilotes japonais se sont imposés au dessus de Shanghai c’est que les pilotes chinois étaient encore moins bien entraînés que leurs homologues nippons.

On améliore la formation et l’entrainement via des stages à l’étranger (Grande-Bretagne) et un transfert de connaissances et de compétences depuis l’Aviation de l’Armée Impériale. Cela n’empêche pas une nouvelle crise dans les années trente.

A cette époque les bombardiers ne cessent de gagner en puissance et en vitesse, rendant de plus en plus difficile leur interception par la chasse à tel point que certains pilotes prédisent la disparition de la chasse embarquée !

D’autres ne se résignent pas et demandent des chasseurs plus puissants, plus modernes avec un entrainement plus réaliste.

590088Mitsubishi_A7M2_Reppu

Mitsubishi A7M Reppu

Cette école se divise entre deux écoles, l’école de la maniabilité et l’école de la vitesse, la première triomphant de la seconde même si avec la mise au point du A7M Reppu, la chasse japonaise se rapprochait des chasseurs occidentaux et américains plus puissants et mieux protégés.

Cela permet à la chasse de retrouver son agressivité et son esprit offensif. Les combats de la deuxième guerre sino-japonaise à partir de 1937 valident ce choix en montrant l’efficacité de la chasse japonaise qui permet au Japon d’obtenir rapidement la maitrise du ciel au dessus du territoire chinois, l’aéronavale japonaise opérant depuis les porte-avions puis rapidement depuis des bases terrestres pour couvrir l’immense territoire chinois.

Sur le plan de la tactique pure, les japonais adoptent le concept du Hit & Run (tirer et fuir), des passes à grande vitesse suivit d’une brusque fuite. Les pilotes de chasse qui opèrent en trio se connaissent parfaitement ce qui permet de trouver un compromis entre l’individualisme propre au pilote de chasse et le collectivisme propre à la société japonaise.

En théorie, dans le chutai, les ailiers volent un peu plus haut que le leader, à 30 et 50m derrière même si bien évidement ce schéma ne résiste que rarement aux circonstances du combat, mentalité japonaise ou pas.

En cas de déploiement d’un chutai complet, les deux autres shotai appliquent le même schéma interne, les shotai “arrières” volant à 20m et à 50m plus haut permettant une meilleure prise en compte de l’ennemi.

Si deux autres chutai sont déployés, ils volent au minimum à 400m derrière et à 50 à 100m plus haut que le chutai de tête pour des raisons de sûreté (éviter les collision) et de sécurité (faire face à l’ennemi).

Cependant cet entrainement poussé et cette fusion de trois appareils en un seul mouvement va vite avoir un point faible : la prévisibilité des pilotes japonais. On en revient là encore à la société japonaise qui vante la collectivité et méprise l’individualisme.

Cette situation va être aggravée par une baisse rapide de niveau des pilotes. Si les pilotes présents en mars 1950 sont très bien entraînés, formés et motivés _les plus anciens ayant fait leurs armes en Chine_ , les pilotes formés à partir du début du conflit vont se révéler nettement plus médiocres.

Si quelques mentors étaient restés disponibles, les “Marie-Louise” nippones auraient pu apprendre le métier mais le maintien des unités au front le plus longtemps possible empêchait une transmission naturelle de l’expérience.

A la fin du conflit, les jeunes pilotes de chasse nippons sont si peu formés que le haut commandement renonce à les envoyer au combat face à des pilotes américains bien entraînés, expérimentés et disposant d’avions supérieurs.

Le torpillage ou comment concilier fragilité et efficacité

Si la torpille est l’arme reine du combat naval et du combat aéronaval, ce n’est pas par lubie ou snobisme mais tout simplement pour une raison d’efficacité.

En effet au cours du 1er conflit mondial, les bombes sont de faible puissance et n’ont aucune chance de porter de coups mortels aux cuirassés et même aux croiseurs de bataille moins bien protégés.

Certes il y eut bien l’expérience du colonel Mitchell aux Etats-Unis avec le cuirassé Ostfriesland mais cette expérience est bien éloignée d’une attaque réelle avec un navire immobile, sans DCA et sans équipage pour lutter contre les voies d’eau et les avaries.

