Japon (28) croiseurs légers (1)

CROISEURS LEGERS

Avant-propos

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La frégate USS Constitution est toujours officiellement en service dans l’US Navy

A la différence des croiseurs lourds que nous venons de voir, les croiseurs légers peuvent légitimement prétendre à une lignée ancienne puisqu’on trouve des light cruiser dès le XIXème siècle, dès les premières générations de croiseurs, les successeurs des frégates de la marine à voile.

Ces navires servent selon leur taille et leur armement à des missions de présence outre-mer où leur puissance de feu est souvent suffisante pour mater les rébellions indigènes, à la reconnaissance, à l’éclairage des escadres, à l’attaque du commerce ennemi, à la protection des voies de communication amies….. . C’est le véritable couteau suisse des marines modernes.

La marine japonaise va donc construire également des croiseurs légers même si elle semble avoir eu moins d’appétence pour ce type de navire à moins qu’il ne s’agisse d’un manque de moyens industriels pour disposer à la fois d’un grand nombre de croiseurs lourds et d’un nombre appréciable de croiseurs légers.

Comme la marine japonaise ne croyait qu’en la bataille décisive (Kantai Kessen), on peut imaginer que la volonté de gagner cette bataille imposait les navires les plus puissants possibles et entre un croiseur lourd et un croiseur léger, le choix peut être facilement fait même si les premiers RETEX des combats en Europe avaient montré que l’efficacité du 6 pouce n’était guère éloignée de celle du 8 pouces.

En septembre 1939, la marine japonaise dispose de dix-sept croiseurs légers mais la flotte est ancienne, certains navires ayant été mis en service juste après la fin du premier conflit mondial comme les croiseurs légers Tenryu et Tatsuta.

Ces deux navires auraient du être transformés en croiseurs légers antiaériens mais au final ils sont désarmés en septembre 1942 et mars 1943 respectivement. Ils sont démolis et leurs noms repris par de nouveaux croiseurs légers.

A la classe Tenryu succède les cinq croiseurs légers de classe Kuma. Mis en service en 1920/21, ces cinq unités (Kuma Tama Kitakami Ooi Kiso) ne sont pas tous opérationnels quand le Japon entre en guerre en mars 1950.

Le Kuma est transformé en navire-école en 1944. Il survit miraculeusement au second conflit mondial, est utilisé pour rapatrier des soldats japonais avant d’être cédé à la marine nationaliste chinoise en 1955.

Le Tama usé est désarmé en 1942 avant d’être démoli en 1945. les Kitakami et Ooi sont transformés en croiseurs légers antiaériens entre 1942 et 1944 pour le premier, entre 1945 et 1947 pour le second.

Ces deux navires sont coulés au cours du conflit. Enfin le Kiso est vendu à la marine thaïlandaise en septembre 1945, étant coulé au cours du conflit par les bombardiers en piqué embarqués sur l’Alienor d’Aquitaine.

A la classe Kuma succède la classe Nagara composée de six unités mises en service en 1922 (Nagara Natori Kinu), en 1923 (Isuzu Yura), le Abukuma fermant la marche en 1925. Ces navires sont toujours en service au printemps 1950 pour quatre d’entre-eux.

Le Nagara est coulé au cours de la campagne des Philippines par le croiseur lourd Boston, l’Isuzu à été désarmé en septembre 1945, le Natori à été transformé en navire-école en 1947, reprend du service en 1950 comme escorteur de convois de transport de troupes avant d’être coulé dans les Salomons.

Le Kinu entre en collision avec un paquebot au large de Vladivostok en septembre 1946. Coupé en deux, il coule provoquant la mort de 217 officiers et marins.

Le Yura et l’Abukuma ont été transformés en croiseurs légers antiaériens avant guerre, le premier est coulé par un sous-marin américain au large des Philippines en mars 1952 alors que le second saute sur une mine au large de Kobé en mai 1954.

Les croiseurs légers de classe Sendai (Sendai Jintsu Naka) mis en service en 1924 pour le premier et en 1925 pour les deux autres sont assez semblables aux Nagara. Tous les trois sont transformés en croiseurs légers antiaériens, une réponse imparfaite aux Atlanta américains. Ironie de l’histoire, ils sont tous coulés au cours du conflit par des avions américains.

Le croiseur léger Yubari mis en service en 1923. Il s’agissait d’un croiseur expérimental destiné à installer un armement convenable pour un croiseur sur une coque plus petite. Comme il n’à pas donné naissance à une classe complète, on peut imaginer que les résultats n’ont pas été concluants.

