Etats Unis (117) Armée de terre (7)

Artillerie légère tractée

75mm Pack Howitzer M1A1 & M-3

M-116 75 mm howitzer 25.jpg

A la différence de nombreux pays, l’artillerie divisionnaire américaine était composée de canons de 105 et de 155mm. Néanmoins comme l’US Army devait opérer sur des terrains difficiles, un canon léger de 75mm est jugé nécessaire.

L’obusier de poche de 75mm M1 est mis en service en 1927 mais en quantité limité, moins de cent exemplaires étant disponible au début des années quarante.

Ces pièces sont remplacées par des M1A1 qui sont d’abord utilisés par les divisions de cavalerie puis par la division de montagne et les divisions aéroportées. Ces canons sont toujours en service en septembre 1948.

Au cours du conflit, ils sont remplacés par des M-3, un canon pouvant être démonté en plusieurs fardeaux mais surtout adapté pour un remorquage à grande vitesse.

Ces canons restent en service jusqu’au milieu des années soixante quand ils sont remplacés par des canons de 105mm. Des canons type M-3 sont livrés à la Grande-Bretagne, à la Chine, au Brésil, à l’Argentine, au Chili et au Pérou.

Calibre : 75mm Poids en ordre de route 950kg Poids en position en tir 756kg Longueur hors tout 3.7m hauteur 1.7m Champ de tir horizontal 5° Champ de tir vertical -5° à +30° Cadence de tir 6 coups par minute en tir soutenu, 3 en tir prolongé Portée maximum 8650m Equipe de pièce : sept hommes (chef de pièce, adjoint, pointeur,chargeur,tireur,artificier et deux pourvoyeurs)

105mm Howitzer M3

105mm Howitzer M3 8.jpg

Au cours des opérations, les canons de 75mm des divisions d’infanterie «particulières» montrent leurs limites notamment en terme de puissance.

Un obusier de 105mm se révélant utile, les américains évaluent un obusier français utilisé par les troupes de montagne en vue d’une éventuelle production sous licence avant de finalement décider de produite leur propre light howitzer.

Les premiers essais sont menés à l’automne 1951 aboutissant finalement en juin 1952 sur le 105mm Howitzer M3 combinant l’affût renforcé du 75mm Pack Howitzer M1A1 avec un obusier de 105mm inspiré du HM2.

La production est lancée à l’automne 1952 et va équiper les groupes d’artillerie de la division de montagne et des cinq divisions d’infanterie aéroportée. La production va donc être assez limitée, la production s’achevant au printemps 1954 après la sortie du 2785ème et dernier exemplaire.

Ce canon va servir dans l’armée américaine jusqu’au milieu des années soixante quand il est remplacé en compagnie du canon de 75mm par un canon de 105mm léger polyvalent qui parvient à combiner la légèreté d’un canon de 75mm avec la puissance d’un canon de 105mm. Des canons ont été fournis aux Pays-Bas, à la Belgique, au Brésil et aux Philippines.

Calibre : 105mm Poids en ordre de route 1130kg longueur hors tout 4m largeur hors tout 1.7m hauteur 1.3m Champ de tir horizontal 45° Champ de tir vertical -9° à +30° Cadence de tir : deux coups par minute en tir prolongé, six coups par minute lors de courtes périodes Portée maximale 7500m

Artillerie médiane tractée

105mm Howitzer M2A1

M101 105 mm howitzer 8.jpg

En dépit d’une puissante industrie, l’armée américaine fût largement équipée d’armes françaises après son entrée dans le premier conflit mondial. C’est ainsi que les DIUS disposaient de canons de 155mm Schneider.

Dans les années vingt après analyse de l’utilisation de l’artillerie dans le premier conflit mondial, l’armée américaine estime avoir besoin au niveau divisionnaire d’un obusier de 105mm.

Comme souvent dans cette période, les commandes de matériel modernes sont remis à des jours meilleurs et l’US Army continue d’utiliser des armes issues du premier conflit mondial soit des canons français et britanniques.

Il faut attendre le début des années quarante pour voir enfin l’artillerie divisionnaire américaine être régénérée par la mise au point de nouveaux canons et de nouveaux obusiers. Parmi ces armes figurent le 105mm Howitzer M2A1.

Il fait suite au M2 testé à Fort Still en 1932 et construit à moins d’une centaine d’exemplaires. Le M2A1 qui lui succède est fort proche de son aîné mais montre un certain nombre de différences notamment une élévation verticale accrue et un affût renforcé pour permettre un remorquage automobile à plus grande vitesse.

