21-Armée de terre (71)

Régiments d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (RALVF)

Canon de 320mm sur voie ferrée en action durant le premier conflit mondial

Canon de 320mm sur voie ferrée en action durant le premier conflit mondial

Le déplacement des pièces d’artillerie à toujours posé problème depuis leur apparition. Tant que leur poids était modéré, le cheval pouvait tracter la pièce avec son avant-train, les pièces légères formant une véritable artillerie volante donc les RA des DLM sont les héritiers.

Avec l’augmentation du poids des pièces d’artillerie, leur transport en un seul fardeau par un attelage de chevaux devint impossible et après avoir choisit la solution temporaire du démontage de la pièce en deux fardeaux, on privilégia pour les pièces lourdes l’utilisation du tracteur à vapeur puis à moteur.

Lui aussi ne tarda pas à atteindre les limites pour les plus grosses pièces dont le déplacement par la route était possible mais nécessitait de tels efforts que l’investissement n’était guère rentable.

C’est là que la voie ferrée fût d’un précieux recours, permettant le déplacement et la mise en œuvre de pièces lourdes voir très lourdes nécessaires par exemple pour la neutralisation des forts. On se souvient qu’en 1914, les forts de Liège tombèrent sous les coups des canons de 305 et de 420mm.

L’artillerie française mit donc en œuvre de nombreuses pièces d’artillerie sur voie ferrée d’un calibre maximal de 400mm, l’armistice empêchant la mise en service de deux canons monstrueux de 520mm.

En septembre 1939, l’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est toujours présente avec des pièces anciennes, son utilité même est remise en cause par les modernistes qui estiment non sans raison qu’avec l’aviation, l’artillerie lourde sur voie ferrée est à ranger au musée des antiquités militaires ce à quoi répondent ses défenseurs que l’ALVF peut tirer par tous les temps……….. .

En août 1939, avant le début de la guerre de Pologne, la Réserve Générale ne dispose que de deux groupes ALVF, le 1er groupe du 372ème RALVF équipé de quatre canons de 340mm modèle 1912 répartis en deux batteries et le 1er groupe du 373ème RALVF équipé lui aussi de quatre canons de 340mm modèle 1912 répartis en deux batteries.

La mobilisation d’août/septembre 1939 voit l’artillerie lourde sur voie ferrée augmenter sensiblement ses forces pour répondre aux pièces en service en Allemagne mais également couvrir la Ligne Maginot qui en raison de budgets insuffisants n’avait pu être dotée de tourelles de 145mm portant à 30km.

Le plan de mobilisation Dbis du 30 octobre 1936 avait définit cinq emplacements dans le nord-est et un sixième dans les Alpes. Ces canons sont placés sous l’autorité du commandant de l’armée occupant le secteur et non des troupes de forteresse.

-Le 370ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée est mis sur pied par le CMA 26 de Châlons sur Marne. Contrairement à ce que son nom indique, ce régiment n’est pas un régiment d’artillerie mais un régiment de service chargé de l’entretien des voies ferrées qui peuvent être endommagés par les affûts, par l’artillerie ennemie, par sabotage de la «cinquième colonne».
-Le 371ème  Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 371ème régiment d’obusiers) est mis sur pied par le CMA 209 de Châteauroux avec trois groupes et dix batteries à l’équipement hétéroclite et hétérogène :

-Les 1er et 2ème groupes disposent des 1ère, 2ème, 3ème,4ème, 5ème et 6ème batteries qui disposent chacune de deux obusiers de 400mm modèle 1915 soit un total de douze canons     de ce calibre.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème, 8ème et 9ème batteries équipées chacune de deux canons de 370mm modèle 1915 soit six pièces et d’une 10ème batterie disposant de 4 canons     de 294mm modèle 1914.

-Le  372ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 372ème régiments de canons) est mis sur pied au format de guerre par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec pour équipement le parc suivant :

-Le 1er groupe dispose de deux batteries (1 et 2) équipées chacune de deux canons de  340mm modèle 1912.

-Le 2ème groupe dispose d’une quatrième batterie équipée de 4 canons de 320mm modèle 1917G, d’une cinquième batterie de trois canons de 305mm modèle 1906G et d’une sixième     batterie équipée de deux canons de 340mm modèle 1893G.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batterie équipées chacune de deux canons de  340mm modèle 1912B et de la 9ème batterie avec un unique canon de 340mm modèle     1912B.