Refondu entre 1942 et 1944, il est mis en réserve en 1948. Réarmé à l’été 1950, il sert aux Philippines. Il est coulé en février 1953 lors des bombardements préliminaires à la deuxième campagne des Philippines. Son épave est relevée en 1957 et démantelée sur place.

En 1940/41 sont mis en service trois croiseurs légers de classe Katori, des navires baptisés Katori Kashima et Kashu, des croiseurs légers légèrement armés, servant le plus souvent de navire de commandement donc censés ne pas être trop exposés aux coups de l’ennemi. Sur les trois unités de cette classe, seul le Kashima survit au conflit, servant au rapatriement des troupes japonaises avant d’être feraillé en 1957.

Les quatre croiseurs légers suivant formant la classe Agano (Agano Nashiro Yahagi Sukawa) sont mis en service en 1942 pour le premier, en 1943 pour les deux suivants et en 1944 pour le dernier.

Conçus comme conducteurs de flottilles de destroyers, ces navires vont opérer indifférement comme flottilla leader que comme croiseur «standard». L’Agano est coulé lors de la campagne de Nouvelle-Guinée, le Nashiro est torpillé par un sous-marin américain au large des Carolines lors de la campagne Carolines-Mariannes.

Le Yahagi est victime de l’aviation embarquée américaine lors de la deuxième campagne des Philippines alors que le Sukawa est coulé au large d’Okinawa.

Après la mise en service des Agano, la marine japonaise construit une classe de deux croiseurs légers type croiseur-éclaireur, les Oyodo et Niyodo, des croiseurs mis en service en 1946 avec un armement en partie récupéré sur les Mogami.

Ils disposent d’une solide DCA, de torpilles avec une possibilité de mouillage de mines même si la marine impériale n’à jamais montré beaucoup d’appétance pour ce type d’arme.

Ces deux navires sont coulés durant le conflit, le premier par un sous-marin américain lors de la deuxième campagne des Philippines et le second lors d’un affrontement contre des croiseurs américains lors de l’opération Boxer.

Au printemps 1948, la marine japonaise décide de construire douze nouveaux croiseurs légers inspirés des Oyodo. Formant la classe Tenryu ils sont baptisés Tenryu Tatsuta Tama Kiso Isuzu Kinu Akashi Akitsushima Chihaya Chishima Hirado et Izumi.

Les trois premiers sont mis en service peu après l’entrée en guerre du Japon qui disposait donc de 19 croiseurs légers en mars 1950.

Les trois suivants sont mis en service au cours du conflit non sans mal, les chantiers navals japonais éprouvant les pires difficultés à achever les navires mis en chantier. Les six derniers seront abandonnés sur cale (deux) ou avant tout début de construction (quatre).

Croiseurs légers Tenryu et Tatsuta

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Le Tenryu à la mer

En septembre 1939, ces deux croiseurs légers sont les plus anciens de la marine japonaise. Ils ont été conçus dans le cadre du programme de 1916, des croiseurs capables de protéger les destroyers japonais contre les croiseurs ennemis.

-Le Tenryu est mis sur cale au Yokosuka Kaigun Kosho le 15 mai 1917 lancé le 11 mars 1918 et mis en service le 20 novembre 1919.

Modernisé en 1930 avec un nouveau mat tripode et une DCA renforcée, le crosieur léger aurait du être transformé au milieu des années trente en véritable croiseur léger antiaérien sur le modèle de certains type C britanniques mais ce projet n’aboutit pas malgré plusieurs relances.

Déployé en Chine en 1936/37, le croiseur léger et son sister-ship sont mis en réserve en 1938 et jusqu’au printemps 1940 quand ils sont remis en service pour être déployés en Chine comme stationnaire.

Un temps le Mandchoukuo manifesta son intention de racheter un voir les deux croiseurs mais le Japon déclina cette proposition de son état vassal soit parce qu’ils étaient sceptiques sur les capacités de la marine mandchoue ou parce qu’ils voulaient rappeler qui étaient les patrons.

Désarmé le 18 septembre 1942, le Tenryu est vendu à la démolition et démantelé au printemps 1944.

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Le Tatsuta

-Le Tatsuta est mis sur cale au Sasebo Kaigun Kosho le 24 juillet 1917 lancé le 29 mai 1918 et mis en service le 31 mars 1919.

