Japon (26) Croiseurs lourds (3)

Croiseurs lourds classe Mogami

Avant-propos

Le traité de Washington du 6 février 1922 limitait les caractéristiques unitaires d’un navire mais limitait également le tonnage global dans une catégorie donnée comme les porte-avions.

Dans le domaine du croiseur, le navire ne devait pas dépasser 10000 tonnes et ne pas être armés de canons d’un calibre supérieur à 203mm.

Le traité de Londres (1930) précisa les choses en identifiant les croiseurs comme des navires allant de 1850 à 10000 tonnes, la catégorie A regroupant les croiseurs armés de canons de 155 à 203mm et la catégorie B regroupant les croiseurs armés de canons d’un calibre inférieur à 155mm (généralement 140 et 152mm).

Le Japon ayant atteint les limites de son contingent de croiseur lourd mais ayant encore des besoins imagina construire des croiseurs de 8500 tonnes armés de canons de 155mm et pouvant ultérieurement être armés de canons de 203mm.

Le chavirage du torpilleur Tomozuru le 12 mars 1934 montra les limites des navires japonais surchargés d’armes et à la stabilité imparfaite. Les plans des futurs Mogami furent donc révisés pour améliorer la stabilité mais après les essais en 1935, la coque du Mogami fût si éprouvée qu’il fallut immobiliser les croiseurs «lourds-légers» entre 1936 et 1938 pour résoudre les problèmes structurels et de stabilité.

En décembre 1934, le Japon dénonce le traité de Washington et reprend donc sa liberté en matière de construction navale. Il faudra cependant attendre le début des années quarante pour que les canons de 155mm soient remplacés par des canons de 203mm.

Carrière opérationnelle

Le Mogami

IJN Mogami

Le Mogami encore équipé de ses canons de 155mm

-Le Mogami est mis sur cale au Kure Kaïgun Kosho le 27 octobre 1931 lancé le 14 mars 1934 et mis en service le 28 juillet 1935.

Comme nous l’avons vu plus haut, la mise au point des Mogami à été longue et compliquée, le navire tête de série devant être immobilisée entre 1936 et 1938 pour régler les problèmes de stabilité avec notamment l’extension des ballasts.

Remis en service au printemps 1940, le Mogami est immobilisé quelques mois plus tard pour remplacer ses quinze canons de 155mm par dix canons de 203mm en cinq tourelles doubles (trois à l’avant et deux à l’arrière).

Il subit un grand carénage en 1944/45 en compagnie du Suzuya et un petit carénage à l’automne 1948 (réfection de la coque et renforcement des structures, révision de la propulsion, augmentation de la DCA).

Quand le Japon entre en guerre, le Mogami est pleinement opérationnel. Il couvre les porte-avions engagés dans l’expédition contre Pearl Harbor. Suite à l’accrochage contre une partie de la flotte américaine, le Mogami est encadré à plusieurs reprises mais les dégâts sont limités.

Rentré au Japon, le croiseur est engagé l’année suivante dans les Salomons dans une éprouvante campagne de six mois.

Si cuirassés et porte-avions participent à cette campagne ce sont les les croiseurs et les destroyers vont supporter l’essentiel de l’effort et donc des pertes.

Le 14 juin 1951, des croiseurs et des destroyers américains et japonais s’affrontent dans les Salomons. Le Mogami est sévèrement étrillé par le USS Phoenix (CL-46), encaissant douze obus de 6 pouces qui ravagent les superstructures et provoquent trois voies d’eau.

Le navire s’extirpe du combat mais c’est une bête blessée à mort qui s’éloigne du fracas des combats. Si il échappe à l’aviation américaine grâce à un grain providentiel, le croiseur finit par sombrer, laissant 400 survivants sur 850 officiers et marins.

Le Mikuma

IJN Mikuma 8.jpg

-Le Mikuma est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 24 décembre 1931 lancé le 31 mai 1934 et mis en service le 29 août 1935.

Connaissant les mêmes problèmes de stabilité que le Mogami, le Mikuma doit subir des travaux en 1936/38 avant d’être considéré comme opérationnel. A l’été 1940, il troque ses quinze canons de 155mm (cinq tourelles triples) contre dix canons de 203mm (en cinq tourelles doubles).

Il subit un grand carénage en 1945/46 et de petits travaux complémentaires à la fin de l’automne 1949.

Pleinement opérationnel en mars 1950, le Mikuma participe à la campagne des Philippines où il assure différentes missions comme la neutralisation de l’Asiatic Fleet ou l’appui-feu des troupes au sol. Il ressort indemne de cette campagne.

