9-Croiseurs légers (4)

Le Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

Le croiseur léger Primauguet

-Le Primauguet est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 16 août 1923 lancé le 21 mai 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitivement le 1er octobre 1926 et admis au service actif au sein de la 3ème division légère avec ses deux sister-ship en avril 1927.

Le troisième croiseur léger de classe Duguay-Trouin est le premier navire français à recevoir une catapulte pour hydravions de type Penhoët. D’août à octobre 1927, le Primauguet est déployé en Extrême Orient pour une croisière qui le conduit jusqu’au Japon.

Il effectue une autre mission de représentation en septembre 1928 avant de rallier Toulon, allant aux Antilles avec le Lamotte-Picquet début 1930 avant de retourner en Extrême Orient de mai 1932 à janvier 1936 et de novembre 1937 à juillet 1939, l’intermède étant occupé par une remise en état à Lorient.

Il passe les trois mois de la guerre de Pologne (septembre-décembre 1939) à Dakar pour patrouiller contre les raiders allemands écumant l’Atlantique.

Il reste déployé dans le port ouest-africain jusqu’au printemps 1940 avant de subir une période d’entretien au bassin du 4 juin au 2 septembre 1940. Après essais et remise en condition du 3 septembre au 1er octobre, il est détaché à Casablanca pour sécuriser le détroit de Gibraltar en liaison avec les britanniques alors qu’il dépendait déjà de la 6ème DC.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941.

Le croiseur léger va effectuer des missions de surveillance, de présence au large des mandats, de transports de troupes et d’appui-feu quand les patrouilles tombaient dans des embuscades. Le 16 avril 1941, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth et relève le Primauguet qui devient au passage navire-amiral de la 6ème DC et rentre à Toulon le 20 avril 1941.

Après une période d’entretien à flot jusqu’au 2 mai, il sort en compagnie du Lamotte-Picquet pour entrainement du 3 au 12 mai 1941 avant une escale commune à Alger jusqu’au 16 mai 1941. Après un exercice de bombardement littoral pour entrainer les défenses côtières du secteur d’Alger du 17 au 24 mai, les deux croiseurs font escale à Tunis du 26 au 30 mai, sont en entretien à flot à Bizerte du 31 mai au 8 juin 1941 avant de rentrer à  Toulon le 10 juin 1941.

Le 15 juin 1941, la ville de Brest devient ville-marraine du croiseur léger, Hervé de Potzmorguer dit Primauguet ayant périt dans cette ville au cours d’un combat contre les anglais.

Le Primauguet et le Lamotte-Picquet reprennent la mer pour des exercices avec deux divisions contre-torpilleurs de la 2ème escadre du 20 juin au 2 juillet 1941 en l’occurrence les  4ème DCT (contre-torpilleurs Tigre Lynx Panthère) et 7ème DCT contre-torpilleurs (Vautour Albatros Gerfaut) , les croiseurs servant d’abord de plastron aux contre-torpilleurs avant de pourchasser les lévriers des mers. Le groupe occasionnel (deux croiseurs et six contre-torpilleurs) fait escale à Nice du 3 au 10 juillet avant de rentrer à Toulon le 13 juillet 1941.

Le 21 juillet 1941, Port-Vendres inaugure sa nouvelle gare maritime pour les liaisons avec le Maroc et l’Algérie. Le Primauguet comme navire-amiral de la 6ème DC représente la marine pour la cérémonie d’inauguration, restant dans le port occitan jusqu’au 25 juillet quand il reprend la mer pour rentrer à Toulon le 28 juillet 1941. Il est indisponible du 28 juillet au 13 août 1941, reprenant la mer pour essais du 14 au 19 août avant remise en condition du 20 au 27 août 1941.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC. Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941.

Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 13 novembre 1941, le Primauguet arrive à Beyrouth pour relever son sister-ship. Après deux jours d’exercices en commun, le Lamotte-Picquet quitte le Levant le 16 novembre, ce dernier rentrant à Toulon le 25 novembre.

