Japon (39) sous-marins (4)

Sous-marins type C

Avant-propos

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les japonais considèrent le sous-marin comme un torpilleur submersible, rapide et endurant, une extension de leur corps de bataille, les sous-marins devant opérer pour amoindrir le corps de bataille ennemi et ainsi préserver un nombre réduit de cuirassés et de croiseurs de bataille.

Pour qu’un sous-marin soit efficace il doit bénéficier de capteurs, de moyens de renseignement, de moyens de commandement et de communication.

Impossible de construire un sous-marin d’une taille raisonable pouvant à la fois servir d’éclaireur, de navire de commandement et de navire d’attaque. Il faut prévoir plusieurs types de sous-marins.

Les japonais vont ainsi dévelloper à la fin des années trente trois classes de sous-marins océaniques à savoir le type B pour l’éclairage avec un hydravion et le type A destiné au commandement. Reste le sous-marin d’attaque, rôle assuré au type C.

Au total onze type C ont été construits répartis en trois sous-classes, le type C-1 (I-16/18/20/22/24), le type C-2 (I-146/147/148 ex-I-46/47/48 changement en septembre 1944) et le type C-3 (I-152/153/155 ex-I-52/53/55 changement en septembre 1944).

A noter qu’originellement, trois autres type C-3 étaient prévus, des navires immatriculés I-57 à I-59 mais leur construction à été abandonnée en mars 1940 pour des raisons budgétaires.

Carrière opérationnelle

C-1

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Le I-16

-Le I-16 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 15 septembre 1937 lancé le 28 juillet 1938 et mis en service le 20 mars 1940 à l’Arsenal de Kure.

-Le I-18 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 25 août 1937 lancé le 12 novembre 1938 et mis en service le 31 janvier 1941.

-Le I-20 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 16 novembre 1937 lancé le 25 janvier 1939 et mis en service le 26 septembre 1940.

-Le I-22 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 25 novembre 1937 lancé le 23 décembre 1938 et mis en service le 10 mars 1941.

-Le I-24 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 5 décembre 1938 lancé le 12 novembre 1939 et mis en service le 31 octobre 1941.

Sur les cinq sous-marins type C-1, quatre sont coulés. Si le I-16 est capturé à Yokosuka en août 1954 (coulé comme cible en mai 1955), le I-18 est coulé par un Consolidated PBY Catalina dans les Salomons en mai 1951, le I-20 est coulé par un sous-marin américain au large de la Nouvelle-Guinée en mars 1952, le I-22 est coulé par un destroyer américain lors de la deuxième campagne des Philippines en mai 1953 alors que le I-24 est victime d’un Consolidated Privateer au large des Mariannes en septembre 1953.

C-2

-Le I-146 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo sous le nom de I-46 le 21 novembre 1942 lancé le 3 juin 1944 et mis en service le 28 février 1945 sous le nom de I-146.

-Le I-147 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 21 novembre 1942 lancé le 9 juin 1944 et mis en service le 5 mars 1945 sous le nom de I-147.

-Le I-148 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 19 juin 1943 lancé le 17 mai 1944 et mis en service le 30 avril 1945 sous le nom de I-148.

Ces trois sous-marins sont coulés durant le conflit, le I-146 est victime d’un sous-marin américain le 17 septembre 1951 au large de la Nouvelle Calédonie, le I-147 est coulé par une mine au large des Philippines en septembre 1952 et le I-148 est coulé par un destroyer américain le 7 février 1954 au large de Formose, le grenadant puis en surface l’abordant pour l’envoyer par le fond.

C-3

-Le I-152 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure sous le nom de I-52 le 18 mars 1942 lancé le 7 février 1943 et mis en service le 28 décembre 1943. En septembre 1944, il devient le I-152.

-Le I-153 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure sous le nom de I-53 le 15 mai 1942 lancé le 30 avril 1943 et mis en service le 17 février 1944. En septembre 1944, il devient le I-153.

-Le I-155 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure sous le nom de I-55 le 15 juin 1942 lancé le 20 avril 1943 et mis en service le 7 mai 1944. En septembre 1944, il devient le I-155.

Si le I-155 surpris en surface au large d’Okinawa en août 1954 se rend aux américains (le sous-marin sera inspecté par l’US Navy à Leyte avant d’être sabordé en eaux profondes), les deux autres sont coulés, le I-152 par un hydravion américain en mer de Corail en mai 1952, le I-153 est coulé par un destroyer américain au large des Philippines en mars 1953.

Caractéristiques Techniques

C-1 et C-2

Déplacement : surface 2219 tonnes plongée 3618 tonnes

Dimensions : longueur 109.30m largeur 9.10m tirant d’eau 5.34m

Propulsion : deux moteurs diesels Kampon Mk2 model 10 de 6200ch chacun, deux moteurs électriques de 1000ch chacun, deux hélices

Performances : vitesse maximale 23.6 nœuds en surface 8 nœuds en plongée distance franchissable 14000 miles nautiques à 16 nœuds en surface 60 miles nautiques à 3 nœuds en plongée Immersion 100m

Armement : huit tubes lance-torpiles de 533mm concentrés à l’avant avec vingt torpilles, un canon de 140mm et deux canons de 25mm. Le nombre est doublé pendant la guerre portant le nombre de canons de 25mm à quatre.

