Japon (18) Cuirassés et Croiseurs de bataille (2)

Croiseurs de bataille classe Kongo

Kongo (1913) 2

En guise d’avant-propos

En 1904, l’amiral Fisher devient premier lord de l’amirauté. Arrivé à la tête d’une belle endormie, d’une marine consciente de sa puissance mondiale (britannia rules the waves), le bouillant lord Fisher ru dans les brancards, mettant de nombreux navires à la retraite et surtout innovant dans de nombreux domaines, imposant par exemple la turbine.

Surtout il va concrétiser deux concepts qui vont révolutionner la guerre navale, le cuirassé à artillerie principale monocalibre (All Big Guns Battleship) personnalisé par le HMS Dreadnought dont le nom devint un nom commun et le croiseur de bataille ou battlecruiser.

Fasciné par la bataille de Tsushima, par la vitesse des cuirassés japonais, lord Fisher eut l’idée d’un cuirassé rapide, capable de frapper et de se replier en profitant de sa vitesse supérieure selon l’adage «Speed is armor» .

Ce choix de sacrifier la protection au profit de la vitesse et de l’armement s’expliquait aussi par l’impossibilité à l’époque d’obtenir un cuirassé rapide, bien armé et bien protégé.

Dans l’esprit de Lord Fisher, les croiseurs de bataille devaient frapper les éclaireurs ennemis mais surtout pas opérer dans la ligne comme des cuirassés hétérodoxes. Une mauvaise utilisation et des règles de sécurité inappropriées explique la perte de trois croiseurs de bataille à la bataille du Jutland et la fin de la mode du croiseur de bataille.

Avant que cette bataille ne porte un coup quasi-mortel au battlecruiser, ce concept fit école en Grande-Bretagne, en Allemagne (en dépit des réticences de l’amiral Tirpitz) mais également au Japon, influence britannique oblige.

En 1911, la Diète vote les financements nécessaires à la construction de quatre croiseurs de bataille. Les plans ont été dessinés par sir Thomas Thurston de la société Vickers. Ce dernier part du HMS Lion alors en construction pour la Royal Navy.

Ce dernier est armé de canons de 13.5 pouces (343mm) mais le Japon décide de choisir un calibre plus important en l’occurence le 14 pouces (356mm) pour anticiper sur une probable réaction américaine. Cette anticipation sera juste puisque les premiers superdreadnought américians (la classe New York) allait embarquer des canons de 356mm.

Disposant de huit pièces en quatre tourelles doubles, leur protection est particulièrement soignée ce qui fait de ces navires les plus puissants du monde. Si la première unité baptisée Kongo va être construite en Grande-Bretagne,les trois autres vont être construits au Japon.

Carrière opérationnelle

Le Kongo

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Le Kongo dans son état final

 

-Le Kongo est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Barrow in Furness le 17 janvier 1911 lancé le 18 mai 1912 et admis au service actif le 16 août 1913.

Dernier navire de ligne japonais construit à l’étranger, le Kongo connait une première guerre mondiale plutôt calme. Ses adversaires potentiels _les croiseurs-cuirassés Scharnhorst et Gneisenau_ ont été coulés le 8 décembre 1914 au large des Malouines par les croiseurs de bataille Invincible et Inflexible envoyés dans l’Atlantique Sud sous le commandement de l’amiral Sturdee pour venger l’escadre de l’amiral Cradock.

Un temps, les britanniques ont voulu demander au Japon l’envoi de deux croiseurs de bataille de type Kongo pour faire face à une sortie de la Hochseeflot mais ce projet n’à pas aboutit.

Suite au traité de Washington (1922), la construction des cuirassés à été interdite et les japonais doivent faire durer leurs navires de ligne en service.

Les Kongo sauf le Hiei (démilitarisé et transformé comme navire-école) sont modernisés.
Le Kongo est ainsi immobilisé à l’Arsenal de Yokosuka de septembre 1929 à mars 1931. la coque est renforcée, le blindage de pont augmenté (pour faire face aux tirs plongeants), une cheminée est supprimée réduisant de trois à deux, trois hydravions sont embarqués, le mat avant est transformé en un bloc-passerelle, les trente-six chaudières d’origine sont remplacées par dix nouvelles chaudières, la vitesse diminuant de 27.5 à 26 nœuds. L’élévation des canons de 356mm passe de 33 à 43° et les quatre tubes lance-torpilles d’origine sont débarqués.

Le Kongo est de nouveau en travaux à l’Arsenal de Sasebo de juin 1935 à janvier 1937, Les japonais décidant de les transformer en escorteurs de porte-avions.

