Etats-Unis (25) Porte-avions (6)

USS Ticonderoga (CV-19)

USS Hancock (CV-19) 151244

-Le USS Ticonderoga (CV-19) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard sis à New-York le 14 avril 1944 lancé le 12 novembre 1946 et commissioné le 2 août 1948.

Quand le second conflit mondial éclate en Europe, le porte-avions est en plein mise en condition opérationnelle au large de la Nouvelle-Angleterre. Cette mise en condition est mise entre parenthèses, le porte-avions recevant l’ordre de se tenir prêt à toute opportunité.

Aucun belligérant n’ayant cherché le conflit, le porte-avions peut rallier le Pacifique. Il quitte New-York le 14 janvier 1949, fait escale à Miami du 19 au 21 janvier, franchit le canal de Panama les 28 et 29 janvier avant de rallier San Diego le 7 février. Après quatre jours d’escale, le porte-avions met cap sur Pearl Harbor où il arrive le 19 février 1949.

A la mer le 21 mars 1950 en compagnie d’une partie de la marine américaine, le Ticonderoga participe aux principales opérations du second conflit mondial dans le Pacifique.

Il enchaine successivement par la première campagne des Phillipines puis par la campagne des Salomons au cours de laquelle il est endommagé par l’aviation japonaise. Après trois mois de répararations, le porte-avions participe à la bataille de la mer de Corail puis à la campagne de Nouvelle-Guinée.

Engagé dans la campagne Carolines-Mariannes, le porte-avions est endommagé par les derniers avions japonais présents, deux bombes touchant le navire le 17 mars 1953, une bombe traversant le pont d’envol et endommageant le hangar, une deuxième bombe détruisant une tourelle de 127mm.

Il rallie Pearl Harbor pour trois semaines de réparations. De retour au combat début mai, le porte-avions participe aux opérations dans ces archipels jusqu’en septembre, date à laquelle les deux archipels sont aux mains des américains.

Le porte-avions est à nouveau endommagé lors de l’opération Boxer (débarquements à Formose et en Chine continentale) mais les réparations sont rapides, lui permettant de couvrir avec le USS Essex (CV-9) l’opération Phenix en Corée.

Rentré aux Etats-Unis le 7 septembre, il est désarmé le 14 octobre 1954 et mis en réserve à Bremerton, son maintien en état étant assuré par la Pacific Reserve Fleet Bremerton Group.

Cette situation dure dix-huit mois jusqu’au 15 avril 1956 quand il est recommissioné et transféré au Long Beach Naval Shipyard pour être transformé en porte-avions d’attaque (piste oblique, catapultes à vapeur, nouveaux brins d’arrêts, étrave fermée…..), le Ticonderoga devenant le CVA-19.

Redéployé à San Diego où il est remis en service le 5 juin 1957, le porte-avions dépend de la 1ère flotte ou Pacific Fleet mais est régulièrement déployé en Extrême-Orient au sein de la 7ème flotte, faisant des escales à Okinawa, au Japon, en Corée et à Formose. Il effectue six déploiements entre 1956 et 1965, des déploiements de six à sept mois, déploiements marqués par des exercices avec les marines de la région.

Du 14 juin 1965 au 12 octobre 1966, il est immobilisé à Bremerton pour un grand carénage doublé d’une modernisation. Remis en service le 4 décembre, il reste déployé dans le Pacifique, participant à la seconde guerre du Vietnam (1970-1977) au cours de laquelle il est sérieusement endommagé par un incendie le 14 mai 1974 (68 morts), un incendie fatal car si il rentre à San Diego, les dégâts sont tels que décision est prise de le désarmer, décision officielle le 1er septembre 1974.

Rayé du Naval Vessel Register le 8 janvier 1975, il est vendu à la démolition en mars et démantelé à San Diego après l’échec d’une tentative de préservation à Los Angeles.

