22-Armée de terre : armement et matériel (65)

Le matériel de ski et d’alpinisme

Afin d’évoluer en haute montagne, l’élite des troupes Alpines, les Sections d’Eclaireurs Skieurs (SES) disposent d’un matériel adapté issu du marché civil qu’il s’agisse d’un matériel destiné à la pratique du ski ou à la pratique de l’alpinisme.

Pour ce qui est de la pratique du ski, les skis militaires sont en frêne ou en hickory verni sans peinture blanche. Rares sont les skis munis de marques d’unités.

Ils sont munis de carrés métalliques vissées sur la semelle qui peut être fartée pour faciliter la glisse. Pour l’ascension, des «peaux de phoque» (officiellement peluches anti-recul) sont fixées sous les skis
Les fixations sont des modèles à cadre métallique apparus en 1935 alors que les battons sont duralumin. Le bambou un temps utilisé à été proscrit car en cas de cassure, il forme des échardes dangereuses pour son porteur.

Pour ce qui est de l’alpinisme on trouve tout d’abord des cordes en chanvre blanc à trois torons classables en trois catégories : cordes d’attache pour l’encordement classique, des cordes de rappel et des anneaux de corde pour poser un rappel.

Le piolet est une petite pioche composée d’une tête et d’un pique en acier réunis par un manche en frêne. Il est utilisé pour créer des marches dans la glace, pour assurer la montée et peut également servir de canne en tout terrain.

On en distingue trois modèles : le piolet ordinaire dont le manche fait la moitié de la taille de son porteur soit entre 75 et 95cm, la longueur de la pointe est de 17cm depuis l’axe et son poids moyen est d’un kilo, le piolet de chef de cordée dispose d’une pointe de 19cm et pèse 1.2kg et enfin le piolet court pour les courses à ski avec une longueur de 50 à 60cm et son poids de 900 grammes.

Les crampons sont destinés à assurer la stabilité sur les pentes de neige dure ou de glace. Réalisés en deux parties, ils comportent généralement dix pointes et s’attachent à la chaussure à l’aide de lanière en chanvre (le plus souvent blanches à liteaux rouges).

Les pitons servent à exploiter les fissures du rocher afin d’y planter un point d’ancrage pour l’assure et il en existe de diverses formes. On passe dans leur trou un mousqueton dans lequel glissé la corde d’assurance, les pitons à rocher ou à glace s’enfoncent à l’aide d’un marteau.

Pour l’escalade, on trouve des chaussons d’escalade en fait des espadrilles à tige montante du commerce.

A la différence des matériels précédemment étudiés, les battons ferrés pour troupes alpines sont utilisés par toutes les unités de montagne qu’il s’agisse de l’infanterie, de l’artillerie, des formations hippomobiles du train du type montagne (muletiers), génie.

Il en existe de deux sortes avec une canne à poignée recourbée existant avant 1914 et le bâton droit existant apparemment avant le premier conflit mondial mais identifié seulement en 1927.

On trouve également des raquettes à neige utilisé par les SES et les troupes alpines, des lunettes pour opérer sur neige (où la reverbération ssur le soleil peut provoquer des ophtalmies) et des moufles pour skieur en coton.

Unité de collective de Camouflage

Cet ensemble d’accessoires est distribué avec plusieurs armes collectives et à certains personnels pour camoufler les emplacements.

Unité collective de camouflage «petit modèle»

Elle comprend un filet en mailles de 4cm (en pratique, 3cm) de 3 mètres sur 3.5m, quatre piquets à deux éléments, une trousse contenant douze fiches.

Ce matériel est transporté sur véhicule mais en cas de besoin, il peut être réparti entre les hommes du groupe de combat :

-Le chef de groupe transporte la trousse à fiches qui est portée au ceinturon

-Le caporal transporte le filet dans la musette

-Les pourvoyeurs et les voltigeurs transportent les piquets arrimés sur le sac ou suspendus au ceinturon par la courroie d’assemblage

Unité collective de camouflage «grand modèle»

Elle comprend un filet de mailles de 3cm de 3.5m sur 4.5m, quatre piquets à trois éléments et une trousse contenant seize fiches.

