Japon (35) Destroyers (5)

Destroyers classe Akitzuki

DD Akitzuki 17051942

Un destroyer de classe Akitzuki

Avant-propos

En 1903, les frères Wright font voler le premier avion du côté de Kitty Hawk en Caroline du Nord, faisant entrer le monda dans une nouvelle ère. Très vite l’avion et son cousin l’hydravion vont intéresser les militaires qui y voient d’abord un outil d’observation, de reconnaissance et de réglage des tirs de l’artillerie avant d’imaginer un usage nettement plus offensif, le bombardement et la chasse.

En mer c’est la même chose. Les premiers avions et les premiers hydravions sont utilisés pour l’éclairage et le réglage des tirs de l’artillerie navale dont la portée rend bientôt bien limitée les postes d’observation embarqués sur les cuirassés et les croiseurs de bataille. Rapidement l’invention de la torpille aéroportée permet aux marines d’imaginer utiliser l’avion et l’hydravion pour affaiblir l’ennemi et rétablir l’équilibre (ou établir un déséquilibre favorable).

Qui dit menace dit protection. Les premières armes antiaériennes sont embarquées sur les navires au cours du premier conflit mondial mais leurs performances sont limitées aussi limitées qu’est grand le scepticisme des amiraux vis à vis de la possibilité pour des avions de couler des grandes unités de surface à la bombe et à la torpille.

Pourtant cette menace est prise de plus en plus au sérieux, la DCA ne cesse de se renforcer pour suivre les performances des bombardiers en piqué et des avions-torpilleurs Mieux même certains pays étudient la construction de navires dont la mission quasi-exclusive est la destruction des avions ennemis.

C’est le cas de la Grande-Bretagne avec les croiseurs légers antiaériens de classe Dido, les américains avec les croiseurs légers Atlanta, les allemands avec leurs croiseurs légers de classe Dantzig ou des japonais avec leurs destroyers type Akitzuki.

Ces navires marquent une nette rupture avec la politique japonaise en matière de destroyers. Leur coque est différente mais surtout l’armement. Aux traditionnels canons de 127mm (six en trois tourelles doubles) succèdent huit canons de 100mm en quatre tourelles doubles.

A ces canons de 100mm mieux adaptés à la défense contre-avions s’ajoute des canons de 25mm en nombre conséquent. L’armement en torpilles est limité à quatre tubes en une plate-forme quadruples.

Les superstructures sont les plus compactes possible avec une cheminée unique permettant le dégagement des champs de tir au profit de l’artillerie qui bénéficie des radars, les Akitzuki sont les premiers destroyers nippon à intégrer de la conception le radar même si les radars japonais ne seront jamais aussi efficaces que ceux des alliés.

Les six premiers navires sont financés au budget 1939 suivis de dix navires supplémentaires au budget 1941, ces seize navires étant mis en service entre septembre 1941 et décembre 1944. Huit autres navires sont financés au budget 1945, étant mis en service entre juin 1947 et septembre 1949.

Ces navires sont baptisés Akitzuki Teruzuki Suzutsuki Hatsuzuki Nitzuki Wakatsuki Shimotsuki Fuyutsuki Harutsuki Yoizuki Natsuzuki Michitsuki Hanazuki Kiyotsuki Otsuki Hazuki Yamazuki Urazuki Aogumo Benigumo Harugumo Amagumo Yaegumo Fuyugumo et Yukigumo.

Douze autres unités sont financés dans le cadre du programme de guerre mais seulement huit seront mis en service (un coulé alors qu’il était à son quai d’armement, trois abandonnés sur cale). (NdA plus de détails dans la partie consacrée au programme de guerre).

Carrière opérationnelle

Les dates clés

-L’Akitzuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 14 janvier 1940 lancé le 12 novembre 1940 et mis en service le 12 septembre 1941.

-Le Teruzuki est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 12 février 1940 lancé le 4 décembre 1940 et mis en service le 8 octobre 1941.