La longueur de la coque est accrue passant de 214.6 à 219.6m, le blindage est accru, de nouvelles turbines et de nouvelles chaudières portent la vitesse à 30 nœuds, la DCA est remaniée.

Les superstructures sont également modifiées, le fameux «mat pagode» faisant son apparition. Des installations d’aviation sont également mises en place (une catapulte et trois hydravions).

Initialement, les Kongo devaient être remplacés par des croiseurs de bataille de classe Kii mais ce programme ayant pris du retard, les Kongo sont modernisés une troisième fois, le Kongo étant immobilisé à l’Arsenal de Yokosuka de septembre 1942 à juin 1943.

L’appareil propulsif est entièrement révisé, le blindage renforcé, les canons de 356mm retubés (le projet de les remplacer par des canons identiques aux Kii à été abandonnée), la DCA renforcée (plus de canons de 25mm), le bloc-passerelle refait.

Toujours en service en mars 1950, le vétéran (37 ans de service !) participe à l’opération contre Pearl Harbor, couvrant les porte-avions engagés dans le raid. Il ouvre le feu à plusieurs reprises contre la flotte américaine mais sans mettre de coup au but alors qu’il est encadré à plusieurs reprises par des salves américaines.

Il se ravitaille en mer puis est engagé aux Philippines où il est endommagé par une bombe de 250kg qui tombe sur la plage avant. Rentré au Japon en juillet 1950, il est remis en état avant de retrouver le combat, étant engagé aux Salomons.

Endommagé lors d’un échange de tirs contre des croiseurs et des cuirassés américains, le Kongo est réparé au Japon avant d’être engagé dans la bataille de la mer de Corail (4-5 février 1952) au cours de laquelle il est sérieusement endommagé par des bombes et une torpille.

Miraculeusement ramené au Japon, le croiseur de bataille est immobilisé pour réparations jusqu’en mars 1953 avant de retourner au combat aux Philippines pour bloquer le retour des américains dans l’archipel.

Après l’échec japonais à empêcher les américains à prendre pied sur l’archipel, le Kongo rentre au Japon, échappant à deux torpillages au large de Formose et d’Okinawa, rentrant définitivement au Japon en octobre 1953.

Bloqué par le manque de carburant, le Kongo est endommagé à plusieurs reprises par des bombardements navals et aériens mais en septembre 1954, il est toujours à flot à Yokohama.

Capturé par les américains, il va être remorqué à Bikini et servir en mars 1955 à la campagne d’expérimentation nucléaire (opération Crossroads).

Si le premier tir le 8 mars ne fait qu’endommagé le croiseur de bataille (bien que fortement irradié), le second tir le 17 mars est fatal au croiseur de bataille qui chavire.

En 2017, l’épave est toujours visible par des fonds qui la rend accessible aux plongeurs même si peu de plongeurs se risquent sur cette épave.

Le Hiei

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Le Hiei est mis sur cale à l’Arsenal de Yokosuka le 4 novembre 1911 lancé le 21 novembre 1912 et admis au service actif le 4 août 1914.

Faute d’adversaires, le Hiei et ses trois sister-ships sont au chomage technique en Asie du Nord-Est.

Le traité de Washington (1922) limitant le tonnage des cuirassés, le Hiei est démilitarisé et transformé en navire-école, les travaux étant menés en octobre et novembre 1929. il perdit sa tourelle arrière de 356mm, ses canons de 152mm, le blindage est réduit ainsi que le nombre de chaudières, la vitesse tombant à 18 nœuds.

D’avril 1937 à janvier 1940, le Hiei est immobilisé à l’Arsenal de Kure pour des travaux comparables à ceux menés sur ses trois sister-ships. Il subit de nouveaux travaux de juillet 1943 à mars 1944 pour lui permettre de durer en attendant son remplacement par un Kii.

Son remplacement n’ayant toujours pas été réalisé, le Hiei va participer au second conflit mondial mais à la différence de ses trois sister-ships, il n’est pas engagé dans le raid sur Pearl Harbor, participant aux premières opérations contre les Philippines dès le 25 mars 1950.

Il couvre la mise à terre des troupes dans le golfe de Lingayen, tirant notamment contre la terre pour museler les défenses américano-philippines. Il participe à cette campagne en compagnie du Kawashi (classe Amagi) et du Mutsu (classe Nagato) en attendant l’arrivée du Kongo et du Kii.

Sortant indemne de cette première campagne, le Hiei à moins de chance dans la deuxième campagne majeure du conflit, la campagne des Salomons (mars-septembre 1951).

