8-Croiseurs légers (6)

C-Croiseur mouilleur de mines Pluton

Le croiseur mouilleur de mines Pluton en 1932

Le croiseur mouilleur de mines Pluton en 1932

NdA : théoriquement, je ne devrai pas aborder le Pluton vu qu’il est détruit avant mon point de divergence (13 septembre 1939) mais il me semble nécessaire d’en parler à la fois pour comprendre la suite de l’histoire des croiseurs légers français et au moins par respect pour la mémoire des marins fauchés en ce jour de septembre.

Genèse d’un navire particulier

La mine marine est apparue au cours de la guerre de Sécession mais ce n’est qu’au vingtième siècle qu’elle devient une arme redoutablement performante avec un rapport prix/coût de reviens défiant toute concurrence.

Les alliés utilisèrent massivement la mine durant le premier conflit mondial pour protéger les convois contre les sous marins, créant de véritables corridors pour les convois avec un succès mitigé tout comme celui des bâteaux-piège (Q-ship), l’utilisation des convois, de l’Asdic et d’escorteurs armés de grenades ASM se révélant plus efficaces.

La guerre terminée, la Royale s’interroge sur le futur usage des mines marines. A la fin des années vingt, le seul adversaire potentiel est la marine allemande et pour gêner ses mouvements, la marine française envisage deux usages de la mine : des bouchons de mines dans les estuaires et à des points de passage obligés de la côte allemande et de vastes champs de mines pour barrer de larges passages ou de créer des zones dangereuses pour les forces navales navales allemandes notamment dans des mers resserrées comme la mer du Nord.

Si pour le premier emploi, des sous marins mouilleurs de mines sont prévus (la classe Rubis) pour le second, des navires de surface spécialisés sont nécessaires.

C’est dans ce but qu’à la tranche 1925 (votée le 13 juillet 1925) est financée la construction d’un croiseur de 1ère classe (le futur Suffren), trois contre-torpilleurs de classe Guépard, quatre torpilleurs d’escadre de classe Adroit (les six premiers avaient été financés à la tranche 1924), sept sous marins de 1ère classe, deux sous marins mouilleur de mines de classe Saphir, le transport d’hydravions Commandant Teste et un «croiseur de 6000 tonnes mouilleur de mines» baptisé Pluton.

Carrière opérationnelle

-Le Pluton est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 16 avril 1928 lancé le 10 avril 1929 et armé pour essais le 15 mai 1930. Il est armé définitivement le 15 novembre 1931 et admis au service actif le 25 janvier 1932.

Le 16 janvier 1932, il quitte Lorient pour Toulon où il est affecté à la Division d’instruction de la 1ère escadre plus précisément comme navire de «l’école d’application du Tir à la mer». Également utilisé comme transport de troupes, il est utilisé dans ces deux rôles jusqu’en 1939.

Le 10 juin 1939, la Division d’instruction est dissoute et le Pluton rejoint la 5ème escadre à Lorient et c’est à ce moment que la décision est prise de le transformer en navire-école d’Application des enseigne de vaisseau en complément du croiseur école Jeanne d’Arc sous le nom de La Tour d’Auvergne.

Il est cependant à noter que jamais le Pluton n’a été officiellement rebaptisé puisque ce changement de nom ne devait être effectif que lors de sa transformation en navire-école d’application pour seconder et soulager le croiseur Jeanne d’Arc.

Le 28 août, il forme théoriquement avec la «Jeanne» la 7ème division de croiseurs mais cette division n’aura aucune réalité effective.

Au moment où éclate la guerre, la France craint une démonstration des cuirassés allemands sur les côtes marocaines. Le 2 septembre 1939, le Pluton appareille de Brest avec un chargement de 125 mines B4 et arrive à Casablanca le 5 septembre 1939.

Entre temps l’opération de minage est devenue sans objet et le Pluton reçoit l’ordre de débarquer ses mines. Le désamorçage et le déchargement des engins doivent avoir lieu le 13 septembre 1939 mais dès le début de l’opération, une énorme explosion ravage le navire et entraine son naufrage. Trois bateaux de pêche amarrés à côté coulent également : l’Etoile du Matin, le Sultan et la Marie Merveilleuse provoquant la mort de 207 hommes.

CL Pluton schéma

Caractéristiques techniques du Pluton

Déplacement :  Washington 5300 tonnes En surcharge 6214 tonnes

Dimensions :  longueur hors tout 152.5m entre perpendiculaires 144m largeur maximum 15.55m tirant d’eau en charge normale (5321 tonnes) 4m à l’avant 5.2m à l’arrière

Propulsion :  deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières groupées deux par deux et dévellopant en service courant 57000ch et entrainant deux hélices tripales.

Performances :  vitesse maximale 30 noeuds distance franchissable 4150 miles nautiques à 14 noeuds

Protection :  compartimentage très serré

Armement d’origine : 4 canons de 138mm modèle 1923 en affûts simples sous masque, 10 canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples, 12 mitrailleuses Hotchkiss de 8mm en six affûts doubles et 2 canons de 47mm modèle 1885 pour les embarcations

Equipements particuliers :  220 mines, nombre pouvant être si besoin est porté à 250 engins mises à l’eau par quatre voies

Equipage :  513 officiers et matelots

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