Etats Unis (17) Cuirassés et croiseurs de bataille (3)

Cuirassés classe North Carolina

USS North Carolina 6

Un long chemin vers de nouveaux cuirassés

Sans la signature du traité de Washington le 6 février 1922, les américains auraient disposé d’un impressionnant corps de bataille avec six South Dakota, quatre Colorado soit dix cuirassés armés de canons de 16 pouces auxquels il fallait ajouter six croiseurs de bataille armés de huit canons de 16 pouces plus tous les superdreadnought armés de canons de 14 pouces (deux Tennessee, les trois New-Mexico, les deux Pennsylvania, les deux Nevada et les deux New-York), les dreadnought auraient probablement été désarmés ce qui aurait quand même laissé à l’USN un total de 27 cuirassés !


Ce traité, le premier limitant les armements navals définit le cuirassé comme un navire de plus de 10000 tonnes et de 35000 tonnes au maximum avec un armement principal supérieur au 203mm mais inférieur au 406mm.

Ce traité interdit toute construction de cuirassés jusqu’en 1931 et donne à chaque pays un contingent maximum ce qui oblige les américains à interrompre la construction des six South Dakota, des six Lexington (deux seront transformés en porte-avions) et de couler comme cible le Washington, le quatrième Colorado pourtant achevé à 75%. Des navires plus anciens de type dreadnought doivent également être désarmés et envoyés à la casse ou démilitarisés.

Cet arrêt des constructions n’implique pas l’arrêt des études pour être prêt le jour où l’interdiction sera levée. Cette interdiction est étendue jusqu’en 1936 par le traité de Londres, le traité de Washington expirant le 31 décembre 1936 à condition qu’un des signataires ne le dénonce avant la fin de 1934 ce qui sera le cas du Japon et de la France.

Quand s’achève le premier conflit mondial, la catégorie navire de ligne propose deux modèles principaux : le cuirassé classique, bien armé, bien protégé mais plutôt lent et le croiseur de bataille rapide, bien armé, peu protégé. Il y à bien le compromis des Queen Elizabeth capable de filer à 25 nœuds contre 21 nœuds pour les cuirassés conventionnels mais ils sont plus l’exception qui confirme la règle qu’autre chose.

Cependant le croiseur de bataille à été décrédibilisé par la bataille du Jutland en dépit du fait que la perte de trois navires britanniques soit davantage à une utilisation inadaptée et à un non-respect des règles de sécurité qu’à des défauts intrinsèques au concept.

Les américains dans leurs études restent fidèle à la conception d’un cuirassé lent, bien armé et bien protégé, la vitesse imposant des machines puissantes sans compter les contraintes liées au franchissement du canal de Panama qui limite la largeur de la carène.

Alors que les Colorado, les South Dakota et les Lexington étaient sur cale ou sur le point de l’être, les bureaux d’études travaillaient sur un nouveau type de cuirassés.

Une étude lancée en 1916 aboutit ainsi à un navire de 80000 tonnes, armés de 15 canons de 457mm (cinq tourelles triples) avec une ceinture de 406mm, une propulsion turbo-électrique et une vitesse de 25.2 noeuds. Ce projet n’aura aucune suite mais il est probable que ce projet n’était en réalité qu’une étude théorique destinée à permettre aux américains de savoir dans quelles limites ils pouvaient évoluer.

Les études ne cessent de se poursuivre durant les années vingt, les américains voulant être prêts à reprendre la construction dès que possible. Les différentes études concernent des navires de 35000 tonnes à propulsion par turbines armés de canons de 406mm et de 152mm (comme une étude en 1929 avec 9 canons de 406mm et 16 canons de 152mm). Certains projets imitant les Nelson britanniques voient les trois tourelles triples concentrées sur la plage avant.

Classe North Carolina schéma XVI

L’une des études des futurs North Carolina prévoyait un armement composé de douze canons de 356mm en trois tourelles quadruples

Les américains restent attachés au cuirassé lent et bien protégé mais devant les réalisations étrangères comme les Deutschland et les Dunkerque, ils doivent se résoudre au fait qu’un cuirassé lent appartient au passé et que l’avenir appartient au cuirassé rapide.

