Etats-Unis (22) porte-avions (3)

Porte-avions classe Yorktown

USS Yorktown (CV-5) Hampton Roads 301037

Avant-propos

Architecte naval dans une période de respect des traités n’était pas une sinécure. Il fallait obtenir des navires performants en jonglant entre la vitesse, l’armement, la protection. A cela s’ajoute le fait que le porte-avions était un concept encore neuf aux possibilités inconnues ce qui entraîna des configurations pour le moins surprenantes comme deux voir trois ponts d’envol superposés.

Néanmoins après seulement quelques années, l’architecture générale du porte-avions se stabilise avec un pont d’envol unique et continu le plus long possible associé à un ilôt installé à tribord, seuls les japonais utilisant pour quelques navires un ilôt à babord pour faciliter la navigation de conserve.

L’ilôt longtemps vu comme dangereux pour l’appontage est peu à peu dompté, servant de repère pour la manœuvre et surtout permettant d’intégrer les cheminées, les cheminées horizontales ou mobiles se révélant être une fausse bonne idée.

Seul point évolutif, la question du hangar _unique ou double_ et surtout sa place dans l’architecture navale du bâtiment. Doit-il être intégré à la construction du navire (architecture britannique) ou doit-il être la résultante d’une coque fermée surmontée d’un pont d’envol, l’espace créé formant le hangar (architecture américaine) ?

Après la transformation des Lexington et Saratoga et la construction du Ranger, les américains disposaient encore de 55800 tonnes qu’ils cherchent à utiliser au mieux sachant qu’ils sont moyennement satisfaits du Ranger.

Il faut donc des navires plus gros. Les Yorktown (Yorktown Enterprise) vont déplacer 15200 tonnes soit 1400 tonnes de plus, ce choix entrainera la construction d’un Yorktown en taille réduite, le Wasp qui se révéléra également moyennement réussi. Les deux premiers Yorktown sont financés par le National Industrial Recovery Act du 17 juin 1933.

Dans la foulée de la construction du Wasp et prenant acte de l’expiration des limites des traités, un Naval Expansion Act est voté le 17 mai 1938, loi qui autorise la construction de 40000 tonnes de porte-avions. Parmi ces porte-avions figure un troisième Yorkotwn, le USS Hornet (CV-8).

Carrière opérationnelle

USS Yorktown (CV-5) Caraïbes 170138

Le USS Yorktown (CV-5)

-Le USS Yorktown (CV-5) est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding & Drydock Company le 21 mai 1934 lancé le 4 avril 1936 et commissionné le 30 septembre 1937.

Après avoir effectué sa mise en condition opérationnelle dans les Caraïbes, il subit des travaux complémentaires au Norfolk Navy Yard avant de cingler direction le Pacifique où il va passer une partie de sa carrière opérationnelle.

Du 4 juin 1945 au 2 septembre 1946, il subit une refonte importante au Mare Island Navy Yard en Californie. De nouveau opérationnel en octobre, il est redéployé aux Phillipines au sein de l’Asiatic Fleet avec la base de Subic comme port d’attache.

Sa mission est d’assurer la défense des Phillipines et notamment de l’île de Luzon. Il doit assurer en liaison avec l’USAAF la couverture de l’Asiatic Fleet dont la puissance repose sur deux croiseurs lourds, quatre croiseurs légers (Tucson Spokane Columbia Santa Fe), des destroyers et des sous-marins, une force jugée suffisante pour défendre l’archipel contre une invasion japonaise.

La guerre du Yorktown va se révéler courte. Le 7 avril 1950, alors qu’il venait de lancer des bombardiers Douglas Dauntless à la recherche des navires japonais, il est surpris par trente-deux bombardiers en piqué Aichi A3D2 Val.

Malgré la DCA furieuse du porte-avions et de son escorte, malgré l’action des Hellcat embarqués sur le CV-5, le navire encaisse quatre bombes perforantes.

Une explose dans la cheminée, provoquant la perte de vapeur, une deuxième explose à l’avant du hangar, la troisième détruisant l’ascenseur et la quatrième perfore le pont du hangar blindé et explose dans une soute à munitions.

Devenu une annexe de l’enfer, le porte-avions commence à connaître une gite importante, +17° corrigée à 12°.

