Etats-Unis (11) US Navy (7)

Navires auxiliaires

Plus qu’aucune autre marine, l’US Navy ne peut se permettre de négliger la logistique. Son théâtre d’opérations privilégié, le Pacifique impose un énorme train d’escadre pour ravitailler et réparer les navires, pour fournir de l’eau et des vivres aux hommes, pour les soigner….. .

En septembre 1939, la marine américaine dispose de deux ravitailleurs d’aviation (AV), de six ravitailleurs de destroyers, trois ravitailleurs de sous-marins (AS), trois transports de matériel (AK), trois navires-ateliers (AR), deux transports de munitions (AE), vingt pétroliers (AO), un navire-hôpital (AH) et deux transports de troupes (AP).

Cette flotte dont certains navires sont assez anciens est renouvelée avec des navires neufs aux capacités supérieures.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 et alors que les Etats-Unis sont toujours neutres, la flotte auxiliaire américaine dispose des navires auxiliaires suivants :

-Douze ravitailleurs de destroyers (Destroyer Tender AD) qui en dépit de leur nom sont utilisés pour les destroyers et les croiseurs.

USS Wright (AV-1)  Narragansett Bay 150439.jpg

Le USS Curtiss (AV-1)

-Six ravitailleurs d’aviation (Auxiliary Vessel AV)

-Huit ravitailleurs de sous-marins (Submarine Tender AS)

-Quatre navires-ateliers (Auxiliary Repair AR)

-Six transports de munitions (AE)

-Douze transports de matériels (AK)

-Trente-neuf pétroliers

-Deux navires-hôpitaux

-Deux transports de troupes.

Il faudra ensuite attendre l’attaque japonaise pour que soient passées de nouvelles commandes de navires auxiliaires qu’il s’agisse de navires de charges (cargos, pétroliers) ou de navires auxiliaires notamment des navires-ateliers et des ravitailleurs polyvalents capables de soutenir aussi bien des destroyers, des croiseurs ou des sous-marins.

Aéronavale

L’évolution de l’aéronavale américaine (Naval Flying Corps puis United States Naval Aviation) est lié en grande partie à l’expansion de la flotte des porte-avions de la marine américaine. De six en septembre 1939 (plus un en construction), la flotte des ponts plats américains passe à quinze porte-avions en septembre 1948 auxquels on peut ajouter les porte-avions écoles Ranger et Wasp utilisables pour des patrouilles anti-sous-marines. A noter que le réarmement des Lexington et Saratoga un temps envisagé est finalement abandonné en raison de leur mauvais état.

L’United States Naval Aviation aligne donc quinze groupes aériens de première ligne qui portent comme numéro celui de leurs porte-avions soit les Carrier Vessel Group 5,6,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,18,19 et 20, les CVG-4 et CVG-7 étant des groupes aériens de réserve composés de 40% de personnel d’active et de 60% de réserviste.

Ces deux groupes vont être activés en septembre 1948 pour armer le Wasp et le Ranger qui cessent d’être des porte-avions écoles pour devenir des porte-avions ASM destinés aux patrouilles de neutralité.

De nouveaux groupes aériens sont mis sur pied pour les nouveaux porte-avions, deux groupes aériens lourds ou CVBG (CVBG-1 puis CVG-21 et CVBG-2 puis CVG-22) et six groupes aériens «standards», les CVG-23 24 25 26 27 et 28.

Théoriquement, les porte-avions et les groupes aériens sont initiments liés, l’un n’allant pas sans l’autre mais dans la pratique, les groupes aériens embarqueront sur les porte-avions disponibles.

Outre des groupes aériens «lourds» pour les United States, des groupes aériens légers ou CVLG vont être mis sur pied pour les porte-avions économiques construits notamment par Kaiser sur le modèle des Colossus et Majestic franco-britanniques. Ces groupes aériens portent les numéros des Independence en l’occurence les CVLG-29 à 40.

Dans le domaine de l’équipement, le renouvelement est complet entre septembre 1939 et septembre 1948, rares sont les avions en service en 1939 qui le sont encore en 1948, évolution technique oblige.

