Japon (24) Croiseurs lourds (1)

CROISEURS LOURDS

Avant-propos

Héritier de la frégate de la marine à voile, le croiseur à été conçu comme un vecteur de combat indépendant, un navire rapide, bien armé et endurant destiné à attaquer les lignes de communication ennemies, à protéger ses lignes de communication, à mener des missions de reconnaissance, d’escorte de convois…… .

Au XIXème siècle, on trouva des croiseurs légers, des croiseurs éclaireurs, des croiseurs de station et enfin des croiseurs cuirassés qui connurent leur apogée à la fin du 19ème siècle avant de décliner peu à peu, le premier conflit mondial montrant leur tragique inaptitude au combat, les derniers armoured cruiser quittant le service au cours des années vingt.

Si certaines marines commencèrent à les remplacer par des croiseurs légers avant même le premier conflit mondial, le véritable remplaçant du croiseur cuirassé fût le croiseur lourd ou croiseur Washington.

Ce type de navire comme on l’à vu est destiné à remplacer le cuirassé comme maître-étalon des forces navales. Au sein de la marine japonaise, ce type de navire est conçu en vue de la bataille décisive contre l’US Navy. Il fallait donc des navires endurants (pour faire face à l’élongation de ce théâtre d’opérations) mais également bien protégés et surtout supérieurement armés.

Le traité de Washington de 1922 n’avait pas limité le tonnage global des croiseurs, il faut attendre pour cela un accord particulier américano-anglo-japonais signé en même temps que le premier traité de Londres, cet accord donnant 108400 tonnes de croiseurs lourds au Japon.

Entre-temps, la marine impériale japonaise à construit des croiseurs lourds toujours plus puissants armés de canons de 8 pouces (203mm), entamant une nouvelle course avec l’US Navy.

Le Japon construit successivement deux navires de classe Furutaka, deux navires de classe Aoba, quatre navires de classe Myoko, quatre navires de classe Takao, portant sa flotte de heavy cruiser à douze unités.

Selon les termes de l’accord lié au traité de Londres, le Japon avait atteint le plafond du tonnage accordé mais le nombre d’unités était jugé insuffisant. Le Japon décide de ruser en construisant des croiseurs légers pouvant être transformés dès possible en croiseurs lourds c’est à dire dès la dénonciation des traités que le Japon n’à jamais vraiment accepté.

C’est l’acte de naissance des Mogami, une classe de quatre navires armés de quinze canons de 155mm remplacés au milieu des années quarante par dix canons de 203mm en cinq tourelles doubles.

En 1934, le Japon dénonce les traités de Washington et de Londres, se libérant de toutes contraintes légales en matière de construction navale. La Nihon Kaigun reprend la construction de croiseurs lourds avec es deux unités de classe Tone, des navires conçus comme croiseurs-éclaireurs avec un armement principal concentré à l’avant et une plage arrière consacrée aux installations d’hydraviation pour l’éclairage (deux catapultes et six hydravions).

En septembre 1939, quand éclate la guerre de Pologne, la marine japonaise dispose de quatorze croiseurs lourds à canons de 8 pouces auxquels on peut ajouter les croiseurs de classe Mogami armés de canons de 155mm qui ne tardent à recevoir l’armement prévu dès l’origine.

Durant la Pax Armada,de nouveaux croiseurs lourds sont construits avec deux unités de classe Ibuki, des navires inspirés des Mogami avec le même armement principal, une DCA et un système propulsif plus puissant.

Aux Ibuki succède une nouvelle classe de croiseurs lourds dérivés également des Mogami avec une forme de coque semblable. Initialement son armement devait être composé comme sur les Baltimore de neuf canons de 203mm en tourelles triples mais au final ils vont être armés de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles.

Huit navires sont commandés en juin 1946 pour remplacer les quatre croiseurs lourds les plus anciens et pour augmenter la flotte de croiseurs lourds japonais. Deux sont en service en mars 1950 plus en achèvement à flot. Au final ces quatre là seront mis en service suivis d’un cinquième sur cale au moment de Pearl Harbor. Les trois autres ne seront jamais mis en service.

Croiseurs lourds classe Furutaka

Avant-propos

Assimilés à des croiseurs type Washington, les Furutaka n’en sont pas vraiment. Ils sont certes rapides (33 nœuds), peu protégés (résistance maximale aux obus de 150mm) et armés de six canons de 8 pouces (ici 200mm en tourelles simples) mais ils ont été conçus avant la signature du premier traité de limitation des armements navals.