Malgré les efforts de la flotte et des pompiers du bord, le porte-avions est condamné. A 17.07, six heures après l’assaut, l’ordre d »abandon du navire est donné.

A 17.12, le navire se couche complètement à tribord, chavire puis rejoint les flots, l’épave retrouvée en 1980 au cours d’une campagne de prospection pétrolière repose à 50 miles nautiques au nord-est d’Aparri. 325 officiers et marins ont été tués, les autres blessés à des dégrés divers ont été récupérés par les destroyers d’escorte.

Son nom est repris pour l’un des quatre porte-avions lourds de classe United States en l’occurence le porte-avions initialement baptisé Langley.

USS Enterprise (CV-6)

-Le USS Enterprise (CV-6) est mis sur cale aux chantiers navals Newports News Shipbuilding & DryDock Company le 16 juillet 1934 lancé le 3 octobre 1936 et commissionné le 12 mai 1938.

Jusqu’en avril 1939, le deuxième porte-avions de classe Yorktown va rester dans l’Atlantique et dans les Caraïbes pour mener à bien sa mise en condition. Ce n’est qu’à ce moment que le porte-avions va rejoindre le Pacifique où il va rester jusqu’à sa destruction.

Basé à San Diego, le porte-avions modernisé entre juin 1946 et septembre 1947 participe aux premières opérations du second conflit mondial dans le Pacifique.

Endommagé le 17 juin 1951 au large de Guadalcanal par une torpille d’un sous-marin japonais, le porte-avions l’est à nouveau le 19 janvier 1952 au large de la Nouvelle-Calédonie quand il s’échoue sur une roche non carthographié.

Réparé il participe à la bataille de la mer de Corail. Le 4 mars 1952 alors qu’il couvre les cuirassés engageant le corps de bataille japonais, il est surpris par seize bombardiers G4M. Quatre sont abattus par la DCA, deux par la chasse embarquée mais les autres parviennent à larguer leurs projectiles.

«Big E» évite six torpilles mais deux autres frappent le porte-avions à tribord, entrainant une gite prononcée (17°). Une série d’incendies se déclare mais sont vites maitrisés.

L’équipage est évacué sur les croiseurs et les destroyers d’escorte, ne restant à bord que les marins indispensables pour la lutte contre les avaries et la préparation du remorquage.

Alors que la gite s’est stabilisée et que le croiseur lourd Baltimore s’apprête à le prendre en remorque, une gigantesque explosion frappe le porte-avions qui coule rapidement entrainant 75 marins dans ses flancs qui s’ajoutent aux 55 morts causés par les torpilles.

L’enquête montrera que des vapeurs d’essence se sont répandues dans tout le fond du navire et qu’une étincelle à provoqué la déflagration. En urgence tout le système d’alimentation en essence aviation sera modifié sur le Hornet et tous les autres porte-avions disponibles.

Comme pour son sister-ship Yorktown, le nom de l’Enterprise va être repris, rebaptisant le sixième United States éteignant la polémique sur le choix de Franklin D. Roosevelt pour baptiser ce navire.

USS Hornet (CV-8) 150542

-Le USS Hornet (CV-8) est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding & Drydock Company de Newport News (Virginie) le 25 septembre 1939 lancé le 14 mars 1941 et commissionné le 6 juillet 1942.

Après trois mois d’entrainement dans les Caraïbes, le Hornet rallie le Pacifique avec Pearl Harbor pour port d’attache.

Il va y rester déployé jusqu’en septembre 1945 quand il rallie Bremerton, son nouveau port d’attache. Il est le seul porte-avions déployé dans cette région jusqu’en juillet 1948 date de l’arrivée du USS Bennington (CV-20) de classe Essex.

A la différence de ces sister-ship, le Hornet va survivre au conflit même si il est endommagé à plusieurs reprises par les japonais.

Si il manque la première campagne des Phillipines, le Hornet est engagé aux Salomons, campagne qu’il le voit être endommagé par une bombe et par un mitraillage. Il manque la bataille de la mer de Corail en raison d’un grand carénage mais participe à la campagne de Nouvelle-Guinée.

Il couvre les différents débarquements de la campagne Carolines-Mariannes (mars-septembre 1953), étant endommagé par un kamikaze ce qui l’immobilise pour réparations jusqu’en mars 1954. Il participe ensuite aux opérations Detachment et Iceberg (Iwo Jima et Okinawa).