Equipage : 95 officiers et marins

C-3

Déplacement : surface 2129 tonnes plongée 36702 tonnes

Dimensions : longueur 108.70m largeur 9.30m tirant d’eau 5.12m

Propulsion : deux moteurs diesels Kampon Mk22 model 10 de 2350ch chacun, deux moteurs électriques , deux hélices

Performances : vitesse maximale 17.7 nœuds en surface 6.5 nœuds en plongée distance franchissable 21000 miles nautiques à 16 nœuds en surface 105 miles nautiques à 3 nœuds en plongée Immersion 100m

Armement : six tubes lance-torpiles de 533mm concentrés à l’avant avec dix-sept torpilles, deux canons de 140mm et deux canons de 25mm. Au cours du conflit, un canon de 140mm est débarqué permettant de porter le nombre de canons de 25mm à six en trois affûts doubles.

Equipage : 95 officiers et marins

Sous-marins spéciaux (Sentsuikan Toku) type I-400

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Avant-propos

Si aujourd’hui les sous-marins sont de véritables submersibles opérant en autonome (ou presque) dans les profondeurs océaniques, à l’époque du second conflit mondial, les sous-marins étaient davantage des torpilleurs submersibles, à la vitesse supérieure en surface, combattant bien davantage au canon qu’à la torpille.

Les japonais ont poussé le concept à son paroxysme, faisant du sous-marin un auxiliaire du corps de bataille, le sous-marin devant attaquer la flotte ennemie en liaison avec l’aéronavale pour amoindrir l’US Navy et rendre le corps de bataille ennemi au niveau de la flotte japonaise.

Trois classes de sous-marins sont principalement engagées, les type A,B et C, le type B pour l’éclairage avec un hydravion, le type A destiné au commandement et le type C, le sous-marin d’attaque.

Au cours des années quarante, les japonais envisagent très sérieusement le conflit avec les Etats-Unis, une guerre ayant le Pacifique pour théâtre d’opérations principal.

Si l’industrie américaine est supérieure à l’industrie japonaise, si une guerre longue est favorable aux Etats-Unis, les japonais sont persuadés de l’emporter dans une guerre courte non seulement par la supériorité intrinsèque de leurs navires mais également par leur supériorité morale.

Emerge l’idée de porter la guerre sur le sol américain au moyen de bombardement de terreur destinés à saper le moral de l’ennemi et pousser l’opinion à imposer à son gouvernement une paix séparée et le retour des boys au pays.

Comme aucun bombardier n’est en mesure de décoller du Japon et de frapper la côte ouest (et a fortiori la côte est où se trouve le centre décisionnel politique et militaire), on imagine l’utilisation d’hydravions décollant depuis un sous-marin. C’est l’acte de naissance des Sentsuikan Toku ou sous-marins spéciaux.

Les japonais ne sont cependant pas totalement dépaysés. Plus que tout autre marine, la Nihon Kaigun a dévellopé l’embarquement d’hydravions à bord d’un sous-marin, une politique poursuivie jusqu’au second conflit mondial alors que la plupart des pays (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis) ont rapidement renoncé, rébutés par les difficultés de mise en œuvre de l’aéronef depuis le sous-marin.

Là où les Sentsuikan Toku diffèrent c’est le rôle attribué aux hydravions. Il ne s’agit plus de repérer des cibles pour permettre au sous-marin de l’attaquer (ce qui permet l’emport d’un hydravion relativement léger et peut encombrant) mais de faire des deux hydravions de véritables bombardiers ce qui impose des sous-marins nettement plus gros, de véritables léviathan dont le déplacement ne sera dépassé qu’après guerre par des sous-marins nucléaires.

Le dévellopement commence au printemps 1945. En dépit de leur expérience, les japonais se heurtent à de nombreuses difficultés techniques. Les plans ne sont arrêtés qu’à l’automne 1946.

Pas moins de dix-huit navires sont prévus (I-400 à I-417) mais aucun navire n’est en service en mars 1950 quand le Japon entre en guerre contre les Etats-Unis. Au final, seulement quatre Sentsuikan Toku seront achevés durant le conflit sur huit mis sur cale, la construction des dix autres étant abandonnée dès le mois de mars 1952 quand le Japon passe sur la défensive et n’à plus ni les moyens ni l’utilité de ce type de navire.

Carrière opérationnelle

-Le I-400 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 18 janvier 1948. La construction progresse lentement et il est toujours sur cale le 21 mars 1950. Lancé le 4 avril 1950, il est mis en service le 18 mai 1951.