Les éléments sont ordinairement transportés sur véhicule mais lorsque c’est nécessaire ils sont répartis entre les hommes du groupe de combat :

-Le chef de groupe transporte la trousse à fiches qui est portée au ceinturon

-Le caporal transporte le filet dans la musette

-Les pourvoyeurs et les voltigeurs transportent les piquets arrimés sur le sac ou suspendus au ceinturon par la courroie d’assemblage

Optique et topographie

Les instruments de précision présentés ici sont de deux natures. D’une part les instruments d’optique permettant d’observer des objectids éloignés et d’autre part, les divers instruments permettant d’effectuer des travaux de repérage sur le terrain afin de se situer ou de régler le tir.

Jumelles

Les modèles les plus fréquents en septembre 1939 sont des jumelles 6×24 avec micromètre orientable en décigrades ou en millimètres, le grossissement X6 étant plus adapté à l’infanterie qu’à la cavalerie; les jumelles 8×30 (modèle 1925, 1930 et 1935) avec micromètres orientable ou fixe et les jumelles d’observation de 16×50.

On trouve également des jumelles sans micromètre (6×20 à 30, 8×19 à 30, 12×30 à 51, 16×42 et 50) et des jumelles avec micromètres (6×30, 7×24, 8×22à 31, 12×31 à 36), des modèles 8×32 avec réticule simple et des modèles 8×22 à 27 à télémètre et des modèles antérieurs à 1925 (jumelles à prisme et jumelles de Galilée).

Longues vues monoculaires

Ces longues vues sont destinées à l’observation à longue distance et donc utilisées par l’artillerie. On en trouve trois modèles : le type X de campagne modèle 1916R avec goniomètre divisé en 6000 millièmes, le type X de campagne modèle 1917 avec goniomètres divisé en 6400 millièmes et le type X de siège ou de place qui dispose d’un goniomètre divisé en 4000 décigrades.

La majorité de ces longues vues disposent de trois oculaires grossissement x15, x23 et x30 montés sur barillet et elles se fixent sur un goniomètre support modèle 1916 ou modèle 1917 montré sur le trépied modèle 1917.
Longues-vues binoculaires

En septembre 1939, il existe deux types de longues-vues binoculaires. Des modèles anciens antérieurs à 1916 et d’autre part des modèles plus récents même si datant de 1916 et 1917.

Les anciens modèles sont désignés par des lettres A, B,C,BC,D,E,F,DD,G,H et I. Ces modèles ne sont utilisés qu’en l’absence de modèles plus récents car ces binoculaires n’ont ni sitomètre ni dispositif de pointage en hauteur et sont montés sur un goniomètre type STA. Quand au trépied, c’est un modèle à douille type modèle 1912 ou antérieur.

Les nouveaux modèles comprennent les types 1916 «de campagne» ou de «siège et de place» et 1917 de campagne. Ces nouveaux modèles sont accompagnés du trépied modèle 1917 ou modèle 1939 et quand les anciens modèles sont mis aux nouvelles normes, ils sont rebaptisés modèle 1927.

Il existe enfin un type «état-major», une simplification des modèles 1916 et 1917 dans un but d’économie mais il ne peut être utilisé que pour les observations.

On trouve également un périscope modèle 1930 pour voir par dessus un masque, un support de jumelles modèle 1933, des cercles de visée pour remplacer les binoculaires par des jumelles tout en restant capables de faire des mesures angulaires (ancien modèle, modèle 1924, modèle 1930 et modèle 1939).

Télémètres

Comme leur nom l’indique ces instruments optiques sont destinés à l’évaluation des distances à la fois pour des travaux topographiques (génie) ou pour le réglage des tirs (infanterie et artillerie). Ils sont souvent désignés par la distance séparant les deux objectifs et que l’on appelle «base» et plus cette dernière est importante et plus on peut mesurer des distances importantes.

