Etats Unis (110) OdB et Programme de guerre (20)

US Marines Corps et Navires amphibies

USMC

-En septembre 1948, le Corps des Marines dispose de deux Division composées de trois régiments d’infanterie, d’un régiment d’artillerie, d’un régiment du génie et d’un régiment de pionniers.

-Quand à l’Aviation, elle est organisée en deux escadres (Marines Air Wing MAW) totalisant trente-deux squadrons et 640 appareils, seize étant équipés de F4U Corsair, quatre équipés de Dauntless, quatre équipés d’Avenger et huit de PBJ-1. A cela s’ajoute deux squadrons de transport hors rang.

Chance Vought F4U-1 Corsair 4

Chance-Vought F4U Corsair

-Suite au déclenchement du second conflit mondial, le Corps des Marines active une troisième division suivit d’une quatrième début 1950. Deux autres comme on l’à vu sont créées durant le conflit.

-Au cours de la guerre, deux brigades aéroportées, les Marines Airborne Brigade sont créées en dépit d’hésitation et des résistances de la part de l’armée de terre qui voulait conserver le monopole de cette nouvelle forme de guerre.

-La 1st Marine Airborne Brigade (1st MAB) opérationnelle en janvier 1952 effectue ainsi des sauts opérationnels en Nouvelle-Guinée et aux Philippines en attendant de sauter sur Formose et la Chine continentale. Le conflit terminé, elle est un temps menacée de dissolution mais finalement préservée et installée à Yuma dans le désert d’Arizona ce qui lui valu le surnom de «Dust Marines», les «Marines de la poussière».

-La 2nd Marine Airborne Brigade (2nd MAB) opérationnelle en juin 1952 effectue plusieurs sauts opérationnels, les premiers dans les Carolines et les Mariannes, les suivants sur Iwo Jima et Okinawa pour s’emparer notamment des aérodromes et de sites stratégiques. Le conflit terminé, la brigade est dissoute (juin 1955).

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M-26 Pershing

-Entre septembre 1948 et mars 1952, douze bataillons indépendants de chars sont créés au sein du Corps des Marines. Ces bataillons sont équipés de M-4 Sherman dans différentes versions. A la fin du conflit, certains bataillons vont recevoir des M-26 Pershing, des chars lourds.

Le conflit terminé, le nombre de bataillons est divisé par deux, six bataillons, le nombre tombant à quatre en 1970 avant de remonter à six en 1972 puis à huit en 1978, ce nombre n’ayant pas évolué depuis.

-Après de durs combats, le nombre de divisions retombe à quatre, les 5ème et 6ème divisions de Marines sont dissoutes. En 1967, la 5ème division sera réactivée comme unité de réserve, activée en 1970 pour la deuxième guerre du Vietnam. Une sixième division est activée pour le conflit mais dissoute en 1978, la 5ème division redevenant une unité de réserve.

-L’Advanced Base Force est chargée de la sécurité des bases navales. Le nombre d’unités évoluent, certaines étant anéanties dans les combats contre les japonais.

De quatre, le nombre de bataillons passe à douze en septembre 1948, cinq dans l’Atlantique, deux aux Philippines et cinq dans le Pacifique. Deux bataillons partent en Europe et un treizième est créé à Annapolis mais ce bataillon n’est qu’un bataillon d’instruction.

Le 8ème bataillon stationné à Guam quasiment anéanti est reconstitué et reprend le combat à la différence du 9ème bataillon stationné à Wake. Les deux bataillons phillipins (10ème et 11ème) forment une unité de marche, la Marine Force Phillipina avant que les deux bataillons ne soit reconstitués en Australie.

La guerre terminée, l’Advanced Base Force devient la Marine Corps Security Force (MCSF) en 1965 avec pour unité de base la brigade de sécurité (Marine Security Force-Brigade) à compétence géographique mais ceci est une autre histoire.

-Aux côtés des divisions d’infanterie et de l’Advanced Base Force, une troisième unité est créée en l’occurrence les Marine Raider, l’équivalent des Royal Marines Scouts et des fusiliers-marins commandos.

Après un essai avec la Marine Raiding Company de septembre 1943 à mars 1945, une First Marine Raiding Company est créée le 15 octobre 1948. Cinq autres compagnies seront créées durant le conflit, rattachées aux divisions mais disposant d’une très large autonomie. Ils vont opérer en compagnie des SEAL et des UDT.

La guerre terminée, les six compagnies de Marines Raider sont réduites à quatre compagnies autonomes. Deux compagnies sont présentes dans le Pacifique, une compagnie à Okinawa et une compagnie en Caroline du Nord. En 2017, ces quatre compagnies sont toujours présentes.

-L’Aviation des Marines dispose donc de 32 squadrons répartis en deux Marine Air Wing eux mêmes subdivisés en quatre Marine Air Group composés de quatre squadrons.

-Ainsi quand la guerre éclate en Europe, l’aviation des marines dispose de seize squadrons équipés de Chance-Vought F4U Corsair, quatre équipés de Douglas Dauntless, quatre équipés de Grumman Avenger et huit équipés de North American PBJ soit un total de 32 squadrons.

