Etats Unis (112) Armée de terre (2)

L’US Army dans le second conflit mondial (1950-1954)

Pacifique

«Japan First» tel est le slogan des américains après l’agression japonaise du 21 mars 1950. Les Etats-Unis ne vont pas pour autant négliger l’Europe comme nous le verrons.

Les premiers combats sont désastreux notamment aux Philippines. L’archipel censé tenir plus d’un an va tomber en quelques mois.

La situation se détériore si rapidement que l’envoi de deux divisions est annulé, une des deux divisions _la 23ème DI créée en septembre 1948_ est finalement envoyée en Nouvelle-Calédonie.

Insigne 23ème DI US

Insigne de la 23ème DI

 

 

Bien que les combats du Pacifique aient mis en lumière les Marines, les G.I ont fait plus que leur part, participant à toutes les campagnes qu’il s’agisse des Salomons, de la Nouvelle-Guinée, des Philippines, la campagne Carolines-Mariannes, l’opération Boxer contre la Chine continentale et Formose, Okinawa et Iwo Jima.

Le Pacifique est essentiellement un combat d’infanterie en raison du théâtre d’opérations et de l’absence d’une réelle menacée blindée japonaise mais des divisions blindées ont aussi été déployées souvent la forme d’unité de circonstances adaptées à la future opération.

Sur les seize divisions blindées mises sur pied durant le conflit, six vont opérer dans le Pacifique, neuf opérant en Europe et en Méditerranée, une restant aux Etats-Unis pour entrainement et expérimentation.

Ironie de l’histoire, les Armoured Division mises sur pied pour tourner le dos au concept obsolète du soutien rapproché de l’infanterie vont assurer cette mission, les combats entre chars dans le Pacifique étant particulièrement rares.

Depuis 1910, la Corée était une colonie japonaise. Que faire ? Organiser un débarquement amphibie ? Attendre la capitulation japonaise ? Finalement c’est un choix très audacieux qui est choisi en l’occurrence une opération aéroportée.

Ce choix est effectué à l’été 1953 alors que les combats font encore rage en Europe (même si l’Italie à changé de camp et que l’Allemagne est partout sur le reculoir) et que les bases de départ sont encore aux mains des japonais ! Génie ou folie, un peu des deux peut être….. .

82nd Airborne.png

Insigne des « All American », la 82nd Airborne

L’opération voit l’engagement de trois divisions aéroportées américaines (17ème, 82ème et 101ème aéroportées), d’une division française, la 25ème DP renforcée d’une brigade belgo-néerlandaise et d’une division britannique, la 7ème Aéroportée (7th Airborne [UK]). Cette opération possède également un volet naval pour assurer la logisitique, l’appui-feu et la couverture aérienne des paras.

101st Airborne

Insigne des « Screaming Eagles », les aigles hurlants de la 101st Airborne

Prévue initialement le 6 juin, elle est repoussée à trois reprises puis déclenchée le 25 juin au lendemain de l’offensive soviétique en Mandchourie. Les avions de transport français, américains, britanniques et australiens décollant des aérodromes chinois.
Trois rotations sont nécessaires pour larguer ce 18ème corps aéroporté dirigé par le général américain Maxwell Taylor.

Les combats sont furieux mais après dix jours de combat, les paras de la 25ème DP font leur jonction sur le Yalu avec les forces soviétiques.

Cette opération va précipiter la défaite japonaise et donner une position solide aux alliés face à l’URSS alors que les premiers craquements se font jours entre les alliés.

Les dernières troupes japonaises en Corée se rendent le 7 août 1954. la capitulation japonaise permet la relève des troupes aéroportées par sept divisions américains (six d’infanterie et une blindée), une division de marche australo-néo-zélandaise (2nd ANZAC Division), une division britannique (1st Infantry Division) et une division française en l’occurrence la 3ème Division d’Infanterie Coloniale (3ème DIC).

Une fois les combats terminés et la capitulation du Japon entérinée, les américains participent à l’occupation du Japon avec l’aide symbolique des alliés qui rapatrient rapidement leurs troupes pour des raisons politiques et économiques.

Ailleurs les divisions américaines désarment les dernières troupes japonaises, passant parfois le relais aux troupes des pays colonisateurs.

Ils restent déployés en partie à Formose, aux Philippines (huit divisions en 1955, quatre en 1960, deux en 1970 puis plus aucune unité constituée en 1992) et bien évidement dans les territoires conquis aux japonais comme les Carolines, les Mariannes, Okinawa et Iwo Jima.

Si Iwo Jima est rendu à l’administration japonaise dès 1960, il faudra attendre 1977 pour qu’Okinawa cesse d’être un territoire sous autorité militaire même si des troupes américaines sont encore stationnés dans les Ryu-Kyu.

