Japon (27) croiseurs lourds (4)

Croiseurs lourds classe Ibuki

Avant-propos

Après la construction des Tone, la marine japonaise se préoccupa du renouvellement de sa force de croiseurs et notamment le remplacement des Furutaka considérés comme obsolètes en dépit de travaux de modernisation.

Comme un conflit pouvait démarrer à court terme, impossible de repartir de zéro. Aussi les deux unités de classe Ibuki étaient une évolution des Mogami, reprennant le désign général qu’il s’agisse de la coque, de la propulsion et des superstructures.

L’armement était identique avec trois tourelles doubles à l’avant et deux tourelles à l’arrière, la DCA plus puissante.

Un temps, il était prévu la construction de quatre Ibuki mais au final la marine japonaise préféra limiter cette classe à deux unités.

Carrière opérationnelle

L’Ibuki

-L’Ibuki est mis sur cale au Sasebo Kaïgun Kosho le 15 mars 1942 lancé le 21 septembre 1943 et mis en service le 12 septembre 1945.

Stationné à Sasebo, le dernier né des croiseurs lourds japonais participe à de nombreux exercices pour préparer un conflit chaque jour plus proche. En mars 1946, il est rejoint comme nous allons le voir par son sister-ship Asama.

Les deux navires subissent un premier grand carénage, l’Ibuki étant ainsi immobilisé dans son chantier constructeur de janvier à septembre 1949, essentiellement pour une remise en état complète.

Quand la guerre éclate, l’Ibuki est maintenu en seconde ligne, ne rejoignant les Philippines qu’en juin 1950 pour appuyer l’avancée des troupes japonaises dans l’archipel. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais gravement.

Réparé le croiseur lourd est engagé dans les Salomons où il est plus sérieusement endommagé par l’aviation américaine. Il est ainsi immobilisé pour réparations à Rabaul de septembre 1951 à janvier 1952.

Il participe à la bataille de la mer de Corail les 4 et 5 février 1952 puis à la campagne de Nouvelle-Guinée, échappant de peu à la destruction.

Il à moins de chance aux Philippines quand les américains reprennent pied dans l’archipel en mars 1953.

Après avoir bombardé de nuit plusieurs aérodromes récemment pris par les américains, détruisant une dizaine d’avions, le croiseur se replie à grande vitesse pour être hors de portée de l’aviation embarquée.

Au cours d’une embardée, il arrive à porter de tir d’un sous-marin américain qui largue une gerbe de quatre torpilles. Trois projectiles touche le croiseur lourd qui coule rapidement, emportant 600 des 950 membres d’équipage. Les survivants vont dériver plusieurs jours avant d’être récupérés par les américains.

L’Asama

-L’Asama est mis sur cale au Sasebo Kaigun Kosho le 8 juin 1942 lancé le 14 décembre 1944 et mis en service le 29 mars 1946.

Il opère principalement avec son sister-ship Ibuki, subissant un premier grand carénage d’octobre 1949 à avril 1950, manquant donc le début du conflit puisque n’étant à nouveau opérationnel qu’en juin 1950 après une nouvelle avarie de machine.

Il opère tout d’abord en Malaisie et aux Indes Néerlandaises. Sérieusement endommagé par une torpille d’un sous-marin néerlandais, le croiseur lourd doit rentrer au Japon en février 1951 et subir six mois de réparations jusqu’en août.

A nouveau opérationnel en octobre 1951, il est engagé dans la bataille de la mer de Corail où il est légèrement endommagé. Il à moins de chance six mois plus tard.

Mouillé à Rabaul, il est coulé par l’USAAF qui lance le 8 août 1952 une attaque aérienne massive contre le port sous contrôle japonais avec 120 B-17 et B-24 qui provoquent de sévères dégâts sur les installations.

Le croiseur lourd participe à la défense avec la DCA mais encaisse quatre bombes et chavire, coulant par petits fonds. Irrécupérable, le croiseur à perdu 170 hommes sur 850 reste ainsi jusqu’à la prise du port par les américains en novembre 1952. L’épave est remorquée au large et coulée en eaux profondes.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 13800 tonnes pleine charge 16028 tonnes

Dimensions : longueur : 202.8m largeur : 18.92m tirant d’eau : 6m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Kampon alimentées par 10 chaudières Kampon développant une puissance totale de 152000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 34 noeuds distance franchissable : 8000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture de 100mm pont 35 à 60mm tourelles 76 à 100mm

Tourelles doubles de 203mm croiseur lourd Takao Japon

Tourelles doubles de 203mm du croiseur lourd Takao

Armement : 10 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en cinq tourelles doubles (trois avant et deux arrières),12 canons de 127mm (5inch) type 89 (modèle 1929) en six affûts doubles, 16 canons de 25mm en huit affûts doubles (nombre porté ensuite à 24 puis à 36).