-Le 4ème groupe dispose des 10ème et 11ème batteries équipées chacun de quatre canons de
274mm modèle 1917G

-Le 5ème groupe dispose dispose des 13ème et 14ème batteries disposant chacune de deux canons de 400mm modèle 1915.

-Le 6ème groupe dispose des 16ème, 17ème et 18ème batteries équipées chacune de deux obusiers de 400mm modèle 1915.

-Le 373ème  Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 373ème régiment de canons à glissement) est mis sur pied par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec pour équipement le parc suivant :

-Le 1er groupe dispose des 1ère et 2ème batteries avec deux canons de 340mm modèle  1912G chacune

-Le 2ème groupe dispose des 4ème et 5ème batteries disposant chacune de quatre canons de 274mm modèle 1917G.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batteries disposant chacun de quatre canons de 320mm modèle 1870-30G

-Le 4ème groupe dispose de la 10ème batterie à quatre canons de 320mm modèle 1917G et une 11ème batterie de 3 canons de 305mm modèle 1906/10G.

-Le 5ème groupe dispose des 13ème et 14ème batteries disposant chacune de 4 canons de 320mm modèle 1870-30G.

-Le 374ème Régiment d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée (appelé également 374ème régiment de canons tout azimuts) est mis sur pied par le CMA 209 de Châlons sur Marne avec l’équipement suivant :

-Le 1er groupe dispose des 1ère et 2ème batteries équipées chacune de 3 canons de 194mm modèle 1870-93.

-Le 2ème groupe dispose des 4ème et 5ème batteries équipées chacune de 3 canons de   194mm modèle 1870-93.

-Le 3ème groupe dispose des 7ème et 8ème batteries batteries équipées chacune de 3 canons  de 194mm modèle 1870-93

-Le 4ème groupe dispose des 10ème et 11ème batteries de 4 canons de 240mm modèle 1893-96M et d’une 12ème batterie équipée de 4 canons de 164mm modèle 1893-96M.

-Le 5ème groupe dispose de la 13ème batterie dispose de 3 canons de 240mm modèle 1884 et de la 14ème batterie disposant de quatre canons de 240mm modèle 1917.

-Le 6ème groupe dispose de la 16ème et de la 17ème batterie qui disposent chacune de trois canons de 194mm modèle 1870-93.

Au printemps 1940, décision est prise de réduire le nombre de RALVF à trois régiments : le 370ème, le 371ème et le 372ème RALVF avec trois groupes de deux batteries de quatre canons soit un total de  48 canons :

-Le 371ème RALVF à Chalons sur Marne dispose de d’un 1er groupe équipé de huit obusiers de 400mm modèle 1915 répartis en deux batteries de quatre pièces, d’un 2ème groupe équipé de huit canons de 340mm en deux batteries de quatre pièces et d’un 3ème groupe avec huit canons de 320mm répartis en deux batteries de quatre pièces.

-Le 372ème RALVF à Verdun dispose de d’un 1er groupe équipé de huit obusiers de 400mm modèle 1915 répartis en deux batteries, d’un 2ème groupe équipé de sept  canons de 340mm répartis en deux batteries de deux pièces et une batterie de trois pièces et d’un 3ème groupe avec huit canons de 320mm répartis en deux batteries de quatre pièces.

Les quatre pièces excédentaires de 320mm sont stockées ou servent pour l’entrainement et la formation, les autres canons jugés trop anciens ou aux stocks d’obus insuffisants sont ferraillés.

Il semblait dit que l’ALVF allait disparaître sans combattre mais au final des pièces supplémentaires vont être commandées pour armer deux régiments, deux régiments à deux groupes de trois batteries de deux pièces soit un total de vingt-quatre pièces.

En 1945, les 373ème et 374ème RALVF sont recréés, le premier est basé à Grenoble et le second à Nice avec un équipement identique, vingt-quatre canons de 240mm modèle 1944, ces six batteries devant viser principalement les fortifications italiennes.

Le canon de 240mm modèle 1944 est la reprise de fabrication d’un canon nettement plus ancien, le modèle 1884 avec les modifications d’usage. Ce canon l’emporta sur le 194mm GPF qui aurait pu donc être fabriqué en version sur voie ferrée.

A la mobilisation d’août/septembre 1948, les quatre régiments d’artillerie lourde sur voie ferrée gagnent la frontière et les emplacements prévus dès le temps de paix, effectuant des tirs contre leurs homologues allemandes dès le mois de septembre, une attitude agressive destinée à convaincre les allemands d’une offensive franco-anglaise potentielle sur le Rhin.

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