Dans le domaine de la chasse, les chasseurs en service en septembre 1939 ne le sont plus en septembre 1948 ou peu s’en faut.

Grumman F4F Wildcat USN 12

Grumman F4F Wildcat 

Si le Brewster F2A Buffalo à depuis longtemps été retiré du service (et pas vraiment regretté), le Grumman F4F Wildcat équipe encore les CVG-4 et 7, les groupes aériens de réserve en attendant son remplacement par le Grumman F6F Hellcat, un appareil issu du Wildcat.

Si le F6F Hellcat est le chasseur dominant en septembre 1948, sa carrière est sur le point de se terminer puisqu’à moyen terme, le F8F Bearcat, un intercepteur léger destiné à de petits porte-avions et le F4U Corsair, un puissant chasseur-bombardier doivent prendre le relais.

Ce dernier à été longtemps le vilain petit canard de l’US Navy. Véritable pur-sang, il possédait une vitesse à l’appontage élevée et une tendance à l’instabilité qui le rendait redoutable et redouté à l’appontage. Pendant longtemps, il à été l’appanage du Corps des Marines qui l’utilisait à terre où ses «défauts» prétaient moins à conséquence.

Finalement après moultes et moultes tests, l’US Navy lève en septembre 1947 l’interdiction à l’appontage frappant le Corsair qui doit être le principal chasseur des nouveaux porte-avions aux côtés d’un chasseur bimoteur, le Grumman F7F Tigercat en partie dévellopé pour les United States mais trop gros pour les Essex et à fortiori pour les Yorktown.

Dans le domaine de l’assaut, l’US Navy comme les autres marines majeures disposant de porte-avions aligne en septembre 1939 des avions torpilleurs et des bombardiers en piqué. En théorie, les bombardiers en piqué doivent amoindrir les défenses ennemies, laissant aux avions-torpilleurs le soin d’achever le boulot.

Douglas Dauntless appontage

Douglas Dauntless à l’appontage

En septembre 1939, les bombardiers en piqué en service sont le Vought Vindicator, le Brewster SBA, le Curtiss SBC Helldiver, le Great Lakes BG et le Northrop BT mais ces appareils sont rapidement remplacés par le Douglas Dauntless, un appareil utilisé pour le bombardement en piqué mais également pour la reconnaissance selon le concept du bombardier-éclaireur ou scout bomber.

Curtiss SB2C Helldiver 6

Curtiss SB2C Helldiver

Dès sa mise en service, un nouvel appareil est déjà en développement, le futur Curtiss SB2C Helldiver qui commence à entrer en service fin 1946. Sur les quinze groupes aériens d’active, six ont déjà reçu le Helldiver, deux autres étant en cours de transformation.

Pour le torpillage, l’avion-torpilleur standard en service est le Douglas Devastator remplacé au milieu de la décennie quarante par des Grumman Avenger qui allaient être également utilisés pour la lutte anti-sous-marine.

Grumman Avenger USN 13

Grumman TBF Avenger

Dans le domaine de l’assaut, les appareils en développement sont des monoplaces d’assaut polyvalents, le Douglas Skyraider et le Martin Mauler. Le développement à cependant été lancé seulement en 1944/45 et quand le conflit éclate en septembre 1948, le développement est à une étape préliminaire. Les projets sont plus avancés en mars 1950 mais pour ne pas perturber la montée en puissance de l’Aéronavale américaine, la priorité est donnée à la production des appareils existants.

Douglas AD-1 Skyraider 12

prototype du Douglas Skyraider

Pour la servitude, les américains n’intègrent pas des avions d’entrainement et de transport aux groupes aériens, des squadrons spécialisés se chargeant de ravitailler les porte-avions en utilisant des aérodromes à proximité voir des largages à proximités des ponts-plats.

Les appareils utilisés sont semblables à ceux de l’USAAF, les appareils d’entrainement étant simplement navalisés pour permettre aux futurs pilotes de l’aéronavale embarquée de se qualifier à l’issue de cinq appontages et de cinq décollages/catapultages.

Comme la France, l’aéronavale américaine aligne également des unités d’hydravions et des unités d’aviation basées à terre.