USS Bennington (CV-20)

USS Bennington (CV-20) 131244

-Le USS Bennington (CV-20) est mis sur cale au Norfolk Navy Yard le 12 mars 1944 lancé le 8 janvier 1946 et mis en service le 21 juin 1948.

A ce stade comme vous le savez déjà, le porte-avions est techniquement prêt mais son groupe aérien est peu entrainé. Il passe les trois mois suivants à s’entrainer dans les Caraïbes, restant déployé dans l’Atlantique jusqu’en novembre en raison du déclenchement de la guerre en Europe.

L’évolution de la situation ne nécessitant pas l’intervention des Etats-Unis, le Bennington peut rallier le Pacifique et son port d’attache en l’occurence Bremerton dans l’Etat de Washington. Il quitte Norfolk le 4 décembre 1948, fait escale à Miami du 12 au 14 décembre, franchit le canal du Panama les 21 et 22 décembre, arrive à San Diego le 29 décembre. Il quitte la Californie le 5 janvier 1949, arrivant à Bremerton le 12 janvier.

Quand les japonais attaquent Pearl Harbor le 21 mars 1950, le Bennington était en entrainement aviation au large de Bremerton, qualifiant des jeunes pilotes, entrainant les plus expérimentés.

Il interrompt cet entrainement pour se ravitailler auprès d’un pétrolier, se déployant à 300 miles de Bremerton au cas où le raid de Pearl Harbor serait une diversion. Cette mission s’achève au mois de juin quand il devient évident que jamais les japonais n’attaqueront la côte ouest.

Il participe à la campagne des Salomons (mars-septembre 1951) avant de lancer des raids contre les Phillipines. L’archipel était aux mains des japonais mais quelques îles étaient encore sous contrôle américain, permettant à des soldats américains et phillipins de mener des opérations de guerilla.

Au cours de cette mission, le 4 janvier 1952, le Bennington est endommagé par une torpille d’un sous-marin japonais, le projectile le frappant à tribord arrière, détruisant un gouvernail et deux hélices. C’est sur une jambe qu’il rallie Pearl Harbor où il arrive le 20 janvier.

Après des réparations de fortune, le porte-avions rallie le Mare Island Navy Yard où il arrive le 12 février 1952 pour trois mois de réparations. C’est sans compter un incendie accidentel survenu le 8 mars 1952 qui retarde son retour au combat, retour effectif en juillet 1952, le porte-avions engageant ses F4U Corsair, ses Hellldiver et ses Avenger en Nouvelle-Guinée.

Il est à nouveau endommagé le 12 décembre 1953 au large des Phillipines par un avion qui s’écrase sur son pont d’envol. Sévèrement endommagé, la guerre est terminée pour le porte-avions toujours en réparations en septembre 1954.

Désarmé le 14 janvier 1955, il est réarmé le 14 septembre 1956 pour être transformé en porte-avions ASM, le CV-20 devenant le CVS-20. Les travaux s’achèvent le 8 mars 1958. Il reste déployé dans le Pacifique, étant stationné à San Diego, opérant dans le Pacifique mais également en Extrême-Orient.

Il soutient ainsi la France engagée dans le premier conflit du Vietnam (1961-1967), opérant en compagnie des porte-avions français déployés à tour de rôle dans la région notamment les porte-avions d’escadre Clemenceau Foch et Joffre mis en service respectivement en 1956, 1957 et 1958, des navires opérant avec un pont droit puis avec une piste oblique.

Outre l’aviation, l’US Navy participe au blocus des côtes et déploie discrètement des unités de commando-marine et de Marines. Des «conseillers militaires» participent à la formation d’unités sud-vietnamiennes.

Le USS Bennington est désarmé le 14 octobre 1975. Un temps l’Italie envisage de le racheter pour remplacer le Liscombe Bay acquis en 1965 mais après inspection, la Marina Republicana Italiana renonce, préférant se lancer dans une coopération avec l’Espagne dans le même cas que l’Italie.