Problème, la torpille est une véritable diva, un enfin fragile et capricieux nécessitant un long entrainement et une longue formation. Pour ne rien arranger, le lancement impose un vol à très basse altitude, rectiligne pour lancer la torpille, faisant de l’avion-torpilleur une cible idéale.

Les japonais sont parfaitement conscient de ces problèmes et de leur retard. Ils font appel à l’Angleterre dont la marine fait autorité. La mission Sempill permet à l’aéronavale japonaise de progresser rapidement dans la maîtrise du torpillage aéroporté.

Résultat, au début des années trente, la marine japonaise possède une torpille aéroportée fiable et efficace à la différence d’autres aéronavales qui connaissent bien des déboires avec leurs anguilles.

Si la technique est résolue, la tactique reste à parfaire. Le Japon travaille bien sur des attaques nocturnes dès 1934 mais malgré ce changement, la phase finale du vol d’une formation d’avions-torpilleurs nécessite une approche rectiligne, à basse altitude à moins de 1000m de la cible.

La torpille type 91 impose ainsi un largage à 1200m à une altitude comprise entre 50 et 100m à une vitesse guère supérieure à 140/160 noeuds (280/320 km/h).

On pourrait envisager un largage à une distance et une altitude supérieure mais outre les problèmes techniques, cela entrerai en contradiction avec les tactiques agressives des japonaises sans compter qu’en larguant de plus loin, on pourrait laisser le temps à un navire de manœuvrer pour éviter la torpille.

Finalement les progrès techniques et une recherche tactique poussée vont permettre aux pilotes d’avions-torpilleurs de combiner efficacité tactique et sûreté (même si tout est relatif). Le groupe d’assaut approche la cible à 3000m d’altitude par l’avant de la cible, se sépare en deux groupes pour attaquer à tribord et à bâbord après une descente à faible pente pour limiter les évolutions de la cible.

Cette tactique se montre efficace mais comme pour la chasse, le bombardement, le bombardement en piqué, cette façon de faire nécessite des équipages entraînés, denrée de plus en plus rare dans les kokutai de torpillage.

Pour ne rien arranger, la chasse américaine devient de plus en plus efficace, de plus en plus meurtrière et comme la DCA des navires de l’US Navy ne cesse de gagner en puissance et en efficacité (affût semi-automatique, radar, commandement et contrôle), l’avion-torpilleur tout comme le bombardier en piqué est peu à peu condamné à disparaître.

Bombardement horizontal ou bombardement en piqué ?

Le torpillage est le meilleur moyen de détruire un navire puissamment protégé. En effet, en passant sous la ceinture blindée, l’anguille peut toucher des zones moins bien protégées.

Cela ne signifie pas pour autant que le bombardement est abandonné pour la simple et bonne raison que l’aéronavale japonaise connait une première expérience opérationnelle au dessus de la Chine où les avions d’attaque embarqués qu’ils soient bombardiers ou avion-torpilleurs réalisent des missions d’attaque au sol avec des bombes de 60 à 500kg.

Seulement si la destruction des cibles de grande taille comme une base aérienne, une usine ou une ville peut être réalisée par des bombardiers attaquant en vol horizontal, la destruction d’un navire de guerre par un bombardier attaquant horizontalement relevant de l’impossibilité ou du miracle (ce qui revient au même).

Des tests sont tout de même menés en 1937/38 avec les plus gros projectiles mais les essais sont décevants. On décide néanmoins d’améliorer l’entrainement des pilotes et d’orienter les meilleurs pilotes vers les unités de bombardement.

730428B5N2___bombe_de_800kg

Nakajima B5N2 avec une bombe de 800kg sous le fuselage

Des bombes lourdes (notamment une bombe de 800kg qui est issu d’un obus de 410mm modifié) sont mises au point permettant de frapper des cibles protégées.

Ces progrès tactiques et techniques améliorent la précision mais au final le bombardement en piqué devient le moyen le plus efficace de frapper une cible aussi réduite et mouvante qu’un navire de guerre.

A l’origine du bombardement en piqué figure les américains. En 1926, des bombardiers américains attaquent en piqué l’escadre sortant de San Diego montrant une grande efficacité. Cette tactique est également expérimentée par les Marines au Nicaragua qui confirment l’utilité de bombardiers piquant, frappant et se rétablissant en essayant d’échapper à la chasse et à la DCA.