On trouve tout d’abord des modèles anciens encore en service mais en faible nombre :

-Télémètre de 0.80m modèle 1909 (infanterie)

-Télémètre de 0.80m modèle 1909-1912 avec trépied modèle 1912

-Télémètre de 1m modèle Barr & Stroud (artillerie)

-Télémètre Bausch & Lomb avec trépied modèle 1912

Le génie utilise un télémètre de 0.30m de base Som et un télémètre de 0.40m modèle 1939 type IA.

L’infanterie et la cavalerie utilisent plusieurs modèles différents :

-Télémètre de 0.70m modèle 1925 G1 pour la cavalerie et l’infanterie

-Télémètre de 0.70m modèle 1931 G2 pour la cavalerie et l’infanterie

-Télémètre de 0.80m modèle 1925 G1 (infanterie)

-Télémètre de 0.80m modèle 1931 G2 pour l’infanterie

(G1 monoculaires et sans poignées, G2 binoculaires avec poignées)
-Télémètre de 0.80m modèle 1931 G2 sur petit trépied pour position couchée

Matériel de topographie

Outre les cartes d’état-major au 1/50000, l’armée de terre utilise de nombreux outils et instruments pour la topographie.

On trouve tout d’abord des goniomètre-boussole utilisés par l’artillerie pour préparer le tir et orienter les pièces. On trouve un modèle 1916, un modèle 1917 et un modèle 1923. Pour cette mission est aussi utilisé le théodolite simplifié modèle 1933 et le modèle 1935.

On trouve également un baromètre altimétrique modèle 1934, une alidade nivélatrice simple, une alidade nivélatrice à rallonge (pour les troupes de montagne), une règle éclimètre modèle 1931 (détermination des directions, la mesure des pentes et des distance avec la planchette topographique), un clisimètre pour la mesure rapide des angles, des pentes et des distances dans le génie, un jalon-mire, un ruban d’acier de 20m, un stéréoscope à miroirs modèle 1923 pour l’étude des prises de vues aériennes et un déclinatoire à aiguille aimantée.

Le matériel de topographie et d’optique est reparti dans l’ensemble des unités de combat d’infanterie de la section au régiment :

-Au niveau de la section, le chef de section utilise des jumelles périscopiques 8×24 ou 6×24, les observateurs et les chefs de groupe se partageant quatre périscopes modèle 1930. Le matériel topographique utilise se limite à une boussole modèle 1922.

-Au niveau des sections de mitrailleuses et d’engins, le chef de section dispose de jumelles 8×30 et d’une boussole modèle 1922 alors que les chefs de groupe disposent chacun de deux jumelles périscopiques 8×24, une boussole modèle 1922, un télémètre de 0.80m et un prisme rétroviseur.

-Au niveau de la compagnie de fusiliers voltigeurs, le commandant de compagnie dispose de jumelles 8×30 et d’un périscope modèle 1930, les observateurs disposent de jumelles 6×24 et le chef de la section de mortiers de 60mm dispose de jumelles périscopiques 8×24. Le matériel topographique comprend trois boussoles modèle 1922.

-Au niveau des compagnies d’accompagnement et des compagnies régimentaires d’engins, le commandant de compagnie et les chefs de section disposent de jumelles 8×30, de deux télémètre de 0.80m et du goniomètre boussole; les chef de groupes et les observateurs disposent de jumelles périscopiques 8×24, d’un périscope modèle 1930, de deux boussoles modèle 1922 et d’un lot topographe.

-Au niveau du bataillon, les observateurs ainsi que les sous-officiers renseignement disposent de longues-vues binoculaires et jumelles 16×50 montées sur support modèle 1935 ainsi que onze boussoles (dix modèle 1922 et une modèle 1926). Les officiers (sauf le médecin) disposent de jumelles 8×30, 6×24 et 8×24, des loupes et des montres chronographes.

-Au niveau du régiment, l’officier de renseignement dispose d’une paire de jumelles 16×50 sur support modèle 1933, le sous-officier adjoint d’une longue-vue binoculaire, le sergent, un caporal et les quatre observateurs disposent de 4 jumelles 6×24. Pour la topographie, dix boussoles modèle 1922, une modèle 1926, lots topographiques, stéréoscopes, loupes et montres chronographes.

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