Navire commandant les destroyers, le croiseur léger coule par erreur le sous-marin n°4 lors d’une collision le 19 mars 1924. Déployé sur le Yangtsé en 1925, il est modernisé en 1933, recevant un mat tripode et une DCA digne de ce nom.

Comme son sister-ship, il aurait du être transformé en véritable croiseur léger antiaérien avec un armement composée de huit canons de 127mm en quatre affûts doubles et vingt-quatre canons de 25mm en affûts doubles mais ce projet n’à pas aboutit.

Le Tatsuta est désarmé le 23 mars 1943. Il est vendu à la démolition et démantelé au printemps 1945.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 3250 tonnes pleine charge 4621 tonnes

Dimensions : longueur 142.6m largeur 12.3’m tirant d’eau 3.96m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Brown-Curtis alimentées en vapeur par dix chaudières Kampon développant 51000ch et entraînant trois hélices

Performances : vitesse maximale 33 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 14 nœuds

Protection : ceinture 38mm pont blindé 25mm

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Canon de 140mm sous masque

Armement : quatre canons de 140mm en affûts simples sous bouclier (un sur la plage avant, un second derrière le bloc-passerelle, deux à l’arrière sur deux roufs), un canon de 80mm remplacé par huit canons de 25mm en quatre affûts quadruples, deux mitrailleuses de 6.5mm débarquées en 1935 et enfin six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples sans oublier 48 mines

Equipage : 332 officiers et marins

Croiseurs légers classe Kuma

Avant-propos

Les cinq unités de classe Kuma sont à la fois inspirées des croiseurs type C de la marine britannique mais également une évolution des Tenryu. Construits dans le cadre du programme naval de 1917 (plus connu pour la construction de huit cuirassés et de huit croiseurs de bataille), ces cinq navires étaient plus puissants et plus rapides, la coque était plus haute d’un pont.

Grâce à un système propulsif plus puissant, les croiseurs pouvaient atteindre la vitesse très élevée de 36 nœuds, vitesse comparable à celle de nos contre-torpilleurs dont le déplacement était deux fois plus faible. L’armement était toujours composé de canons de 140mm mais la protection était assez faible.

Carrière opérationnelle

Le Kuma

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-Le Kuma est mis sur cale au Sasebo Kaigun Kosho le 29 août 1918 lancé le 14 juillet 1919 et mis en service le 31 août 1920.

Durant les années vingt, le Kuma opèra comme ses sister-ship en mer du Japon et en mer de Chine, relevant des croiseurs anciens. Régulièrement, il était mis en réserve et tout aussi périodiquement réarmé, visiblement en raison du manque d’effectifs au sein de la marine japonaise (chose que connaissait également la marine française).

Fin 1932, le Kuma est modernisé, recevant un mât tripode et une catapulte. Des travaux sont également menés sur le bloc-passerelle et sur la DCA qui est modifiée et modernisée.

En mars 1944, le Kuma est transformé en navire-école pour former les futurs officiers de la marine impériale. Remis en service en septembre 1950, il opère au large de la Chine durant tout le conflit.

Il est endommagé à plusieurs reprises mais à la fin du conflit, il est toujours à flot au Japon. Il sert de transport pour rapatrier les soldats et prisonniers japonais après débarquement de l’armement.

Le 4 octobre 1954, une révolte de prisonniers rapatriés persuadés qu’ils vont être livrés aux chinois est écrasée dans le sang (75 morts officiellement, 195 selon d’autres sources) par les américains. Les survivants sont ramenés au Japon, internés pendant dix-huit mois avant d’être libérés.

Quand au croiseur léger, il est cédé à la marine nationaliste chinoise en septembre 1955. Rebaptisé Beijing, le vénérable croiseur léger est utilisé jusqu’en 1970 quand il est définitivement désarmé puis vendu à la démolition.

Le Tama

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-Le Tama est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 10 août 1918 lancé le 10 février 1920 et mis en service le 29 janvier 1921.

A sa mise en service, le deuxième croiseur léger de classe Kuma embarque un hydravion pour expérimentation. En 1933, il subit les mêmes travaux que le Kuma. La DCA est à nouveau augmentée en 1939/40 avec douze canons de 25mm en affûts doubles qui remplaçaient les canons de 80mm et les mitrailleuses de 13.2mm.