Pour ce qui est des hydravions, l’USNA dispose d’hydravions embarqués sur les cuirassés et les croiseurs ainsi que d’hydravions de patrouille maritime basés à terre pour la défense côtière, la lutte anti-sous-marine et la surveillance.

En septembre 1939, parmi les hydravions embarqués, on trouve deux modèles, un biplan le Curtiss SOC Seagull et un monoplan, le Vought OS2U Kingfisher. En 1945 apparaît le Curtiss SC-1 qui remplace d’abord le Seagull et devait remplacer le Kingfisher mais en septembre 1948, ce dernier est encore en service.

Ces hydravions embarqués sont utilisés d’abord pour la reconnaissance et le réglage de tir mais vont être également utilisés pour des patrouilles anti-sous-marines ainsi que pour la récupération des pilotes abattus.

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Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Dans le domaine des hydravions, le principal appareil est le Consolidated Catalina, les fameux «PeeBeeWee» (PBY). Si quelques PBY-2 non amphibies sont encore en service, la majeure partie des Catalina en service sont des PBY-5 et des PBY-6, des versions amphibies capables donc de se poser sur un plan d’eau ou sur une piste en dur.

Les Catalina sont complétés ultérieurement par des Martin PBM Mariner qui devaient théoriquement remplacer les Catalina mais en septembre 1948 ce n’est pas encore le cas, la mise au point du Mariner ayant été longue et compliquée. Un hydravion lourd comparable au Short Sunderland, le Consolidated Coronado est également dévellopé.

Le Grumman JRF Goose est un hydravion de servitude utilisé pour le transport, les liaisons et les évacuations sanitaires.

Des projets d’hydravions de chasse sont étudiés (des versions du Wildcat et du Hellcat) mais ils ne débouchent sur aucune production de série.

Dans le domaine de l’aviation basée à terre, l’US Navy aligne des avions de patrouille maritime, des bombardiers-torpilleurs, des avions d’assaut aéromaritime et des chasseur-bombardiers.

Pour la patrouille maritime, l’US Navy utilise d’abord des bombardiers plus ou moins adaptés comme le Boeing B-17 ou le Consolidated B-24 Giant avant de choisir de mettre en ligne le Consolidated PB4Y2 Privateer, une version issue du Giant mais disposant de moteurs sans turbocompresseurs et d’une dérive unique.

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Consolidated P4BY-2 Privateer

Cet appareil utilisé pour la patrouille maritime longue distance est complété par des Lockheed Hudson et des Lockheed Ventura qui sont peu à peu supplantés par le Lockheed PV-2 Harpoon qui contrairement aux précédents à été conçu dès l’origine pour des missions de reconnaissance et de surveillance.

Les catégories «bombardiers-torpilleurs» et «avions d’assaut aéromaritime» sont occupées par un seul et même appareil en l’occurence le North American B-25 Mitchell connu comme PBJ pour la marine américaine et l’USMC.

Cet appareil qui peut disposer d’un nez vitré ou d’un nez plein bardé de mitrailleuses peut être armé de bombes, de roquettes ou de torpilles.

Grumman F7F Tigercat 6

Grumman Tigercat en vol

Il va être complété par le Grumman F7F-5 Tigercat, une version de chasse-bombardement destiné à l’US Navy utilisable à terre comme embarqués sur porte-avions et ce en dépit des Marines qui utilisent eux le F7F4, leur version du Tigercat utilisé pour une mission semblable.

Pour être complet sur le Tigercat, le F7F-1 est la première version de série, le F7F-2 une version de reconnaissance tactique dont la fabrication en série à été repoussée sine die et le F7F-3 une version chasse de nuit utilisée par l’USMC, l’USAAF un temps intéressée préférant le puissant Northrop P-61 Black Widow.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, les unités basées à terre de la marine américaine prévoit la mise en service d’une nouvelle version du Privateer, d’un nouveau modèle du PBJ et le remplacement des Ventura et autres Harpoon par un puissant bimoteur aux performances remarquables, le futur Lockheed Neptune.