Les premières commandes sont passées à l’automne 1940. Elles augmentent significativement à partir de l’automne 1945 avant de littéralement explosées après septembre 1948 pour permettre d’équiper les groupes divisionnaires mais également les groupes de la Réserve Générale.

Au final ce sont 9750 obusiers de 105mm HM2 qui sont produits avant la fin du conflit, 8536 pour les forces armées américaines et 1214 pour les alliés.

155mm Howitzer M1918

Canon de 155C modèle 1917S 64.JPG

L’obusier de 155mm M1918 est en réalité un canon français de la firme Schneider qui va équiper l’armée de terre américaine jusqu’au milieu des années quarante quand il est remplacé par le 155 HM1.

Il reste néanmoins en service aux Philippines et va participer aux premiers combats contre les japonais.

Quelques canons sont capturés par les japonais, utilisés dans les combats au printemps 1953 pour quelques (rares) survivants réemployés à titre symbolique par les américains pour la deuxième campagne des Philippines. C’est ainsi que c’est un 155mm Howitzer M1918 qui symboliquement va tirer les dix premiers obus sur Manille.

Aux Etats-Unis, les canons retirés des unités de première ligne sont d’abord utilisées pour entraîner les unités nouvellement mobilisés puis une fois la majeure partie des G.U mises sur pied, utilisées pour entraîner de nouveaux artilleurs.

Les derniers canons utilisés pour l’instruction ont été déclassés en 1965 et feraillés à l’exception d’une quinzaine de pièces conservés dans des musées ou sur des mémoriaux.

Calibre : 155mm Poids en ordre de route 4350kg Longueur hors tout 6.8m hauteur 2m Champ de tir horizontal 52° hausse maximale +75° Cadence de tir 2 à 3 coups par minute Portée maximum 11000m

155mm Howitzer M1

M114 155 mm howitzer 2.jpg

Cet obusier «léger» est mis au point à la fin des années trente pour remplacer le M1918. Pesant 5.9 tonnes, c’est une arme de facture classique avec un affût bi-flèche et des pneumatiques robustes permettant un remorquage automobile rapide même en terrain défoncé.

Les budgets et certaines disputes sur le calibre (les calibres 114 et 127mm ont été un temps étudiés) ont retardé la mise en service du nouvel obusier au niveau divisionnaire à partir du printemps 1945.

Sur les 108 groupes moyens de la réserve générale équipés de canons de 155mm, un peu plus d’un tiers soit 45 groupes sont équipés de Howitzer M1.

A la fin de la guerre un automoteur combinant le chassis du M-26 Pershing et le 155mm Howitzer M1 est mis au point mais trop tard pour participer au conflit. Il formera le cœur de l’artillerie notamment des divisions blindées.

Calibre : 155mm Pois en ordre de route 5900kg Longueur hors tout 6.2m hauteur 2m Champ de tir horizontal : 25° de part et d’autre de l’axe Champ de tir vertical -2° à +63° Cadence de tir 2 à 3 coups par minute Portée maximale 14600m

Artillerie lourde tractée

155mm Gun M1

M1 Long Tom 155 mm gun

Certaines armes marquent durablement leur époque mais également leur arme en imposant des canons techniques toujours en vigueur aujourd’hui.

C’est le cas du Renault FT qui gêle l’organisation interne du char de combat (pilote à l’avant, compartiment de combat au milieu, moteur à l’arrière) ou du canon de 155mm GPF (Grande Puissance Filloux du colonel Filloux, son créateur).

Cette arme mise en service au cours du premier conflit mondial dessine la pièce d’artillerie moderne : train pneumatique pour permettre la traction automobile, affût bi-flèche. Manque simplement le Groupe de Puissance Auxiliaire et le GPF ne dépareillera pas dans un parc moderne, les performances mises de côté.

Les américains mettent en œuvre en matière d’artillerie lourde de corps d’armée, le 155 GPF et le 8 pouces Vickers.

Ces canons restent en service une fois le conflit terminé ce qui n’empêche pas le comité Westervelt de recommander la mise au point d’un canon longue portée (sans préciser le calibre) et d’un affût capable de recevoir un canon de 155mm ou un obusier de 203mm pour simplifier la production et limiter les coûts de maintenance.

Plusieurs prototypes sont mis au point dans les années vingt et trente mais sans déboucher sur la production en série en raison de budgets insuffisants et surtout la présence de nombreux 155 GPF.

Ce n’est qu’en 1938 que le 155mm Gun T4 on Carriage T2 soi adopté sous le nom de 155mm Gun M1 on Carriage M1. La production est lente et le 155 GPF ne quitte les unités d’artillerie de première ligne qu’au printemps 1946.