C’est donc au début des années trente que l’aéronavale japonaise s’intéresse au bombardement en piqué après avoir entendu parler des expérimentations américaines et après la visite des usines Vought et Curtiss par une mission technique de l’Arsenal de Yokosuka.

Pourtant le développement du “bombardier spécial” (Tokushu bakugekki) prend du temps, la faute aux “événements de Chine” où peu d’objectifs nécessite la précision d’un bombardier en piqué.

Aichi D3A 21

Aichi D3A « Val »

Il faut donc en réalité attendre le début des années quarante et la mise en service du Aichi D3A Val pour que le bombardement en piqué devienne une réalité tangible de la marine impériale qui trouve dans le “Val” le moyen de réaliser de véritables attaques surprises avec une couverture de chasse, la vitesse de l’avion lui permettant de se dévoiler au dernier moment à la différence des biplans utilisés jusqu’ici.

 

La tactique s’affine jusqu’à aboutir à une doctrine cohérente. Les avions volent à 6000m, adoptant à 30 nautiques (environ 60km) de leur cible un dispositif en échelon refusé, adoptant un cap inversé à celui supposé de la cible.

A dix nautiques (environ 20km), ils descendent à 3000m. C’est à partir de 1000m que freins de piqué déployés, les Val plongent à une angle de 50° en direction de la cible, larguant à 600m d’altitude avant d’entamer la ressource, les avions s’enfuyant au ras de l’eau, en formation éclatée pour échapper à la DCA (et on suppose à la chasse adverse).

Plus tard avec de nombreux exercices et un entrainement draconien, le largage se fera à 400m d’altitude avec un piqué à 65°. Le taux de réussite minimal espéré est de 30% et un taux de perte de 40% est considéré comme acceptable.

Dans les premiers mois de la guerre, les D3A et les D4Y se montrèrent très efficace même si ils vont subir des pertes importantes. Le premier porte-avions américain coulé, le USS Yorktown l’à été par des “Val” au large des Philippines.

Avec la prolongation du conflit, les bombardiers en piqué japonais vont connaitre une baisse en terme d’efficacité, baisse liée à la fois à la perte des pilotes expérimentés mais également à cause du renforcement de la chasse et de la DCA américaine, à la fois en terme de puissance mais également en terme de technique, de technologie et de tactique (piquet-radar, officier de commandement de la chasse pour ne citer qu’eux).

Reconnaissance

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, la première mission de l’avion fût la reconnaissance et l’observation, la détection des cibles et en conséquence la conduite de tir de l’artillerie dont la portée sans cesse croissante rendait impossible la seule utilisation des télémètres et des calculateurs.

Cette mission se poursuit avec le développement massif de l’hydraviation et de l’aviation embarquée, les porte-avions embarquant des avions de reconnaissance, les cuirassés et les croiseurs _lourds et légers_ embarquent des installations développées avec une ou plusieurs catapultes, un hangar et le plus souvent deux à quatre hydravions.

Ces hydravions étaient destinés à la reconnaissance et à la conduite de tir de l’artillerie. Au cours du conflit, ces hydravions vont participer à la récupération des pilotes, aux liaisons et à la lutte anti-sous-marine.

IJN Tone 5

Croiseur lourd Tone

Le Japon est même allé plus loin que les autres grandes marines mondiales en construisant de véritables croiseurs porte-hydravions comme la classe Tone qui regroupait l’artillerie à l’avant et dégageait la plage arrière pour mettre en oeuvre de nombreux hydravions.

Les porte-avions n’étaient pas négligés, embarquant également des avions de reconnaissance même si à la différence des américains, les japonais ne poussèrent pas la réflexion jusqu’à imaginer des avions armés de bombes, effectuant des missions de reconnaissance mais capables si une cible se présente de la traiter sans attendre l’engagement du reste du groupe aérien, c’est le concept du “bombardier-éclaireur” ou Scout Bomber.

A bord des porte-avions, on trouvait ainsi des B5N et des C6N même si seul le second avait été véritablement conçu comme un avion de reconnaissance, le premier étant avant tout un avion-torpilleur.