-Le I-401 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 5 septembre 1948. Toujours sur cale en mars 1950, il n’est lancé que le 18 novembre 1950. Il est mis en service le 8 octobre 1951.

-Le I-402 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 8 juin 1948. Il est lancé le 14 mai 1950 et mis en service le 7 août 1951.

-Le I-403 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 8 juin 1950 lancé le 17 octobre 1951 et mis en service le 1er septembre 1952.

-Les I-404/405/406/407 respectivement mis sur cale à Sasebo, Kure, Yokosuka et Maizuru en mars 1951, septembre 1951, mai et juin 1952 ne seront jamais achevés. Leur construction abandonnée en septembre 1952 alors qu’ils étaient achevés respectivement à 35, 21,12 et 7%.

Quand aux Sentsuikan Toku mis en service, leur utilisation initiale _bombarder les Etats-Unis_ devient vite caduque. Des projets d’attaque contre le canal de Panama sont étudiés mais il n’y à pas de début d’exécution de l’opération qui est abandonnée en mars 1953 quand les américains prennent pied aux Philippines.

D’autres projets (bombardement par armes bactériologiques, attaque de Midway et des Aléoutiennes) ne connaissent pas un meilleur sort. De toute façon le manque de carburant rendait impossible une opération d’envergure.

Les quatre sous-marins sont bloqués au Japon. Le I-400 est sérieusement endommagé en juillet 1954 par l’aviation embarquée américaine. Coulé par petits fonds, il est relevé en septembre 1955 puis ferraillé.

Les trois autres sont saisis à Sasebo où ils sont étudiés par les américains en vue de tirer des leçons pour les futurs sous-marins. Quand les soviétiques commencent à manifester l’envie de les inspecter, les américains les ramènent à Hawaï où après inspections et démontages divers, ils sont coulés comme cible en eaux très profondes pour les mettre hors de portée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 5223 tonnes plongée 6560 tonnes

Dimensions : longueur 122m largeur 12m tirant d’eau 7m

Propulsion : quatre moteurs diesels de 7700ch chacun, deux moteurs électriques de propulsion (plus deux auxiliaires), deux hélices

Performances : vitesse maximale en surface 18.7 nœuds en plongée 6.5 nœuds distance franchissable 37500 miles nautiques à 14 nœuds en surface 60 miles nautiques à 3 nœuds en plongée Immersion 100m

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Aichi M6A1

Aviation : trois hydravions de bombardement Aichi M6A1 Seiran. Spécifiquement conçu pour embarquer sur l’I-400, il pèse 3.3 tonnes à vide, mesure 11.6m de long sur 11.5m d’envergure, propulsé par un moteur Atsuta type 32.

Il peut voler à 555km/h sans flotteurs (475km/h avec), un plafon de 9900m et un rayon d’action de 1189km. L’armement de ce biplace se compose d’une mitrailleuse de 7.7mm dans le capot, d’une mitrailleuse arrière de 13mm et de 850kg de charges militaires (une torpille ou des bombes).

Armement : huit tubes lance-torpilles de 533mm avec vingt-torpilles, un canon dee 140mm, dix canons de 25mm (trois affûts triples et un affût simple)

Equipage : 21 officiers et 170 hommes d’équipage

Sous-marins type Kaichu

Avant-propos

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les sous-marins japonais se caratérisent surtout par une grande taille, une grande vitesse et un puissant armement. Ces choix techniques s’expliquent par le rôle que leur attribué l’amirauté en vu du conflit futur contre les Etats-Unis : l’attaque du corps de bataille ennemi en liaison avec l’aéronavale.

Seulement voilà, il faut aussi penser à la défense de l’archipel. Dans ce cadre, de très grands sous-marins sont inutiles, des sous-marins plus petits et plus maniables sont nécessaires. C’est l’acte de naissance des Kaichu ( Kaigun-shiki Chū-gata Sensuikan sous-marin de taille moyenne), des sous-marins comparables aux sous-marins de deuxième classe de la marine française.

En effet leur déplacement se rapproche des Aurore (environ 700 tonnes), l’armement est cependant plus faible avec un canon de 76.2mm et seulement quatre tubes lance-torpiles pour le double pour les Aurore et les Phenix français.

Comme pour les autres types de sous-marins japonais, les Kaichu se subdivisent en plusieurs variantes en l’occurence sept sous-classes.

En septembre 1939, seule une infime partie des Kaichu est en service, la majorité étant encore dans les limbes ou à déjà rejoint les chalumeaux des démolisseurs.

Les deux type I, les trois type type III, les dix type III ont été désarmés et démolis tout comme un type IV sur trois, deux autres étant encore en service. Cinq type V ont été construits mais seulement trois sont encore en service au moment où la guerre de Pologne éclate. A cela il faut ajouter deux type VI construits au début des années trente pour servir de prototype en vue d’une production “massive” en cas de guerre.

Quand débutent les années quarante, ce sont donc sept Kaichu qui sont en service sur un total de vingt-cinq sous-marins construits.