Carrière opérationnelle

Le Furutaka

CA Furutaka 1939

-Le Furutaka est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 5 décembre 1922 lancé le 25 février 1925 et mis en service le 31 mars 1926.

Affecté à la 5ème division de croiseurs, il est mis en réserve en décembre 1931 en vue d’être refondu à l’Arsenal de Kure en 1932/33, étant ensuite remis en service au sein de la 6ème division de croiseurs, subissant une nouvelle refonte entre 1937 et 1939.

Il reste en service jusqu’au 14 septembre 1946 quand il est désarmé. Mouillé à Sasebo, en réserve, sa remise en service est étudiée mais abandonnée. Il est touché par plusieurs bombes américaines et finit par chavirer le 21 février 1954. L’épave est relevée en 1956 et démolie.

Le Kako

IJN Kako 1940.jpg

-Le Kako est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 17 novembre 1922 lancé le 10 avril 1925 et mis en service le 20 juillet 1926.

Formant la 5ème division de croiseurs avec le Furutaka, il y opère jusqu’en 1933, participant aux «événements de Chine».

Il subit une première refonte en 1929/30 avant de reprendre le service actif, opérant brièvement au sein de la 6ème division de croiseurs en 1933.

En réserve de novembre 1933 à décembre 1934, il reprend du service jusqu’à une refonte à Sasebo entre 1936 et 1939.

Il est désarmé en mars 1947 et mis en réserve à Kure. Comme son sister-ship, son réarmement est étudié en mars 1950 puis abandonné.

Il est endommagé à plusieurs reprises par des bombes avant d’être coulé par une nouvelle attaque aérienne le 24 mars 1954 lorsque des F4U Corsair placent deux bombes de 454kg qui achèvent le navire déjà sérieusement endommagé. Coulé droit, le navire est relevé en septembre 1955 puis démoli.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 8560 tonnes pleine charge 11273 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 185.17m largeur 16.93m tirant d’eau 5.6m

Propulsion : quatre groupes de turbines Parsons (Furutaka) ou Brown-Curtis (Kako) alimentées en vapeut par douze chaudières Kampon développant une puissance maximale de 103340ch et entraînant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 7900 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée 76mm ponts blindés 32 à 51mm tourelles de 203mm 38mm

Armement : (Origine) 6 canons de 200mm Type 3 (modèle 1914) (7.9 inch) en six affûts simples sous masque (trois avant et trois arrières), 4 canons de 80mm type 3 (modèle 1914) (3inch) en quatre affûts simples sous masque installés latéralement, 10 mitrailleuses de 13.2mm et 12 tubes lance-torpilles de 610mm en six affûts doubles

(Après refonte) 6 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), 4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque, 8 canons de 25mm et 8 mitrailleuses de 13.2mm et 8 tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples. La torpille de 610mm Type 93 pèse 2800kg avec une charge militaire de 780kg et peut toucher une cible à 15000m à 50 noeuds, à 25000m à 42 noeuds et 30000m à 38 noeuds.

Aviation : A la construction, une plate-forme à hydravions installée à l’arrière de la cheminée N°2 remplacées au cours de la grande refonte par une catapulte. Le groupe aérien se composait d’un ou deux hydravions.

Equipage : 639 officiers et marins

Croiseurs lourds classe Aoba

Avant-propos

Les deux unités de classe Aoba appartiennent au même programme que les précédents mais diffèrent sur certains points notamment l’armement puisqu’aux six canons de 200mm en affûts simples les Aoba préféraient six canons de 200mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière).

Les Aoba emportaient également une catapulte, un élément que ne possédaient pas les Furutaka, le Kinugasa étant d’ailleurs le premier navire de la marine japonaise à emporter ce vecteur qui résolu le décollage des hydravions.

Autre différence par rapport aux Furutaka, les Aoba étaient toujours en service en mars 1950…… .

Carrière opérationnelle

L’Aoba

IJN Aoba 1935

-L’Aoba est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 4 février 1924 lancé le 25 septembre 1926 et mis en service le 20 septembre 1927.

A son admission au service actif, l’Aoba est affecté à la 5ème division de croiseurs et ce jusqu’en 1933 avant de servir au sein des 6ème et 7ème division, étant le plus souvent de navire amiral.

