Grande Bretagne (80) Armée de terre (5)

Mortiers

Avant-propos

La guerre fraiche et joyeuse qui commence en août 1914 devient rapidement une boucherie et la guerre de mouvement laisse la place à la guerre de position, une réminiscence de la guerre de siège des siècles précédents. Si pour le premier cas les armes à tir tendu font merveille, pour le second cas elles sont beaucoup moins efficaces.

Minenwerfer

Minenwerfer

Il fallait une arme à tir courbe si possible peu encombrante ce qui excluait l’obusier. C’est l’acte de naissance du mortier avec les mortiers de tranchée (Minenwerfer, crapouillot) et les mortiers, une arme qui est devenu la principale arme d’appui de l’infanterie.

Le premier mortier moderne est le Stokes de 81mm, un calibre quasi-universel, tous les mortiers médiants utilisant ce calibre, seule l’Allemagne (80mm), la Russie (82mm) et la Grande-Bretagne (3 pouces soit 76.2mm) utilisant des calibres différents.

En septembre 1939, l’armée britannique utilisait trois modèles de mortiers, un mortier léger de 51mm (2 Inch-Mortar), un mortier médian de 3 pouces (76.2mm) et un mortier lourd de 4.2 Inch (107mm).

Ces armes sont toujours en service en septembre 1948, équipant aux différents niveaux hierarchiques les divisions d’infanterie.

Ordnance ML (Muzz Loading) 2_inch Mortar Mk II

Ordnance SBML 2 Inch mortar

Ordnance SBML 2 Inch mortar

Ce mortier de 51mm qui est resté en service bien après la fin du second conflit mondial à pour origine une arme espagnole de la compagnie ECIA. Le choix de cette arme répondait au besoin d’un mortier à un bas niveau hiérarchique ce qui imposait une arme peu encombrante.

Ce mortier était destiné à l’échelon du platoon (peloton mais que l’on peut traduire plutôt par section) avec un arme qui dépend directement de l’état-major.

Outre la version de base pour l’infanterie, on mit au point une version lourde destinée à être mise en oeuvre depuis un véhicule et une version allégée destinée à l’origine aux troupes combattant en Inde mais qui fût également utilisée par les troupes aéroportées.

Ce mortier était toujours en service en septembre 1948 (après tout il n’avait été mis en service qu’en 1938) et il n’était pas prévu de le remplacer avant très longtemps.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 50.8mm Longueur du canon 0.66m Longueur de l’ame 0.50m Poids en action 4.100kg Poidsdu projectile (HE) : 1.020kg Equipe de pièce : deux hommes

Ordnance ML 3 inch Mortar Mk II

Ordnance ML 3 Inch Mortar

Ordnance ML 3 Inch Mortar

Après le “Miracle de la Marne” et l’échec de la course à la mer, le front occidental se vige sur 700km de la mer du Nord à la frontière suisse.

Deux réseaux de tranchées se font face, des tranchées où le canon, arme du tir horizontal est très mal à l’aise. L’obusier pourrait être une arme adaptée par sa capacité à tirer des projectiles selon une trajectoire courbe mais il est particulièrement encombrant.

On réactive le vénérable mortier de tranchée de la guerre de Siège, un mode de combat qui semblait amené à disparaître. Côté allemand le Minerwerfer et côté français le Crapouillot.

Ces armes qui n’eurent guère de dépendance furent rapidement concurrencés par le mortier “moderne”, une arme composée d’un tube, d’une plaque et d’un bipied pour l’appui.

Le premier mortier au sens moderne est le mortier Stokes de 81mm, mortier utilisé par les britanniques comme par les français. Si ces derniers conservèrent ce calibre choisit uniquement par hasard (Stokes possédait des canalisations industrielles de 8.1cm de diamètre), les britanniques sélectionnèrent un calibre inférieur, le 76.2mm soit 3 pouces.

Après un Mk I quasi-identique au mortier Stokes, l’armée britannique mis en service le Mk II qui connu des problèmes de portée résolus seulement après la mise au point de nouvelles charges propulsives.

Ce mortier était mis en oeuvre au niveau du bataillon d’infanterie plus précisément au niveau de la compagnie d’appui avec un peloton de mortiers, huit mortiers ce qui permettait de confier deux armes à chaque compagnie.

