Allemagne (50) Armée de terre (7)

Canons d’infanterie

Avant-propos

-Avec une armée réduite, l’Allemagne passe les premières années à préparer discrètement la revanche et le réarmement mais aussi tenter de tirer les leçons du conflit, faisant ce qu’on appelait pas encore du RETEX ou RETour d’EXpérience.

-Parmi les leçons tirées du conflit, il fallait que l’infanterie dispose rapidement de son appui-feu pour solidifier sa défense ou maintenir l’élan de l’assaut.

-L’artillerie pouvait faire son office mais il y avait toujours des rivalités entre armes et des problèmes de communication pour délivrer rapidement l’appui-feu.

-Comme le canon était jugé plus efficace que le mortier ou son demi-frère le mortier de tranchée, la Deutsche Heer eut l’idée de mettre au point des canons d’infanterie (Infantriegeschütz) permettant au bataillon d’infanterie d’être totalement autonome.

-Cette logique répond à une tactique et à une organisation. Cette tactique est appelée Auftragstaktik ou Tactique orientée mission.

-En clair, le chef fixe l’objectif à atteindre à son subordonné qui est libre de choisir les moyens nécessaires, moyens qui peuvent être regroupés dans un Kampfgruppe, un groupe de combat, une entité éphémère composée d’infanterie, de chars, de cavalerie, d’artillerie et de génie pour atteindre l’objectif.

-Dans ces conditions, il est logique qu’un bataillon d’infanterie dispose de ses propres canons si il doit être l’élément clé d’un groupe de combat.

-A l’usage, au cours du conflit et face aux besoins en effectifs, la présence de ces Infantriegeschütz se révéla plus problématique qu’autre chose, immobilisant des effectifs qui auraient été plus utile ailleurs, situation aggravée quand l’unité devait utiliser la traction hippomobile.

-Ce concept ne survivra pas au second conflit mondial. Chez les alliés il y eut quelques tentatives de copier les allemands mais très rapidement, le mortier lourd de 107 ou de 120mm paru une solution nettement plus économique que le canon d’infanterie.

Leichte Infantriegeschütz 18 (7,5cm leIG 18)

Le canon d'infanterie de 75mm

Le canon d’infanterie de 75mm

-Une fois le concept de canon d’infanterie arrêté, il fallait choisir un calibre. Si pour l’obusier il y eut débat, pour le canon, le calibre de 75mm fût immédiatement choisit.

-En dépit des limitations du traité de Versailles, les bureaux d’études de la Rheinmettall-Borsig AG se mirent au travail et aboutirent en 1927 sur un canon d’un poids limité (400kg), muni d’un bouclier avec un tube court. Le canon rentre en service en 1932.

Deux variantes furent également produites, une destinée à l’infanterie de montagne (Gebirgs Infantriegeschütz 18 ou leGebIG 18) démontable en dix fardeaux avec un bouclier optionnel ainsi qu’une version destinée aux Fallschirmjager, les parachutistes, un modèle baptisé 7.5cm leIG 18F qui ne fût produite en faible quantité, le canon sans recul se révélant être une arme nettement plus prometteuse.

-Le canon de 75mm d’infanterie est produit en grande série jusqu’au déclenchement du second conflit mondial. A partir de 1944, une version améliorée appelée 7.5cm Leichte Infantriegeschütz 44 (canon léger d’infanterie léger modèle 1944).

-Cette arme donna un punch certain à l’infanterie allemande au point d’inspirer la Grande Bretagne et la France pour la mise au point d’armes similaires mais au final ces tentatives ne dépassèrent pas le stade de l’étude, le mortier lourd se révélant nettement plus prometteur et nettement plus souple d’utilisation.
Caractéristiques Techniques du 7.5cm Leichte Infantriegeschütz

Calibre : 75mm Longueur totale : 0.90m Longueur du canon 0.88m Poids en ordre de combat : 400kg Poids des projectiles : explosif 5.450kg ou 6kg charge creuse 3kg Pointage en site : -10° à +73° Pointage en azimut : 12° Portée maximale 3550m Equipe de pièces : cinq hommes

15cm Schwere Infantriegeschütz 33 (15cm SIG-33)

15cm Schwere Infantriegeschütz 33 (15cm SIG-33)

15cm Schwere Infantriegeschütz 33 (15cm SIG-33)

-Quand l’armée de terre allemande identifia le besoin de canons dédiés au soutien de son infanterie, elle estima avoir besoin d’un canon de 75mm léger et d’un obusier sans que dans un premier temps le calibre ne soit spécifié. Il y eut en effet débat avec trois calibres étudiés : 105, 150 et 210mm avant que le second soit sélectionné, l’obusier étant adopté en série sous le nom de 15cm Schwere Infantriegeschütz 33, équipant l’artillerie des unités d’infanterie.

-Cette arme lourde et encombrante se montra certes efficace mais quand le conflit éclata et surtout quand il perdura, ce canon (qui en réalité était un obusier) se révéla trop encombrant, trop lourd et nécessitait des effectifs trop important.

La production qui avait été ralentie dès 1946 fût stoppée au printemps 1949, des projets d’allégement n’aboutissant pas. Il allait d’ailleurs au cours du conflit être remplacé par un mortier lourd de 120mm ce qui constitue une ironie assez savoureuse.

Des projets de versions automotrices (canon monté sur un chassis déclassé de Panzer I) ne dépassa pas le stade du prototype, l’infanterie préférant développer le canon d’assaut.

Caractéristiques Techniques du 15cm Schwere Infantriegeschütz 33

Calibre : 150mm Longueur du canon 1.65m Poids en ordre de combat 1750kg Poids du projectile 38kg Pointage en site : 0° à +73° Pointage en azimut 11.5° Portée maximale 4700m  Cadence de tir : 4 coups/minute Equipe de pièce : six hommes

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