Etats Unis (114) Armée de terre (4)

Bataillons de chars lourds indépendant (Independent Heavy Tank Batallion)

M-26 Pershing 8

M-26 Pershing

La mise en service en juin 1946 du char lourd M26 Pershing entraine la création de huit bataillons indépendants de chars lourds, l’US Army après avoir hésité décidant de ne pas intégrer ces nouveaux chars lourds aux divisions mais de créer des bataillons indépendants.


Ces bataillons sont organisés en un état-major, une compagnie d’état-major, une compagnie de chars légers pour la reconnaissance et trois compagnies de chars, chaque compagnie disposant d’un état-major, d’un peloton d’état-major, d’un peloton de reconnaissance et de trois pelotons de six chars M26 Pershing ce qui nous donne un total de 54 chars de rang auxquels il faut ajouter un char pour le commandant du bataillon et un char pour chaque commandant de compagnie de chars soit un total de 58 engins par bataillon.

Ces huit bataillons passent à douze en avril 1950, à seize en septembre 1951 puis enfin à vingt-quatre en juin 1952 soit en théorie 1392 chars lourds en ligne. Le nombre de bataillons de chars lourds indépendants augmente encore pour atteindre son apogée à trente-six en septembre 1953 (2088 chars).

Comme leurs homologues allemands, ces bataillons servaient soit de pompiers en phase défensive ou renforçaient une division en phase d’attaque.

Le conflit terminé, les bataillons indépendants passent de trente-six à douze en septembre 1955, huit en juin 1956 avant d’être intégrés aux divisions blindées, les Pershing étant devenus in fine des chars moyens.

Unités indépendantes d’Artillerie

L’organisation de l’artillerie américaine ne diffère guère des autres belligérants. La seule différence majeure est la quasi absence de toute artillerie lourde sur voie ferrée pour des raisons évidentes de géographie et de géopolitique, quelques pièces assurant la défense de Panama notamment.

Comme ses homologues britanniques, allemandes et surtout françaises (la Field Artillery reste marquée par l’influence française du premier conflit mondial), l’artillerie américaine est organisée en deux grandes composantes :

-Des régiments endivisionnés tractés ou autoportées disposant de canons et d’obusiers de 105 et de 155mm pour assurer l’appui direct des unités de combat de la division.

L’organisation des régiments ne varie qu’à la marge et les différences se font plus au niveau des effectifs.

Un Field Artillery Regiment est organisé en un état-major, une batterie hors rang, trois groupes légers d’appui général et un groupe d’appui médian. Chaque groupe (appelé batallion) dispose d’une batterie de commandement , d’une batterie de service et de trois batteries de quatre pièces soit quarante-huit pièces par régiment.

-Des groupes d’artillerie de réserve (Batallion), une Réserve Générale à l’américaine, des groupes disposant de canons et d’obusiers de 105 et de 155mm mais également des pièces plus lourdes de 203 et de 240mm sans oublier des armes spéciales, des roquettes. On y trouve aussi bien des pièces tractées que des pièces automotrices et automouvantes.

Ces groupes opèrent soit au niveau du corps d’armée pour une offensive précise ou renforce une division qui peut ainsi démultiplier sa puissance de feu.

Au total, l’armée américaine à mis sur pied quatre-vingt onze Grandes Unités de type divisionnaire soit un total de 270 groupes d’artillerie équipés de canons de 105mm et de 155mm.

M1 Long Tom 155 mm gun 9

Canon de 155mm M-1 « Long Tom »

A ces 270 groupes s’ajoutent 395 groupes non endivisionnés, des groupes légers (124) équipés de canons de 75mm (pour les divisions aéroportées et la division de montagne) et de 105mm, des groupes moyens au nombre de 140 équipés de canons de 105 et de 155mm et enfin 120 groupes lourds équipés de canons de 155mm, d’obusiers de 203mm et de canons de 240mm.

En ce qui concerne les canons de 105 et de 155mm, une partie de ses groupes sont autoportés/automouvants

Sur les 124 groupes légers, les deux tiers soit 81 groupes sont équipés de canons de 105mm et sur ces 81 Field Artillery Batallion, 16 sont automoteurs

Sur les 140 groupes moyens, 32 sont automoteurs/automouvants, 20 équipés de canons de 105mm automoteurs et 12 équipés de canons de 155mm automouvants.

Sur les 120 groupes lourds, 48 sont équipés de canons de 155mm, 48 équipés de canons et d’obusiers de 203mm (à parts égales) et 24 d’obusiers de 240mm.

A ce chiffre de 384 groupes s’ajoutent des groupes de lance-roquettes au nombre de soixante-douze, des groupes affectés aux corps d’armées ou aux divisions en fonction des besoins.

Cette augmentation remarquable des effectifs et des moyens s’explique par la déflation de l’artillerie côtière et la réduction des unités de DCA non-endivisionnées (qui passent de 120 groupes à 72 à la fin du conflit) mais les problèmes de production de canons et de munitions ne seront jamais complètement réglés. Même l’industrie américaine à ses limites……. .