Cette flotte va connaitre un grand développement au cours des années quarante avec la construction d’une septième variante du type Kaichu.

Ces sous-marins déplacent environ 900 tonnes en surface, sont armés d’un canon de 76.2mm sur le pont, d’un affût double de 25mm comme DCA avec un six tubes lance-torpilles de 533mm et douze projectiles.

Douze navires sont commandés en septembre 1940 (Ro-35 à Ro-46) destinés à remplacer les Kaichu en service à savoir les deux type IV et les trois type V désarmés entre avril 1940 et septembre 1941, les type VI modernisés restant en service.

En mars 1942, seize autres Kaichu type VII sont commandés, des sous-marins assez proches du premier lot même si les moteurs diesels des Ro-47 à Ro-62 sont plus puissants tout comme l’armement de pont, le canon de 76.2mm (en réalité 8cm) est remplacé par un canon de 100mm.

Trente Kaichu sont donc en service en mars 1950. Dans le cadre du programme de guerre, de nombreux Kaichu sont prévus mais comme nous le verrons dans la partie programme de guerre, sur les 120 (!) sous-marins envisagés, seulement une poignée sera achevée, faute de temps, de personnel, de moyens et à cause d’une industrie aux techniques dépassées. A cela il faut ajouter la décision de dévelloper enfin des sous-marins à hautes performances comparables aux type XXI et XXIII allemands.

Carrière opérationnelle

Kaichu type IV

Version améliorée du type III, les type IV ont été produits à trois exemplaires, deux sont encore en service en septembre 1939. Ils sont désarmés au printemps 1940.

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Ro-26

-Le Ro-26 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 10 mars 1921 lancé le 18 octobre 1921 et mis en service le 25 janvier 1923. Alors connu comme le sous-marin n°45, il est rebaptisé le 1er novembre 1924. Désarmé le 15 avril 1940, il est maintenu en réserve à Sasebo. Il est réarmé comme sous-marin d’entrainement de 1945 à 1947 avant d’être définitivement désarmé en décembre 1947 puis démoli.

-Le Ro-27 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 16 juillet 1921 lancé le 22 juillet 1922 et mis en service le 31 juillet 1924. le 1er novembre 1924, le sous-marin n°58 devient le Ro-27, nom qu’il va porter jusqu’à son désarmement le 1er avril 1936. Il est démoli au cours des années quarante.

-Le Ro-28 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo comme sous-marin n°62 le 10 novembre 1921 lancé le 13 avril 1922 et mis en service le 30 novembre 1923. Rebaptisé le 1er novembre 1924, il est désarmé le 5 mai 1940 puis démoli en 1945.

Kaichu type V

Les quatre sous-marins de cette sous-série ont été conçus en vue d’une guerre au commerce, une entorse à la stratégie globale des forces sous-marines japonaises. Trois sont encore en service en septembre 1939, aucun en mars 1950.

-Le Ro-29 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé sous le nom de sous-marin n°68 le 2 juin 1921 lancé le 5 décembre 1922 et mis en service le 15 septembre 1923. Rebaptisé le 1er novembre 1924, il est désarmé le 1er avril 1936 et démoli en 1944.

-Le Ro-30 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé sous le nom de sous-marin n°69 le 27 juin 1921 lancé le 18 janvier 1923 et mis en service le 29 avril 1924. Rebaptisé le 1er novembre 1924, il est désarmé le 1er juin 1940, utilisé comme sous-marin d’entrainement de 1946 à 1948 puis définitivement désarmé. Servant de leurre à Yokohama, il est coulé par l’aviation américaine en mars 1954. L’épave est relevée au printemps 1955 et démolie.

-Le sous-marin n°70 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 25 septembre 1921 lancé le 15 février 1923. Avant même sa mise en service, il est perdu lors d’un accident le 21 août 1923. Relevée, l’épave est cannibalisée au profit du Ro-31 et démolie en octobre 1923.

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Ro-31

-Le Ro-31 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 20 décembre 1924 lancé le 25 septembre 1926 et mis en service le 10 mai 1927. Désarmé le 15 septembre 1941, il sert de sous-marin d’entrainement de 1943 à 1945 et de 1947 à 1949 avant d’être définitivement désarmé puis coulé comme cible lors d’un exercice en janvier 1950.

-Le Ro-32 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 24 octobre 1921 sous le nom de sous-marin n°71. Lancé le 19 mars 1923, il est mis en service le 21 mai 1924. Rebaptisé le 1er novembre 1924, il est désarmé en juillet 1941. En mauvais état, le navire est vendu à la démolition début 1943 et démantelé.

Kaichu type VI

Ces deux sous-marins sont de véritables démonstrateurs de technologies, des prototypes destinés à une production de “masse” durant un éventuel conflit. Ils ont également participé à la maturation technique des futurs type VII.

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-Le Ro-33 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 8 août 1933 lancé le 10 octobre 1934 et mis en service le 7 octobre 1935.