Rayé du Naval Vessel Register le 8 novembre 1975, le Bennington est remorqué au large de Pearl Harbour et utilisé comme cible pour des expérimentations d’armes navales, sous-marines et aéroportées le 14 décembre 1975.

Interlude

Comme nous l’avons vu dans l’avant-propos, la décision du Japon de construire douze Unryu en plus de quatre Taiho à pont d’envol blindé entraîne la commande de deux United States et de six nouveaux Essex, les deux premiers étant numérotés CV-21 à CV-22, les six autres CV-23 à CV-28.

Aucun de ces navires n’est en service le 21 mars 1950 mais beaucoup sont à des degrés élevés d’achèvement qu’il s’agisse des deux United States et des trois premiers Essex sur le point d’être mis en service, le Tripoli étant encore en achèvement à flot alors que l’Antietam et le Valley Force sont encore sur cale.

Par rapport aux six premiers Essex,ces navires ont une coque plus longue mais un pont d’envol de même taille, l’espace gagné à la proue permettant d’augmenter la DCA. Ils reçoivent dès le début deux catapultes sur le pont d’envol, de nouveaux brins d’arrêts, l’installation des radars modifiée pour réduire les interférences. Détail qui n’est pas un, l’habitabilité est améliorée même si à la fin de la guerre tous les Essex seront surpeuplées rendant la vie à bord pénible.

USS Boxer (CV-23)

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-Le USS Boxer (CV-23) est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding & Dryddock Co de Newport News (Virginie) le 4 janvier 1947 lancé le 15 septembre 1948 et commissioné le 14 avril 1950.

Il effectue sa mise en condition opérationnelle dans les Caraïbes du 14 avril au 2 juin, entrainant intensivement un groupe aérien composé en grande partie d’aviateurs frais émoulus des écoles d’aviation qui vont se multiplier sur tout le territoire américain.

Il se ravitaille à Guantanamo puis met cap sur le Pacifique. Il franchit le canal de Panama les 12 et 13 juin puis rallie San Diego le 20 juin, se ravitaillant, embarquant un complément de munitions et des équipements à transporter à Pearl Harbor.

Il quitte la Californie le 25 juin et rallie le Territoire des Iles Hawaï le 3 juillet 1950. Il ne s’y attarde guère, ralliant les Phillipines pour tenter d’enrayer l’avancée nippone mais sans succès, les succès locaux des américains ne renversant pas une situation stratégique compliquée pour ne pas dire plus.

Après avoir participé à la première campagne des Phillipines, le Boxer est engagé aux Salomons, échappant à plusieurs reprises aux foudres japonaises ce qui n’empêche pas «Tokyo Rose» d’annoncer sa destruction à trois reprises ce qui lui faudra le surnom de «GhostBoxer».

Le 4 juillet 1952 alors qu’il est mouillé à Pearl Harbor, le Boxer est victime d’un incendie d’origine accidentelle qui provoque la mort de 34 marins et aviateurs. Il faut trois heures pour circonscrire l’incendie. Chance providentielle, un ravitaillement en munitions avait été repoussé en raison de manœuvres plus urgentes.

Les dégâts sont heureusement plus limités que les pertes humaines. Il faut tout de même trois semaines pour permettre au porte-avions d’être pleinement opérationnel et de repartir au combat direction de la Nouvelle-Guinée où les américains ont débarqué, les avions du Boxer couvrant la mise à terre des Marines et des divisions d’infanterie de l’Armée.

La campagne de Nouvelle-Guinée terminée, le porte-avions subit un petit carénage pour participer à l’opération Overlord, une offensive anglo-franco-chinoise en direction de la Thaïlande et de la Cochinchine pour isoler les forces japonaises en Malaisie.

Il est à nouveau endommagé le 15 septembre 1953 quand un bombardier japonais qui avait décollé de Hanoï pour une mission de reconnaissance est abattu mais s’écrase sur un pont d’envol rempli d’avions parés au catapultage. Un violent incendie touche le porte-avions, ravageant le pont d’envol et forçant les occupants de l’ilôt à évacuer.