Aviation : deux catapultes et trois hydravions

Equipage : 850 hommes

Croiseurs lourds classe Aso

Avant-propos

Comme nous l’avons vu à propos des Ibuki, au début des années quarante, la marine japonaise entame le remplacement de ses premiers croiseurs lourds par des navires plus puissants et surtout plus modernes, sa rivale américaine ne faisant pas autrement, retirant du service les Pensacola et les Northampton au profit des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs heavy cruiser du monde en compagnie des Saint Louis de la Royale.

Les Ibuki sont construits entre 1942 et 1946. Durant cette période, différents projets sont étudiés pour remplacer les Aoba. Ils oscillent entre un modèle entièrement nouveau, une redite des Ibuki ou une nouvelle évolution des Mogami.

Ce n’est qu’en juin 1946 que les Aso sont commandés. Ils s’inspirent clairement des Ibuki mais marquent un changement en matière d’armement avec seulement huit canons de 203mm.

La DCA est puissante, des radars sont prévus dès l’origine ce qui n’empêche pas le maintien des installations d’hydraviation.

Huit navires sont commandés en juin 1946, navires baptisés Aso Azuma Izumo Kasuga Nisshin Tokiwa Yokumo et Iwate mais comme nous le verrons seulement cinq seront mis en service.

Carrière opérationnelle

L’Aso

L’Aso est mis sur cale au Yokosuka Kaïgun Kosho le 17 juin 1946 lancé le 30 janvier 1948 et mis en service le 12 mars 1949.

Stationné à Yokosuka, le croiseur lourd opère avec l’Izuma pour préparer le conflit à venir contre les puissances occidentales.

Il participe à l’expédition contre Pearl-Harbor, couvrant les porte-avions contre une partie de la flotte américaine. Après des échanges d’artillerie confus, les deux flottes se retirent, retardant la «bataille décisive».

Après quelques mois au Japon à parfaire son entrainement, l’Aso est engagé aux Salomons où il est endommagé à plusieurs reprises mais pas suffisamment pour ne pas participer à l’offensive contre la Nouvelle-Calédonie.

Le 7 octobre 1951, l’Aso encaisse deux torpilles lancées par un sous-marin américain. Le navire donne rapidement de la bande puis se stabilise. Un destroyer tente de le prendre en remorque mais une alerte aérienne oblige le dit destroyer à larguer la remorque pour échapper aux bombardiers américains.

Quand le destroyer revient sur zone, l’Aso à disparu emporté par les flots ce que confirmeront les 570 survivants du navire.

L’Izumo

-L’Izumo est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 8 septembre 1946 lancé le 15 mars 1948 et mis en service le 8 juillet 1949.

L’Izumo passe les huit derniers mois le séparant du conflit à s’entrainer avec son sister-ship Aso. Ils participent à l’expédition contre Pearl Harbor, couvrant les six porte-avions d’où partirent les chasseurs, les bombardiers en piqué et les avions-torpilleurs qui allaient frapper la Pacific Fleet au nid.

L’opération terminée, le croiseur lourd rallie Wake pour renforcer la petite escadre chargée de s’emparer de l’île. C’est chose faite fin juillet et l’Izumo peut rentrer au Japon pour entretien et repos de l’équipage.

A nouveau opérationnel début 1951, le croiseur lourd participe à la campagne des Salomons, étant endommagé légèrement à plusieurs reprises. Il est plus sérieusement endommagé lors de l’offensive contre la Nouvelle-Calédonie. Il rentre sur une jambe ou plutôt sur une hélice au Japon où les réparations vont l’y immobiliser jusqu’en mai 1952.

A nouveau opérationnel, le croiseur lourd reste au Japon jusqu’en avril 1953 quand il est engagé contre la flotte d’invasion américaine engagée dans les Carolines et les Mariannes.

Le 12 avril 1953, un sous-marin en maraude lance trois torpilles. Une seule frappe mais elle est suffisante pour envoyer le croiseur lourd par le fond, laissant 560 survivants sur 900 membres d’équipage.

Le Azuma

-Le Azuma est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 14 septembre 1947 lancé le 5 mai 1949.

En achèvement à flot le 21 mars 1950, l’Azuma est mis en service le 6 juin 1950 après que les travaux furent accélérés (la mise en service était initialement prévue en septembre).

Il reste au Japon jusqu’en mars quand il rallie les Salomons pour participer à la terrible campagne du même nom.