Le Primauguet comme lors de son premier séjour (décembre 1940-avril 1941) va effectuer des missions de surveillance et de présence au large des côtes de Levant, va surveiller les positions italiennes dans le Dodécannese ainsi que de missions d’entrainement et de maintien de l’ordre via notamment sa compagnie de débarquement ou en transportant des troupes.

Le 22 mars 1942, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth pour relever le Primauguet qui quitte Beyrouth le jour même, gagnant Bizerte. A noter qu’il fait le voyage à vide, ayant débarqué ses munitions à Beyrouth (obus de 155 et de 75mm, torpilles, grenades ASM) avant d’appareiller.

Arrivé le 25 mars à l’aube en Tunisie, il traverse le canal de Bizerte et mouille dans le lac avant d’être échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour une véritable modernisation dont le contenu est identique à celle qu’à subit le Duguay-Trouin.

Les hélices sont inspectées puis changées, la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’électronique et l’armement. En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.

Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts doubles. La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130 plus moderne et plus efficient.

Il est remis à flot le 27 novembre puis conduit au quai d’armement pour des travaux complémentaires jusqu’au 15 décembre avant des essais à la mer au large de la Tunisie du 16 au 21 décembre suivit d’un stage de remise en condition avec école à feu du 22 décembre 1942 au 7 janvier 1943 avant de rentrer à Toulon le 12 janvier 1943.

A cette époque, le Primauguet est le seul croiseur léger de la 6ème DC disponible, le Lamotte-Picquet étant en travaux à Bizerte alors que le Duguay-Trouin avait déjà quitté la 6ème DC pour gagner l’Indochine et être affecté aux FNFEO dont il va devenir au mois de mai le navire-amiral.

Le Primauguet ressort pour entrainement du 21 au 28 janvier avant une escale à Nice du 29 janvier au 4 février suivit d’un entrainement au combat de nuit du 5 au 9 février. Après une escale à Bastia du 10 au 15 février et en rade de Villefranche du 16 au 19 février, il rentre à Toulon le 21 février 1943.

Après une indisponibilité accidentelle mise à profit pour embarquer huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940-41 en affûts doubles du 2 au 15 mars, le croiseur léger sort pour essais au large de Toulon du 16 au 20 mars avant de reprendre l’entrainement en servant de plastron aux défenses côtières du secteur de Toulon et ce du 22 mars au 2 avril. Il mouille aux Salins d’Hyères du 3 au 9 avril avant de rentrer à Toulon le lendemain 10 avril 1943.

Le 15 avril 1943, il quitte Toulon chargé de matériels, de techniciens et d’ouvriers militaires qu’il débarque à Casablanca le 19 avril 1943. Ses soutes complétées, le Primauguet arrive à Dakar le 23 avril pour un stage au polygone de tir de Rufisque du 25 avril au 8 mai 1943. Après une escale à Port-Etienne du 9 au 15 mai et à Casablanca du 17 au 21 mai, il rentre à Toulon le 26 mai 1943 dans la soirée.

Le Primauguet sort à nouveau du 4 au 12 juin pour un entrainement de défense aérienne à la mer où sa DCA doit défendre le navire contre des avions torpilleurs Bloch MB-175T, des bombardiers horizontaux Bréguet Br695 et des bombardiers en piqué Douglas SBD-3 Dauntless. Après une escale à Nice du 13 au 20 juin, le croiseur léger rentre à Toulon le 22 juin.

Le Primauguet participe du 2 au 13 juillet à la remise en condition de son sister-ship le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs rentrant le lendemain à Toulon, les compagnies de débarquement défilant à Toulon pour la fête nationale.

Le 10 octobre 1943, Le Lamotte-Picquet sort de Toulon pour accueillir le Chateaurenault. Ce dernier avait été construit à La Seyne sur Mer  mais venait de réaliser sa traversée de longue durée en Amérique du Sud suivit d’une école à feu à Rufisque.

Le Primauguet aurait du faire de même mais il est immobilisé pour une avarie technique jusqu’au 5 octobre. Réparé, il sort pour essais du 6 au 10 octobre avant un entrainement combiné du 11 au 18 octobre, rentrant à Toulon le lendemain.

