Japon (10) Marine Impériale (3)

Croiseurs lourds

Héritier de la frégate de la marine à voile, le croiseur à été conçu comme un vecteur de combat indépendant, un navire rapide (tout est relatif), bien armé (idem) et endurant (tout est relatif) destiné à attaquer les lignes de communication ennemies, à protéger ses lignes de communication, à mener des missions de reconnaissance, d’escorte de convois…… .

Au XIXème siècle, on trouva des croiseurs légers, des croiseurs éclaireurs, des croiseurs de station et enfin des croiseurs cuirassés qui connurent leur apogée à la fin du 19ème siècle avant de décliner peu à peu, le premier conflit mondial montrant leur tragique inaptitude au combat, les derniers armoured cruiser quittant le service au cours des années vingt.

Si certaines marines commencèrent à les remplacer par des croiseurs légers avant même le premier conflit mondial, le véritable remplaçant du croiseur cuirassé fût le croiseur lourd ou croiseur Washington.

Ce type de navire comme on l’à vu est destiné à remplacer le cuirassé comme maitre-étalon des forces navales. Au sein de la marine japonaise, ce type de navire est conçu en vue de la bataille décisive contre l’US Navy. Il fallait donc des navires endurants (pour faire face à l’élongation de ce théâtre d’opérations) mais également bien protégés et surtout supérieurement armés.

Le traité de Washington de 1922 n’avait pas limité le tonnage global des croiseurs, il faut attendre pour cela un accord particulier américano-anglo-japonais signé en même temps que le premier traité de Londres, cet accord donnant 108400 tonnes de croiseurs lourds au Japon.

Entre-temps, la marine impériale japonaise à construit des croiseurs lourds toujours plus puissants armés de canons de 8 pouces (203mm), entamant une nouvelle course avec l’US Navy.

CA Furutaka 1939.jpg

Le Furutaka

Les deux premiers croiseurs lourds de la marine japonaise sont les Furutaka et Kako, des navires dont la mise au point est antérieure à la signature du traité de Washington. Mis en service au milieu des années vingt, ils sont désarmés peu avant le début du conflit en Europe.

Leur réarmement envisagé au cours du conflit n’est finalement pas mené à bien. De toute façon quand leur réarmement aurait pu être réalisé, ces navires auraient été surclassés par les croiseurs lourds de l’US Navy sans compter d’autres problèmes comme le manque chronique de carburant.

IJN Aoba 1935.jpg

L’Aoba

Leurs successeurs, les Aoba et Kinugasa sont eux toujours en service en mars 1950 mais il s’en est fallu de peu, leur désarmement ayant été envisagé pour 1951. Leur carrière va être cependant très courte puisque le premier est coulé par un sous-marin français au large de l’Indochine alors que le second succombe durant la campagne des Salomons.

CA Myoko 1941.jpg

Le Myoko

Les quatre croiseurs lourds de classe Myoko (Myoko Nachi Haguro Ashigara) mis en service à la fin des années vingt sont toujours en service en mars 1950 après avoir subit une nouvelle modernisation peu avant le début du conflit. Aucun croiseur de classe Myoko ne survit au conflit, étant coulés au combat ou immobilisé dans un port japonais pour ce qui concerne l’Ashigara.

CA Takao juillet 1939.jpg

Le Takao à pleine vitesse !

Leurs successeurs de classe Takao (Takao Atago Chokai Maya) sont semblables aux précédents avec cependant une différence majeure, leur artillerie pouvait être considéré comme à double-emploi avec une élévation maximale à 70° même si en pratique cela ne dépassa pas 55°.

Ces navires mis en service en 1932 sont toujours en service en mars 1950, faisant passer de mauvaises nuits aux amiraux alliés même si aucun navire de cette classe ne survit au conflit.

Après la mise en service des Takao, la marine japonaise dispose de douze croiseurs lourds. Elle à atteint le plafond attribué plus haut mais estime toujours avoir besoin de ce type de navire.

IJN Mogami

Le Mogami encore équipé de ses canons de 155mm

Elle décide de ruser en armant ses croiseurs de classe Mogami (Mogami Kumano Mikuma Suzuya) de canons de 155mm, une solution transitoire en attendant que la dénonciation des traités lui permette de les réarmer avec des canons de 203mm.

Les traités tombant en désuétude dès la fin des années trente (le traité de Washington devient caduc le 31 décembre 1936), les Mogami reçoivent leurs canons de 203mm entre 1940 et 1944, ce changement d’armement étant également l’occasion d’une modernisation de ces navires pour leur permettre de faire face aux dernières réalisations occidentales. Les quatre Mogami sont coulés au cours du conflit.

IJN Tone 5.jpg

Le Tone

Les deux croiseurs lourds suivants baptisés Tone et Chikuma ont été conçus comme des croiseurs-éclaireurs, l’armement principal est concentré à l’avant et la plage arrière consacrée uniquement à l’aviation avec deux catapultes et six hydravions.