Dans la nuit du 13 au 14 juin 1951, un violent affrontement à lieu au large de Guadalcanal, affrontement confus mais qui voit le Hiei sévèrement endommagé.

Se trainant à 8 nœuds dans l’Ironbottom Sound (le détroit au fond de feraille), le cuirassé est surpris par l’aviation américaine qui l’achève de huit torpilles et de six bombes. Une poignée de marins survit à ce naufrage et l’épave qui répose aujourd’hui à 35m de profondeur est accessible aux plongeurs confirmés.

Le Haruna

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Le Haruna est mis sur cale aux chantiers Kawasaki de Kobe le 16 mars 1912 lancé le 14 décembre 1913 et admis au service actif le 19 avril 1915.

Après huit mois d’une mise en condition intensive, il est affecté à la 3ème division de cuirassés de la 2ème flotte. Le 9 avril 1916, l’Haruna appareilla de Sasebo pour une mission de dix jours en mer de Chine orientale. En 1917, il est endommagé par une mine mouillé par le corsaire allemand Wolf. Le 1er décembre 1917, le Haruna est mis en réserve, les hostilités sur le front pacifique étant terminée.

Le 12 septembre 1920, le Haruna était en exercice de tir au large d’Hokkaido quand le canon tribord de la tourelle n°1 de 356mm explose tuant sept hommes et endommageant sérieusement le toit blindé de la tourelle.

L’enquête montra qu’une fusée défectueuse avait mis le feu aux gargouses présentes dans la culasse, faisant exploser l’obus alors qu’il était encore dans le canon. La tourelle fût réparée à l’arsenal de Yokosuka, les travaux étant l’occasion d’augmenter l’élévation en site des canons de 7°. Trois mois plus tard, le Haruna est de nouveau placé en réserve.

Avec la signature du traité de Washington, le Japon pour conserver une puissante marine n’avait d’autre choix que de moderniser ses cuirassés, la construction de nouveaux capital ships étant interdite jusqu’en 1931.

C’est ainsi que le Haruna fût profondément modernisé de juillet 1926 à juillet 1928 à l’Arsenal de Yokosuka. De février 1929 à février 1930, le Haruna opéra entre Sasebo, Port Arthur et la mer de chine orientale. Le cuirassé est de nouveau en réserve le 1er décembre 1930.

Le 22 avril 1930, le Japon signa le traité de Londres qui imposa de nouvelles restrictions, la marine impériale japonaise devant démilitariser le Hiei et ne pouvant construire de nouveaux cuirassés avant 1937. En septembre 1931, le Japon envahit la Mandchourie, défiant les traités de la Société des Nations et le droit international.

Le 8 novembre 1931, le Haruna servit de navire à l’empereur pour sa visite officielle dans la préfecture de Kumamoto. Il est remis en service au sein de la 1ère division de cuirassés le 20 mai 1933.

Le 25 février 1933, la SDN reconnu que le Japon avait violé la souveraineté chinoise lors de l’invasion de la Mandchourie provoquant le départ du Japon de cette organisation. Le Japon se mit littéralement au ban des nations en rejetant les limitations des traités de Washington et de Londres.

Le développement de l’aviation embarquée poussa les japonais à transformer les Kongo en escorteur rapide de porte-avions. Le Haruna est ainsi en travaux à l’arsenal de Kure d’août 1933 à septembre 1934.

Le 1er juin 1936, le Hiei est affecté avec ses trois sister-ship à la 3ème division de cuirassés de la 1ère flotte.

Il va ensuite participer à la guerre sino-japonaise moins contre une marine chinoise inexistante que pour assurer des missions de transport. Il est de nouveau mis en réserve le 1er décembre 1937 et va le rester jusqu’en 1940. Le 2 avril 1940, il est remis en service et affecté à la 3ème division de ligne.

Le Haruna est à nouveau modernisé à l’Arsenal de Sasebo d’octobre 1941 à novembre 1942 pour lui permettre de rester en service le temps que soit mis en service le Kii. En mars 1950, le Haruna est toujours en service.

Il participe à l’opération contre Pearl Harbor couvrant les porte-avions Taiho Junyo Unryu Katsuragi Kasagi Ikoma engagés dans l’opération contre une intervention de la marine américaine.

Le Haruna effectue plusieurs tirs avec ses canons de 356mm mais sans coup au but. Il est désagréablement encadré à plusieurs reprises mais les américains n’insistent pas, craignant de tomber sur une force navale bien plus puissante que la leur.