Rentré au Japon, le croiseur lourd reste un temps en réserve avant d’effectuer une croisière opérationnelle dans le Golfe de Thaïlande ainsi que l’appui aux troupes japonaises occupant la Malaisie, les Indes Néerlandaises et Singapour.

Stationné à Singapour jusqu’en juin 1951, le croiseur lourd rallie ensuite la Nouvelle-Guinée, opérant depuis Rabaul.

Les 4 et 5 février 1952 à lieu la bataille de la mer de Corail. Au cours de cette bataille, le Mikuma est coulé par l’action combinée des croiseurs et des destroyers américains engagés dans cette bataille majeure de la guerre dans le Pacifique.

Après avoir encaissé six obus de 8 pouces, dix obus de 5 pouces et quatre obus de 6 pouces, le croiseur lourd s’incline sur babord. Au trois quart chaviré, le croiseur lourd est foudroyé par une terrible explosion qui l’envoie au fond de la mer de Corail, ne laissant que 317 survivants sur 850 membres d’équipage.

Le Suzuya

IJN Suzuya 1944.png

-Le Suzuya est mis sur cale au Yokosuka Kaïgun Kosho le 11 décembre 1933 lancé le 20 novembre 1934 et mis en service le 31 octobre 1937.

Contrairement aux deux premiers, le Suzuya n’à pas besoin de travaux complémentaires après mise en service. Il est néanmoins immobilisé au printemps 1940 pour remplacer ses canons de 155mm par des canons de 203mm.

Après avoir subit un grand carénage en 1944/45, le troisième croiseur lourd classe Mogami subit des travaux à l’automne 1948 (réfection de la coque, modernisation de la DCA, retubage de l’artillerie principale).

Le Suzuya est engagé dans l’opération contre la Malaisie, les Indes Néerlandaises et Singapour, participant à la bataille du Golfe de Thaïlande au cours de laquelle il est légèrement endommagé par des obus britanniques.

Rentré au Japon en avril 1950, le croiseur lourd est réparé. A nouveau opérationnel à l’été, le croiseur lourd est déployé à Formose pour renforcer les défenses de l’île conquise à la fin du XIXème siècle.

Suite aux pertes importantes dans les Salomons, le Suzuya rallie cet endroit inhospitalier en mai 1951, couvrant des convois japonais et tentant de stopper les convois américains. Il est légèrement endommagé à plusieurs reprises ce qui nécessite un retour au Japon.

Resté dans l’archipel jusqu’en février 1953, le croiseur lourd est engagé aux Philippines contre la marine américaine.

Cet engagement lui sera fatal puisque le 14 mars 1953, le Suzuya est surpris par des croiseurs et des destroyers américains.

A la suite d’un duel confus et longtemps indécis, le Suzuya finit par couler après avoir été touché par plusieurs torpilles et des obus de différents calibres. 325 officiers et marins parviennent à quitter le navire avant son naufrage définitif.

Le Kumano

Kumano.jpg

-Le Kumano est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 5 avril 1934 lancé le 15 octobre 1936 et mis en service le 31 octobre 1937. A l’automne 1940, le croiseur lourd troque ses canons de 155mm contre des canons de 203mm.

Il subit un grand carénage en 1946/47 et des travaux complémentaires en janvier et février 1950, ces travaux étant destinés à préparer le croiseur lourd à la guerre.

Le Kumano reste en seconde ligne durant les premières opérations du conflit. Il connait son baptême du feu dans les Salomons, étant endommagé à plusieurs reprises par des bombes et des mines. Il doit rentrer au Japon en septembre 1951 pour six mois de réparations jusqu’en mars 1952.

A nouveau opérationnel en juin 1952, il est engagé en Nouvelle-Guinée où il échappe de peu à la destruction.

Engagé dans la deuxième campagne des Philippines, le Kumano est coulé en baie de Manille par l’aviation embarquée américaine le 10 mars 1953, deux jours après le premier débarquement américain.