Endommagé à plusieurs reprises, il est réparé et disponible pour la bataille de la mer de Corail au cours de laquelle il est coulé par l’aviation embarquée américaine qui l’envoie par le fond à l’aide de huit bombes et six torpilles. 350 survivants sont récupérés par les destroyers japonais et ramenés à bon port.

Le Kasuga

-Le Kasuga est mis sur cale au Sasebo Kaigun Kosho le 8 novembre 1947 lancé le 17 juillet 1949 et donc toujours en achèvement à flot le 21 mars 1950. La mise en service à lieu le 12 septembre 1950 avec trois mois d’avance sur le calendrier initial.

Engagé aux Salomons, le croiseur lourd est endommagé par une mine ce qui lui impose trois mois de réparations au Japon (août-novembre 1951). A nouveau opérationnel, il participe à la campagne de Nouvelle-Guinée où il est à nouveau endommagé mais cette fois par l’aviation.

Rentré au Japon en décembre 1952, il est immobilisé pour réparations jusqu’en mai 1953. Il reste cependant au pays, le manque de carburant paralysant peu à peu la marine impériale.

Endommagé à plusieurs reprises par des bombes, il est encore miraculeusement à flot en septembre 1954. Saisi par les américains, le croiseur lourd est sacrifié durant l’opération Crossroads, la campagne d’expérimentation atomique menée à Bikini.

Le Iwate

-Le Iwate est mis sur cale au chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 4 janvier 1950. Toujours en construction en mars 1950, il était alors achevé à 7%. Les travaux se poursuivent mais à une vitesse telle que le 14 juin 1953, le navire était encore sur cale. Il est détruit lors d’un bombardement aérien américain.

Le Nisshin

-Le Nisshin est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 14 mars 1949 lancé le 8 septembre 1950 et mis en service le 21 décembre 1952.

Victime de la pénurie de carburant, le Nisshin est bloqué au Japon, attendant probablement l’invasion américaine pour connaître l’odeur de la poudre.

Cette invasion n’aura jamais lieu. Le croiseur lourd est endommagé par plusieurs bombes mais toujours à flot quand les américains prennent pied au Japon pour entamer son occupation. Ironie du sort, il coule par petit fond à Yokosuka après l’arrivée des américains sans que l’on sache si il s’agit d’un sabotage ou d’un accident.

Remis à flot, le navire est capable de reprendre la mer. Il va servir de janvier 1955 à mars 1956 à rapatrier soldats et prisonniers japonais. Un temps la Chine réclame son transfert comme dommage de guerre mais au final le navire sera démantelé au Japon courant 1958.

Le Tokiwa

-Le Tokiwa est mis sur cale au Yokohama Kaïgun Kosho le 8 janvier 1951 et lancé le 14 septembre 1952.

Son achèvement en croiseur lourd est suspendu puis abandonné en mars 1953. Il doit être achevé en porte-avions léger mais les travaux sont gênés par le manque de ressources et d’ouvriers qualifiés.

Résultat quand le Japon capitule, le Tokiwa n’est toujours pas achevé. Il sert de bâtiment-dépôt pour les américains jusqu’en septembre 1958 quand il est vendu à la démolition et démantelé.

Le Yokumo

-Le Yokumo est mis sur cale au Sasebo Kaïgun Kosho le 14 juin 1951 et lancé le 17 mars 1953. Les travaux sont perturbés par le manque de ressources, de main d’oeuvre à quoi il faut ajouter les bombardements aériens américains.

En août 1954, le Yokumo est largement inachevé. A ce rythme, les responsables de l’Arsenal espérait pouvoir le mettre en service en mars 1955.

Privé de ses tourelles et des (rares) canons embarqués, le Yokumo reste mouillé comme brise-lames à l’extérieur de l’Arsenal de Sasebo. En mars 1962, il est remorqué au large et utilisé comme cible de tir lors d’un exercice de tir de la 7ème flotte.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 13500 tonnes pleine charge 15990 tonnes

Dimensions : longueur : 202.8m largeur : 18.92m tirant d’eau : 6m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Kampon alimentées par 10 chaudières Kampon développant une puissance totale de 152000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 34 noeuds distance franchissable : 8000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture de 100mm pont 35 à 60mm tourelles 76 à 100mm

Affût double de 127mm cuirassé Nagato Japon.jpg

Affût double de 127mm type 89 à bord du cuirassé Nagato

Armement : 8 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en quatre tourelles doubles (trois avant et deux arrières),12 canons de 127mm (5inch) type 89 (modèle 1929) en six affûts doubles, 36 canons de 25mm en neuf affûts doubles (nombre porté ensuite à 24 puis à 36).

Aviation : deux catapultes et trois hydravions

Equipage : 850 hommes

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