En dépit du fait que les Koku Sentai disposaient d’avions de reconnaissance, les japonais utilisaient davantage leurs hydravions pour repérer les cibles, une façon de maximiser l’efficacité du groupe aérien en mobilisant des vagues d’assaut conséquentes.

Les avions basés à terre

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, la stratégie générale de la marine japonaise est axée sur la bataille décisive contre l’US Navy, contre la marine américaine.

Comme les cuirassés américains étaient plus nombreux, le Japon devait compenser cette infériorité numérique par une supériorité qualitative et surtout en multipliant les vecteurs de puissance pour affaiblir la marine américaine.

On trouve des sous-marins, des croiseurs et de destroyers mais également une aviation basée à terre, des bombardiers à long rayon d’action qui comme en France et en Allemagne dépendaient de la marine et non de l’armée de l’air comme en Grande-Bretagne.

C’est au début des années trente que le Japon étudie la possibilité de s’équiper de bombardiers à long rayon d’action basés à terre pouvant attaquer à la torpille des navires ennemis loin des côtes japonaises.

Comme souvent un système d’armes développé pour un rôle précis est employé dans un rôle différent. C’est ainsi que les Kokutai de bombardiers de la marine japonaise sont engagés en Chine pour des bombardements terrestres.

Ce sera leur rôle majeur jusqu’en 1943 ce qui n’empêchera pas ces unités de continuer à s’entraîner aux opérations navales à l’aide de bombes et de torpilles.

 

Mitsubishi G3M 15

 

Sur le plan tactique, les Mitsubishi G3M et G4M utilisent les mêmes tactiques que les avion-torpilleurs embarqués.

Mitsubishi G4M 25

Mitsubishi G4M

L’approche se fat entre 3000 et 9000m d’altitude selon les conditions météo. La force d’assaut se divise en deux groupes à une quinzaine de kilomètres de la cible pour attaquer dans deux directions différentes pour anticiper les manœuvres évasives de la cible.

Sur le plan de l’altitude, les avions descendent progressivement pour qu’à 1000m de la cible, la torpille puisse être larguée à une altitude comprise entre 150 et 300 pieds (45.72 à 91.44m) à une vitesse 270 km/h.

Tous les avions des Rikko ne sont pas prévus pour être armés de torpilles, certains devant attaquer à l’horizontale à l’aide de bombes pour empêcher la chasse et la défense contre-avions de se concentrer sur les torpilleurs notamment dans la face critique du largage.

Avec la mise sur pied d’unités de chasse, les bombardiers devaient être accompagnés par des chasseurs d’escorte chargés de les protéger de la chasse ennemie mais aussi de neutraliser la DCA ennemie.

Outre les attaques de jour, les bombardiers japonais s’entraînent aux attaques nocturnes, une partie de la force d’assaut devant larguer des fusées éclairantes.

Le bombardement de cibles terrestres n’est pas abandonné. Volant en ligne, les avions adoptent un dispositif triangulaire à l’approche de la cible pour améliorer la précision qui souffre de l’absence d’un viseur aussi précis que le Norden américain.

Au combat les unités de bombardier vont viser aussi bien des cibles navales que des cibles terrestres. Ils connaissent des pertes non négligeables mais ces pertes peuvent être encore compensées par l’industrie (pour les avions) et par la marine (pour les pilotes et les navigateurs).

Très vite cependant, les pertes ne peuvent plus être compensées. Oh certes les avions sortent toujours des chaines de montage mais les pilotes et les navigateurs viennent rapidement à manquer, ceux disponibles n’ayant pas le niveau des pilotes d’avant guerre.

Un véritable cercle vicieux s’enclenche où les pertes croissantes génèrent des performances toujours inférieures. Comme toute l’aviation navale japonaise, les unités de Rikko seront utilisés dans les opérations kamikazes.

Ordre de bataille de l’Aéronavale japonaise au 21 mars 1950

La Dai-Nippon Teikoku Koku-Tai (Force Aéronavale de la marine impériale japonaise) arrive en mars 1950 avec une puissance importante. Ces structures semblent lui permettre d’exploiter au maximum le potentiel de ses avions et de ses pilotes.

Atout de poids, certains pilotes ont acquis au dessus de la Chine une expérience opérationnelle que n’ont ni les pilotes américains, français, britanniques et néerlandais or on sait parfaitement qu’un exercice même ultra-réaliste ne remplace jamais l’expérience opérationnelle.