Après avoir effectué plusieurs patrouilles au large de la Chine, Il subit une importante modernisation à l’Arsenal de Sasebo de 1938 à 1940 : nouveaux canons pour l’artillerie principale, renforcement de la DCA, nouveaux tubes lance-torpilles, système de conduite de tir plus modernes, nouvelle catapulte. Des bulges sont également installés pour améliorer la stabilité.

Remis en service en octobre 1940, il rejoint ainsi la 6ème division de croiseurs composée outre de l’Aoba des croiseurs lourds Kinugasa Furutaka et Kako.

Ils subit une nouvelle refonte entre septembre 1945 et mars 1946 à l’Arsenal de Sasebo pour lui permettre de tenir jusqu’à l’arrivée des nouveaux croiseurs lourds de classe Aso.

En mars 1950, il est toujours en service. Engagé en Indochine, il couvre le débarquement japonais du côté de Hué. Après avoir bombardé les défenses françaises et repoussé une attaque aérienne française (sans dommages), l’Aoba s’éloigne des côtes pour la nuit, craignant un raid de vedettes lance-torpilles.

Dans la nuit du 26 au 27 mars, une violente explosion secoue le vieux croiseur qui coule en quelques minutes. Dans un premier temps on pense à une explosion accidentelle mais en réalité, le coupable est un sous-marin français, le Thermidor (classe Phenix) qui parvint à lancer trois torpilles de 550mm.

Si une anguille se perdit, les deux dernières frappèrent le croiseur qui coule en quelques minutes, ne laissant que 150 survivants sur les 657 officiers et marins du croiseur.

Le sous-marin parvient à s’échapper, coulant le lendemain le ravitailleur d’hydravions Mizuho avant de se replier à Cam-Ranh où il fêta dignement son succès.

Le Kinugasa

IJN Kinugasa 4.jpg

-Le Kinugasa est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki de Kobé le 23 janvier 1924 lancé le 24 octobre 1926 et mis en service le 30 septembre 1927.

Le Kinugasa passa les premières années de sa carrière en Chine où le Japon accentue sa pression,son activité se limitant cependant à des patrouilles de présence sans action offensive par exemple contre la marine chinoise, marine inexistante. Comme l’Aoba, il subit une importante refonte à l’Arsenal de Sasebo de septembre 1937 à octobre 1940, date de son retour au service actif.

Il subit une nouvelle refonte d’avril à octobre 1946 pour lui permettre de servir encore quelques années, vraisemblablement 5-6 ans mais comme les porte-avions Akagi et Kaga censés avoir été remplacés avant le début du conflit contre les américains, les Aoba sont toujours en service.

A la différence de l’Aoba engagé dès le début du conflit, le Kinugasa reste au Japon, une avarie de machine l’obligeant à rester à Sasebo pour réparer.

A nouveau opérationnel à l’été 1950, le croiseur manque de peu d’être torpillé par un sous-marin américain en maraude au large des côtes du Japon ce qui à l’époque n’est pas courant.

Engagé dans les Salomons, le Kinugasa est coulé dans la nuit du 4 au 5 avril 1951 lors d’un affrontement entre croiseurs et destroyers américains et japonais. Le vieux croiseur encaisse une vingtaine d’obus de 127mm et une demi-douzaine d’obus de 203mm, transformant le navire en une annexe de l’enfer. Il coule à l’aube, emportant 350 de ses 657 membres d’équipage, rejoignant le détroit au fond de ferraille (Ironbottom Sound).

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 8738 tonnes pleine charge 11660 tonnes (d’autres sources donnent respectivement 7213 et 9042 tonnes)

Dimensions : longueur (hors tout) 185.87m (entre perpendiculaires) 177.48m largeur 15.83m tirant d’eau : 5.7m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Parson pour l’Aoba et Curtis pour le Kinugasa alimentées en vapeur par douze chaudières Kampon développant une puissance maximale en service courant de 102000ch et entraînant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 34.5 noeuds distance franchissable 6000 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée 76mm ponts blindés 32 à 51mm tourelles de 203mm 38mm

Armement : (A la construction) 6 canons de 200mm Type 3 (modèle 1914) (7.9 inch) en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières), 4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque, 8 canons de 25mm et 4 mitrailleuses de 13.2mm et 12 tubes lance-torpilles de 610mm en six affûts doubles

(Après refonte) 6 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), 4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque, 12 canons de 25mm en six affûts doubles et quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles au lieu d’un seul affût simple, 8 tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples.

Aviation : une catapulte installée entre le rouf arrière et la tourelle III de 203mm pour un ou deux hydravions

Equipage : 657 officiers et marins

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