Cette arme était toujours en service en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Ordnance ML 3 Inch Mk II

Calibre : 76.2mm Longueur hors tout 1.29m Longueur du tube 1.19m Poids en ordre de combat 57.200kg Poids du projectile (HE) 4.540kg Pointage en site : +45° à +80° Pointage en azimut : 11° Portée maximale 2515m Equipe de pièce : 4 hommes

Ordnance SB (Smooth Bored âme lisse) 4.2 Inch Mortar

Ordnance ML 4.2 Inch Mortar

Ordnance ML 4.2 Inch Mortar

En 1940, la France informa la Grande-Bretagne sur le développement d’un mortier de 120mm par la firme Brandt. Ce mortier intéressa un temps la Grande-Bretagne mais elle ne donna pas suite du moins dans l’immédiat.

Au printemps 1942, les manoeuvres allemandes avaient montré l’efficacité des mortiers de 10.5cm qui pouvaient rapidement couvrir une manoeuvre grâce à une grande quantité de fumigènes.

Rapidement l’idée d’une arme comparable germa dans les cerveaux des officiels britanniques qui décidèrent d’utiliser le calibre de 106.7mm ou 4.2 Inch en mesures impériales.

Les premières armes sont mis en service en septembre 1943, équipant le bataillon d’appui de la division, plus précisément une compagnie de mortiers lourds à trois pelotons de six mortiers soit un total de dix-huit mortiers qui sont le plus souvent répartis auprès des neuf bataillons de la division.

Ces mortiers sont bien évidément toujours en service quand éclate le second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques du mortier de 106.7mm

Calibre : 4.2 Inch (106.7mm) Longueur du canon 1.73m Longueur du tube 1.56m Poids en action 599kg Poids du projectile 9.070kg Pointage en site +45° à +80° Pointage en azimut 10° Portée maximale 3749m

Fusils et Canons Antichars

Avant-Propos

L’arrivée des chars britanniques sur le champ de bataille obligea les allemands _passer le premier moment de panique_ à trouver des parades. Outre l’élargissement des tranchées et l’arrivée à proximité des premières lignes des pièces d’artillerie de campagne, les allemands mirent au point un fusil antichar, le Mauser Gewher T de 13mm.

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Mauser T-Gewehr 

Ce fusil inspira tous les pays qui s’équipèrent de ce type d’arme d’un calibre compris entre 7.92 et 20mm, des armes lourdes et encombrantes aux performances limitées qui se heurtèrent à l’augmentation de l’épaisseur du blindage, les fusils antichars ne pouvant désormais que s’attaquer aux blindés légers.

Durant la Pax Armada, on mis au point le Projector Infantry AntiTank (PIAT) mais ce ne fût pas une réussite.

Faute d’arme antichar individuelle efficace, le fantassin ne pouvait compter que sur la présence de chars amis ou de canons antichars.

En septembre 1939, le principal canon antichar britannique est le 2 pounder (40mm) utilisé comme canon de char, une arme complexe à utiliser et aux performances limitées au point que la British Army reçut des canons de 25mm Hotchkiss.

Fort heureusement pour les fantassins britanniques, il n’y eu pas d’affrontements contre des chars allemands, on ne sut jamais si le Two Pounder était un bon ou un mauvais canon.

Ce canon est progressivement remplacé par un canon de six pouces (57mm) aux performances comparables au 47mm français et au 50mm allemands. Des 2 pounders sont toujours en service mais plus en Europe.

Si le canon de 6 pouces était intégré aux unités d’infanterie, les canons de 17 pouces équipèrent les régiments antichars indépendants en attendant de commencer à rééquiper partiellement les régiments antichars divisionnaires, ces derniers devant disposer d’un équipement mixte.

Fusil antichar Boys (Rifle, Anti-Tank .55 in Boys)

Fusil antichar Boys

Fusil antichar Boys

Pour lutter contre les chars, les fantassins pouvaient s’appuyer sur des canons antichars mais ceux-ci étaient parfois lourds et encombrants. Une arme individuelle était nécessaire pour permettre à l’infanterie de se défendre contre les chars en l’absence de chars amis ou de canons antichars.

Le dévellopement de ce fusil est confié au capitaine Boys du British Small Arms Committee qui décédant quelques jours avant l’adoption officielle donnant son nom au fusil connu initialement sous le nom de Stanchion (étançon), adoption survenue le 24 novembre 1937.

Cette arme ne se révéléra guère être une réussite en raison d’un très fort recul qui provoquait souvent des blessures pour les tireurs. De plus l’entretien était compliqué par de nombreuses pièces.

Cette arme fût largement exportée en France (750 exemplaires), en Finlance où elle fût utilisée dans la guerre d’Hiver, en Australie, au Canada, en République de Chine, en Irlande et en Nouvelle-Zélande.

Paradoxalement cette arme était encore en service à l’étranger mais en Grande-Bretagne, il avait été remplacé au niveau du peloton de combat par des projecteurs antichars PIAT.