Le croiseur lourd reçoit huit bombes et deux torpilles, chavire, entrainant les deux tiers de son équipage. L’épave est relevée en 1960 et démolie, les corps étant rapatriés au Japon.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 12400 tonnes pleine charge 15057 tonnes

Dimensions : longueur : 200.6m largeur : 18.92m tirant d’eau : 6m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Kampon alimentées par 10 (Mogami et Mikuma) ou 8 (Suzuya et Kumano) dévellopant une puissance totale de 152000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 35 noeuds distance franchissable : 7000 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture de 100mm pont 35 à 60mm tourelles 76 à 100mm

Armement : (Origine) 15 canons de 155mm modèle 1930 en cinq tourelles triples (deux avant et trois arrière), 8 canons de 127mm (5inch) type 89 (modèle 1929) en quatre affûts doubles, 4 canons de 40mm et 12 tubes lance-torpilles en quatre plate-formes triples. La torpille de 610mm Type 90 pèse 2605kg avec une charge militaire de 375kg et peut toucher une cible à 15000m (35 noeuds) 10000m (42 noeuds) et 7000m (46 noeuds).

(Après refonte) 10 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en cinq tourelles doubles (trois avant et deux arrières),8 canons de 127mm (5inch) type 89 (modèle 1929) en quatre affûts doubles, 8 canons de 25mm et 4 mitrailleuses de 13.2mm et 12 tubes lance-torpilles en quatre plate-formes triples.

Aviation : deux catapultes et trois hydravions

Equipage : 850 hommes

Croiseurs lourds classe Tone

Avant-propos

Les deux croiseurs lourds de classe Tone sont des navires hybrides. Les Tone et Chikuma sont à la fois l’évolution technique des Mogami mais également des navires répondant à un besoin différent.

En effet là où les Mogami étaient conçus comme des navires de combat destinés à opérer en avant de l’escadre dans une hypothétique «bataille décisive», les Tone ont été conçus comme des croiseurs-éclaireurs.

Un point tactique. En matière de reconnaissance et de détection des navires ennemis, les japonais employaient les hydravions catapultés depuis les cuirassés et les croiseurs à la différence des américains qui avaient conceptualisé le concept du bombardier-éclaireur ou Scout Bomber, le Dauntless étant le Scout Bomber Douglas ou SBD.

Les installations d’hydraviation étant encombrantes, les japonais comme les suédois avec le Gotland vont concentrer les catapultes, les rails et les grues sur une plage arrière largement dégagée. L’artillerie principale était réduite à huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles concentrées à l’avant. La DCA était composée de canons de 25 et de 127mm, actant du déclassement des mitrailleuses dans la défense contre-avions.

La protection était excellente, les superstructures comparables à celle des Mogami, la distance franchissable portée à 8000 miles nautiques à 15 nœuds.

Carrière opérationnelle

Le Tone

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-Le Tone est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 1er décembre 1934 lancé le 21 novembre 1937 et mis en service le 20 novembre 1938.

Le croiseur est engagé en Chine jusqu’en 1943, servant à la fois de transport, de navire de commandement voir de navire d’appui-feu quand ses canons étaient en mesure de frapper les troupes chinoises qui devaient à cet instant regretter l’absence d’une marine digne de ce nom.

Le Tone subit une première refonte de septembre 1943 à mai 1944 puis une deuxième de septembre 1947 à juin 1948, les travaux consistant à chaque fois dans la remise en état complet de l’appareil propulsif (avec le changement des chaudières lors de la deuxième refonte), l’inspection de la coque et son renforcement, le remplacement des catapultes (première et deuxième refonte, par des catapultes plus puissantes et plus modernes), l’augmentation de la DCA sans compter l’indispensable remise en état des locaux-vie.

Quand la guerre éclate sur le théâtre Asie-Pacifique, le Tone est pleinement opérationnel, participant à la campagne Malaisie-Indes Néerlandaises-Singapour. Il est d’ailleurs engagé dans la bataille du Golfe de Thaïlande, les hydravions du Tone participant au répérage de la flotte alliée.

Il est endommagé par des obus et par une torpille qui lui impose plusieurs de mois de réparations au Japon (avril-juillet 1950), le croiseur participe à la suite et à la fin de cette campagne qui voit la chute des colonies françaises, britanniques et néerlandaises en Extrême-Orient.

Rentré au Japon en mars 1951, le croiseur lourd subit des travaux de remise en état et de modernisation qui vont l’immobiliser à Yokosuka jusqu’en juin quand le croiseur lourd est envoyé dans les Salomons comme navire de commandement, restant déployé jusqu’à la fin de la campagne.

Replié sur Rabaul, il continue à servir de croiseur-éclaireur jusqu’en septembre 1952 quand il est ramené au Japon pour être transformé en croiseur antiaérien. Les installations d’hydraviation sont débarquées au profit de radars et d’un grand nombre de canons antiaériens, les canons de 127mm passant de huit à seize en affûts doubles, les canons de 25mm dont le nombre avait déjà été porté de 12 à 48 passant à 96.