Unités de chasseurs de chars (Tank Destroyer)

Aujourd’hui le char de combat est le principal ennemi du char de combat, l’affrontement char contre char est la base du combat terrestre de haute intensité. Cela n’à pas toujours été le cas, le char étant d’abord vu comme un fortin mobile destiné à assurer l’appui de l’infanterie que comme une arme antichar.

D’où l’apparition d’un véhicule antichar spécifique, le chasseur de char ou dans la langue de Shakespeare le Tank Destroyer. Le véhicule devait être rapide, pas forcément fortement blindé et armé d’un puissant canon antichar.

Le développement des unités blindées-mécanisées en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne (et dans une moindre mesure en Italie et en URSS) généra chez les généraux américains une véritable peur de la percée blindée.

Le canon antichar était une parade (en attendant l’arme antichar individuelle) mais il pouvait être dépassé par des chars et une infanterie ennemie mordante. La mobilité était indispensable.

D’où de multiples réflexions sur une arme antichar mobile capable de créer des écrans antichars dans un contexte défensif mais également dans un contexte offensif.

Plusieurs prototypes furent étudiés, des semi-chenillés avec un canon sur plateau protégé par un simple bouclier, un canon lourd sur un châssis de char, un canon installé dans une superstructure sur un châssis chenillé ou à roues…….. .

Le premier modèle mis en service est le Gun Motor Carriage M-10, un véhicule dont le châssis est inspiré du char moyen M4 avec un canon de 3 pouces (76.2mm) en superstructure.

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M-18 Hellcat

Ce véhicule mis en service en juin 1944 est remplacé au printemps 1948 par le M-18 Hellcat, un chasseur de char très rapide (72 km/h) avec un canon de 76mm à haute vélocité qui équipe la majorité des Tank Destroyer Batallion. A la fin du conflit, le M-36 Jackson est mis en service, une évolution du Hellcat avec un canon de 90mm.

Trente six bataillons de chasseurs de chars sont mis sur pied progressivement entre mai 1944 et septembre 1948. Le nombre passe à quarante-huit en juin 1951 et atteint son maximum de cinquante-quatre bataillons en juin 1953.

Ces bataillons sont organisés en un état-major, une compagnie d’état-major, une compagnie de reconnaissance (intégrant notamment un peloton de sapeurs) et trois compagnies de douze chasseurs de chars.

A son apogée, le Tank Destroyer Command disposait de 1944 véhicules. A la fin du conflit, le M-3 équipait encore quatre bataillons, le M-18 Hellcat équipé trente-six bataillons et le M-36 Jackson quatorze.

La majorité des bataillons sont engagés en Europe, huit étant employés dans le Pacifique. Ces bataillons sont parfois utilisés en groupements temporaires mais surtout placés sous l’autorité d’une division blindée ou une division d’infanterie.

Dès la fin de la guerre, le concept de chasseur de char est remis en cause, le conflit ayant montré que la meilleure arme antichar c’est le char lui même.

Le Tank Destroyer Command (TDC) est dissous en septembre 1955 alors qu’il n’alignait plus que vingt-quatre bataillons équipés de M-18 (seize) et de M-36 (huit). Ces bataillons sont intégrés aux divisions d’infanterie, le nombre de Tank Destroyer Batallion passant rapidement de vingt-quatre à seize puis à douze.

La grande réorganisation de 1960 supprime les bataillons de chasseurs de chars et intègre des régiments de chars de combat aux Infantry Division. Le dernier TDB est dissous le 1er septembre 1961. Les chasseurs de chars M-18 et M-36 sont retirés du service, certains étant stockés en cas de besoin tandis que d’autres étant cédés à des pays étrangers.

Génie

Initialement, il n’était pas prévu d’unités du génie de «Réserve Générale», les Engineer de l’US Army était intégrés aux divisions, chaque division de combat étant jugé à même de faire ce qu’il fallait faire pour faire sauter un obstacle, aménager le terrain, le rendre viable pour l’infanterie, les chars et l’artillerie.

Néanmoins certains matériels nécessitait du personnel spécialisé et des moyens hors de portée du niveau divisionnaire.

D’où la création en septembre 1950 de huit Engineer Brigade organisées en un état-major, une compagnie d’état-major, une compagnie de transmissions, un squadron de reconnaissance et huit Engineer Batallion spécialisés (et non généralistes comme au sein des divisions)

Pour tailler sur mesure une brigade en fonction des besoins opérationnels du moment, les bataillons étaient souvent transférés d’une brigade à l’autre.

Sur les soixante-quatre Engineer Batallion de Réserve Générale, vingt-quatre étaient consacrés au franchissement, vingt-quatre au minage et déminage et enfin seize pour le combat.

Unités de transmission

Outre les unités de transmission intégrées aux divisions, plusieurs compagnies indépendantes de transmission ont été mises sur pied pour les transmissions stratégiques mais également pour l’écoute des communications ennemies.

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