Le 19 octobre 1943, la 6ème DC est dissoute mais reconstituée dès le lendemain avec le De Grasse et le Chateaurenault en attendant le Guichen. Le Primauguet est lui placé hors rang en attendant son redéploiement outre-mer.

Le Primauguet ressort pour un exercice avec deux division de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre du 21 au 31 octobre en l’occurence les 2ème DCT (Guépard Lion Bison) et 5ème DCT (Aigle Albatros Gerfaut) plus le contre-torpilleur Marceau chargés d’intercepter plusieurs cargos «ennemis» symbolisés par des cargos affrétés durant cette période par la marine. Le croiseur léger, les torpilleurs et les contre-torpilleurs rentrent à Toulon le soir même.

Après un entrainement aviation du 1er au 5 novembre, le croiseur léger subit une période d’entretien à flot du 6 au 12 novembre avant les essais à la mer réglementaires du 13 au 16 novembre et la remise en condition du 18 au 30 novembre 1943. Après une escale à Bastia du 1er au 5 décembre, il rentre à Toulon le 7 décembre à l’aube.

Le 12 décembre 1943, le croiseur léger Guichen arrive à Toulon. Le troisième croiseur léger de classe De Grasse avait été construit à Bordeaux et venait d’être admis au service actif après son départ de Dakar. A son arrivée à Toulon, il est affecté à la 6ème DC qui atteint son format définitif à trois bâtiments.

Le Primauguet va rester déployé en métropole jusqu’au printemps 1944 le temps que le Guichen prenne ses marques et que son équipage soit rodé. Comme un passage de témoin, le Primauguet va sortir avec le Guichen du 15 au 24 décembre 1943 pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion.

Il est décidé de l’affecter aux Antilles aux sein des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) dont la base principale est Fort de France en Martinique. Avant de rejoindre son nouveau théâtre d’opérations, le croiseur léger va subir un petit carénage à Toulon.

Il est déclaré indisponible le 27 décembre 1943, débarque ses munitions et vidange ses soutes. Il est échoué le 2 janvier dans le bassin n°2 du Missiessy pour deux mois de travaux jusqu’au 15 mars 1944 quand il est remis à flot et remorqué au quai d’armement pour des travaux complémentaires.

Armé pour essais le 6 avril 1944, il sort en mer du 7 au 15 avril puis du 18 au 25 avril avant de refaire le plein de munitions et d’embarquer son nouvel hydravion, un Dewoitine HD-731 flambant neuf mais l’appareil qui lui est destiné s’abime à l’amerrissage.

Après un stage de remise en condition au large de Toulon du 28 avril au 12 mai 1944, le croiseur léger quitte le Var le 14 mai, fait escale à Casablanca le 19 mai puis traverse l’Atlantique en direction de Fort de France où il arrive le 25 mai 1944.

Le 26 mai 1944, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA) avec Fort de France comme port d’attache

Le nouveau navire-amiral à une vaste zone de responsabilité correspondant à l’actuelle Zone Maritime Antilles-Guyane (ZMAG) avec comme principaux navires deux avisos coloniaux, le Bougainville stationné à Fort de France et le Lapérouse déployé à Cayenne en Guyane française puis le pétrolier Loing chargé de ravitailler les dépôts carburants depuis les gisements vénézuéliens, mexicains et texans. Le reste est composée d’une véritable poussière navale fait de navires construits sur place ou des unités de seconde main, plusieurs chalutiers notamment.

Après une période d’indisponibilité jusqu’au 9 juin 1944, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville, un exercice de défense et d’attaques de convois du 12 au 25 juin avant une escale à Pointe à Pitre jusqu’au 30 juin.

Les deux navires ressortent pour un exercice de défense aérienne à la mer du 1er au 8 juillet 1944, l’aviso colonial inaugurant sa nouvelle DCA. Aux quatre canons de 37mm modèle 1925 et aux six mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts doubles, le Bougainville à préféré quatre canons de 37mm modèle 1941 en deux affûts doubles et six canons de 25mm modèle 1939-40 en trois affûts doubles.