Ces navires sont toujours en service en avril 1950 et servent souvent de navires-amiraux notamment pour les opérations amphibies du début de la guerre. Quand le Japon passe sur la défensive, ces deux navires sont transformés en croiseurs antiaériens, perdant une grande partie de leur hydraviation embarquée ce qui ne les empêchent pas d’être coulés au cours du conflit.

Dix-huit croiseurs lourds (quatorze armés de canons de 203mm et quatre armés de canons de 155mm) sont en service en septembre 1939. La période de la Pax Armada voit le Japon construire de nouveaux croiseurs lourds.

Les croiseurs lourds Ibuki et Asama sont une reprise des Mogami sauf que dès l’origine, ils sont armés de canons de 203mm en tourelles doubles (trois à l’avant et deux à l’arrière). Leur DCA est plus puissante tout comme l’appareil propulsif.

Ces deux navires sont mis en service respectivement en septembre 1945 et mars 1946. Participant au second conflit mondial, ces deux navires succombent aux coups de la marine américaine et ne survivent donc pas au conflit.

La flotte de croiseurs lourds est donc portée à vingt navires mais les quatre premiers sont assez anciens et en dépit de plusieurs modernisations, ils sont en voie de déclassement. Une nouvelle classe de croiseurs lourds est donc mise en chantier.

C’est toujours une évolution des Mogami même si la filiation n’est pas évidente de prime abord, la coque et la propulsion sont quasiment identiques. L’armement devait à l’origine être composé de neuf canons de 203mm en trois tourelles triples mais au final, ces croiseurs seront armés de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières).

Huit navires sont commandés en juin 1946 formant la classe Aso (Aso Azuma Izumo Kasuga Nisshin Tokiwa Yokumo Iwate). En mars 1950, deux sont en service (Aso Izumo), deux sont en achèvement en flot (Azuma Kasuga).

Les quatre derniers Aso sont encore sur cale à différents stades d’achèvement. Au final l’Iwate ne sera jamais achevé et sera détruit sur cale lors d’un bombardement aérien visant les chantiers navals de Nagasaki.

Le Nisshin sera mis en service en décembre 1952, le Tokiwa aurait du être transformé en porte-avions léger mais les travaux ralentis par le manque de matériel, de main d’oeuvre, les bombardements aériens de l’arsenal de Yokohama ne seront pas terminés à la capitulation du Japon. Enfin le Yokumo lancé en mars 1953 ne sera que partiellement inachevé, servant de transport puis de leurre aux bombardiers américains.

Sur les huit navires prévus, seulement cinq seront mis en service comme croiseurs lourds. Quatre seront coulés et un survivra, le Nisshin qui échoué par petit fond à Yokosuka sera remis en service en janvier 1955 pour rapatrier les soldats japonais encore dispersés en Asie et dans le Pacifique. Un temps la Chine réclamera son transfert mais au final le navire sera démantelé au Japon courant 1958.

Croiseurs légers

A la différence des croiseurs lourds que nous venons de voir, les croiseurs légers peuvent légitimement prétendre à une lignée ancienne puisqu’on trouve des light cruiser dès le XIXème siècle, dès les premières générations de croiseurs, ses successeurs des frégates de la marine à voile.

Ces navires servent selon leur taille et leur armement à des missions de présence outre-mer où leur puissance de feu est souvent suffisante pour mater les rébellions indigènes, à la reconnaissance, à l’éclairage des escadres, à l’attaque du commerce ennemi, à la protection des voies de communication amies….. . C’est le véritable couteau suisse des marines modernes.

La marine japonaise va donc construire également des croiseurs légers même si elle semble avoir eu moins d’appétance pour ce type de navire à moins qu’il ne s’agisse d’un manque de moyens industriels pour disposer à la fois d’un grand nombre de croiseurs lourds et d’un nombre appréciable de croiseurs légers.

En septembre 1939, la marine japonaise dispose de dix-sept croiseurs légers mais la flotte est ancienne, certains navires étant mis en service juste après la fin du premier conflit mondial comme les croiseurs légers Tenryu et Tatsuta.

IJN Tenryu 1919 essais.jpg

Le Tenryu lors de ses essais en 1919

Ces deux navires auraient du être transformés en croiseurs légers antiaériens mais au final ils sont désarmés en septembre 1942 et mars 1943 respectivement. Ils sont démolis et leurs noms repris par de nouveaux croiseurs légers.

IJN Kuma 3.jpg

Le Kuma

A la classe Tenryu succède les cinq croiseurs légers de classe Kuma. Mis en service en 1920/21, ces cinq unités (Kuma Tama Kitakami Ooi Kiso) ne sont pas tous opérationnels quand le Japon entre en guerre en mars 1950.

Le Kuma est transformé en navire-école en 1944. Il survit miraculeusement au second conflit mondial, est utilisé pour rapatrier des soldats japonais avant d’être cédé à la marine nationaliste chinoise en 1955.

Le Tama usé est désarmé en 1942 avant d’être démoli en 1945. les Kitakami et Ooi sont transformés en croiseurs légers antiaériens entre 1942 et 1944 pour le premier, entre 1945 et 1947 pour le second.