Après avoir couvert la phase préliminaire de l’occupation du Japon, le USS Hornet (CV-8) rallie Pearl Harbor pour être transformé en transport rapide.

Souhaitant remettre leur économie en route, les américains veulent démobiliser le plus vite possible et revenir à une configuration temps de paix.

L’unique survivant d’une classe de trois va effectuer huit rotations entre Pearl Harbor, Yokohama, Okinawa, Formose et Shanghaï.

Après son dernier voyage jusqu’à Pearl Harbor, le porte-avions met cap sur Bremerton où il arrive le 17 juillet 1955.

Désarmé le lendemain 18 juillet 1955, il est placé en réserve (in commission in reserve) confiés aux bons soins de la Pacific Reserve Fleet Bremerton Group en compagnie d’autres navires, cuirassés, croiseurs et porte-avions.

Rayé du Naval Vessel Register le 14 mars 1960, il est vendu à la démolition à Esco Marine qui fait procéder à son démantélement à Brownsville (Texas) entre juin et septembre 1960.

USS Enterprise (CV-6) schéma

Schéma général de l’Enterprise

Caractéristiques Techniques

Déplacement : Standard 20100 tonnes Pleine charge 25900 tonnes

Dimensions : Longueur (hors tout) : 251m (coque) 246m (à la flottaison) 230m Largeur (flottaison) 25m (pont d’envol) 33.4m Tirant d’eau : 7.4 à 7.9m (standard

Propulsion : 4 turbines Parson développant une puissance totale de 120000ch alimentés par 9 chaudières Babcock & Wilcox et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 32.5 nœuds (60.2km/h) Distance franchissable : 12500 miles nautiques (23200km) à 15 nœuds

Electronique : un radar de veille aérienne CXAM-1. D’autres radars s’ajoutent au cours du conflit même si la suite radar du Hornet sera moins fournie que celle des Essex.

Armement : A la construction, les Yorktown embarquent 8 canons de 127mm en affûts simples, 16 canons de 28mm de 75 calibres en affût quadruple et 24 mitrailleuses de 12.7mm.

Quand le second conflit mondial éclate, les trois porte-avions disposent de huit canons de 127mm en affûts simples, de seize canons Bofors de 40mm en affûts doubles et de vingt-quatre Oerlikon de 20mm en affûts simples et doubles.

Si le Yorktown n’à pas le temps de voir son armement se modifier, l’Enterprise reçoit seize canons de 40mm et douze canons de 20mm supplémentaires alors que le Hornet termine la guerre avec huit canons de 127mm, trente-deux canons Bofors de 40mm en huit affûts quadruples et trente-six canons de 20mm Oerlikon en affûts simples et doubles.

Installations aéronautiques : trois ascenseurs axiaux, deux catapultes axiales sur le pont et une catapulte de hangar débarquée au cours du conflit, la présence du radar la rendant inutile (elle devait permettre le catapultage d’un appareil de reconnaissance en urgence si le pont d’envol était encombré ou en mode «appontage»)

Groupe aérien : 90 appareils dont les chasseurs Grumman F4F Wildcat et F6F Hellcat, les bombardiers et avions de reconnaissance Douglas Dauntless et Douglas Avenger, les torpilleurs Devastator et Helldiver

Equipage : 2217 officiers et matelots

Porte-avions USS Wasp (CV-7)

USS Wasp (CV-7) 1940

Avant-propos

Le Wasp est un peu comme le Ranger le mal aimé des porte-avions américains du second conflit mondial, ayant passé tout le conflit dans l’Atlantique échappant au sort de plusieurs de ses congénères coulés par l’aviation et la marine japonaise.

Dans cette période de traités de limitations, les différents pays respectent plus ou moins les traités signés. Chaque pays signataire du traité de Washington disposait d’un contingent global de porte-avions.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne possédaient 135000 tonnes de porte-avions ce qui imposait des contraintes sérieuses en termes de déplacement et de donc de performances.

Voilà pourquoi après la transformation des Lexington et Saratoga, la construction des Ranger, Yorktown et Enterprise, les américains doivent se résoudre à construire une version réduite des Yorktown ou un dérivé du Ranger, un navire de 14000 tonnes, sans protection avec une vitesse de 29 nœuds.