La production de ce canon s’accélère avec l’entrée en guerre des Etats-Unis jusqu’à équiper 111 groupes de la Réserve Générale et sur ces soixante-trois groupes, douze seront équipés d’automouvants M-12.

M12 Gun Motor Carriage 2.jpg

automouvant M-12

La production passe du M-1 au M-1A1 (culasse améliorée) en mai 1951 puis enfin au M-2 à partir de septembre 1953, ce canon devant devenir le canon de 155mm standard dans l’immédiat après guerre.

Une fois la démobilisation terminée, seuls les M-2 restent en service, les M-1 et M-1A1 étant stockés, rélégués dans les unités de réserve ou cédés aux alliés, certains ayant reçu ce canon au titre du Prêt-Bail en l’occurence la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Chine, l’Australie et le Canada.

4550 «Long Tom» sortent des usines durant la guerre et la production s’arrête en septembre 1956 après la sortie de 5425 canons.

Le M-1 Long Tom va servir dans l’armée américaine jusqu’en 1975 quand il est remplacé par le M-198.

Il était remorqué par un camion 6×6 GMC puis à la fin du conflit par un tracteur d’artillerie chenillé.

Poids en ordre de route : 12900kg avec tracteur 15300kg avec camion Poids du train de roues 2440kg longueur hors route 10.5m longueur du tube 7m (45 calibres) hauteur 2.6m largeur du train de roue 2.5m Cadence de tir moyenne 1 coup/minute Portée maximum 22900m portée pratique 18400m

8 Inch Howitzer M1

8in Gun M1 4

 

Si la mise au point d’un canon de 155mm à été lente et non prioritaire, la mise au point d’un obusier de 8 pouces (203mm) à été jugée prioritaire à tel point que l’Howitzer T3 apparaît dès 1928.

C’est une arme moderne, montée sur un affût pneumatique qui va inspirer la mise au point de l’affût destinée au canon de 155mm, la mise au point d’un affût commun étant souhaitée et même désirée. Néanmoins l’arme n’est réellement mise en production en 1939 et en 1940 le Howitzer T3 devient le 8 Inch Howitzer M1 on Carriage M1.

120 groupes lourds vont être mis sur pied pour la Réserve Générale et sur ces cent-vingt groupes lourds, 24 vont être équipés d’obusiers de 203mm soit un total de 576 pièces en ligne.

La production est lente, la priorité allant vers d’autres canons et si on peut produire une mitrailleuse calibre .30 en une minute trente, un obusier de 8 pouces nécessite un peu plus de temps.

Au total, ce sont 1400 obusiers M-1 qui sont produits pour l’US Army. L’arme va être livrée à la France et à la Grande-Bretagne, elle est même produite sous licence par la Grande-Bretagne pour remplacer des armes plus anciennes.

Montée sur un affût chenillé à partir de 1960, le M-1 reste en service jusqu’en 1975 quand un nouvel obusier baptisé M-10 _toujours sur affût chenillé_ est mis en service et toujours en service actuellement même si son retrait est proche.

Calibre : 203mm Poids en ordre de route 14500kg Poids du train de route 2440kg longueur hors route 11.2m longueur du tube 5.14m (25 calibres) hauteur 2.54m largeur du train 2.8m Champ de tir horizontal 60° Cadence de tir moyenne 1 coups par minute Portée maximale 16900m

8 Inch Gun M1

8in Gun M1 2.jpg

 

En compagnie du canon de 240mm (voir ci-après), l’armée américaine met au point un canon de 203mm (à ne pas confondre avec l’obusier de même calibre).

Ce canon de 8 pouces partage d’ailleurs avec son ainé la même culasse, les mêmes chariots, les mêmes affûts et les mêmes tracteurs de pièce en l’occurrence des chars moyens déclassés M3 ou des chasseurs de chars M10 _eux aussi déclassés_.

Vingt-quatre groupes lourds de la Réserve Générale vont être produits soit un total de 144 canons en ligne, la production s’arrêtant après la production de 240 canons en novembre 1954.

Ce canon est retiré du service en 1965 après l’échec d’une version automotrice à la différence de l’obusier M-1.

Calibre : 203mm Poids de la bouche à feu 13610kg Poids total en position de tir 36000kg Longueur du tube 10.4m (51 calibres) Champ de tir horizontal 40° Champ de tir vertical 10 à 50° Cadence de tir moyenne deux coups/minute (mais en tir prolongé, cette cadence est d’un coup toutes les deux minutes) Portée maximum 32100m (portée moyenne 27300m portée minimum 9870m) Durée e mise en batterie une à deux heures

240mm Howitzer M1

240 mm howitzer M1 5.jpg

L’obusier de 240mm à connu une longue période de mise au point. Outre le manque de budgets et de priorité pour un tel canon, on s’interroge sur la possibilité de rendre la pièces suffisamment mobile pour suivre une armée complètement motorisée comme va l’être l’US Army.