-En septembre 1948, deux autres escadres sont créées, la première pour Hawaï et la seconde pour les Phillipines mais seul le 3rd Marine Air Wing opérationnel en mars 1950, subissant des pertes sérieuses lors de l’attaque.

Suite à l’attaque japonaise, le 1st MAW rallie San Diego puis Hawaï, le 2nd MAW se déployant lui en Nouvelle-Calédonie alors que le 3rd MAW reconstitue ses forces et participe à la mise sur pied d’un 4th MAW.

Ces quatre escadres alignent au total soixante-quatre squadrons qui vont opérer depuis la terre et occasionnellement depuis les porte-avions de l’US Navy.

En septembre 1952, l’US Navy et l’USMC passent un accord pour permettre l’embarquement de groupes aériens sur les porte-avions légers de classe Independence principalement chargés de l’appui-feu lors des opérations amphibies.

Douglas A-1H Skyraider

Douglas A-1H de l’US Navy

Quatre Marine Carrier Air Group (5th MCAG 6th MCAG 7th MCAG 8th MCAG) sont mis sur pied suivis de deux autres avant la fin du conflit (9th 11th MCAG) soit six groupes aériens légers équipés principalement de Chance-Vought F4U Corsair et de Grumman Avenger puis de Douglas Skyraider.

Le conflit terminé, les MCAG vont être dissous, les porte-avions légers de classe Independence se montrant incapables de mettre en œuvre des avions à réaction.

Les quatre escadres sont un temps maintenues mais en 1958, la 4th MAW est dissoute ne laissant aux Marines que trois escadres à trois groupes de quatre escadrons soit un total de 36 squadrons de combat auxquels il faut ajouter quatre squadrons de servitude.

Cargos Amphibies (AKA)

Comme on l’à vu plus haut, l’US Navy à commandé de nombreux transports de matériel (AK) dont certains ont été modifiés en transports de matériel amphibie (AKA) après leur mise en service.

Les trente-deux derniers AK sont finalement construits directement comme AKA. Bien qu’immatriculés AK-125 à AK-156, ils sont mis en service entre mars 1952 et juin 1953.

Ces navires sont baptisés USS Alamosa (AK-125) Alcona (AK-126) Amador (AK-127) Antrim (AK-128) Autauga (AK-129) Beaverhead (AK-130) Beltrami (AK-131) Blount (AK-132) Brevard (AK-133) Bullock (AK-134) Cabell (AK-135) Caledonia (AK-136) Charlevoix (AK-137) Chatham (AK-138) Chicot (AK-139) Claiborne (AK-140) Clariot (AK-141) Codington (AK-142) Colquirt (AK-143) Craighead (AK-144) Dodridge (AK-145) Duval (AK-146) Fairfield (AK-147) Faribault (AK-148) Fentress (AK-149) Flagler (AK-150) Gadsden (AK-151) Glacier (AK-152) Grainger (AK-153) Gwinnett (AK-154) Habersham (AK-155) et Hennepin (AK-156).

Vingt-quatre sont déployés dans le Pacifique et huit dans l’Atlantique (AK-126,AK-127,AK-130,AK-132, AK-144,AK-145,AK-148 et AK-149).

Si les huit navires déployés dans l’Atlantique ressortent indemnes du conflit, quatre AKA du Pacifique sont détruits (AK-125/128/133/156).

Sur les vingt-huit survivants, douze restent en service après guerre (AK-126/127/130/131/138/139/141/142/148/149/153/154), étant désarmés entre 1965 et 1973, les AK-139,141, 153 et 154 participant aux premières opérations de la deuxième guerre du Vietnam.

Les seize autres sont désarmés dans l’immédiat après guerre (septembre 1954 pour les premiers, mars 1955 pour les derniers). Huit (AK-129/132/134/137/140/144/150/152) étant réarmés pour le second conflit vietnamien. Tous sont définitivement désarmés entre 1977 et 1985. Transférés à la MARAD, ils ont été démolis au milieu des années 2000.

Génération spontanée : les navires amphibies

Contrairement à ce que l’on croit parfois, les opérations amphibies ne sont pas une invention moderne. C’est même la forme la plus primitive du combat naval quand hoplites grecs et légionnaires romains s’affrontaient non pas sur la terre ferme mais sur de fragiles esquifs en bois.

Aux temps de la marine à voile, on pratiquait volontiers les descentes, des raids voyant le débarquement de troupes pour ravager les ports et ainsi handicaper sérieusement une escadre en la privant de ses ports et de ses approvisionements.

La généralisation de la vapeur et les progrès de l’artillerie ont mit un terme à ce modèle de guerre navale, supplanté par la bataille en haute mer. Pourtant en 1915, l’histoire semble begayer en offrant une opération amphibie d’envergure : l’expédition des Dardanelles.

Stratégiquement censée, son exécution est calamiteuse ce qui tend à faire croire qu’un débarquement sur une côte défendue était impossible à réaliser.

Voilà pourquoi peu de choses sont faites entre 1919 et 1939 pour les opérations amphibies. Il y à bien des expérimentations de chalands de débarquement, les Marines profitent d’Haïti pour s’entrainer à une mission dont personne ne voulait mais aucun navire de haute-mer ou doctrine complète et cohérente n’apparaissent.