Toujours en service en mars 1950, le sous-marin est envoyé dans les Salomons pour tenter de perturber l’arrivée des renforts alliés contre les forces japonaises. Le 7 juillet 1951, il est surpris en surface par un Bristol Beaufort de la RAAF qui largue deux bombes de 125kg. Le sous-marin plonge rapidement mais quelques minutes plus tard, une épaisse tache huileuse apparait à la surface prouvant la destruction du sous-marin.

-Le Ro-34 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 25 avril 1934 lancé le 12 décembre 1935 et mis en service le 31 mai 1937. Toujours en service en mars 1950, il participe à la campagne des Salomons puis à la campagne de Nouvelle-Guinée où il est coulé par les grenades ASM d’un destroyer américain.

Kaichu type VII

Les Kaichu type VII sont l’évolution ultime des petits sous-marins japonaises, l’apogée des type Ro avec douze exemplaires commandés en septembre 1940 (Ro-35 à 46) et seize exemplaires supplémentaires en mars 1942 (Ro-47 à 62).

Dans le cadre du programme de guerre, cent vingt exemplaires sont envisagés mais seulement douze exemplaires (Ro-63 à Ro-74) sont achevés, les autres rapidement annulés au profit de sous-marins à hautes performances.

-Le Ro-35 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 14 mars 1941 lancé le 7 janvier 1942 et mis en service le 10 octobre 1942.

-Le Ro-36 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 25 mars 1941 lancé le 21 janvier 1942 et mis en service le 2 novembre 1942.

-Le Ro-37 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 8 juin 1941 lancé le 4 mai 1942 et mis en service le 8 février 1943.

-Le Ro-38 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 2 juillet 1941 lancé le 15 mai 1942 et mis en service le 21 février 1943.

-Le Ro-39 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 8 septembre 1941 lancé le 18 juillet 1942 et mis en service le 17 avril 1943.

-Le Ro-40 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 21 septembre 1941 lancé le 2 juin 1942 et mis en service le 30 mars 1943.

-Le Ro-41 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 8 octobre 1941 lancé le 25 juillet 1942 et mis en service le 12 avril 1943.

-Le Ro-42 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 12 octobre 1941 lancé le 5 août 1942 et mis en service le 4 mai 1943.

-Le Ro-43 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsui d’Amato le 8 mars 1942 lancé le 7 janvief 1943 et mis en service le 10 septembre 1943.

-Le Ro-44 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsui d’Amato le 15 mars 1942 lancé le 10 janvier 1943 et mis en service le 5 octobre 1943.

-Le Ro-45 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 4 novembre 1941 lancé le 12 août 1942 et mis en service le 7 mars 1943.

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Ro-46

-Le Ro-46 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 12 novembre 1941 lancé le 9 août 1942 et mis en service le 12 mars 1943.

-Le Ro-47 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 8 septembre 1942 lancé le 30 juin 1943 et mis en service le 7 mars 1944.

-Le Ro-48 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 19 septembre 1942 lancé le 7 juillet 1943 et mis en service le 15 mars 1944.

-Le Ro-49 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 2 novembre 1942 lancé le 8 août 1943 et mis en service le 22 mars 1944.

-Le Ro-50 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 9 novembre 1942 lancé le 11 août 1943 et mis en service le 4 avril 1944.

-Le Ro-51 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 17 janvier 1943 lancé le 8 décembre 1943 et mis en service le 12 août 1944.

-Le Ro-52 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 21 janvier 1943 lancé le 13 décembre 1943 et mis en service le 1er septembre 1944.

-Le Ro-53 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 14 octobre 1942 lancé le 8 juin 1943 et mis en service le 7 avril 1944.

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Ro-54

-Le Ro-54 est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 25 octobre 1942 lancé le 1er juillet 1943 et mis en service le 3 mai 1944.

-Le Ro-55 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsui Engineering d’Amato le 14 février 1943 lancé le 8 janvier 1944 et mis en service le 7 juillet 1944.

-Le Ro-56 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsui Engineering d’Amato le 2 mars 1943 lancé le 31 janvier 1944 et mis en service le 15 juillet 1944.

-Le Ro-57 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 4 avril 1943 lancé le 21 février 1944 et mis en service le 7 septembre 1944.

-Le Ro-58 est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Kobé le 12 avril 1943 lancé le 27 février 1944 et mis en service le 12 septembre 1944.

-Le Ro-59 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 5 juillet 1943 lancé le 30 avril 1944 et mis en service le 8 février 1945.

-Le Ro-60 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 7 juillet 1943 lancé le 28 avril 1944 et mis en service le 13 février 1945.

-Le Ro-61 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 15 janvier 1944 lancé le 8 novembre 1944 et mis en service le 1er juillet 1945.

-Le Ro-62 est mis sur cale à l’Arsenal de Sasebo le 8 février 1944 lancé le 11 décembre 1944 et mis en service le 11 juillet 1945.