Après cinq heures de lutte, le porte-avions est de nouveau capable de naviguer seul mais incapable de lancer ses avions. 72 marins ont été tués par cette attaque. Le porte-avions hors de combat doit rallier Pearl Harbor. Arrivé à destination le 27 septembre, il subit trois mois de réparations.

Il effectue sa mise en condition opérationnelle du 12 février au 24 avril 1954, reprennant le combat en soutenant les opérations à Okinawa où il est légèrement endommagé par un avion japonais qui s’écrase à la poupe, détruisant l’ascenseur arrière. Il récupère ses avions tant bien que mal puis rallie Ulithi aux Mariannes pour réparations. Il était à la mer quand le Japon capitule.

Ralliant Okinawa, il couvre le redéploiement des troupes américaines qui vont occuper l’archipel pendant près de vingt ans, Okinawa ne redevenant territoire japonais qu’en 1973. Encore aujourd’hui, près de 50000 américains sont déployés dans l’Archipel.

Il rallie ensuite Pearl Harbor avec à bord les premiers démobilisés, le Boxer effectuant quatre trajets à travers l’immense Océan Pacifique.

De retour en Californie le 8 juin 1955, il rallie le Long Beach Naval Shipyard pour être transformé en porte-avions anti-sous-marin, le CV-23 devenant le CVS-23, navire-amiral du Carrier Anti-Submarine Group 5 (CSG-5) opérant depuis Bremerton dans les latitudes inhospitalières du Pacifique Nord accompagné par quatre destroyers, six destroyers d’escorte, deux sous-marins conventionnels et un squadron d’avions de patrouille maritime Lockheed Neptune.

Les travaux ont lieu du 21 juin 1955 au 14 septembre 1956, étant remis en service le 2 novembre 1956.

Il multiplie les exercices dans le Pacifique, en Asie du Nord et du Sud-Est, soutenant la France dans la première guerre du Vietnam (1961-1967) puis participant à la deuxième guerre du Vietnam (1970-1977) jusqu’à son désarmement survenu le 24 mars 1976.

Rayé du Naval Vessel Register le même jour, le CVS-23 est vendu à la démolition et démantelé à Baltimore par Seawitch Salvage entre septembre et décembre 1976.

Le USS Belleau Woods (CV-24)

-Le USS Belleau Woods (CV-24) est mis sur cale aux Newport News Shipbuilding & Drydock Co sis à Newport News (Virginie) le 15 février 1947 lancé le 4 novembre 1948 et commissionné le 8 juin 1950 au Norfolk Navy Yard.

Sans perdre de temps, il effectue sa mise en condition opérationnelle dans les Caraïbes du 12 juin au 4 juillet 1950. Après s’être ravitaillé à Guantanamo, le porte-avions met cap à l’ouest direction le Pacifique.

Il franchit le canal de Panama les 12 et 13 juillet 1950, fait escale à San Diego du 21 au 25 juillet avant de filer direction Pearl Harbor où il arrive le 4 août.

La priorité pour les américains c’est de tenter de sauver les Phillipines. Le nouveau porte-avions, ses Corsair, ses Helldiver et ses Avenger met cap en direction de l’ancienne colonie américaine.

Engagé au combat dès le 20, le porte-avions est endommagé le 25 août par un bombardier japonais qui place une bombe à l’avant du navire, détruisant l’ascenseur avant obligeant le porte-avions à se replier pour réparer avec les moyens du bord.

C’est avec un seul ascenseur que le porte-avions va opérer jusqu’à la mi-septembre quand le porte-avions rallie Pearl Harbor pour être remis en état. Il est de retour au combat en octobre 1950.