Il faut attendre l’automne 1948 pour que les choses changent enfin. L’opération Weserübung tout comme la riposte alliée (opération Normandy/Normandie) avait montré les difficultés à débarquer du matériel lourd sur une côte défendue en l’absence de ports bien outillés.

Les Etats-Unis sont officiellement neutres mais ils suivent avec intention ce conflit dans lequel ils pourraient bientôt être entrainés. Ils retirent déjà plusieurs leçons et notamment que pour qu’un débarquement réussisse, des chars doivent être immédiatement disponibles.

L’USMC met sur pied des bataillons de chars indépendants tandis que l’US Navy cherche le meilleur moyen de les mettre à terre dans un port mal outillé ou même sur une plage en l’absence de port.

Après avoir cherché plusieurs moyens, la marine américaine imite la France et la Grande-Bretagne adopte le principe d’un navire à fond plat pouvant s’échouer sur une plage, de débarquer hommes et matériel puis de regagner la haute mer.

Dans le cadre du programme de guerre, l’US Navy passe commande de plusieurs modèles de navires amphibies. En concertation avec la France et la Grande-Bretagne, les Etats-Unis vont produire une famille complète de navires et d’embarcations pour reprendre pied aux Philippines et pour frapper le Japon au cœur.

Les navires étaient désignés d’abord par la lettre L (Landing = Débarquement) suivit d’un S quand il s’agissait d’un navire ou d’un C pour une embarcation. La dernière lettre désignait le type de chargement avec I pour Infantry, T pour Tank ou U pour la logistique quand il ne désignait pas la taille (L pour Large M pour Medium).

Au final, les modèles suivants vont être produits :

-Landing Craft Personnal (LCP) et Landing Craft Personnal [Ramp] : petites embarcations pouvant transporter du personnel pour la première, des hommes et des véhicules pour la seconde. Ces modèles sont supplantés par le LCVP.

-Landing Craft Vehicle and Personnal (LCVP) : plus petite embarcation amphibie pouvant transporter un véhicule léger type Jeep ou 10 hommes

-Landing Craft Medium (LCM) : embarcation la plus utilisée pour le transport de l’infanterie, pouvant embarquer une trentaine d’hommes

-Landing Craft Utility (LCU) : embarcation destiné en théorie au transport de la logistique. Plus gros qu’un LCM

-Landing Craft Tank (LCT) : embarcation pouvant embarquer deux chars Sherman ou un Pershing. Il peut soit être embarqué sur un LST ou effectuer la traversée seul.

-Landing Craft Control (LCC) : embarcation de commandement et de contrôle au profit des opérations amphibies.

-Landing Ship Medium (LSM) : navire de type caboteur pouvant effectuer de longues traversées en autonome avant de s’échouer sur une plage pour débarquer hommes, véhicules et matériel.

-Landing Ship Infantry (LSI) : navire semblable au précédent

-Landing Ship Large (LSL) : évolution du duo LSM/LSI dans une version élargie

HM LST-311.jpg

-Landing Ship Tank (LST) : navire amphibie amblématique du second conflit mondial, transportant principalement des chars de combat.

-Landing Ship Dock (LSD) : Contrairement aux catégories précédentes, ce type de navire ne s’échoue pas sur une plage. Disposant d’un bassin intérieur appelé radier, il mettait à l’eau parfois des LCVP mais surtout des LCM/LCU.

Suite à un accord interallié signé en janvier 1951, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France vont coordonner la production de ce type de navire. Cette planification centralisée permettra de produire vite et bien les navires et embarcations nécessaires pour les multiples opérations amphibies prévues en Europe du Nord, en Méditerranée et surtout dans le Pacifique.

Au final ce sont 1580 LST, 740 LSM, 1350 LCI, 2050 LCT, 12280 LCM, 2550 LCP(L), 2750 LCP(R), 24250 LCVP et 250 LCC sont produits aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France.

A côté de cette production pléthorique, la construction des LSD semblait bien falémique. Il faut probablement y voir le fait que ces navires soient plus longs à construire.

USS Casa Grande (LSD-13) 3

Les américains vont produire huit navires de classe Ashland (Ashland, Belle Grove, Carter Hall,Epping Forest, Gunston Hall, Lindenwald, Oak Hill et White Marsh) tous déployés dans le Pacifique et dix-neuf navires de classe Casa Grande, quatre étant achevés pour la Royal Navy (HMS Eastway, HMS Highway, HMS Northway et HMS Oceanway), treize pour l’US Navy (USS Cassa Grande, USS Rushmore, USS Shadwell, USS Cabildo, USS Catamount, USS Colonial, USS Comstock, USS Donner, USS Fort Mandan, USS San Marcos, USS Tortuga et USS Whetstone) et deux pour la France (Foudre Harmattan). Si les navires américains sont déployés dans le Pacifique, les six navires armés par les alliés le sont dans l’Atlantique.

LSD Foudre ex-HMS Oceanway (F-143).jpg

Le Foudre

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