Entre 1929 et 1932, les études portent sur des bâtiments entre 25 et 35000 tonnes pour prévoir le cas d’une nouvelle limitation. En 1931, les projets se multiplient pour des bâtiments de 25 à 35000 tonnes, des vitesses de 21 à 27.5 noeuds et un armement allant du 305 au 406mm.

En 1933, quatre études sont présentées pour des cuirassés de 22 noeuds déplaçant de 30 à 35000 tonnes. La menace représentée par les croiseurs de bataille comme le Renown, le Kongo et le Dunkerque valorise la vitesse. Le 20 décembre 1933, un programme d’étude est lancé avec treize projets allant de 19500 tonnes à 35000 tonnes, une vitesse de 22 à 32.5 noeuds.

En juillet 1934, quatre études aboutissent à des cuirassés de 31000 à 35000 tonnes, avec une vitesse de 21 à 31.5 noeuds de neuf à douze canons de 356mm. Les projets sortis en septembre 1934 donnent des bâtiments de 35000 tonnes, 8 ou 9 canons de 406mm ou 9 ou 12 de 356mm et des vitesses variant de 21 à 30.5 noeuds. Une étude projet pour un cuirassé de 25000 tonnes est encore réalisée en 1934 pour répondre aux britanniques qui voulaient limiter les cuirassés à 20000 tonnes et une artillerie de 305mm.

En novembre 1934, les américains étudient à l’opposé le «supercuirassé» aboutissant à un navire de 66000 tonnes marchant à 25.3 noeuds ou de 72500 tonnes marchant à 30 noeuds et avec dans les deux cas, 8 canons de 508mm, une ceinture de 406mm et une longueur de 297m.

En dépit de la menace des navires ennemis, les américains sont très attachés aux cuirassés lents mais reconnaissent le besoin de navires rapides notament face aux japonais. Ces derniers annoncent l’abandon des traités en mars 1934 ce qui signifie qu’à partir du 31 décembre 1936, la construction de cuirassés est possible.

Le General Board à demandé de nouvelles études en mai 1934 et une vingtaine sont réalisées pour des cuirassés de 23500 à 40500 tonnes, marchant de 23 à 30.5 noeuds avec un armement allant de 8 canons de 305mm à 9 de 406mm en parlant de différentes combinaisons de 356mm. Une des études prévoit deux tourelles quadruples à l’arrière et trois catapultes à l’avant.

Après pas moins de 35 études, la construction de deux cuirassés est autorisée le 3 juin 1936 même si le projet n’est totalement arrêté en novembre 1936 avec 9 canons de 406mm en trois tourelles triples ou 12 canons de 356mm en trois tourelles quadruples.

Financés par l’année fiscale 1936-1937 (1er juillet 1936-30 juin 1937), les cuirassés BB-55 et BB-56 sont baptisés North Carolina et Washington qui sont commandés le 1er août 1937 après que l’installation de canons de 406mm eut été autorisé par le secrétaire à la marine le 15 juillet 1937.

Historique

USS North Carolina 11

USS North Carolina (BB-55)

-Le USS North Carolina (BB-55) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard sis à New-York le 27 octobre 1937 lancé le 13 juin 1940 et mis en service le 12 octobre 1941, la mise au point interminable du navire lui donna le surnom de «The Show Boat» en raison de ses aller-retour incessant dans le port de New-York.

Affecté dans le Pacifique, il quitte New-York le 19 octobre, effectue d’ultimes exercices en baie de Chesapeake en Virginie du 20 au 30 octobre, se ravitaille à Norfolk avant de mettre cap à l’ouest, faisant escale à Jacksonville du 3 au 5 novembre, à Guantanamo du 8 au 12 novembre, franchit le canal de Panama les 17 et 18 novembre, se ravitaillant à Balboa le 19 novembre avant de rallier San Diego le 25 novembre 1941.