Caractéristiques Techniques du fusil antichar Boys

Calibre : 13.9x99mm Poids (non chargé) 16.33kg Longueur total 1613mm Longueur du canon 914mm Cadence de tir : 10 coups/minute Chargeur de cinq cartouches Portée : 91m Pénétration 16-19mm

Projector Infantry Anti-Tank (PIAT)

Projector Infantry Anti-Tank utilisé par des fantassins canadiens

Projector Infantry Anti-Tank utilisé par des fantassins canadiens

Suite à l’échec du fusil antichar Boys, on chercha une nouvelle arme antichar individuelle. Après avoir envisagé une grenade à fusil, on préféra inventer un projecteur, un système muni d’un puissant ressort lançant une bombe de 1.1kg d’où le nom attribué à l’arme Projector Infantry Anti-Tank (PIAT) en français Projecteur Antichar d’infanterie.

Cette arme se révéla plus efficace que le Boys mais n’étais pas sans défaut avec une portée réduite (110m) et un ressort qui devait parfois être réarmé manuellement ce qui nécessitait beaucoup de force. Néanmoins l’absence de fumée rendait le tireur plus discret.

Les premiers PIAT sont mis en service courant 1943 mais un temps la production est suspendue suite à plusieurs incidents au moment du lancement. Les problèmes sont résolus au printemps 1944 et la distribution peut se poursuivre pour remplacer le fusil antichar Boys.

Intégrée au niveau du platoon (équivalent de la section), cette arme était servie par deux hommes, un tireur et un pourvoyeur. Chaque platoon disposait de trois équipes ce qui offrait un duo antichar à chaque section (équivalent du groupe).

Cette arme à été exportée en Australie, au Canada, en Grèce, en Inde, en Nouvelle-Zélande et en Yougoslavie.

Après la production d’un PIAT MK I, un Mk II amélioré (ressort plus facile à réarmer, projectiles plus aérodynamiques ce qui permet d’augmenter la portée) est produit à partir de mars 1947.

Cette arme ne connaitra pas de descendance, la Grande Bretagne et la France mettant au point une arme appelée à un grand avenir : le lance-roquettes portatif.

Caractéristiques Techniques du PIAT Mk I

Calibre : 89mm Poids du lanceur 14.52kg Poids du projectile 1.13kg Longueur : 991mm Portée maximale : 300m Portée pratique : 110m Cadence de tir : deux coups/minute

Ordnance QF (Quick Fire) 2 Pounder

Canon antichar QF 2 Pounder (40mm)

Canon antichar QF 2 Pounder (40mm)

C’est en octobre 1935 que l’armée britannique lance un “appel d’offres” pour un canon antichar léger. Pour des raisons d’économie et de communauté logistique, il est décidé que ce canon pouvait également servir de canon de char à l’instar du 37mm allemand.

Deux entreprises dévellopèrent des projets, Vickers avec l’Ordnance QF 2 Pounder Mk IX on carriage Mark I et le Woolwitch Arsenal avec l’Ordnance QF 2 Pounder Mk IX on carriage Mark II.

Les canons commencèrent à entrer en service en 1938 mais ce n’est qu’en 1939 que le canon atteignit sa configuration définitive avec l’affût Mk III.

Il va équiper les régiments antichars des divisions d’infanterie avec quatre batteries de douze pièces et les régiments mixtes antiaériens et antichars des divisions blindées avec deux batteries de douze pièces.

Tout comme le 25mm français et le 37mm allemand, le canon de 2 livres à été vite déclassé par l’augmentation de l’épaisseur du blindage.

Ce déclassement à été prévu et dès avril 1938 avait été lancé le dévellopement de son successeur, le Ordnance QF 6 Pounder, un canon de 57mm aux performances comparables au 47mm français et au 50mm allemand.

Les unités de Métropole commencèrent à reléguer leurs canons de 2 livres aux dépôts à partir de l’automne 1942. Au Moyen-Orient et en Extrême-Orient, ce canon resta en service jusqu’en 1947 quand des Six Pounder furent mis en service même si quelques Two Pounder étaient encore disponibles en septembre 1948.

Ce canon à été exporté en Belgique, en Espagne, en Irlande, en Finlande, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud.