Quand les premiers avions japonais plongent sur Pearl Harbor à l’aube du 21 mars 1950, l’aviation navale japonaise est organisée de la façon suivante :

-Un état-major général dirigé par le contre-amiral Fuchida (concepteur du plan d’attaque sur Pearl Harbor).

Cet état-major est chargé du commandement opérationnel des unités de l’aéronavale japonaise mais au sein du ministère, le Kaigun Koku Hombu ou bureau de l’aviation de la marine impériale est responsable de l’administration, du développement et de l’entrainement de l’équivalent japonais de notre Aviation Navale.

-1ère flotte aérienne

Cette première flotte aérienne regroupe TOUS les groupes aériens embarqués de la marine japonaise.

Si l’aviation basée à terre va de disperser entre différentes flottes aériennes après la dissolution de la 11ème flotte aérienne, la 1ère flotte aérienne est toujours présente le 21 mars 1950 et ne sera dissoute que le 17 décembre 1953 à une époque où la Dai-Nippon Teikoku Koku-Tai est à l’agonie.

La 1ère flotte aérienne dispose le 21 mars 1950 de quatorze porte-avions répartis en divisions de porte-avions :

-1ère division : porte-avions Akagi et Kaga

-2ème division : porte-avions Soryu et Hiryu

-Les 3ème et 4ème divisions sont inactives

-5ème division : porte-avions Shokaku et Zuikaku

-6ème division : porte-avions Taiho et Hiyo

-7ème division : porte-avions Unryu et Katsuragi

-8ème division : porte-avions Junyo et Soho

-9ème division : porte-avions Kasagi et Ikoma

En mars 1950, chaque porte-avions dispose d’un groupe aérien attitré. En théorie porte-avions et groupe aériens sont liés mais dans les faits, comme les américains, les japonais découpleront porte-avions et Koku Sentai.

Le nombre d’avions est variable, dépendant du modèle du porte-avions mais au début du conflit, les différents Koku Sentai embarquent soixante à quatre-vingt appareils.

-1er groupe aérien = Akagi

Kokutai 100 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
Kokutai 200 : 24 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de douze appareils
Kokutai 300 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils

-2ème groupe aérien = Soryu

-Kokutai 101 : 18 chasseurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 201 : 24 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 301 : 12 avions-torpilleurs
-Kokutai 400 : six avions de reconnaissance

-3ème groupe aérien = Kaga

Kokutai 102 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
Kokutai 202 : 24 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de douze appareils
Kokutai 302 : 18 avions torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils

-4ème groupe aérien = Hiryu

-Kokutai 103 : 18 chasseurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 203 : 24 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 303 : 12 avions-torpilleurs
-Kokutai 402 : six avions de reconnaissance

-5ème groupe aérien = Shokaku

-Kokutai 104 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 204 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 304 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 401 : 12 avions de reconnaissance

-6ème groupe aérien = Taiho

-Kokutai 105 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 205 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 305 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 404 : 12 avions de reconnaissance

-7ème groupe aérien = Zuikaku
-Kokutai 106 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 206 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 306 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 403 : 12 avions de reconnaissance

-8ème groupe aérien = Hiyo

-Kokutai 107 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 207 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 307 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 405 : 12 avions de reconnaissance

-9ème groupe aérien = Unryu

-Kokutai 109 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 209 : 18 bombardiers en piqué en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 309 : 18 avions-torpilleurs en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 408 : 9 avions de reconnaissance

-10ème groupe aérien = Junyo

-Kokutai 108 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 208 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 308 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 406 : 12 avions de reconnaissance

-11ème groupe aérien = Katsuragi

-Kokutai 110 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 210 : 18 bombardiers en piqué en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 310 : 18 avions-torpilleurs en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 409 : 9 avions de reconnaissance

-12ème groupe aérien = Soho

-Kokutai 111 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 211 : 18 bombardiers en piqué répartis en deux Buntai de neuf appareils.
-Kokutai 311 : 18 avions-torpilleurs répartis en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 407 : 12 avions de reconnaissance

-13ème groupe aérien = Kasagi

-Kokutai 112 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 212 : 18 bombardiers en piqué en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 312 : 18 avions-torpilleurs en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 410 : 9 avions de reconnaissance