Après des réparations mineures, le cuirassé met cap sur son port d’attache à savoir Pearl Harbor où il arrive le 12 décembre 1941 après six semaines de voyage. Il intègre la Battle Force US Fleet qui devient en 1946 le Battle Force Pacific Squadron suite à la création de l’Atlantic Fleet et de la Pacific Fleet.

Cette escadre est stationnée à Pearl Harbor pour peser sur le Japon mais en septembre 1947, cette escadre est divisée en deux. Les cuirassés les plus anciens sont redéployés à San Diego au sein du Battle Force Pacific Squadron (North),formant la BatDiv Six (Tennessee California) et la BatDiv Eight (Colorado Maryland West Virginia)

Les cuirassés les plus récents à Pearl Harbor forment le Battle Force Pacific Squadron (South), les North Carolina formant la BatDiv One, les South Dakota formant les BatDiv Three (South Dakota Indiana) et Five (Alabama Massachusetts), les Iowa formant les BatDiv Seven (Iowa New Jersey) et Nine (Missouri et Wisconsin).Les Montana forment la BatDiv Two (Montana Ohio Maine) et la BatDiv Four (Lousiana New Hampshire).

Le 21 mars 1950 lors de l’attaque japonaise sur Pearl-Harbor, le North Carolina était amarré à l’île Ford avec le Washington à tribord.

Protégé par son sister-ship très sévèrement endommagé et jamais remis en service (quatre torpilles et six bombes, seul le noyage des soutes empêchant une explosion catastrophique), le North Carolina est touché par une torpille qui emporte la proue et trois bombes.

Mis au bassin le 4 juillet 1950, il est rapidement remis en état pour pouvoir traverser le Pacifique et rallier Bremerton où il va être immobilisé pour réparations du 24 août 1950 au 4 avril 1951, reprenant le combat en mai 1951 dans les Salomons à la différence du Washington dont l’épave relevé en septembre 1951 sera mouillée à l’écart de la base navale et ferraillé après guerre.

Durant le conflit, le North Carolina va participer à plusieurs batailles contre la flotte japonaise, assurer l’appui-feu lors d’opérations amphibies…. .

Il participe ainsi à bataille de la mer de Corail les 5 et 6 mars 1952 mais manque l’essentiel de la campagne de Nouvelle-Guinée car en grand carénage d’août à décembre 1952. Il participe ensuite à la deuxième campagne des Phillipines et termine la guerre entre la Chine et Formose.

Dans la nuit du 11 au 12 mars, le North Carolina affronte en compagnie du Massachusetts, du Colorado et de l’Alaska les croiseurs de bataille Kirishima et Haruna envoyant par le fond les deux unités de classe Kongo.

Endommagé à plusieurs reprises, le USS North Carolina assiste à la capitulation japonaise en baie de Tokyo le 5 septembre 1954 après avoir couvert le débarquement des forces alliées (françaises, britanniques, australiennes, néo-zélandaises, canadiennes et bien entendue américaines).

Il reste déployé au Japon jusqu’en mai 1957. Relevé par le USS Iowa (BB-61), il rallie Bremerton avec des soldats et des marins démobilisés.

C’est là qu’il est désarmé et mis en réserve le 15 juillet 1957. Affecté à la Pacific Reserve Fleet Bremerton Group, il est in commission in reserve à savoir qu’un noyau d’équipage permet un réarmement éventuel à relativement brève échéance (90 à 180 jours). Ce statut se poursuit jusqu’au 1er juillet 1965 quand il est out of commission in reserve.

Rayé du Naval Vessel Register le 8 juillet 1970, il est racheté par l’Etat de Caroline du Nord. Remorqué à Wilmington, il est depuis ouvert au public.

USS Washington canal de Panama

Le USS Washington (BB-56) franchissant les écluses du canal de Panama

-Le USS Washington (BB-56) est mis sur cale au Philadelphia Navy Yard (Pennsylvanie) le 14 juin 1938 lancé le 1er juin 1940 et mis en service le 15 mars 1942.