Il participe ensuite aux opérations contre la Malaisie britannique, participant à la destruction de la British Eastern Fleet qui au cours d’une bataille navale majeure perd les cuirassés Queen Elizabeth et Malaya ainsi que le porte-avions Indefatigable, l’Indomitable sérieusement endommagé s’en sortant par miracle et n’étant de retour au combat que dix-huit mois plus tard auquel il faut ajouter des croiseurs et des destroyers.

Après les réparations liées à cette bataille, le Haruna est engagé aux Salomons en soutien des forces japonaises. Il est endommagé à plusieurs reprises mais survit à cette campagne tout comme il réchappe à la destruction lors de la bataille de la mer de Corail (4-5 février 1952).

Engagé dans la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953), le cuirassé Haruna est engagé dans la deuxième campagne des Philippines. Les américains prennent pied aux Philippines le 7 mars 1953 après plusieurs semaines de bombardement.

La marine japonaise tente le tout pour le tout et engage les derniers navires encore disponibles. Le Haruna participe à cette tentative de la dernière chance.

Il succombe ainsi dans la nuit du 11 au 12 mars 1953 en compagnie de son sister-ship Kirishima sous les obus du USS Colorado, des USS North Carolina et Massachusetts ainsi que du USS Alaska.

Le Kirishima

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-Le Krishima est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 17 mars 1912 lancé le 1er décembre 1913 et mis en service le 19 avril 1915.

Après une première guerre mondiale sans événements saillants, le Kirishima constitue avec les Kongo une part non négligeable de la flotte de ligne japonaise qui à du abandonner son imposant programme «8-8» suite au traité de Washington.

Devant faire durer ses navires de ligne, le Japon doit moderniser ses Kongo. Le Kirishima est ainsi immobilisé pour travaux à Kure de mars 1927 à mars 1930 puis à nouveau de novembre 1934 à juin 1936, les travaux ayant cette fois lieu à Sasebo.

Il participe ensuite à la deuxième guerre sino-japonaise en servant de transport de troupes et de navire de soutien, l’absence d’une puissante marine chinoise donnant au Japon une totale maîtrise des mers.

De mars à octobre 1941, le Kirishima subit une troisième et ultime modernisation à Kure pour compenser le retard prit par le programme de remplacement qui allait donner naissance à la classe Kii.

Toujours en service en mars 1950, le Kirishima participe à l’opération aéronavale contre Pearl Harbor avant d’être engagé en Malaisie, participant à la destruction du Queen Elizabeth.

Il bombarde Singapour pour faciliter la prise du «Gibraltar de l’Extrême-Orient», étant endommagé par plusieurs obus des batteries côtières et des bombes lancées par les derniers bombardiers britanniques encore en service.

Réparée, la dernière unité de classe Kongo participe à la campagne des Salomons au cours de laquelle elle est endommagée par une torpille d’un sous-marin américain, l’obligeant à des réparations au Japon, l’éloignant des opérations d’avril à novembre 1951.

A nouveau opérationnel, il participe à la bataille de la mer de Corail puis à la campagne de Nouvelle-Guinée où il est à nouveau endommagé mais cette fois lors d’une collision avec un pétrolier.

Réparé, il reste stationné à Bornéo pour rester au plus près des Philippines où les américains vont prendre pied tôt ou tard. Le 7 mars 1953 à lieu le premier débarquement américain et aussitôt ce qui reste de la flotte japonaise tente de repousser les américains avant que leurs têtes de pont ne soient trop solides.

Ils échouent, la menace aérienne et sous-marine américaine étant bien trop forte. Pourtant c’est dans un duel entre cuirassés, entre gros que le Kirishima est détruit dans la nuit du 11 au 12 mars 1953, sort funeste qu’il doit aux cuirassés américains Colorado North Carolina Massachusetts et Alaska (qui est en réalité un croiseur de bataille) qui le matraquèrent d’obus, l’envoyant par le fond avec une grande partie de son équipage, sort qu’il partage avec l’Haruna.

Caractéristiques Techniques de la classe Kongo

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Déplacement : standard 32220 tonnes pleine charge 37200 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 219.6m largeur 30.8m tirant d’eau 9.5m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Kampon alimentées en vapeur par huit (onze pour le Haruna) chaudières Kampon dévellopant 136000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 10000 miles nautiques à 18 nœuds

Protection : ceinture 203mm pont blindé 120mm tourelles 230mm

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Canons de 356mm japonais 

Armement : huit canons de 356mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), huit canons de 152mm en casemates (quatorze à l’origine), douze canons de 127mm en six affûts doubles et un nombre variable de canons de 25mm (24 à 64).

Aviation : une catapulte à poudre à la poupe et trois hydravions

Equipage : 230 officiers et marins

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