En dépit de ces ostacles, l’Ordnance soutenu par le Field Artillery Board continue les études qui aboutissent en septembre 1945 avec la mise au point d’un obusier de 240mm adopté officiellement en mars 1946 sous le nom de 240mm Howitzer M1.

La masse de cette arme impose son transport en deux fardeaux, une remorque pour le tube et le berceau, une deuxième remorque pour le reste, une grue étant indispensable pour assembler ce «monstre».

En attendant la production de canons modernes, 180 canons de 240mm M1918 (production sous licence d’un canon français) sont sortis des stocks pour entraîner les artilleurs, constituer les premiers groupes et ainsi accélérer la montée en puissance.

Vingt-quatre groupes équipés d’obusiers de 240mm vont être mis sur pied entre septembre 1946 et juin 1950 soit un total de 144 canons en première ligne, 275 canons étant produits jusqu’au printemps 1955.

Ce canon de 240mm est retiré du service au milieu des années soixante, une version automouvante n’ayant pas dépassé le stade du prototype.

Calibre : 240mm Poids de la bouche à feu 11395kg Poids de l’affût 17978kg Poids total 29373kg Longueur du tube : 8.4m (35 calibres) Cadence de tir moyenne : 1 coup en deux minutes (1 coup en quatre minutes en cas de tir prolongé) Portée maximale : 22850m Durée de mise en batterie une à deux heures

Artillerie lourde sur voie ferrée

En guise d’avant-propos

Contrairement aux belligérants européens, les Etats-Unis pour des raisons géographiques n’ont pas employé durant le conflit d’artillerie sur voie ferrée. L’envoi de pièces lourdes en Europe à été étudié mais probablement à simple titre d’étude théorique.

D’ailleurs la majorité des pièces d’artillerie sur voie ferrée américaines étaient déployées bien loin du Vieux Continent à Panama pour protéger le vital canal du même nom.

14 Inch M1920 Railway Gun

En 1925 l’US Army décide de construire de nouveaux canons sur voie ferrée, sélectionnant le canon de 356mm de l’US Navy. Quatre canons sont produits par le Westervelt Arsenal et déployés à Fort MacArthur (San Pedro, Californie) (deux) et deux déployés dans la zone du canal de Panama (Fort Grant et Fort Randolph).

Ces canons vont effectuer quelques tirs d’exercice et de démonstration au profit des autorités politiques et militaires mais jamais ils n’auront à s’employer contre l’ennemi, la flotte japonaise n’ayant jamais cherché à attaquer le Canal. Ces canons sont retirés du service en mars 1955 et ferraillés.

Calibre : 14 Inch (356mm) Poids : 230000 livres Longueur du tube : 18.1m Elevation : +50° en affût fixe 19° sur affût ferroviaire Champ de tir horizontal : 7° sur affût, 360° en position fixe Portée maximale 44090m Cadence de tir 1 coup/minute

8 Inch Mk VI Railway Gun

Au début des années quarante, l’US Army se préoccupa à nouveau de la défense des côtes contre une possible descente, une démonstration de force navale d’un ennemi décidé.

Pour renouveler le parc, elle fit du neuf avec du vieux en récupérant auprès de la Navy les canons des croiseurs lourds désarmés au milieu des années quarante pour les installer sur affûts fixes et sur affûts ferroviaires. Ultérieurement, des canons neufs furent produits pour compléter un parc composé in fine de 32 pièces sur voie ferrée et de 16 en position fixe.

L’affût ferroviaire était issu d’un projet expérimental de la fin du premier conflit mondial, un obusier de douze pouces.

Les batteries fixes étaient installées à Fort Church (Narragansett Bay, Rhode Island), Fort Rosecrans (San Diego), Fort Ruger, Oahu (Hawaï), Fort Schwatka (Dutch Harbor), Fort J.H Smith et Fort Abercrombie (Kodiak). Toutes disposaient de deux canons sauf celles d’Hawaï qui disposaient de quatre pièces.

Les pièces remorquées étaient stationnées à Fort Miles (Delaware) (huit canons), quatre canons à Los Angeles, quatre à Bremerton, les autres étant à Fort Hancock (New Jersey) et à Fort John Custis en Virginie.

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