Affecté dans le Pacifique, il est stationné à San Diego puis à Pearl Harbor, intégrant la 1ère division de cuirassés (BatDivOne) en compagnie de son sister-ship North Carolina.

Le 21 mars 1950 lors de l’attaque japonaise sur Pearl-Harbor, le Washington était à Pearl-Harbor amarré à l’île Ford avec le North Carolina à son babord.

A son corps défendant, il protège son sister-ship, encaissant quatre torpilles et six bombes. Sans le noyage des soutes dès l’impact de la première torpille, le Washington aurait explosé. Coulant avec une gite de 15° à babord, il subit des pertes humaines terribles : 748 morts et 345 blessés.

Le navire brûle pendant vingt-six heures avant que les pompiers aidés par des pluies bienvenues parviennent à éteindre un cuirassé devenu l’annexe de l’enfer.

Le North Carolina mis au bassin (4 juillet 1950), le Washington ou du moins ce qu’il en reste est relevé le 14 septembre 1951 après des travaux très difficiles. L’épave est mis au bassin n°1, les munitions évacuées, les superstructures arrasées et les brèches comblées.

Les marins sont enterrés à Hawai dans un carré dédié aux morts du «Jour d’infamie».
Devenu un ponton, le Washington devenu le X-56 est rayé du Naval Vessel Register le 8 octobre 1951.

Remorqué à l’écart du port, le X-56 quitte Pearl Harbor en mars 1957 pour rallier le Mare Island Navy Yard où il doit être transformé en bâtiment-cible autonome.

Ce projet ayant été abandonné pour des raisons non élucidées, la coque est remorquée au large de San Diego pour servir de cible de tir comme jadis le cuirassé de classe Colorado resté inachevé en raison de la signature du traité de Washington.

Classe North Carolina
Caractéristiques Techniques
Déplacement : standard 36000 tonnes pleine charge 44800 tonnes

Dimensions : longueur 222m largeur 33m tirant d’eau 8.2m

Propulsion : 4 turbines vapeur à engrenages General Electric alimentées par 8 chaudières Babcox & Wilcox à trois tubes dévellopant 121000ch et actionnant 4 hélices à quatre pales.

La production d’énergie électrique est assurée par quatre diesels alternateurs de 1250 kilowatts chacun et quatre autres de 850 kilowatts. Deux diesels alternateurs de 200 kilowatts servent en cas d’avarie sur le système principal.

Performances : vitesse maximale : 27 noeuds distance franchissable : 5740 miles nautiques à 25 noeuds et 16230 miles nautiques à 15 noeuds.

Protection : ceinture blindée de 168 à 305mm Bulkheads 28 à 228mm Barbettes : 292 à 406mm
Tourelles : 406mm pour la face avant, 249mm sur les faces latérales, 300mm pour les faces arrières et 178mm pour le toit. Pont blindé 16 à 91mm

Electronique

Les North Carolina furent conçus sans radar, leur seul système de conduite de tir étant des systèmes optiques, le dernier étant débarqué en 1944 et remplacé par un radar Mark 27.

Les North Carolina possédaient également deux radars de conduite de tir Mark 3 pour l’artillerie principale, deux systèmes de conduite de tir Mark 38, un radar de veille aérienne CXAM (plus tard débarqué) et trois radars Mark 4 pour la conduite de tir de l’artillerie secondaire.

En novembre 1942, le North Carolina reçut un radar Mark 4 et un radar de veille surface SG et en avril 1944, le cuirassé possédait un radar SK de veille aérienne et deux radars SG de veille surface, un système de conduite de tir Mark 8 pour ses canons de 16 pouces.

Armement :

-9 canons de 406mm (16 pouces) Mark 6 en trois tourelles triples (deux avant et une arrière)

-20 canons de 127mm (5inch) Mark 12 en 10 tourelles doubles Mark 28.