Il participe à la campagne des Salomons, défend la Nouvelle-Calédonie contre l’ultime offensive stratégique japonaise avant de participer à la campagne de Nouvelle-Guinée puis à l’opération Overlord, l’offensive anglo-franco-chinoise contre la Thaïlande et la Cochinchine.

Après un petit carénage à Guadalcanal, le porte-avions participe à l’opération Boxer au cours de laquelle il est endommagé par un kamikaze, étant réparé à temps pour participer à l’opération Phenix en compagnie de ses sister-ships Essex et Ticonderoga.

Il est naturellement présent quand le Japon capitule, non pas au mouillage en baie de Tokyo mais en couverture du dispositif, ses chasseurs Corsair et Bearcat maintenant une ombrelle protectrice au dessus de la flotte américaine et alliée pour paRer à toute éventualité.

De retour aux Etats-Unis en novembre 1955, il est désarmé le 4 décembre et maintenu sous cocon à San Diego au sein de la Pacific Reserve Fleet San Diego Group.

Contrairement à la majorité des Essex, le Belleau Wood ne sera pas refondu avec piste oblique et étrave fermée. Il va être transformé en porte-hélicoptères pour l’USMC qui cherchant à échapper aux mortels débarquements amphibies avait découvert dans l’hélicoptère le moyen d’échapper aux plages et de retrouver une mobilité stratégique.

Réarmé le 14 mars 1960, le Belleau Woods arrivé à Charleston sur la côte est pour être transformé dans son nouveau rôle.

Il perd ses catapultes et des brins d’arrêts, une partie du hangar aviation est transformé en logements pour les marines. Il garde un temps sa désignation CV-24 avant de devenir le LPH-3 en 1965.

Il va opérer dans l’Atlantique et dans les Caraïbes dans des opérations de police coloniale. Suite à l’engagement américain au Vietnam dans la deuxième guerre du Vietnam, le Belleau Woods et l’Antietam (LPH-4) vont participer aux inombrables opérations Search & Destroy contre la guerilla communiste.

Le concept du LPH puis du LHA ayant fait ses preuves, des navires neufs ont été construits permettant la relève des pionniers.

Le Belleau Woods est officiellement désarmé le 14 août 1972 à San Diego. Rayé des registres le 1er septembre 1972, il est vendu à la démolition et démantelé dans l’enceinte du Mare Island Navy Yard par Esco Marine.

Le USS Crown Point (CV-25)

-Le USS Crown Point (CV-25) est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding & Drydock Co de Newport News (Virginie) le 8 mars 1947 lancé le 12 décembre 1948 et mis en service le 1er juillet 1950.

Après sa croisière de mise en condition opérationnelle dans les Caraïbes, le nouveau porte-avions rallie le Pacifique, franchissant le canal de Panama les 4 et 5 août, arrivant à San Diego le 13 août.

Une avarie de chaudière l’y immobilisant jusqu’au 5 septembre, ce n’est que le lendemain qu’il met cap sur Pearl Harbor arrivant à destination le 15 septembre 1950.

Sa carrière va être courte. Le 8 juillet 1951 lors de la terrible campagne des Salomons, alors qu’il se retirait après avoir couvert la mise à terre de renforts à destination des marines combattant à Guadalcanal, le Crown Point est torpillé par un sous-marin japonais.

Trois torpilles frappent le porte-avions qui coule rapidement ne laissant que 450 survivants récupérés par les destroyers d’escorte qui vengeront le porte-avions en coulant quelques heures plus tard le sous-marin responsable même si ce n’est qu’après guerre que les survivants apprendront cette «bonne nouvelle».

Rayé du Naval Vessel Register le 8 juin 1952, le USS Crown Point n’eut pas de successeur à la différence de l’Oriskany et du Bonhomme Richard. Il faudra attendre la construction des premiers véritables LPH pour que ce nom soit relevé, le LPH-7 _premier véritable LPH_ étant baptisé Crown Point.