Nda Les Kaichu type VII du programme de guerre seront étudiés plus en détails dans la partie idoine

Petits sous-marins conçus pour opérer dans les eaux peu profondes de l’archipel japonais, les type VII sont engagés sur tout le théâtre Asie-Pacifique, subissant de lourdes pertes sous les coups des mines américaines, des torpilles de leurs sous-marins, des charges de profondeur et autres douceurs.

Sur les vingt-huit sous-marins de ce type, un seul, le Ro-50 survit au conflit. Capturé sur l’île de Cheju en Corée lors de l’opération Phenix en juin 1954 par un bataillon belgo-néerlandais (intégré à la 25ème DP française), il est remorqué au large de l’île et sabordé, une rumeur non confirmée faisant état de la présence d’armes chimiques et bactériologiques à bord.

Les vingt-sept autres sont donc coulés au cours du conflit, quatre par des mines (Ro-35/38/39/55), cinq par des sous-marins ennemis (Ro-36/37/54/56/60), deux de cause inconnue (Ro-59/61), un de manière accidentelle (Ro-62), huit par des destroyers et des navires de surface (Ro-40/41/42/44/46/48/57/58) et les sept derniers par l’aviation, un par l’Aviation Navale (Ro-43), deux par la RAF (Ro-45/47), deux par la RAAF (Ro-49/51) et deux par l’US Navy (Ro-52/53).

Caractéristiques Techniques

Type IV

Déplacement : surface 762 tonnes plongée 1097 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 74.22m largeur 6.12m tirant d’eau 3.73m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer Mk2 de 1450ch chacun, deux moteurs électriques de 600ch chacun deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 noeuds en surface 8.5 noeuds en plongée distance franchissable 6000 miles nautiques à 10 noeuds en surface 85 miles nautiques à 4 noeuds Immersion 45.7m

Armement : quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles et un canon de 76.2mm

Equipage : 46 officiers et marins

Type V

Déplacement : surface 866 tonnes plongée 1047 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 74.22m largeur 6.12m tirant d’eau 3.73m

Propulsion : deux moteurs diesels de 600ch chacun, deux moteurs électriques de 600ch chacun deux hélices
Performances : vitesse maximale 13 noeuds en surface 8.5 noeuds en plongée distance franchissable 6000 miles nautiques à 10 noeuds en surface 85 miles nautiques à 4 noeuds Immersion 45.7m

Armement : quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles et un canon de 120mm,une mitrailleuse de 6.5mm

Euipage 44 officiers et marins

Type VI

Déplacement : surface 711 tonnes plongée 1219 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 80.50m largeur 7.05m tirant d’eau 4.07m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch chacun, deux moteurs électriques de 600ch chacun deux hélices

Performances : vitesse maximale 19 noeuds en surface 8.2 noeuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques à 12 noeuds en surface 85 miles nautiques à 4 noeuds Immersion 75m

Armement : quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles, un canon de 76.2mm et une mitrailleuse de 13mm

Equipage : 46 officiers et marins

Type VII

Déplacement : surface 975 tonnes plongée 1470 tonnes

Dimensions : longueur 82.50m largeur 7.05m tirant d’eau 4.07m

Motorisation : deux moteurs diesels Kampon Mk22 model 10 de 2100ch chacun, deux moteurs électriques de 600ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 19.8 noeuds en surface 8 noeuds en plongée distance franchissable 5000 miles nautiques à 16 noeuds en surface 45 miles nautiques à 5 noeuds en plongée Immersion 80m

Armement : six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre avant deux arrières) avec douze projectiles, un canon de 76.2 ou de 100mm, un affût double de 25mm

Equipage : 54 officiers et marins

Sous-marins type Ro-100

Avant-propos

En janvier 1943, un rapport destiné au commandant de la marine japonaise proposa la réorganisation des forces sous-marines de la Nihon Kaigun autour de quatre types de sous-marins :

-Sous-marins de poche opérant dans les rades et les baies ennemies

-Sous-marins de défense côtière opérant dans la frange littorale du territoire japonais

-Sous-marins médians type Kaichu opérant près des côtes et en haute-mer

-Sous-marins océaniques

Ce plan est valisé un an plus tard en mars 1944 et aussitôt est planifiée la construction d’une version austere des Kaichu destinés à opérer dans les eaux métropolitaines voir en Corée et en Chine, ce sous-marin qui devait être simple, facile à construire et à utiliser devait assurer des missions défensives, laissant aux autres sous-marins les opérations offensives.

Baptisé Ro-100,ce type de sous-marin ne fit pas l’unanimité dans les rangs de la marine japonaise au point que sa construction fût un temps menacée. Le nombre de sous-marins fluctua passa de deux à trente-six avant d’être réduit à douze puis finalement d’être arrêté à dix-huit navires, ces dix-huit navires baptisés Ro-100 à 117 étant commandés en septembre 1945, leur construction étant assuré par les arsenaux de Kure et de Yokosuka.