-4 affûts quadruples de 28mm et 12 mitrailleuses de 12.7mm remplacés par des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors, respectivement 32 et 24 pièces.

Aviation : deux catapultes à la poupe et trois hydravions Vought OS2U Kingfisher

Equipage : 144 officiers et 2195 officiers mariniers, quartiers maitres et marins

Cuirassés classe South Dakota

Avant-propos

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, la fin des années trente est marqué par la reprise de la construction des cuirassés, la course au «35000 tonnes» lancée par la construction du cuirassé de poche Deutschland qui en cascade à provoqué la mise sur cale des Dunkerque français.

Comme des domino, la mise sur cale des Dunkerque et Strasbourg entraina celle des Littorio et Vittorio Veneto auxquels répondirent la construction des Richelieu et Jean Bart. Une course aux armements lourds, aux cuirassés fût lancée entre la France et l’Italie, une version réduite de celles opposant les anglais aux allemands avant le premier conflit mondial ou les américains et les japonais pendant.

Les autres pays suivirent que ce soit le Japon avec ses Yamato, les allemands avec leurs Bismarck, les britanniques avec leurs King George V et enfin les américains avec les North Carolina.

Les cuirassés immatriculés BB-57 et BB-58 financés à l’année fiscale 1938-39 devaient être deux autres North Carolina mais ils vont être construits sur de nouveaux plans dont l’étude à commencé en mars 1937 et qui sont approuvés le 4 janvier 1938 après un tri entre neuf variantes. La protection est améliorée mais pour rester dans les limites des 35000 tonnes, la longueur est réduite de 14m ce qui pose de sérieux problèmes d’habitabilité.

La construction des BB-57 et 58 est autorisée le 4 avril 1938 mais le Congrès proposa aussitôt deux autres bâtiments qui sont aussitôt acceptés par Roosevelt et les quatre bâtiments sont financés le 17 mai 1938.

Le BB-57 est baptisé South Dakota, le BB-58 reçoit le nom d’Indiana, le BB-59 est baptisé Massachusetts et enfin le BB-60 est baptisé Alabama.

Historique

cuirassé South Dakota au mouillage
-Le USS South Dakota (BB-57) est mis sur cale aux chantiers navals de la New York Shipbuilding Corporation sis à Camden (New-Jersey) le 5 juillet 1939 lancé le 7 juin 1941 et mis en service le 4 juillet 1942.

Affecté comme tous les cuirassés dans le Pacifique, il forme la 3ème division de cuirassés (BatDiv Three) en compagnie de son sister-ship Indiana.

Le 21 mars 1950, le cuirassé est immobilisé dans le bassin n°1 pour un grand carénage. Il est protégé des torpilles mais pas des bombes, encaissant une bombe sur la tourelle II et une deuxième sur la poupe à l’emplacement de la catapulte tribord _débarquée pour travaux_.

Deux bombes explosent dans le bassin provoquant des dégâts par le souffle mais également par la destruction d’un ponton en travaux dans le bassin. Il ne s’est pas laissé faire, revendiquant douze avions ennemis mais seulement huit lui seront attribués.

Les réparations sont rapides et dès le 12 mai 1950, il peut reprendre la mer pour remise en condition, étant de nouveau opérationnel le 1er juin.

Successivement, il participe à la première campagne des Phillipines au cours de laquelle il est endommagé par une bombe (4 août 1950), à la campagne des Salomons, à la bataille de la mer de Corail (endommagé par une torpille aéroportée japonaise ), manquant le début de la campagne de Nouvelle-Guinée qu’il ne rejoint qu’à la fin du mois de novembre 1952.

Sortant indemne de la deuxième campagne des Phillipines, le troisième cuirassé rapide de la marine américaine est endommagé par un kamikaze au large de Formose (17 mars 1954).

Le cuirassé participe à la cérémonie de capitulation japonaise avant de ramener aux Etats-Unis des marins, des soldats et des aviateurs démobilisés, effectuant un premier voyage entre le Japon et Hawaï, un second entre Guam et Hawaï et un troisième entre le Japon et San Francisco.