C’est l’acte de naissance du USS Wasp (CV-7) qui est autorisé le 27 mars 1934, Wasp signifiant en anglais abeille mais également White Anglo-Saxon Protestant.

Carrière opérationnelle

USS Wasp (CV-7) lancement 040439

4 avril 1939 : le futur Wasp est paré au lancement 

-Le USS Wasp (CV-7) est mis sur cale aux chantiers navals Fore River Shipyard sis à Quincy (Massachussetts) le 1er avril 1936 lancé le 4 avril 1939 et mis en service le 25 avril 1940.

Il passe les trois mois suivants à effectuer sa mise en condition dans les Caraïbes, gagnant ensuite le Norfolk Navy Yard pour des travaux complémentaires. Il est considéré comme pleinement opérationnel en octobre 1940, date à laquelle il rallie le Pacifique où il va rester déployer jusqu’en septembre 1945 quand il est redéployé à Norfolk, relégué au rôle de porte-avions école,rôle qu’il partage avec le Ranger.

Quand le second conflit mondial éclate en Europe en septembre 1948, il devient porte-avions ASM, participant à la couverture des cuirassés et croiseurs engagés dans les patrouilles de neutralité.

Quand les Etats-Unis rentrent en guerre en mars 1950, le Wasp reste déployé dans l’Atlantique, les porte-avions modernes étant suffisamment nombreux dans le Pacifique.

Il va couvrir les convois à destination de l’Europe, convois de marchandises, convois de matériel et convois de troupes, plusieurs divisions américaines étant envoyées en Ecosse et en Angleterre pour participer aux opérations sur le territoire européen.

Son groupe aérien s’illustre en coulant trois sous-marins allemands seul ou en coopération. Il est endommagé au large de la Norvège le 14 septembre 1951 alors qu’il couvrait un convoi transportant du matériel à destination de l’URSS alors attaquée par l’Allemagne.

Réparé à Rosyth, il lance une série d’attaques sur la Norvège, des attaques destinées à mettre la pression sur l’Allemagne et la forcer à maintenir des forces importantes en Scandinavie.

Ce n’est qu’en octobre 1953 que la Norvège sera l’objet d’une attaque majeure, l’opération Borealis, le Wasp couvrant les transports amphibies, laissant à des porte-avions plus modernes le soin d’assurer l’appui-feu et la couverture des troupes mises à terre.

Le conflit s’achève en Europe en avril 1954. Le Wasp assure le rapatriement aux Etats-Unis des vétérans démobilisés depuis les ports français de Brest, de Saint-Nazaire et de Cherbourg.

Jusqu’en décembre 1954, il va effectuer douze rotations transatlantiques. Rentré à New York le 23 décembre 1954, il est désarmé le 17 janvier 1955 au Brooklyn Navy Yard.

En surplus tout comme le Ranger ou le Hornet, le Wasp est rayé du Naval Vessel Register le lendemain 18 janvier 1955 puis vendu à la démolition à Sun Shipbuilding, la même entreprise qui procéda au démantélement du Ranger.

Caractéristiques Techniques 

Déplacement : standard 14300 tonnes pleine charge 18796 tonnes

Dimensions : longueur 225.9m largeur 28.3m tirant d’eau 7.4m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentés en vapeur par six chaudières dévellopant une puissance totale de 70000ch entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 29.5 noeuds distance franchissable : 12000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : aucune

Armement : 8 canons de 127mm en 8 affût simples groupés par deux de part et d’autre du pont d’envol, plusieurs affût quadruples de 28mm. En 1950, les canons de 127mm sont toujours là mais les canons de 28mm ont été remplacés par seize canons de 40mm Bofors en affûts doubles

Installation d’aviation :

-Un hangar unique de 152m de long relié au pont d’envol par deux ascenseurs axiaux.

-Quatre catapultes (deux sur le pont et deux dans le hangar)

-Brins d’arrêt : nombre inconnu mais ont peu supposer qu’il est proche de celui de Yorktown (9 à l’arrière et 4 à l’avant)

Groupe aérien : 84 appareils réduit dans sa configuration porte-avions école. A l’été 1950, son groupe aérien, le CVG-7 dispose de douze Grumman F6F3 Hellcat, de six Douglas Dauntless et de quatre Grumman Avenger

Equipage : 1889 hommes à sa mise en service

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