Japon (14) Marine Impériale (7)

LES ARMES DE LA MARINE JAPONAISE

Avant-propos

Bien que connue pour avoir développé un remarquable outil aéronaval, la marine impériale japonaise ne se différencie guère des autres marines à l’orée du second conflit mondial avec la prédominance du canon.

Le rôle des porte-avions japonais est important dans la stratégie de la Nihon Kaigun mais le rôle décisif ne peut être assuré que par des «gros», les cuirassés. La bataille décisive ne peut être menée que par l’élite de la marine à savoir les cuirassés.

Comme le Japon se sait inférieur en terme industriel, comme le pays du soleil levant se sait incapable de rivaliser sur la durée avec les Etats-Unis, il faut à tout prix l’emporter rapidement et l’un des moyens trouvé c’est de surclasser unitairement les navires américains.

40cm type 94 Gun 7.jpg

Tourelle III de 460mm du Yamato. Le secret était tel que certains officiers ont cru qu’il s’agisse d’un 406mm spécial

Il faut donc des navires plus rapides, mieux protégés et surtout mieux armés. Dans le domaine de l’artillerie, les japonais vont donc développer de puissants canons avec de monstrueuses pièces de 460mm (18 pouces) pour leurs Yamato et sans la présence d’officiers plus lucides, des canons de 510mm auraient été produits pour armer quelques Super-Yamato.

Pour les autres calibres, on trouve du 410mm pour les Nagato et les Amagi, du 356mm pour les Kongo, du 203mm pour les croiseurs lourds, du 155mm pour les croiseurs légers.

12.7cm type 3 Year Gun 4

Tourelle double de 127mm d’un destroyer japonais

En ce qui concerne les destroyers, le calibre standard est le 127mm. Tous les destroyers sont équipés de canons de ce calibre à l’exception des Akitzuki qui disposent de huit canons de 100mm en quatre tourelles doubles.

On trouve ensuite des canons de 102mm, des canons de 76.2mm et un grand nombre de pièces légères notamment des canons de 25mm et des mitrailleuses de 13.2mm.

En revanche dans le domaine des torpilles, les japonais se distinguent avec de redoutables engins de 610mm à propulsion par oxygène donc sans sillage clairement visible.

Longue Lance

La torpille type 93 « Long Lance »

Baptisées «Long Lance» par les américains, elles se montreront redoutables et certaines pertes attribuées à des mines seront le fait de ces engins mortellement efficaces.

En revanche dans le domaine des armes anti-sous-marines, le Japon va rapidement connaître un retard très important. Si l’IJN disposait bien de grenades anti-sous-marines, elle ne parvint jamais à mettre au point des torpilles à autoguidage acoustique ou des lance-roquettes anti-sous-marins.

Même chose en ce qui concerne les mines. Peu dévellopées en mars 1950, les mines japonaises sont et resteront des mines classiques à orin. Il y eu bien des projets de mines magnétiques, acoustiques ou à influence mais ces projets ne débouchèrent pas sur une production en série.

Artillerie lourde

46cm type 94 (canon de 460mm modèle 1934)

40cm type 94 Gun 9.jpg

Comme je l’ai dis plus haut, les japonais conscients de leur infériorité industrielle vis à vis des Etats-Unis et obsédés par l’idée d’une bataille décisive sur le modèle de Tsushima en ont conclu qu’il fallait gagner rapidement et pour cela disposer de navires qui en un contre un étaient largement supérieurs à leurs adversaires.

Pour armer leurs nouveaux cuirassés, les japonais vont donc choisir un calibre bien plus élevé que les autres nations. Là où les britanniques choisissent du 356mm, les français du 380mm, les italiens du 381mm et les américains du 406mm, les japonais vont choisir le 460mm soit un peu plus de 18 pouces qui représente 457mm.

C’est le plus gros calibre jamais installé sur un cuirassé. Il y bien le Furious avec ses deux canons de 457mm mais sa carrière à été courte d’autant que la pièce arrière n’à jamais été embarqué. Il y eu d’autres projets mais aucun n’à abouti.

Ce canon va équiper les quatre Yamato (Yamato Musashi Shinano Satsuma) à raison de neuf canons par navire répartis en trois tourelles triples, deux à l’avant et une à l’arrière.

Le 46cm type 94 est un canon de 45 calibres (longueur du tube : 20.7m) tirant des obus de 1360kg (HE = High Explosive/Explosif) et de 1460kg (AP = Armor Piercing/Performant)à une distance maximale comprise entre 5000m (+2°) à 42030m (+45°) pour l’obus perforant, l’obus explosif lui ayant une portée maximale de 32550m. La cadence de tir est de 1.5 à 2 coups par minute.