Ralliant Bremerton le 14 juin 1955, il est désarmé et mis en réserve, affecté au Bremerton Group de la Pacific Reserve Fleet.

Réarmé le 8 mai 1958,il rallie l’Atlantique. Stationné à Norfolk, il va servir de navire-école jusqu’au 14 mars 1962 quand il est définitivement désarmé.

Mouillé à Philadelphie au sein du Philadelphia Group de l’Atlantic Reserve Fleet, il est rayé du Naval Vessel Register le 8 août 1966, vendu à la démolition et démoli par Bethlehem Steel dans l’enceinte du Philadelphia Navy Yard.

USS Indiana 2
-Le USS Indiana (BB-58) est mis sur cale aux Newport News Shipbuilding & Drydock Co sis à Newport News (Virginie) le 20 novembre 1939 lancé le 21 novembre 1941 et mis en service le 21 septembre 1942.

Affecté dans le Pacifique, formant la BatDiv Three avec son sister-ship South Dakota, l’Indiana était mouillé le long de l’île Ford à l’intérieur, l’Alabama étant mouillé à l’extérieur ce jour funeste du 21 mars 1950.

Une DCA furieuse permet à l’Indiana d’abattre six appareils seul ou en coopération mais ne l’empêche pas d’encaisser une bombe à l’avant et une deuxième qui détruit la tourelle de 127mm tribord avant.

Les deux cuirassés sont réparés à flot et dès le 23 mars, ils peuvent rejoindre la flotte américaine pour retrouver l’escadre japonaise qui avait attaqué Pearl Harbor.

Durant le conflit, l’Indiana va participer à la destruction du corps de bataille japonais, assurant la protection de convois et l’appui aux opérations amphibies. N’ayant jamais été endommagé sérieusement, il va hérité du surnom de «Lucky One», le chanceux.

Et pourtant il va participer à la campagne des Phillipines (avril-octobre 1950), à la bataille de la mer de Corail (5-6 mars 1952), la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953), la campagne Carolines-Mariannes (mars-septembre 1953), terminant le conflit par les opérations Detachment (conquête d’Iwo Jima) et Iceberg (conquête d’Okinawa).

Le conflit dans le Pacifique terminé (septembre 1954), le cuirassé repasse dans l’Atlantique où il va servir jusqu’à sa mise en réserve le 27 mai 1957. Rayé du Naval Vessel Register le 1er septembre 1967, il est vendu à la démolition le 8 mars 1968 et démantelé par Bethlehem Steel à Fore River.

USS Massachusetts 4
-Le USS Massachusetts (BB-59) est mis sur cale aux chantiers navals de la Bethlehem Steel Corporation sis à Fore River (Maine) le 20 juillet 1939 lancé le 23 septembre 1941 et mis en service le 7 janvier 1943.

Affecté dans le Pacifique, il forme la 5ème division de cuirassés (BatDiv Five) avec son sister-ship Alabama.

Le 21 mars 1950, il était à la mer en compagnie d’une partie de la flotte du Pacifique pour des exercices à 300 miles dans le sud-est d’Hawaï. A l’annonce de l’attaque japonaise, cette task force met cap sur Hawaï pour attaquer la flotte japonaise.

Le Massachusetts file à pleine vitesse en compagnie de l’Iowa, du New Jersey et du Wisconsin pour tenter d’attaquer les japonais. Des échanges d’artillerie ont lieu dans une grande confusion sans qu’aucun belligérant ne prenne l’avantage.

Il semble même qu’aucun navire n’à été touché de chaque côté. Les deux belligérants n’ont pas osé se lancer à fond dans cette bataille de peur de tomber dans une embuscade.

Le USS Massachusetts (BB-59) est endommagé par une torpille d’un sous-marin japonais lors de la campagne des Phillipines (avril-octobre 1950), enchaînant par la campagne des Salomons de mars à octobre 1951.