Focus sur le United States Marines Corps (USMC)

Surnommés les Leathernecks (cou de cuir), les Marines ont acquis depuis le second conflit mondial une aura mythique de combattants d’élite, toujours sur la brèche, une dimension soigneusement entretenue par de nombreux films à gloire du United States Marines Corps sans compter les films où le héros est issu du Corps des Marines des Etats-Unis.

Créé dès 1775 avec deux bataillons levés pour servir à bord de la Continental Navy, participant à la traversée de la rivière Delaware sous les ordres du Général Washington, les marines traversent une période d’incertitude de 1783 à 1798 avant que le corps soit définitivement pérénnisé le 11 juillet 1798.

Ils participent à tous les conflits dans lesquels sont engagés les américains au cours du 19ème siècle et durant le premier conflit mondial, pas moins de 309000 marines sont engagés, les leathernecks s’illustant notamment dans le Bois de Belleau.

Représentant en moyenne 20% des effectifs de l’US Navy, l’USMC dévellope le concept de la guerre amphibie dans les années vingt à une époque où ce type d’opérations est jugé comme impossible ou très difficile à réaliser, l’échec des Dardannelles étant dans tous les esprits.

En décembre 1936, l’USMC aligne 18000 hommes, les deux principales unités étant deux brigades, la 1st Marines Brigade et 2nd Marines Brigade.

En septembre 1939, les deux brigades sont toujours en place auxquelles il faut ajouter des unités chargées de la sécurité des bases navales, des ambassades et des consultats des Etats-Unis dans le monde. Depuis mai 1912, les Marines disposent de leur propre aviation, des chasseurs et des bombardiers pour soutenir les marines à terre.

Au printemps 1941, les deux brigades sont transformées en divisions, chaque division disposant de trois régiments d’infanterie à trois bataillons, un régiment d’artillerie, un régiment du génie et un régiment de pionniers. Un projet de troisième division n’aboutit pas avant le début du second conflit mondial.

L’aviation des Marines aligne quand la guerre éclate en Europe seize squadrons équipés de Chance-Vought F4U Corsair, quatre équipés de Douglas Dauntless, quatre équipés de Grumman Avenger et huit équipés de North American PBJ répartis entre deux Marines Air Wing (MAW).

Quand la guerre éclate en Europe en septembre 1948, les marines obtiennent l’activation d’une troisième division de Marines suivit d’une quatrième créée peu avant l’attaque japonaise et n’existant donc que sur le papier à l’été 1950. Deux autres divisions seront créées durant le conflit.

Quand à l’aviation, de nouveaux squadrons sont créés intégrés dans deux nouvelles escadres, une troisième prévue pour les Phillipines et une quatrième pour les îles hawaïennes.

Durant la guerre après un échec précédent, les Marines mettent sur pied une Marines Airborne Brigade qui effectue des sauts tactiques notamment en Chine et à Formose mais aussi aux Phillipines. Une deuxième brigade est mise sur pied en janvier 1954 mais dissoute en juin 1955, ne laissant qu’une brigade opérationnelle.

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M-4 Sherman, la monture des « Leathernecks sous blindage »

Douze bataillons indépendants de chars équipés de M4 Sherman sont mis sur pied entre 1948 et 1952 et engagés dans le Pacifique. Six bataillons sont conservés après guerre mais il n’en reste plus que quatre dès 1970 avec naturellement des chars plus modernes. Le nombre remonte en 1980 avec six bataillons puis huit en 1990, chiffre qui n’à pas évolué depuis.

La guerre terminée, les 5ème et 6ème division sont dissoutes, réduisant le corps à quatre divisions d’infanterie. Celles-ci sont réorganisées entre 1961 et 1965, regroupant trois brigades interarmes destinées à opérer comme de véritables forces expéditionnaires autonomes.

En 1967, une cinquième division est recréée comme force de réserve qui est activée en 1970 pour la deuxième guerre du Vietnam, une sixième division étant recréée en 1972. Le conflit terminé, la 5ème division de Marines retourne dans la réserve et la 6ème division est dissoute en 1978.

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Une réflexion sur “Etats-Unis (11) US Navy (7)

  1. Ouille, si j’en croit l’historique sur les Marines, la France n’échappe pas à la guerre d’Indochine…

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