10-Contre-torpilleurs (24)

Le Maillé Brézé

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé à la mer

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé à la mer

Par le marché n°5268E du 17 octobre 1929, la construction du contre-torpilleur Da-14 est attribuée à la Société des Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire Penhoët.

-Le Da-14 ultérieurement baptisé Maillé-Brézé est mis sur cale le 9 octobre 1930 et lancé le 9 novembre 1931. Après une période d’achèvement à flot, le Maillé-Brézé quitte Saint-Nazaire le 12 septembre 1932 direction Lorient son port d’armement.

Les essais commencés dès la traversée Saint Nazaire-Lorient se déroulent sans réels incidents et le contre-torpilleur entre en phase de démontage dès le 7 novembre 1932.

Les remontages sont terminés le 24 janvier 1933 mais la surcharge des bassins de l’Arsenal retarde sa mise au sec, préalable à sa sortie de vérification qui à lieu à la fin du mois de février. Revenu à Lorient le 7 mars, son départ pour sa traversée longue durée est retardé par une avarie d’hélice. La clôture d’armement est prononcée le 6 avril et il quitte Lorient pour Brest le 11 avril 1933.

Rentré de Brest le 13 avril 1933, il appareille pour sa traversée de longue durée qui se résume à une traversée Lorient-Brest avec une participation aux exercices de la 2ème Escadre. Il rallie le port finisterien le 22 avril 1933.

Le 22 avril 1933, le contre-torpilleur Maillé-Brézé est admis au service actif au sein de la 2ème Escadre à Brest.

A son admission au service actif, le Maillé-Brézé est affecté à la 6ème DL qu’il compose avec le Bison et le Vauban, deux unités plus anciennes de classe Guépard.

Le 15 octobre 1933 est créé au sein de la 2ème Escadre un groupe de contre-torpilleurs, le Maillé-Brézé formant la 6ème DL avec le Lion mais seulement trois mois plus tard, en janvier 1934, cette division est formée par le Maillé-Brézé, le Kersaint et le Léopard.

Le 26 mars 1934, le Kersaint est admis au service actif ce qui permet à la 6ème DL de devenir une division homogène avec le Maillé-Brézé, le Vauquelin et donc le Kersaint.

Le 22 octobre 1934, la 6ème DL quitte définitivement Brest pour Toulon où elle arrive le 31 octobre après une escale à Casablanca du 25 au 29. La 6ème DL est alors rebaptisé 9ème DL et affecté au groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre.

Pour l’année d’instruction 1936-37, la composition de la 9ème DL évolue puisque la division est désormais composée du Maillé Brézé (Al), du Kersaint et du Cassard, la division étant intégrée à la 3ème Escadre Légère (nouvelle appellation du groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre).

Après une fin d’année 1936 consacrée à un grand carénage (Maillé Brézé et Cassard à Toulon, Kersaint à Bizerte), la 9ème DL est affectée en janvier 1937 aux opérations au large de l’Espagne, la 9ème DL devant faire respecter la liberté de navigation menacée par les deux belligérants et leurs alliés.

Le 12 avril 1937 comme les autres DL armées de contre-torpilleurs, la 9ème DL devient 9ème DCT mais ce changement de nom se traduit par aucun changement de composition de la division qui va rester ainsi composée jusqu’au déclenchement de la guerre de Pologne en septembre 1939.

Durant les deux mois de conflit (septembre-décembre 1939), le Maillé-Brézé va effectuer des escortes de convois, des missions de surveillance sans oublier un entrainement constant et de plus en plus intensif pour être prêt à faire face à une entrée en guerre de l’Italie.

La 9ème DCT est en entretien à flot du 1er au 17 janvier, sortant pour essais du 18 au 21 janvier avant remise en condition du 23 au 17 février 1940. Ils rentrent tous à Toulon le 22 février après une escale à Marseille du 18 au 21 février.

Alors que le Kersaint est indisponible pour avarie, le Cassard et le Maillé-Brézé sortent pour un entrainement au combat antisurface du 25 février au 5 mars, faisant escale en rade de Villefranche du 6 au 10 mars avant d’enchainer une école à feux et des lancements de torpilles du 11 au 17 mars allant mouiller aux salins d’Hyères.

Le 20 mars, le Kersaint réparé retrouve ses compères aux salins d’Hyères, les trois contre-torpilleurs effectuant une école à feux jusqu’au 24 mars, date à laquelle les trois contre-torpilleurs rentrent à Toulon.

La 9ème DCT exécute alors un entrainement de division. Quittant Toulon le 30 mars, les trois contre-torpilleurs commencent cet entrainement par une école à feux du 30 mars au 8 avril puis après un ravitaillement à Toulon le 9 avril par un entrainement au combat antisurface du 10 au 15 avril suivit après un nouveau ravitaillement par un entrainement au mouillage de mines du 17 au 21 avril date à laquelle les trois navires reprennent leur poste au quai Noël.

Alors que le Cassard est indisponible suite à une avarie mécanique, le Maillé-Brézé et le Kersaint sortent pour une école à feux nocturne du 27 avril au 1er mai, date à laquelle ils vont mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 8 mai.

Le lendemain 9 mai, le Cassard les y rejoint pour un entrainement commun (combat antisurface, école à feux) du 9 au 18 mai. Après une escale commune à La Ciotat du 19 au 24 mai, les trois navires rentrent à Toulon le 25 mai 1940.

Le Maillé-Brézé va à partir du 1er juin mouiller en grande rade pour entrainement au mouillage, une sortie à la mer étant prévue le 8 juin 1940.

Le 8 juin 1940 à  9.14, peu après un entrainement au lancement simulé de torpilles, une explosion secoue le Maillé-Brézé.

Une torpille de la plate-forme double bâbord s’est auto-allumée, la gargousse de poudre étant restée en place en dépit des consignes. La torpille chassée fonce droit devant, défonçant les cloisons légères. Le cône explosif qui n’était pas en place semble devoir limiter les dégâts mais le réservoir d’air comprimé sous l’effet de la chaleur explose, ravageant les superstructures et déclenchant un terrible incendie qui oblige le commandant, le CF Glottin à noyer les soutes avant de 138mm.

Plusieurs navires de la DP de Toulon  interviennent rapidement mais l’incendie ravage le navire qui pour ne rien arranger, s’enfonce sous l’effet des paquets d’eau envoyés par les navires de secours et finit par couler droit.

Le Maillé-Brézé sécoué par l'incendie. Au fond la presqu'ile de Saint Mandrier

Le Maillé-Brézé secoué par l’incendie. Au fond la presqu’ile de Saint Mandrier

Au total 34 marins ont été tués que ce soit par l’explosion, l’incendie ou la submersion du bâtiment qui est considéré comme irrécupérable. Le Maillé-Brézé est condamné le 17 octobre 1940 et l’épave relevée en février 1941 puis démantelée. Les obsèques des 17 marins morts à l’intérieur du navire feront l’objet d’un faste à la hauteur de l’émotion suscitée. La mémoire du contre-torpilleur sera perpétuée par un contre-torpilleur de classe Guépratte.

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2 réflexions sur “10-Contre-torpilleurs (24)

  1. félicitations pour l’ensemble de ton blog… je te suis depuis peu et je trouve tes articles de qualité! J’édite moi aussi un blog depuis peu, n’hésite pas à venir me lire! ++ ZAK

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