Douze navires sont opérationnels quand la guerre du Pacifique éclate, les six autres étant mis en service au cours du conflit.

Carrière opérationnelle

-Le Ro-100 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 14 mai 1946 lancé le 3 mars 1947 et mis en service le 1er novembre 1947.

-Le Ro-101 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 5 juin 1946 lancé le 10 avril 1947 et mis en service le 5 décembre 1947.

-Le Ro-102 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 8 juin 1946 lancé le 5 mai 1947 et mis en service le 3 mars 1948.

-Le Ro-103 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 10 juin 1946 lancé le 1er mai 1947 et mis en service le 8 mars 1948.

-Le Ro-104 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 10 mars 1947 lancé le 6 janvier 1948 et mis en service le 7 septembre 1948.

-Le Ro-105 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 15 mars 1947 lancé le 3 janvier 1948 et mis en service le 17 septembre 1948.

-Le Ro-106 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 12 mai 1947 lancé le 14 février 1948 et mis en service le 8 décembre 1948.

-Le Ro-107 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 15 mai 1947 lancé le 21 février 1948 et mis en service le 2 décembre 1948.

-Le Ro-108 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 10 janvier 1948 lancé le 11 décembre 1948 et mis en service le 14 septembre 1949.

-Le Ro-109 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 15 janvier 1948 lancé le 9 décembre 1948 et mis en service le 8 octobre 1949.

-Le Ro-110 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 8 novembre 1947 lancé le 12 août 1948 et mis en service le 14 avril 1949.

-Le Ro-111 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 10 novembre 1947 lancé le 19 août 1948 et mis en service le 24 avril 1949.

-Le Ro-112 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 14 janvier 1949 lancé le 12 octobre 1949 et mis en service le 7 septembre 1950.

-Le Ro-113 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 24 janvier 1949 lancé le 19 octobre 1949 et mis en service le 17 septembre 1950

-Le Ro-114 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 15 septembre 1948 lancé le 21 avril 1949 et mis en service le 18 mars 1950.

-Le Ro-115 est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 15 septembre 1948 lancé le 21 avril 1949 et mis en service le 18 mars 1950.

-Le Ro-116 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 20 octobre 1949 lancé le 12 août 1950 et mis en service le 14 mai 1951.

-Le Ro-117 est mis sur cale à l’Arsenal de Kure le 20 octobre 1949 lancé le 12 août 1950 et mis en service le 14 mai 1951.

Si les Ro-111 et Ro-117 survivent au conflit (ils sont sabordés par les américains au printemps 1955), les autres sont coulés.

Six sont victimes de l’aviation (Ro-100/102/104/106/107/109), quatre sont victimes des mines (Ro-101/103/105/108), trois victimes de sous-marins (Ro-110/112/113) et trois victimes des grenades ASM lancés par des navires de surface (Ro-114/115/116).

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 611 tonnes en surface 795 tonnes en plongée

Dimensions : longueur 60.90m largeur 6m tirant d’eau 3.51m

Propulsion : un moteur diesel de 1000ch, un moteur électrique de 760ch une hélice

Performances : vitesse maximale 14.2 nœuds en surface 8 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 12 nœuds en surface 60 miles nautiques à 3 nœuds Immersion 75m

Armement : quatre tubes lance-torpilles de 533mm à l’avant avec huit torpilles, un canon de 76.2mm sur le pont et deux canons de 25mm en affût double

Equipage : 38 officiers et marins

Sous-marins de poche

Ko-hyoteki 9.jpg

Sous-marin de poche

Avant-propos

Les premiers sous-marins, les premiers torpilleurs submersibles étaient comme les premiers torpilleurs des engins de taille réduite aux performances limitées. Très vite, le torpilleur submersible prit des mètres et des tonnes, condition indispensable à sa capacité à opérer en haute-mer.

Néanmoins le besoin de navires de petite taille pouvant opérer dans les rades, dans les bases ou très près des côtes perdure. Plusieurs marines continuent de travailler sur des «torpilles humaines», des sous-marins mono ou biplaces et parmi ces marines figure la marine japonaise.

Cette dernière focalise son attention sur la marine américaine, son adversaire en cas de guerre pour le contrôle du Pacifique. Les combats doivent avoir lieu en haute-mer, milieu où les sous-marins de poche sont peu à l’aise.

Pourtant la marine impériale japonaise va être une ardente promotrice du sous-marin de poche (Ko-Hyoteki) pour pouvoir opérer dans les ports ennemis, les japonais espéraient pouvoir pénétrer dans les ports ennemis pour frapper au mouillage les unités majeures de l’ennemi et les neutraliser avant qu’ils ne constituent une menace.

Les essais sont menés dans le plus grand secret. Pour leurrer les espions étrangers, ces sous-marins de poche étaient officiellement appelés «cibles mobiles» destinés aux cuirassés de la Flotte Combinée.