Subissant un grand carénage de novembre 1951 à mai 1952, il manque la bataille de la mer de Corail mais est engagé dans la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953) avant d’enchaîner par la deuxième campagne des Phillipines (mars 1953-janvier 1954).

Dans la nuit du 11 au 12 mars 1954, le Massachusetts participe à la destruction des Kirishima et Haruna en compagnie du North Carolina, du Colorado et de l’Alaska.

Gravement endommagé par un typhon au large d’Okinawa le 4 mars 1954, il rallie à la remorque Pearl Harbor où la capitulation japonaise le surprend en fin de travaux, la remise en état ayant été doublée par une modernisation de la suite radar, de la DCA (remplacement des canons de 20mm et de 40mm par des canons de 76mm notamment), du débarquement de l’aviation….. .

Il va participer au soutien de l’occupation du Japon en compagnie du North Carolina (puis de l’Iowa), du Wisconsin (puis du Montana) et du Lousiana (puis de l’Ohio) pour ne citer que les cuirassés.

Suite à une réduction du dispositif, le Massachusetts rentre aux Etats-Unis en septembre 1955 sans être relevé. Il rallie San Diego le 12 octobre 1955 où il reste en service actif jusqu’au 14 mars 1956 date à laquelle arrivé à Bremerton, il est mis en réserve.

Définitivement désarmé le 14 mai 1960, il est rayé du Naval Vessel Register le même jour. Racheté par l’Etat du Massachusetts via le Massachusetts Memorial Comitee qui va l’ancrer à Fall River. Il est classé monument historique depuis 1986.

USS Alabama navire musée
-Le USS Alabama (BB-60) est mis sur cale au Norfolk Navy Yard le 1er février 1940 lancé le 16 février 1942 et mis en service le 30 mars 1943.

Formant la BatDiv Five avec son sister-ship Massachusetts, il est endommagé le 21 mars 1950 lors de l’attaque japonaise. Deux torpilles sont encaissées par le cuirassé, la première qui emporte la proue et la seconde détruisant le gouvernail tribord et l’hélice tribord extérieure. Une bombe détruisant la catapulte tribord et un chasseur japonais A7M Reppu abattu s’écrase, détruisant la catapulte babord. 125 marins sont tués et 250 blessés.

Les soutes sont noyées évitant une explosion catastrophique. Coulé droit, le navire est relevé le 14 septembre 1950, il est mis au sec dans le bassin n°2 du Pearl Harbor Navy Yard pour les travaux nécessaires pour son remorquage à travers le Pacifique.

Il quitte les eaux hawaïennes le 2 février 1951, arrive au Mare Island Navy Yard le 15 février. Il est aussitôt mis au bassin, les travaux étant classés «hautement prioritaires», travaux doublés d’une modernisation des radars et d’un renforcement de la DCA.

Après une croisière de remise en condition du 1er au 10 septembre 1951, il rallie Pearl Harbor le 2 octobre 1951 pour enfin participer au combat.

Il connait son baptême du feu lors de la bataille de la mer de Corail (5-6 mars 1952), participant ensuite à la campagne de Nouvelle-Guinée (juillet 1952-janvier 1953), enchaînant par la campagne des Carolines-Mariannes (mars-septembre 1953) puis par la conquête d’Iwo Jima et d’Okinawa.

Jusqu’en septembre 1954, il va être de tous les coups durs, participant à l’étrillage du corps de bataille japonais mais également à l’appui-feu des G.I et des Marines engagés dans des combats meurtriers.

La capitulation japonaise signée, l’Alabama est déployé en Chine pour soutenir le gouvernement nationaliste aux prises avec une guerilla communiste revigorée par sa résistance face au Japon.

Il va ainsi multiplier les escales dans les ports chinois comme Shanghai au Port-Arthur, couvrant le débarquement des Marines chargés officiellement de désarmer les troupes japonaises isolées mais qui officieusement appuyaient les troupes de Tchang-Kai-Chek en libérant des troupes plus utiles ailleurs notamment dans la lutte contre une guerilla communiste de plus en plus remuante et puissante.