-Le Suzutsuki est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 14 mai 1940 lancé le 2 avril 1941 et mis en service le 8 janvier 1942.

DD Hatsutsuki.jpg

Le Hatsuzuki

-Le Hatsuzuki est mis sur cale aux chantiers navals de la Uraga Dock Company le 8 juillet 1940 lancé le 14 juin 1941 et mis en service le 12 mars 1942.

-Le Nitzuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 8 juin 1940 lancé le 17 mars 1941 et mis en service le 28 décembre 1941.

-Le Wakatsuki est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 17 juillet 1940 lancé le 8 mai 1941 et mis en service le 2 mai 1942.

-Le Shimotsuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 15 mai 1941 lancé le 8 avril 1942 et mis en service le 12 janvier 1943.

-Le Fuyutsuki est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 8 avril 1941 lancé le 12 mars 1942 et mis en service le 4 décembre 1942.

-Le Harutsuki est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 5 juillet 1941 lancé le 12 juin 1942 et mis en service le 8 avril 1943.

-Le Yoizuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 2 mai 1942 lancé le 8 décembre 1942 et mis en service le 7 juillet 1943.

-Le Natsuzuki est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 17 juin 1941 lancé le 12 mars 1942 et mis en service le 14 mai 1943.

-Le Michitsuki est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 4 mai 1942 lancé le 23 avril 1943 et mis en service le 8 janvier 1944.

-Le Hanazuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 14 février 1943 lancé le 8 octobre 1943 et mis en service le 17 septembre 1944.

-Le Kiyotsuki est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 8 août 1942 lancé le 27 juillet 1943 et mis en service le 14 octobre 1944.

-Le Otsuki est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 8 mai 1942 lancé le 17 avril 1943 et mis en service le 8 mai 1944.

-Le Hazuki est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 7 mai 1943 lancé le 14 février 1944 et mis en service le 2 décembre 1944.

-Le Yamazuki est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 14 septembre 1945 lancé le 8 juillet 1946 et mis en service le 11 juin 1947.

-Le Urazuki est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 4 octobre 1945 lancé le 12 août 1946 et mis en service le 30 juin 1947.

-L’Aogumo est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 8 novembre 1945 lancé le 2 septembre 1946 et mis en service le 15 juillet 1947.

-Le Benigumo est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 12 novembre 1945 lancé le 14 septembre 1946 et mis en service le 5 août 1947.

-Le Harugumo est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 2 août 1946 lancé le 14 juin 1947 et mis en service le 1er mars 1948.

-Le Amagumo est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 5 octobre 1946 lancé le 18 août 1947 et mis en service le 9 juillet 1948.

-Le Yaegumo est mis sur cale aux chantiers navals de l’Uraga Dock Company le 14 novembre 1946 lancé le 28 septembre 1947 et mis en service le 14 septembre 1948.

-Le Yukigumo est mis sur cale à l’Arsenal de Maizuru le 30 juin 1947 lancé le 8 mai 1948 et mis en service le 21 septembre 1949.

Les Akitzuki dans la guerre

Vingt-quatre Akitzuki sont en service en mars 1950. Les pertes vont être affreusement lourdes puisqu’une seule unité, le Yukigumo va survivre. Capturée sur l’île de Cheju (Corée), le destroyer va être cédé à l’URSS comme dommage de guerre où on perd sa trace après 1964.

DD Teruzuki.jpg

Le Terutzuki à été victime d’une mine américaine au large de Rabaul le 14 juin 1952

Les autres vont être coulés par l’aviation (six), par des mines (deux), par des sous-marins (cinq), lors de combats antisurface (huit) et pour deux d’entre-eux vont être sabordés pour ne pas être capturés.

Un quart des Akitzuki vont donc être détruits par l’aviation ce qui est finalement logique au vu de leur mission.