USS Tripoli (CV-26)

-Le USS Tripoli (CV-26) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard sis à New York le 14 décembre 1947 et lancé le 8 juillet 1949.

Quand les japonais attaquent le 21 mars 1950, le nouveau porte-avions était en achèvement à flot, sa mise en service étant alors prévue pour le printemps 1951. les travaux sont accélérés par le conflit mais le porte-avions n’est mis en service que le 4 décembre 1950.

Il effectue sa mise en condition opérationnelle dans les eaux chaudes des Caraïbes loin des frimats new-yorkais du 10 décembre 1950 au 5 janvier 1951.

Après s’être ravitaillé à Guantanamo, le Tripoli met cap sur le Pacifique, franchissant le canal de Panama les 13 et 14 janvier, arrivant à San Diego le 22 janvier au matin.

Après une semaine de perfectionnement auprès de porte-avions mieux rodés, le Tripoli appareille pour Pearl Harbor où il arrive le 9 février 1951.

Il appareille le 15 février direction les Indes Néerlandaises mais en route, il apprend la chute des dernières positions néerlandaises dans la région et la mission d’assistance est annulée, le porte-avions ralliant Nouméa où il arrive avec son groupe de combat (croiseurs et destroyers) le 2 mars 1951.

Après avoir participé à la terrible campagne des Salomons, le Tripoli est engagé dans la défense du Caillou contre un débarquement japonais. Il est endommagé par une bombe le 8 octobre mais les réparations sont brèves et le porte-avions peut repartir au combat quelques jours plus tard.

Il participe après la campagne des Salomons, à la défense de la Nouvelle Calédonie, à la campagne de Nouvelle Guinée et enfin à la deuxième campagne des Phillipines.

Il est à nouveau endommagé le 8 mars 1952 en mer de Corail puis le 4 janvier 1953 par un incendie causé par la rupture d’un manchon de ravitaillement en mazout d’une chaudière. A chaque fois les dégâts sont limités et le porte-avions peut continuer ses opérations.

Après la deuxième campagne des Phillipines, le porte-avions rallie Pearl Harbor pour servir de porte-avions école en attendant son grand carénage prévu en avril-mai.

Quand le Japon capitule, le Tripoli venait d’achever un grand carénage de quatre mois (mai-septembre 1954). Il effectue sa remise en condition opérationnelle avant de devenir le navire-amiral d’un groupe occasionnel chargé de neutraliser les garnisons japonais isolées.

Le porte-avions assure couverture aérienne et appui-feu aux marines chargés de désarmer les derniers irreductibles de l’Empire du Soleil Levant.

Rentré aux Etats-Unis en décembre 1955, le porte-avions rallie la côte est et notamment Boston, lieu où il est désarmé le 4 février 1956.

Après quatre ans sous cocon, le Tripoli est réarmé le 14 mars 1960 pour être transformé en porte-avions anti-sous-marin, le CV-26 devenant le CVS-26. Les travaux s’achèvent le 4 juin 1962 et le porte-avions est officiellement remis en service le 18 septembre. Affecté dans l’Atlantique, il est le navire-amiral du Carrier Submarine Groupe Six (CSG-6) stationné à Norfolk.

Il va opérer en mer du Nord et dans l’Atlantique, effectuant de nombreux exercices avec les marines canadiennes, britanniques et françaises jusqu’à son désarmement survenu le 8 février 1976 à Boston.

Un projet de préservation à Washington ayant échoué, le Tripoli rayé du Naval Vessel Register le 8 mai 1976 est vendu à la démolition à un chantier naval espagnol et démantelé à Bilbao après avoir été remorqué dans l’Atlantique.

USS Antietam (CV-27)

USS Antietam (CV-36) Guam 1945

-Le USS Antietam (CV-27) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard le 4 septembre 1949 lancé le 17 janvier 1951 et mis en service le 12 décembre 1951.