Méditerranée

Dans la Mare Nostrum l’apport américain est limité, les forces franco-britanniques n’ayant aucun mal à contrer l’armée italienne. Si l’opération Merkur au printemps 1949 permet la prise de la Corse et la reprise de la Sardaigne (occupée par les français depuis octobre 1948), l’opération Bayard déclenchée en mai 1949 voit la conquête de la Libye.

La guerre essentiellement aérienne et navale prend une nouvelle tournure à l’été 1949 avec la conquête par les allemands de la Yougoslavie et d’une grande partie de la Grèce pour couvrir l’invasion à venir contre l’URSS.

Le Péloponnèse est la seule partie de la Grèce avec la Crète à rester aux mains des alliés pendant que la Dodécannèse est conquis.

Les américains entrés en guerre en mars 1950 envoient deux puis cinq divisions d’infanterie, deux divisions blindées et deux divisions aéroportées en Méditerranée à partir du printemps 1952.

Deux mois plus tard en juillet 1952, elles débarquent pour quatre d’entre-elles en Sicile (deux d’infanterie, une de montagne et deux divisions aéroportées qui sautent sur l’île) sans oublier une division blindée, participant à la conquête de l’une des plus grandes îles de la Méditerranée, Messine étant prise en octobre 1952, Palerme résistant jusqu’à la mi-novembre.

Une division d’infanterie américaine est également engagée dans la reconquête de la Corse pendant que la quatrième après avoir rongé son frein est engagée sur la péninsule Italique lors d’un débarquement organisé à Tarente en janvier 1953 en compagnie de la deuxième division blindée envoyée sur place.

Trois mois plus tard alors que les alliés venaient de prendre Naples et marchaient sur Rome, Mussolini est renversé, sommairement exécuté (officiellement abattu lors d’une tentative d’évasion), un nouveau gouvernement négociant un armistice avec les alliés suivit d’un basculement de l’Italie dans le camp allié même si la méfiance entachera les rapports entre Naples et les puissances alliées.

Les quatre divisions américaines restent déployées en Méditerranée jusqu’à la fin de la guerre, l’une d’elles terminant dans le sud de la Bavière (mars 1954).

Europe occidentale

Après la conquête de la Norvège et du Danemark, la logique aurait voulu que les allemands passent à l’offensive sur le front ouest. Au lieu de ce choix logique, ils attaquent en Méditerranée en février 1949 (opération Merkur), récupérant la Sardaigne, occupant la Corse mais échouant à conquérir Malte.

En mai 1949, l’offensive à l’ouest tant redoutée ou espérée est enfin réalité. Les combats ont lieu aux Pays-Bas où après une belle résistance de six semaines les néerlandais capitulent (5 mai-20 juin 1949). La Belgique tient plus longtemps mais son territoire est entièrement occupé le 27 juin et le roi Leopold III décide de capituler.

Les français et les anglais tiennent bon sur la Meuse et contre-attaquent même dans les Ardennes belges et au Luxembourg mais ce sont des coups d’épée dans l’eau.

La ligne Maginot attaquée en octobre 1949 résiste le plus longtemps possible mais craque dans de multiples endroits, entraînant l’invasion du territoire français. Les combats sont violents mais au printemps 1950 alors que les américains entrent en guerre, le front se stabilise sur la Seine.

Si Paris forment une poche que les allemands n’arriveront jamais à percer, Le Havre est occupé après de durs combats. Quand la ville sera libérée, elle sera détruite à 90%.

Le gouvernement réfugié à Tours sur la Loire organise la reconquête du territoire national en mobilisant toutes les ressources.

En janvier 1951, des troupes américaines arrivent à Saint Nazaire, La Rochelle et Bordeaux. Leur arrivée à été le théâtre d’une bataille homérique contre les sous-marins allemands.

Les éléments précurseurs des huit divisions de la 3ème armée en l’occurrence deux divisions blindées (nombre qui va ensuite tripler) et six divisions d’infanterie (nombre qui passe ensuite à dix) auxquelles il faut ajouter les 82ème et 101ème divisions aéroportées qui combattent jusqu’en septembre 1953 quand elles retrouvent les Etats-Unis pour être engagées dans le Pacifique.

Cette augmentation des effectifs va permettre la constitution d’une 7ème armée qui forment le 1er groupe d’armées US.

1st Cavalry

Insigne de la 1st Cavalry. La taille de l’insigne lui vaut le surnom moqueur de « Blanket Division » (division couverture)

En septembre 1952, la 1st Cavalry Division devenue une division blindée rallie l’Europe pour participer aux combats. Sa consoeur, la 2nd Cavalry Division ralliera l’Europe seulement en janvier 1953.

Entièrement opérationnelles à l’automne, elles participent à l’offensive générale de mars 1952, le franchissement de la Seine et la folle chevauchée jusqu’au Rhin qui est atteint en janvier 1953. Il ne sera franchit qu’en septembre, les alliés donnant la priorité à la libération de la Belgique et des Pays-Bas ce qui est chose faite début 1954.