Ces deux navires sont coulés au cours du conflit. Enfin le Kiso est vendu à la marine thaïlandaise en septembre 1945 et coulé au cours du conflit par les bombardiers en piqué embarqués sur l’Alienor d’Aquitaine.

Classe Nagara.gif

A la classe Kuma succède la classe Nagara composée de six unités mises en service en 1922 (Nagara Natori Kinu), en 1923 (Isuzu Yura), le Abukuma fermant la marche en 1925. A la différence de ces prédécesseurs, ces navires sont toujours en service au printemps 1950 pour quatre d’entre-eux.

Le Nagara est coulé au cours de la campagne des Philippines par le croiseur lourd Boston, l’Isuzu à été désarmé en septembre 1945, le Natori à été transformé en navire-école en 1947, reprend du service en 1950 comme escorteur de convois de transport de troupes avant d’être coulé dans les Salomons.

Le Kinu entre en collision avec un paquebot au large de Vladivostok en septembre 1946. Coupé en deux, il coule provoquant la mort de 217 officiers et marins. Le Yura et l’Abukuma ont été transformés en croiseurs légers antiaériens avant guerre, le premier est coulé par un sous-marin américain au large des Philippines en mars 1952 alors que le second saute sur une mine au large de Kobé en mai 1954.

CL Sendai 3.jpg

Le Sendai

Les croiseurs légers de classe Sendai (Sendai Jintsu Naka) mis en service en 1924 pour le premier et en 1925 pour les deux autres sont assez semblables aux Nagara. Tous les trois sont transformés en croiseurs légers antiaériens, une réponse imparfaite aux Atlanta américains. Ironie de l’histoire, ils sont tous coulés au cours du conflit par des avions américains.

IJN Yubari 10.jpg

Le Yubari

Le croiseur léger Yubari mis en service en 1923. Il s’agissait d’un croiseur expérimental destiné à installer un armement convenable pour un croiseur sur une coque plus petite. Comme il n’à pas donné naissance à une classe complète, on peut imaginer que les résultats n’ont pas été concluants.

Refondu entre 1942 et 1944, il est mis en réserve en 1948. Réarmé à l’été 1950, il sert aux Philippines. Il est coulé en février 1953 lors des bombardements préliminaires à la deuxième campagne des Philippines. Son épave est relevée en 1957 et démantelée sur place.

IJN Katori.jpg

Le Katori

En 1940/41 sont mis en service trois croiseurs légers de classe Katori, des navires baptisés Katori Kashima et Kashu, des croiseurs légers légèrement armés, servant le plus souvent de navire de commandement donc censés ne pas être trop exposés aux coups de l’ennemi.

Sur les trois unités de cette classe, seul le Kashima survit au conflit, servant au rapatriement des troupes japonaises avant d’être ferraillé en 1957.

IJN Agano 1942.jpg

Classe Agano

Les quatre croiseurs légers suivant formant la classe Agano (Agano Noshiro Yahagi Sukawa) sont mis en service en 1942 pour le premier, en 1943 pour les deux suivants et en 1944 pour le dernier.

Conçus comme conducteurs de flottilles de destroyers, ces navires vont opérer indifférement comme flottilla leader que comme croiseur «standard». L’Agano est coulé lors de la campagne de Nouvelle-Guinée, le Noshiro est torpillé par un sous-marin néerlandais au large de la Malaisie.

Le Yahagi est coulé en compagnie du Settsu alors que le Sukawa est coulé à Shanghaï lors des raids de l’aviation américaine préparant l’opération Boxer.

IJN Oyodo 3.jpg

Le Oyodo

Après la mise en service des Agano, la marine japonaise construit une classe de deux croiseurs légers type croiseur-éclaireur, les Oyodo et Niyodo, des croiseurs mis en service en 1946 avec un armement en partie récupéré sur les Mogami. Ils disposent d’une solide DCA, de torpilles avec une possibilité de mouillage de mines. L’embarquement d’installations d’hydraviation fût abandonné en raison d’une surcharge dans les hauts.

Ces deux navires sont coulés durant le conflit, le premier par un sous-marin américain lors de la deuxième campagne des Philippines et le second lors d’un affrontement contre des croiseurs américains lors de l’opération Boxer.

Au printemps 1948, la marine japonaise décide de construire douze nouveaux croiseurs légers inspirés des Oyodo.

Formant la classe Tenryu ils sont baptisés Tenryu Tatsuta Tama Kiso Isuzu Kinu Akashi Akitsushima Chihaya Chishima Hirado et Izumi.

Les trois premiers sont mis en service peu après l’entrée en guerre du Japon qui disposait donc de 19 croiseurs légers en mars 1950.

Les trois suivants sont mis en service au cours du conflit non sans mal, les chantiers navals japonais éprouvant les pires difficultés à achever les navires mis en chantier. Les six derniers seront abandonnés sur cale (deux) ou avant tout début de construction (quatre).

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s