Usé par une utilisation intensive, le Tama est désarmé le 17 septembre 1942. Mis en réserve au cas où, il est finalement vendu à la démolition en juin 1945 et démantelé.

Le Kitakami

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-Le Kitakami est mis sur cale au Sasebo Kaigun Kosho le 1er septembre 1919 lancé le 3 juillet 1920 et mis en servie le 15 avril 1921.

Le 20 novembre 1930, il entre en collision avec l’Abukuma, un croiseur léger de classe Nagara mais les dégâts furent limités et le Kitakami rapidement remis en service. Au milieu des années trente, le croiseur léger fût modernisé avec notamment le changement des turbines.

Si la DCA fût renforcée à la fin des années trente, entre septembre 1942 et mars 1944, le croiseur léger fût métamorphosé en croiseur léger antiaérien. La durée des travaux s’explique à la fois par la surcharge de l’Arsenal de Sasebo, par le scepticisme d’une partie des responsables de la marine et par le manque de moyens techniques, humains et matériel.

La coque du croiseur est remise en état et renforcée, l’appareil propulsif remis à neuf et l’armement d’origine entièrement débarquée au profit de huit canons de 127mm en quatre affûts doubles (deux à l’avant et deux à l’arrière) et de vingt-quatre canons de 25mm en douze affûts doubles. Les deux plate-formes triples lance-torpilles sont maintenues.

Remis en service, le croiseur léger était toujours opérationnel en mars 1950 quand le Japon entre en guerre.

Il participe à la campagne d’Indochine où il n’est pas sérieusement endommagé, prélevant un tribu important aux forces aériennes françaises avec 24 appareils abattus (même si son équipage en à revendiqué deux fois plus).

Cette campagne contre l’Union Indochinoise terminée, le croiseur léger antiaérien est envoyé dans les Salomons en compagnie notamment de son sister-ship Ooi.

Les deux croiseurs légers sont coulés à quelques jours d’intervalle par l’aviation américaine, le Kitakami encaissant le 27 mars 1951 quatre bombes de 227kg, le second deux torpilles, deux bombes et des roquettes le 4 avril 1951.

Le Ooi

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-Le Ooi est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé lancé lee 15 juillet 1920 et mis en service le 3 octobre 1921.

Comme ses quatre sister-ship, il opère essentiellement dans les eaux chinoises en relève de croiseurs plus anciens. Au cours des années trente, les superstructures sont modifiées, la DCA étant elle modifiée à la fin des années trente.

Entre 1945 et 1947, le croiseur léger fût transformé en croiseur léger antiaérien sur le même modèle que le Kitakami.

Toujours en service en mars 1950, le Ooi participe à la campagne d’Indochine où il ressort indemne puis enchaine par la campagne des Salomons, campagne qui lui est fatale puisqu’il est coulé par l’aviation américaine le 4 avril, encaissant deux torpilles aéroportées, deux bombes de 454kg et des roquettes.

Le Kiso

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-Le Kiso est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki lancé le 14 décembre 1920 et mis en service le 4 mai 1921. Déployé dans les eaux chinoises, le croiseur léger change ses turbines au début des années trente et la DCA modifiée à la fin de la même décennie.

Le 14 septembre 1945, le croiseur léger est désarmé. Le même jour, il est racheté par la marine thaïlandaise qui le rebaptise Chakri Naruebet.

Transformé en croiseur léger antiaérien avec deux affûts doubles de 127mm et des canons de 40mm Bofors, le Chakri Naruebet est coulé le 22 mars 1950 lorsque les LN-420 du porte-avions léger Alienor d’Aquitaine le surprenne à Ko-Chang. Trois bombes l’incendie et provoque son échouage. L’épave seRA relevée après guerre et démolie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 5100 tonnes pleine charge 7000 tonnes

Dimensions : longueur 162.15m largeur 14.17m tirant d’eau 4.8m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Gihon (Brown-Curtis pour le Ooi) alimentées en vapeur par douze chaudières (deux mixtes et dix au fioul) développant 90000ch et entraînant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 6000 miles nautiques à 14 nœuds

Protection : ceinture 38-63mm pont 28mm

Armement : sept canons de 140mm en affûts simples sous masque (deux sur le gaillard d’avant, deux de part et d’autre du bloc passerelle et trois à l’arrière), deux canons de 80mm en affûts simples, deux mitrailleuses de 6.5mm et huit tubes lance-torpilles de 533m en deux plate-formes quadruples

Equipage : 439 officiers et marins

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