Sa mise en condition opérationnelle à lieu dans les Caraïbes du 20 décembre 1951 au 24 janvier 1952. Il se ravitaille en baie de Guantanamo puis met cap sur le Pacifique, franchissant le canal de Panama les 2 et 3 février, ralliant San Diego le 11 février. Il en repart le 15 février direction Pearl Harbor où il arrive le 24 février 1951.

L’Antietam connait son baptême du feu au cours de la campagne des Salomons, une campagne de six mois d’une rare intensité où les violents combats se doublent de conditions climatiques terrifiantes, les soldats souffrant presque davantage de la nature que des coups de l’ennemi.

Le CV-27 est endommagé par une mine le 14 juillet 1951. Il parvient néamoins à rallier Nouméa le 27 juillet pour des répararations d’urgence avant le transfert vers Pearl Harbor où il arrive le 12 août 1951.

Les réparations vont prendre deux mois jusqu’au 20 octobre 1951, la remise en condition opérationnelle du porte-avions lui interdisant d’être à nouveau sur la brèche avant la fin de 1951.

Il participe à la bataille de la mer de Corail puis à la campagne de Nouvelle-Guinée. Il enchaine par la campagne contre les Carolines et les Mariannes avant de terminer la guerre par l’opération Boxer (Chine-Formose).

Mis à part les débris enflammés d’un avion japonais abattu par la DCA au large de Formose en mars 1954, le porte-avions ne sera pas endommagé de tout le conflit, une quasi-gageure.

Après avoir rapatrié des soldats, des aviateurs et des marins démobilisés, l’Antietam est désarmé à Norfolk le 14 mai 1955.

Après cinq ans sous cocon, le porte-avions est mis au bassin au Norfolk Navy Yard pour être transformé en LPH tout comme son sister-ship Belleau Woods. Il est officiellement remis en service le 8 septembre 1960 avec comme marque de coque LPH-4. Il est stationné sur la côte est en compagnie du LPH-3, l’ancien porte-avions Belleau Woods.

Les deux porte-hélicoptères vont d’abord être utilisés soit pour des exercices en Europe du Nord et en Méditerranée ou pour des opérations de police coloniale dans les Caraïbes.

Il va ensuite participer avec d’autres porte-hélicoptères à la seconde guerre du Vietnam qui occupe une bonne partie de l’armée américaine et des Marines de 1970 à 1977.

L’Antietam ne verra pas la fin du conflit. Désarmé pour des raisons d’usure le 14 janvier 1974, le porte-hélicoptères est rayé des registres le même jour puis vendu à la démolition.

USS Valley Forge (CV-28)

-Le USS Valley Forge (CV-28) est mis sur cale aux chantiers navals de la Newport News Shipbuilding & Drydock Company sis à Newport News le 15 septembre 1949 lancé le 30 janvier 1951 et mis en service le 14 janvier 1952.

Après une mise en condition opérationnelle du 7 au 22 janvier 1952, le porte-avions quitte Norfolk le 25 janvier, franchit le canal de Panama le 3 février puis rallie San Diego le 10 février 1952.

Après un entrainement complémentaire jusqu’au 25, le porte-avions rallie Pearl Harbor le 5 mars 1952, manquant la bataille de la mer de Corail mais pas la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953).

Il enchaîne par la deuxième campagne des Phillipines (avril 1953-février 1954) puis aux opérations Detachment et Iceberg, les opérations amphibies contre Iwo Jima et Okinawa. Au cours de la dernière opération, il est endommagé par un kamikaze mais après une semaine de réparations à l’arrière, le porte-avions peut reprendre ses activités.

Après avoir couvert l’occupation du Japon jusqu’en juin 1955, le porte-avions rallie les Etats-Unis, étant stationné à Bremerton jusqu’au 18 septembre 1956 quand il est désarmé pour être transformé en porte-avions d’attaque.