-14ème groupe aérien = Ikoma

-Kokutai 113 : 24 chasseurs répartis en deux Buntai de douze appareils
-Kokutai 213 : 18 bombardiers en piqué en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 313 : 18 avions-torpilleurs en deux Buntai de neuf appareils
-Kokutai 411 : 9 avions de reconnaissance

2ème flotte aérienne (Japon)

Cette 2ème flotte aérienne regroupe les avions de bombardement, de chasse et de reconnaissance stationnés au Japon même. Elle dispose des unités suivantes :

-Kokutai 500 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 502 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 114 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 116 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 412 : 48 avions de reconnaissance basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

3ème flotte aérienne (Chine)

Cette 3ème flotte aérienne regroupe les avions de bombardement, de chasse et de reconnaissance stationnés en Chine, d’abord sur l’ensemble du territoire chinois conquis jusqu’en 1943 (la Chine de Tchang-Kaï-Chek est réduite à un état croupion qui plus est discrédité par l’annexion du Tibet) puis concentrés dans le sud du pays à partir de l’automne 1948 pour pouvoir opérer au dessus de l’Indochine et de la mer de Chine méridionale.

-Kokutai 501 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 503 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 115 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 117 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 413 : 48 avions de reconnaissance basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

4ème flotte aérienne (Formose)

La 4ème flotte aérienne regroupe les moyens stationnés sur l’île de Formose, colonie japonaise depuis 1895. Cette flotte aérienne va opérer en mer de Chine méridionale et contre les Philippines notamment l’île de Luzon. Ces moyens sont identiques aux deux précédentes :

-Kokutai 504 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 505 : 36 bombardiers bimoteurs répartis en quatre Buntai de neuf appareils eux mêmes divisés en trois Chutai de trois appareils.

-Kokutai 118 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 119 : 48 chasseurs basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

-Kokutai 414 : 48 avions de reconnaissance basés à terre répartis en quatre Buntai de douze appareils eux mêmes divisés en quatre Chutai de trois appareils.

5ème flotte aérienne (hydravions)

Cette cinquième flotte aérienne regroupe tous les hydravions de la marine japonaise qu’il s’agisse des hydravions de reconnaissance à long rayon d’action basés à terre depuis des hydrobases, des hydravions de chasse et enfin des hydravions embarqués sur les cuirassés, croiseurs de bataille, croiseurs lourds et croiseurs légers. En mars 1950, Cette cinquième flotte aérienne dispose des unités suivantes :

Kawanishi H8K 6.jpg

Kawanishi H8K

-Kokutai 415 : flottille de reconnaissance équipée de seize H8K

-Kokutai 416 : flottille de reconnaissance équipée de seize H8K

-Kokutai 417 : flottille de reconnaissance équipée de seize H8K

-Kokutai 418 : flottille de reconnaissance équipée de trente-six H6K

-Kokutai 419 : flottille de reconnaissance équipée de trente-six H6K

-Kokutai 420 : flottille de reconnaissance équipée de trente-six H6K

-Kokutai 120 : flottille d’hydravions de chasse équipée de quarante-huit A6M2-N

-Kokutai 121 : flottille d’hydravions de chasse équipée de quarante-huit A6M2-N

-Kokutai 122 : flottille d’hydravions de chasse équipée de quarante-huit A6M2-N

-Kokutai 123 : flottille d’hydravions de chasse équipée de quarante-huit A6M2-N

-Kokutai 421 : flottille de reconnaissance embarquée (cuirassés)

-Kokutai 422 : flottille de reconnaissance embarquée (croiseurs de bataille)

-Kokutai 423 : flottille de reconnaissance embarquée (croiseurs lourds)

-Kokutai 424 : flottille de reconnaissance embarquée (croiseurs légers)

6ème flotte aérienne (transport, entrainement et servitude)

-Kokutai 600 : flottille de transport et de liaison

-Kokutai 601 : flottille d’entrainement

-Kokutai 602 : flottille de transport et de liaison

-Kokutai 603 : flottille d’entrainement

-Kokutai 604 : flottille d’entrainement

-Kokutai 605 : flottille d’entrainement

-Kokutai 606 : flottille de servitude et d’expérimentation

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s