Remis en service en mars 1953, il n’est pourtant pas engagé aux Philippines, restant au Japon probablement en raison du manque de carburant.

Le 7 février 1954, les américains débarquent à Formose (opération Gloves). Une escadre japonaise composée du cuirassé Yamato, du croiseur Tone et de huit destroyers est envoyée pour repousser la flotte d’invasion, une flotte nettement plus puissante.

Rapidement repérée par un sous-marin, l’escadre est attaquée une première fois le 11 février 1954 et si le premier assaut échoue, les deux suivants prélèvent deux destroyers (un coulé et un tellement endommagé qu’il doit être sabordé).

C’est alors au tour de l’aviation embarquée de se manifester, l’escadre perdant un destroyer alors que le Tone touché par trois bombes perd une partie non négligeable de ses capacités opérationnelles.

Le 13 février 1954 à lieu un affrontement entre le Yamato, le Tone, cinq destroyers et une escadre américaine composée de quatre cuirassés. Le combat est indécis, incertain mais finit par tourner logiquement en faveur des américains.

Le Tone déjà éclopé finit par encaisser huit obus de gros calibre qui le transforme en une annexe de l’enfer. En quelques minutes il chavire, emportant dans ses flancs 550 de ses 900 membres d’équipage. L’épave n’a à ce jour jamais été retrouvée.

Sur l’escadre parti le 7 février de Sasebo, seuls trois destroyers ont pu rentrer au pays du soleil levant.

Le Chikuma

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-Le Chikuma est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 1er octobre 1935 lancé le 19 mars 1938 et mis en service le 20 mai 1939.

En compagnie du Tone, le Chikuma participe aux opérations en Chine jusqu’en septembre 1943. De juin 1944 à mars 1945 puis de juillet 1948 à février 1949, le Chikuma est immobilisé pour refonte, subissant des travaux similaires à ceux de son sister-ship.

Le Chikuma est engagé en Indochine après le torpillage de l’Aoba par un sous-marin français, le croiseur lourd effectuant des transports rapides et l’appui-feu des troupes au sol. Symboliquement, le croiseur lourd est le premier navire majeur à mouiller dans la base navale capturée de Cam-Ranh.

L’Indochine succombe en décembre 1950 (Saigon tombe le 17) et le croiseur lourd est déployé en Thaïlande. Il passe ensuite dans le sud de la Birmanie, étant endommagé par l’aviation britannique en mai 1951.

Le croiseur lourd se replie sur Singapour et le Chikuma va y rester déployé jusqu’en juillet 1952 quand le croiseur lourd rentre au Japon pour être transformé en croiseur antiaérien, les travaux étant menés de septembre à décembre 1952.

A nouveau opérationnel, il est engagé dans la campagne Carolines-Mariannes qui débute en avril 1953 en compagnie de l’Izumo. Si le premier est torpillé par un sous-marin américain, le Chikuma ironie du sort va être coulé par l’aviation embarquée américaine le 9 avril 1953.

Trois vagues d’assaut engagées près de 200 chasseurs, bombardiers en piqué et avions-torpilleurs vont s’acharner sur le croiseur lourd qui encaisse au minimum six bombes et deux torpilles. Ravagé par les incendies, le Chikuma est foudroyé par l’explosion de ses munitions, le sister-ship du Tone coulant rapidement, entraînant 600 de ses 850 membres d’équipage.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 11394 tonnes pleine charge 15443 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 201.5m (entre perpendiculaires) 189.1m largeur : 18.5m tirant d’eau : 6.47m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Kampon alimentées par 8 chaudières Kampon développant une puissance totale de 152000ch et entraînant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 9000 miles nautiques à 18 noeuds.

Protection : ceinture blindée 100mm machines 102mm soutes à munitions 127mm tourelles 20mm.

Armement : (origine) huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles à l’avant, huit canons de 127mm en quatre affûts doubles, douze canons de 25mm et douze tubes lance-torpilles en quatre plate-formes triples.

(croiseur antiaérien) huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles à l’avant, seize canons de 127mm en huit affûts doubles, quatre-vingt seize canons de 25mm en vingt-quatre affûts quadruples et six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples.

Aviation : deux catapultes et cinq hydravions même si en théorie huit hydravions pouvaient être embarqués. Pas de hangar. Installations débarquées lors de la transformation en croiseur antiaérien.

Equipage : 850 officiers et marins

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