Les japonais sont ambitieux puisqu’ils souhaitent atteindre une vitesse en plongée de 30 nœuds avec une autonomie suffisante pour lui permettre de rejoindre un sous-marin mère au large. Un prototype présenté en 1934 atteint la vitesse record de 24.85 nœuds en plongée.

Cependant ce prototype à une autonomie insuffisante (60km) et peine à se maintenir à l’immersion périscopique sans crever la surface. Le prototype est modifié avec un kiosque mais cela à la conséquence d’augmenter la résistance dans l’eau et donc diminuer la vitesse.

Le projet est mis entre parenthèse à la fin des années trente. Deux prototypes améliorés sont mis au point au printemps 1941 mais le projet n’avance guère jusqu’en 1946 quand décision est prise de le produire en masse.

Trente-deux sous-marins de poche type A sont commandés en juin 1946. Produits dans un chantier construit spécifiquement au sud de Kure, ces Ko-Hyoteki type A sont semblables aux deux prototypes Ha-1 et Ha-2. Ils sont tous mis en service avant le début du second conflit mondial à la différence de seize type B et de vingt-quatre type C dont seulement une partie sera opérationnelle quand le Japon attaque la base navale de Pearl Harbor.

Ces sous-marins seront engagés dans l’opération contre Pearl Harbor avec des résultats décévants et les opérations ultérieures ne donneront pas de meilleures résultats montrant les limites du concept ce qui n’empêchera pas le Japon de produire de nouveaux sous-marins de poche dans le cadre du programme de guerre.

Carrière opérationnelle

Les trente-deux sous-marins de type A sont mis en service entre janvier 1947 et septembre 1949 suivis par huit type B et douze type C, la construction des trois modèles se faisant de manière indisctincte.

Les huit derniers type B sont mis en service à l’automne 1950, les douze derniers type C étant mis en service courant 1951.

Huit sous-marins de poche sont engagés à Pearl-Harbor (quatre type A, deux type B et deux type C). Engagés au moment des bombardements, ils doivent achever les navires endommagés mais ne parviendront pas à leur but.

Un sous-marin coule avant de pénétrer dans la rade, deux coulent dans la rade, les cinq autres étant repoussés par l’ennemi. Sur les seize sous-mariniers seuls quatre seront capturés vivants.

Quatre sous-marins de poche sont relevés, étudiés par les ingénieurs de l’US Navy puis exposés aux Etats-Unis notamment pour vendre les bons de guerre.

Quelques mois plus tard, en septembre 1950, une opération similaire est lancée contre Kuching sur l’île de Borneo. Deux sous-marins type C sont lancés contre cette base tactique britannique mais la réussite de ses sous-marins est limitée puisqu’ils ne coulent qu’un caboteur et un pétrolier.

En janvier 1951, peu avant l’offensive finale contre Singapour, douze sous-marins de poche sont lancés contre le «Gibraltar de l’Extrême Orient». Deux doivent se saborder avant même de pénétrer dans la base suite à un problème technique (sous-mariniers récupérés par les troupes japonaises).

Un autre sous-marin mouche saute sur une mine tandis qu’un deuxième s’échoue sur une plage. Si l’équipage du premier périt, le second parvient à débarquer mais succombe à un combat contre une patrouille de Royal Marines.

Il ne reste donc plus que huit sous-marins de poche qui pénétre dans la base non sans mal. Trois sont coulés mais cinq passant à l’attaque, coulant un pétrolier, un chalutier armé, le destroyer HMS Zulu, endommageant sérieusement le croiseur léger antiaérien HMS Dido. Les cinq sous-marins sont détruits.

HMS Zulu (G-18) 2

Le HMS Zulu à été victime d’un sous-marin de poche japonais à Singapour en janvier 1951

C’est la dernière opération majeure des sous-marins de poche qui vont opérer dans un mode plus défensif, protégeant les bases navales et les ports japonais contre des raids alliés. Ils lanceront quelques opérations isolées, opérations relevant davantage d’opérations suicides que d’opérations mûrement pensées et réfléchies.

Caractéristiques Techniques

Type A

Déplacement 47 tonnes en plongée

Dimensions : longueur 23.9m largeur 1.8m hauteur 3m

Propulsion : un moteur électrique de 600ch 192 batteries,une hélice à deux pales

Performances : vitesse maximale 23 nœuds en surface 19 nœuds en plongée distance franchissable 100 miles nautiques à 2 nœuds, 18 miles nautiques à 19 nœuds Immersion 30m

Armement : deux torpilles de 450mm et une charge de sabordage de 140kg

Equipage : deux hommes

Type B et C

Déplacement : 48 tonnes en plongée

Dimensions : longueur 24.9m largeur 1.85m tirant d’eau 3.4m

Propulsion : un moteur électrique de 600ch, un générateur électrique de 40ch batterie à 224 cellules et une hélice

Performances : vitesse maximale 19 nœuds en surface 6 nœuds en plongée distance franchissable 500 miles nautiques à 6 nœuds Immersion maximale 100m

Armement : deux torpilles de 450mm

Equipage : deux hommes

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