Les unités américaines opèrent dans le centre de l’Allemagne avec les britanniques au nord, les français au sud. Les belges et les néerlandais sont également présent symboliquement au sein du 1er groupe US, des canadiens opérant au sein du 21ème groupe d’armées du général Montgomery.

Le conflit terminé, des troupes américaines restent déployés en Allemagne comme forces d’occupation, statut modifié à partir de 1962 quand la renaissance de la République Fédérale d’Allemagne entraine la recréation d’une armée allemande.

En 2017, des troupes américains sont toujours stationnées sur le territoire allemand bien que la menace soviétique ait disparu. Régulièrement est ouvert le débat de leur rapatriement aux Etats-Unis.

Europe du Nord

Malgré leur défaite en novembre 1948, les alliés n’ont jamais laissé tombé la Scandinavie, échafaudant de multiples projets de débarquements amphibies, de raids aéroportés…. . En attendant de disposer des troupes nécessaires, les français et les anglais vont mener des campagnes de bombardement stratégiques et des opérations spéciales.

La disponibilité de divisions américaines permet le lancement en octobre 1953 de l’opération Borealis, une série de débarquements menés par six divisions américaines (cinq d’infanterie, une division blindée), une division française (la 27ème DIA) et une division britannique (la 6ème Aéroportée) sans oublier des brigades norvégiennes.

Cette opération Borealis fait partie d’un cycle d’offensives stratégiques avec l’opération Aurore (offensive en Italie) et l’opération Eclipse, le franchissement du Rhin et des combats violents pour atteindre l’Elbe qui sera franchit en mars 1954, les soviétiques et les occidentaux faisant leur jonction sur l’Oder.

La Norvège est entièrement libérée en février 1954, le Danemark l’étant dès janvier. A la différence de l’Allemagne, les troupes américaines ne vont pas rester déployées dans la région, les derniers G.I quittant la région en juin 1955.

-La fin du second conflit mondial voit l’US Army réduire de manière importante la voilure, de nombreuses divisions sont dissoutes, des vétérans démobilisés, le matériel obsolète ferraillé ou cédé à des alliés.

-Néanmoins la menace communiste en Asie comme en Europe ne peut permettre un retour à l’isolationisme d’avant le second conflit mondial.

-En Europe, les VIIème et XIème Corps d’Armée regroupe les troupes américaines déployées en Allemagne avec quatre divisions d’infanterie et deux divisions blindées (1st 7th Armored Division). A ces divisions s’ajoutent des unités indépendantes comme deux brigades de cavalerie, des régiments d’artillerie lourde ainsi que des unités d’hélicoptères sans compter des unités de soutien.

-Des troupes américaines sont déployées en Autriche en compagnie de troupes françaises, britanniques et soviétiques. En 1965, l’Autriche retrouve sa pleine souveraineté et les troupes étrangères évacuent le territoire en échange de la neutralité de Vienne.

-Au Danemark et en Norvège, des dépôts de matériel sont présents pour faciliter l’envoi de troupes en cas de conflit avec l’URSS. Même chose en Belgique et aux Pays-Bas.

-En Italie, on trouve une brigade parachutiste dans le nord du pays ainsi qu’une brigade de cavalerie blindée. Une division d’infanterie est déployée de 1955 à 1965 avant d’être rapatriée aux Etats-Unis.

-En France, pas de troupes américaines mais des dépôts et des facilités dans les ports et sur les bases aériennes de l’Armée de l’Air.

-En Asie du Nord-Est, la Corée est avec le Japon le maillon essentiel des forces américaines dans la région. Sept divisions sont présentes dans l’immédiat après guerre mais le nombre décroit rapidement et en 1962, on trouve trois divisions d’infanterie et une division blindée (4th Armored Division) plus des unités indépendantes de combat et de soutien.

-Au Japon, on trouve trois divisions d’infanterie, une division parachutiste (17th Airborne), une division blindée (5th Armoured Division) deux brigades de cavalerie blindée, des unités de soutien.

En 1963, la 17th Airborne est dissoute et une division d’infanterie redéployée aux Philippines ne laissant donc que deux DI, une division blindée deux brigades de cavalerie blindées et des unités de soutien.

-Aux Phillipines, on trouve deux divisions d’infanterie jusqu’en 1961, de nouveau deux en 1963, une en 1970 et enfin plus aucune unité terrestre américaine en 1990.

Cela sort un peu du cadre de notre étude mais sachez chers lecteurs que durant la période 1954/70, l’armée de terre américaine effectue des interventions extérieures dans les Caraïbes, en Asie et parfois en Amérique du Sud. Son engagement dans la deuxième guerre du Vietnam est massif avec l’emploi de volontaires mais également du contingent, 600000 hommes étant déployés au plus fort du conflit qui bien que victorieux va laisser des traces mais ceci est une autre histoire….. .

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