Relevé par le New Jersey le 17 mars 1956, le USS Alabama rallie la côte est, faisant escale à Okinawa, à Guam, à Midway, à Pearl-Harbor, à San Diego, franchit le canal de Panama, passe une semaine à Mobile (Alabama) avant de rallier son nouveau port base à savoir Charleston.

Il effectue plusieurs déploiements en Méditerranée et en mer du Nord pour montrer le soutien des Etats-Unis aux puissances européennes face à la menace soviétique.

Désarmé le 14 mars 1964, il est rayé des registres le même jour. Menacé d’une démolition, il est sauvé par une souscription public pour permettre son inclusion dans l’Alabama Memorial Park, un musée dédié à l’histoire militaire de l’Alabama qu’il s’agisse de la guerre mexicano-américaine, de la guerre de Sécession ou des deux guerres mondiales.

Arrivé sur place en septembre 1965, il à été classé monument historique en 1979. Il est toujours présent en 2017, quasi-insensible aux terribles ouragans qui s’abattent régulièrement sur la région.

Classe South Dakota
Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 39825 tonnes pleine charge de combat 45233 tonnes maximale autorisée 46959 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 207.36m (flottaison) 202.94m largeur hors tout : 32.94m tirant d’eau : (lége) 8.46m (pleine charge) 10.65m (maximal autorisé) 11.03m

Propulsion : 4 turbines à engrenages General Electric alimentées par 8 chaudières Babcock & Wilcox dévellopant une puissance maximale de 131800ch (136800ch à feux poussés) entrainant 4 hélices (5.33m de diamètre pour les hélices intérieures et 5.40m pour les hélices extérieures) pour les South Dakota et Massachusetts alors que l’Indiana et l’Alabama dispose de 4 turbines à engrenages Westinghouse alimentées par 8 chaudières Babcock & Wilcox dévellopant 130000 ch et entrainant 4 hélices.

La production électrique est assurée par 7 diesels alternateurs de 1000 kW.

La manœuvre est assurée par deux gouvernails.

Les soutes des South Dakota peuvent contenir 7436 tonnes de mazout, 160 tonnes de diesel, 380 tonnes d’eau douce et 458 tonnes d’eau courante.

Performances : vitesse maximale : 28 noeuds distance franchissable : 17450 miles nautiques à 15 noeuds 6400 miles nautiques à 25 noeuds

Protection : l’acier utilisé est un acier spécial STS classe B. La ceinture à une épaisseur variable de 222 à 310mm inclinée à 19° (équivalant à une ceinture verticale de 439mm)
pont blindé à 38mm; soutes à munitions protégé par un pont de 208mm; l’appareil à gouverner est protégé par une épaisseur de 195mm et la partie arrière dont les lignes d’arbre est protégé par 159mm.

Détection : radar de conduite de tir (artillerie de 406mm) Mk3 (1941) suivi d’un Mk8 (1942); un radar de veille surface SG d’une longueur de 10cm pour une portée de 27 à 36km; un radar de veille aérienne SC1 et SK2 (36 à 73km)

Armement :
-9 canons de 406mm (16 pouces) Mark 6 en trois tourelles triples (deux avant et une arrière)

-20 (16 pour le South Dakota gréé en navire amiral) canons de 127mm (5inch) Mark 12 en 8 ou 10 tourelles doubles Mark 28.

-La DCA légère quand éclate le second conflit mondial se compose de 24 canons de 40mm Bofors en six affûts quadruples et de 32 canons de 20mm Oerlikon en douze affûts doubles et huit affûts simples.

Aviation : deux catapultes à la poupe et quatre hydravions Vought Kingfisher.

Equipage : 1793 hommes dans le projet, 2257 hommes dont 145 officiers à 2354 hommes durant la guerre. 1611 à 2351 pour l’après guerre.

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