Les six unités concernées sont l’Akitzuki et le Suzutsuki perdus lors de la campagne des Salomons, l’Harutsuki coulé lors de la tentative japonaise contre la Nouvelle Calédonie, le Michitsuki victime de l’USAAF lors de la campagne de Nouvelle-Guinée, le Otsuki coulé lors de la campagne Carolines-Mariannes ou encore le Hazuki victime des F4U Corsair de l’US Navy lors de l’opération Boxer et plus précisément le volet formosan.

Deux destroyers sont victimes des mines, le Teruzuki qui saute sur une mine le 14 juin 1952 près de Rabaul et enfin le Hatsuzuki victime de cet engin au rapport coût/efficacité inégalé au large de Yokosuka le 8 juin 1954.

Cinq Akitzuki sont coulés par les sous-marins. Le Nitzuki est coulé par un sous-marin britannique dans le Golfe de Thaïlande le 4 mai 1950, le Wakatsuki est victime du Silent Service le 8 octobre 1951 au large de Port Moresby , le Yaegumo est coulé par un sous-marin américain le 6 avril 1952 au lendemain de la bataille de la mer de Corail. L’Amagumo est coulé par un sous-marin américain en avril 1953 lors de la deuxième campagne des Philippines alors que le Yoizuki est torpillé en Mer du Japon en juillet 1954.

Huit Akizuki sont coulés lors d’affrontements antisurface qu’il s’agisse du Shimotsuki victime de destroyers américains lors de la campagne des Philippines ou du Fuyutsuki coulé par des vedettes lance-torpilles américaines lors de la campagne des Salomons.

Le Natsuzuki est coulé par des destroyers américains lors d’un affrontement nocturne en septembre 1951 alors qu’il participait à l’évacuation des troupes japonaises de Guadalcanal alors que le Kiyotsuki est victime de destroyers britanniques lors de l’opération Overlord (offensive franco-britannique en direction de la Thaïlande et de la Cochinchine en mars 1953).

Le Yamazuki est coulé par des destroyers américains lors de la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953) alors que le Urazuki est envoyé par le fond par des croiseurs et des destroyers américains engagés de la reconquête des Philippines.

Si l’Aogumo est coulé lors de l’opération Boxer, le Harugumo est coulé lors de l’opération Detachment à Iwo Jima, à chaque fois ces deux navires étaient engagés dans des missions de ravitaillement.

Repérés ils ont été attaqués par des croiseurs et des destroyers qui après avoir lancé une salve complète de torpilles ouvraient rapidement le feu, reprenant à leur compte les tactiques japonaises.

Deux navires sont sabordés pour échapper à la capture. Le Hanazuki sabordé après avoir été gravement endommagé par l’aviation américaine lors de la campagne des Salomons et enfin le Benigumo sabordé à Pusan lors de l’opération Phenix.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 2743 tonnes pleine charge 3759 tonnes

Dimensions : longueur 134.2m largeur 11.6m tirant d’eau 4.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages Kampon alimentées par trois chaudières Kampon Ro-Go développant une puissance totale de 52000ch et entraînant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable : 8300 miles nautiques à 18 noeuds

Electronique : un radar de veille aérienne type 22

Armement :

Tourelle double de 100mm Japon.jpg

Tourelle double de 100mm

-8 canons de 100mm type 98 en quatre tourelles doubles (deux avants et deux arrières).

-16 canons de 25mm type 96 en huit affûts doubles. Ce nombre à été très rapidement augmenté puisque les dernières unités en service disposaient de cinquante-quatre canons de 25mm en affûts doubles ou triples.

-3 mitrailleuses de 13.2mm type 93 en trois affûts simples rapidement débarquées

-4 tubes lance-torpilles de 610mm en une plate-forme quadruple type 92 et un total de huit torpilles.

-56 charges de profondeur type 95.

Equipage : 263 officiers et marins à la mise en service, 315 officiers et marins à la fin de la carrière.

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