Caractéristiques Techniques du Ordnance QF 2 Pounder

Calibre : 40mm Longueur de la pièce : 2.0815m Longueur du tube : 1.6723m Poids 814kg Poids de la munition : 1.080kg Portée pratique maximale 548m Cadence de tir : 22 coups/minute Pointage en direction : 360° Pointage en hauteur : -13° à +15° Equipe de pièce : 5 hommes

Ordnance QF 6 Pounder

Canon antichar QF 6 Pounder (57mm)

Canon antichar QF 6 Pounder (57mm)

Si aujourd’hui le blindage des chars de combat s’est stabilisé _l’épaisseur est toujours importante mais l’utilisation de matériaux composites à stoppé une croissance rapide_, à l’époque, il continuait à augmenter régulièrement, imposant des pièces antichars toujours plus puissantes et toujours plus lourdes.

L’armée britannique n’échappe pas à la règle et dès le mois d’avril 1938 alors que le canon de 2 livres n’à pas encore été officiellement adopté, elle lance le dévellopement d’un canon antichar plus puissant.

C’est l’acte de naissance du Ordnance QF 6 Pounder, un canon de 57mm aux performances de la classe du 47mm français, du 45mm soviétique et du 50mm allemand.

Comme son prédecesseur, ce canon était destiné à servir de canon de char mais également de pièce antichar. Si les Mk II et IV étaient les modèles antichars, le Mk I était destiné à l’entrainement alors que les Mk III et V servent à bord des chars légers et moyens.

Les premières pièces sont livrées à l’automne 1942 et les divisions métropolitaines sont toutes rééquipées fin 1944/début 1945.

Ce canon va servir au sein des régiments antichars divisionnaires (Division d’infanterie et Division Blindées) mais également au sein des régiments indépendants, cinq Anti-Tank Regiment, les premiers régiments combinant canons de 6 pouces et canons de 17 livres alors que les seconds ne disposent que de canons de 17 livres.

Si le canon est essentiellement utilisé comme pièce tractée, des essais de canon antichar automoteur sur camion sont menés.

Quand le second conflit mondial éclate, la pièce est néanmoins en voie de déclassement face aux nouveaux chars lourds allemands en service et/ou en dévellopement.

Ce canon à également été exporté aux Etats-Unis (fabriqué sous licence sous le nom de M-1), en Australie, au Canada, au Brésil et en Argentine.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 6 Pounder

Calibre : 57mm Longueur de la pièce : 2.565m Longueur du tube : 2.392m Poids total : 1112kg Poids du projectile 2.850kg Perforation : 68.6mm de blindage à 915m Pointage en direction : 90° Pointage en hauteur : -5° à +15° Equipe de pièce : 7 hommes

Ordnance QF 17 Pounder

Ordnance QF 17 Pounder 3

Si le canon de 57mm était parfaitement adapté à la destruction des Panzer III et IV, les britanniques anticipèrent sur la mise en service de nouveaux blindés mieux armés, plus rapides et mieux protégés.

Le dévellopement d’un nouveau canon antichar (et accessoirement d’un futur canon de char) commença à l’automne 1942. Le calibre choisit fût celui de 17 livres (76.2mm) de préférence au 20 livres (84mm) ou au 25 livres (88mm), deux calibres un temps envisagé mais finalement abandonnés.

Les premiers prototypes sont disponibles début 1944 après un dévellopement plus long que prévu suite à des explosions au cours des essais et d’un affût _dérivé du 25 livres_ perfectible.

Adopté officiellement en septembre 1945, les premières pièces sont disponibles au sein des unités à la fin de l’année, à temps pour éventuellement affronter les chars allemands Panther et Tiger, chars respectivement armés d’un canon de 75mm et de 88mm.

Il va d’abord équiper les cinq régiments antichars indépendants avec quatre batteries de six pièces soit un total de 120 canons antichars de 17 livres.

Il va ensuite rééquiper les régiments antichars des divisions d’infanterie et des divisions blindées mais en complément du canon de 6 livres jugé encore efficient contre la majorité des chars allemands.

Quand le conflit éclate, le canon n’à pas encore été exporté mais ce n’est qu’une question de temps, le Canada ayant décidé de mettre sur pied sur son territoire une chaine de montage pour ce canon.

A noter que des obus explosifs ont également été dévellopés permettant à ce canon de servir de pièce d’artillerie de campagne ou de pouvoir détruire des fortifications de campagne par un tir direct contre les embrasures. Des obus éclairants, fumigènes, incendiaires et à shrapnels seront ultérieurement mis en service.

Caracteristiques Techniques du Ordnance QF 17 Pounder

Calibre : 76.2mm Longueur de la pièce : 4.4425m Longueur du tube : 3.562m Poids en batterie 2923kg Poids du projectile : 7.650kg Perforation : 130mm à 915m Pointage en direction : 60° Pointage en hauteur : -6° à +16.5°

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