Ce canon utilisait aussi un projectile antiaérien spécial baptisé «San Shiki» (projectile commun type 3), un obus de 1360kg composé de 900 tubes incendiaires censé créé un barrage contre une attaque aérienne mais selon les pilotes américains, l’effet était plus spectaculaire qu’autre chose.

La tourelle triple pèse 2274 tonnes en ordre de combat, pouvant pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe à raison de 2° par seconde, le rechargement se faisant à +3°. La dotation globale en obus de 900 projectiles.

41cm type 19 (canon de 410mm modèle 1944)

41cm Type 3 Year Gun 2.jpg

Suite à la construction des quatre Yamato, le Japon s’interroge sur l’avenir de son corps de bataille et si certains militent pour des «Super Yamato» à canons de 510mm, d’autres demandent des navires moins gourmands en équipages et dont la perte serait moins préjudiciable.

C’est cette deuxième école qui triomphe avec la classe Amagi avec douze canons de 410mm en quatre tourelles triples (deux avant et deux arrières). Comme le développement d’une pièce d’artillerie lourde prend du temps, les japonais prennent une décision d’un pragmatisme assez étonnant surtout quand on connait leur mentalité.

En effet, ils partent des canons de 410mm modèle 1914 (41cm type 3) armant les deux Nagato, intègrent des éléments mis au point pour le 46cm type 94 pour obtenir une pièce moderne à relativement peu de frais.

Initialement, il était prévu huit cuirassés type Amagi mais seulement six seront achevés, quatre avant guerre et deux durant le conflit.

Le canon de 41cm type 19 est un canon de 45 calibres (longueur du tube 18.45m) tirant des obus de 1100kg à une distance maximale comprise entre 5000m (+2.5°) et 39500m (+43°) à raison de 1 à 2 coups par minute.

La tourelle triple pèse 1045 tonnes, permettant aux canons de pointer de -3° à +45° à raison de 10° par seconde et sur 150° de part et de l’autre de l’axe à raison de 2° par second, le rechargement se faisant à +3°. La dotation globale est de 1200 obus, projectiles explosifs et perforants.

41cm type 3 (canon de 410mm modèle 1914)

41cm Type 3 Year Gun 11.jpg

Les canons de 410mm à bord du Nagato

Comme nous venons de le voir ce canon de 410mm arme les deux cuirassés de classe Nagato,les Nagato et Mutsu, le second étant le premier cuirassé à vraiment tirer les leçons de la bataille du Jutland notamment la vulnérabilité des navires de ligne aux tirs plongeants.

Sans le traité de Washington (1922) qui stoppa le programme «8-8», ce canon aurait également armé dix autres cuirassés, les deux Tosa, les quatre Kii et les quatre Amagi, tous armés de dix canons de 410mm en cinq tourelles triples.

Ce canon, le plus puissant de l’arsenal japonais jusqu’à l’apparition du canon de 460mm des Yamato était un canon de 45 calibres (longueur du tube 18.45m) tirant des obus d’une tonne à raison de 2.7 coups par minute pour une portée comprise entre 5000m (pointage en site 2.5°) et 38725m (pointage en site 43°).

Chaque tourelle double pèse 1004 tonnes et permet aux canons de pointer de -5° à +30° en site et sur 130° de part et d’autre de l’axe en azimut. La dotation globale en munitions est de 1200 obus.

36cm type 18 (canon de 356mm modèle 1943)

canon 356mm japonais 8

Les 36cm type 18 sont issus du développement des canons de 356mm installés sur les Kongo

Ce canon de 356mm (14 pouces) est destiné aux nouveaux croiseurs de bataille de classe Kii destinés à remplacer les Kongo mais qui in fine cohabiteront avec leurs ainés. Six puis huit croiseurs de bataille de classe Kii sont envisagés, trois étant mis en service comme croiseurs de bataille et un quatrième transformé sur cale en porte-avions.

Comme pour le canon de 410mm décrit plus haut, le canon de 356mm type 18 est une évolution du type 41 (1908). La base du canon reste la même mais de multiples améliorations augmentent grandement le fonctionnement du canon, sa portée et sa durée de vie.

Il était de toute façon impensable qu’un navire construit à la fin des années quarante dispose d’un canon mis au point quarante ans plus tôt.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube 16.02m) tire des obus explosifs de 685kg et des obus perforants de 673kg à une distance maximale comprise entre 4000m (+2°) et 35720m (+45°) à raison de 1.5 à 3 coups par minute.