Les travaux sont menés du 30 septembre 1956 au 4 février 1958 au Puget Sound Navy Yard, le USS Valley Forge (CVA-28) étant remis en service le 2 mars 1958. Il est redéployé à Yokohama qui devient son port d’attache jusqu’à son désarmement survenu le 14 février 1974. Il est remplacé par le Constellation, un porte-avions de classe United States.

Revenu à San Diego, l’ex-porte-avions est rayé du Naval Vessel Register le 5 juin puis vendu à la démolition et démantelé.

Caracteristiques Techniques des porte-avions de classe Essex

Déplacement : standard 27200 tonnes pleine charge 35400 tonnes. Les Essex refondus après guerre déplaçaient 28200 tonnes standard et 38500 tonnes à pleine charge.

Dimensions : longueur hors tout 265.8m largeur 28.30m tirant d’eau 8.38m (coque courte) longueur hors tout 270.7m largeur 28.30m tirant d’eau 8.38m (coque longue)

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par huit chaudières dévellopant 152100ch et entrainant quatre hélices de 4.90m de diamètre.

Les Essex embarquent 6330 tonnes de mazout.

La production électrique est assurée par six diesel-alternateur, quatre principaux de 1250 kW et deux de secours de 1000 kW

Propulsion : vitesse maximale 33 nœuds distance franchissable 15540 miles nautiques à 12 nœuds
La vitesse est réduite après refonte à 31.5 nœuds

Protection : ceinture blindée 63 à 101mm cloisons 100mm pont du hangar et pont principal 38mm ilôt 25 à 38mm appareil à gouverner 63mm. Lors de la refonte après guerre, la ceinture blindée est démontée, remplacée par un bulge ce qui permet d’augmenter les réserves de carburant aviation

Armement : (origine) huit canons de 5 pouces (137mm) en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrière ilôt) et quatre canons de 127mm en affûts simples à babord avant et babord arrière

vingt-quatre canons de 40mm Bofors en douze affûts doubles, trente-deux de 20mm Oerlikon en douze affûts simples et huit affûts simples. Les coques longues possédaient deux affûts quadruples supplémentaires à l’avant soit trente-deux canons de 40mm et trente-deux de 20mm Oerlikon.

(Après guerre) les canons de 127mm, les Bofors de 40mm, les Oerlikon de 20mm sont remplacés par huit canons de 76mm en quatre affûts doubles. Des projets d’embarquement de missiles surface-air n’ont pas aboutit.
Installation d’aviation

(origine) Pont d’envol de 262m de long sur 32.9m relié au hangar par trois ascenseurs, deux axiaux (14.7×13.5m) de 12.7 tonnes de charge et un latéral à babord (18.3×10.4m)

Une catapulte axiale sur le pont d’envol et une catapulte de hangar remplacée avant le conflit par une deuxième catapulte axiale.

Huits brins d’arrêts

(Après refonte) pont d’envol de 272m de long sur 59.40m relié au hangar par deux ascenseurs, un axial et un latéral à babord arrière au bout de la piste oblique

Deux catapultes à vapeur, une axiale et une sur la piste oblique

Quatre brins d’arrêt

Groupe aérien : 90 appareils avec théoriquement 36 chasseurs, 36 bombardiers en piqué et 18 avions-torpilleurs

Quand les Etats-Unis entrent en guerre, les groupes aériens des Essex se composent de chasseurs Grumman F6F Hellcat ou Grumman F8F Bearcat et Chance-Vought F4U Corsair, de bombardiers en piqué Curtiss Helldiver et d’avions torpilleurs Grumman Avenger. Après guerre, les avions à réaction remplacent les avions à hélice.

Equipage : Equipage : 120 officiers et 1634 officiers-mariniers et matelots pour la conduite du navire; 95 pilotes et 537 mécaniciens pour les opérations aériennes soit un total de 2386 hommes (configuration d’origine).

Les derniers Essex utilisés en service actif disposaient d’un équipage total de 3275 officiers et marins, le porte-avions école Bunker Hill ayant 1440 hommes d’équipage.

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