La tourelle double de 356mm pèse 675 tonnes, permet aux canons de pointer en site de -5° à +43° à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° de part et d’autre de l’axe du navire à raison de 10° par seconde. La dotation en munitions est de 110 obus par canon soit un total de 880 projectiles.

36cm type 41 (canon de 356mm modèle 1908)

Ce canon de 14 pouces à pour origine un canon mis au point en Grande-Bretagne. En effet, suite à la mise en service des premiers croiseurs de bataille par la Royal Navy, la marine japonaise décide de passer également commande de ce type de navire. C’est l’acte de naissance des Kongo mais sur les quatre navires, seul le premier sera construit en Grande-Bretagne, les trois autres l’étant au Japon.

Ce canon allait être également choisi pour armer les quatre premiers superdreadnought japonais, les Fuso et les Ise, quatre navires armés de douze canons de 356mm en six tourelles doubles là où les Kongo ne disposaient que de huit canons en quatre tourelles doubles.

Ce canon de 45 calibres (longueur du tube : 16.02m) tire des obus perforants de 673kg et des obus explosifs de 625kg à une distance maximale allant de 5000m (+2.6°) à 35450m (28450m pour les explosifs à chaque fois à +43°) à raison de deux coups par minute.

La tourelle double semblable à celle des Kongo pèse 699 tonnes (634 pour les Kongo) et peut pointer en site de -5° à +43° (+25° à l’origine) à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° pour les tourelles avant et arrière et de 30 à 150° pour les tourelles centrales à raison de 3° par seconde (ce dernier cas concerne uniquement les Fuso et les Ise).

La dotation en munitions est de 90 obus par pièce soit un total global de 720 obus pour les Kongo et de 1080 pour les Fuso/Ise, seuls les premiers étant encore en service quand éclate le second conflit mondial.

20cm type 3 n°1 et type 3 n°2 (canon de 200mm et canon de 203.2mm)

Tourelles doubles de 203mm croiseur lourd Takao Japon.jpg

Canons de 203mm du croiseur lourd Takao

Sous la même appellation de type 3 figurent deux canons d’un calibre approchant mais au final différent. La raison est simple c’est le traité de Washington. Quand ce dernier est signé le 6 février 1922, les japonais ont déjà mis au point leurs premiers croiseurs lourds armés de canons de 200mm (les Furutaka et les Aoba).

Le traité limitant le calibre des cuirassés de 203 à 406mm, le Japon va mettre au point un nouveau canon de «8 pouces» à savoir un canon de 202.3mm.

Pour des raisons de dissimulation (?), ces canons conservent la même désignation à savoir type 3 avec néanmoins une distinction par un numéro, le n°1 pour le plus ancien et le n°2 pour le plus jeune.

Le type 3 n°1 est donc un canon de 200mm, de 50 calibres (longueur du tube 10m) tirant des obus de 110kg à une distance maximale de 29400m à raison de cinq coups par minute.

Ces canons sont mis en œuvre par les porte-avions Akagi et Kaga (dix pièces, quatre en tourelles doubles et six en affûts simples), les croiseurs disposant de canons en tourelles simples et doubles.

Quand les porte-avions sont modernisés, les canons en tourelles sont débarqués, ne laissant que les canons en casemates. Si l’Akagi ne conserva que six canons en casemates, le Kaga embarquait toujours dix pièces mais toutes en casemates.

Les croiseurs qui disposaient de canons en tourelles simples (Furutaka Kako Aoba Kinugasa) et tourelles doubles (Myoko) les ont remplacés durant les années trente par des canons type 3 n°2 de 202.3mm.

Ce canon plus proche de 8 pouces que son devancier est un canon de 50 calibres (longueur du tube : 10.160m) tirat des obus de 126kg à une distance maximale de 29400m à raison de cinq coups par la minute.

La tourelle double type D pèse 157 tonnes et peut pointer de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 4° par seconde. La dotation en munitions est de 120 coups par canon soit un total variant de 720 à 1200 obus.

Si les Furutaka et l’Aoba disposent de six canons de 202.3mm en tourelles simples (identiques à celles des tourelles abritant les canons de 200mm), les Myoko, Takao, Mogami disposant de dix canons de 202.3mm en cinq tourelles doubles (trois avant et deux arrières), les Tone disposent de huit canons de 202.3mm en quatre tourelles concentrées à l’avant.

Les Ibuki et Suzuya marquent un retour aux cinq tourelles doubles (trois avant et deux arrières) de 203mm mais ce retour est éphémère puisque les Aso disposaient de quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières).

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