Après une nouvelle escale à Pointe à Pitre du 9 au 12 juillet, les deux navires rentrent le lendemain à Fort de France. Le 14 juillet 1944, une mini-revue navale est organisée au large de Fort de France avec le croiseur léger, l’aviso colonial et le pétrolier qui dans la foulée prend la mer pour le Texas afin de charger du mazout.

Le croiseur léger Primauguet ressort pour un exercice combiné du 20 juillet au 8 août 1944 avant de rentrer le lendemain à Fort de France. Il est indisponible jusqu’à la fin du mois d’août avant de ressortir pour essais du 1er au 5 septembre et du 7 au 12 septembre avant de reprendre l’entrainement par une série d’exercices (défense aérienne à la mer, bombardement littoral, défense et attaque de convois, raids amphibies) du 15 septembre au 18 octobre 1944.

Le 25 octobre 1944, le croiseur léger quitte Fort de France pour une croisière de représentation dans sa zone de déploiement. Il fait escale à Caracas (Venezuela) du 27 au 30 octobre, à Port of Spain (Trinité et Tobago) du 2 au 4 novembre et à Cayenne du 7 au 13 novembre 1944. Il repart le lendemain, faisant escale à Belem (Brésil) du 15 au 20 novembre avant de remontrer vers le nord direction Georgetown (Guyana) où le croiseur fait escale du 24 au 28 novembre.

Il mouille ensuite à San Juan (Porto Rico) du 4 au 8 décembre, à Kingston (Jamaïque) du 11 au 15 décembre avant de rentrer à Fort de France le 19 décembre et d’être indisponible jusqu’à la fin de l’année pour réparations et entretien courant, toujours l’occasion d’améliorations diverses et variées.

Après une sortie d’essais du 3 au 10 janvier 1945, le croiseur léger ressort pour entrainement avec le Bougainville du 11 au 30 janvier avant de faire escale à Basse Terre du 1er au 4 février puis de rentrer le lendemain à Fort de France.

Le 5 février 1945, le croiseur léger quitte Fort de France pour le Sénégal, arrivant à Dakar le 11 février 1945, faisant trois jours escale jusqu’au 14. Il assure une Ecole à feu à Rufisque du 15 février au 3 mars avant de revenir dans le port de Dakar.

Il embarque un bataillon de 600 tirailleurs sénégalais et appareille le 5 mars pour Cayenne où il arrive le 9 mars. Il débarque ce bataillon destiné à renforcer la défense de la Guyane française suite à plusieurs attaques de postes par des éléments non identifiés.

Le croiseur léger reprend la mer le 11 mars 1945, manoeuvre avec l’aviso colonial Lapérouse du 12 au 19 mars avant de regagner Fort de France le 27 mars 1945.

Après une période d’entretien à flot du 28 mars au 15 avril, le croiseur léger est à la mer pour essais du 16 au 20 avril avant un exercice combiné avec l’armée de l’air, le croiseur s’entrainant contre les chasseurs Dewoitine D-520 basés à Fort de France et contre les bombardiers moyens Douglas DB-7 du 25 avril au 2 mai 1945.

Rentré à Fort de France le 3 mai 1945, il appareille en urgence le 5 mai avec à son bord une compagnie de gendarmes mobiles qu’il transporte à Pointe à Pitre secouée par de violentes émeutes liés à la mort d’un leader indépendantiste peu après son arrestation. La présence du croiseur est dissuasif pour éviter l’extension des émeutes qui vont néanmoins secouer la Guadeloupe jusqu’à la mi-mai.

Elles servent d’électrochoc et accélère le vote du statut d’autonomie de la colonie qui devient une généralité _un statut à mi-chemin entre le département et la province_ tout comme la Martinique, la Guyane mais également la Réunion.

Le Primauguet rembarque les gendarmes mobiles le 20 mai 1945 et rentre à Fort de France le 22 mai. Il ressort pour un exercice de combat de nuit du 24 au 28 mai avant une escale à Castries (Saint Lucie) du 29 mai au 5 juin. Il rentre à Fort de France le lendemain 6 juin 1945.

Le 12 juin 1945, le Dewoitine HD-730 n°1 s’abime peu après son catapultage au large de Fort de France alors que le croiseur menait un exercice de surveillance et de protection de la Martinique mais son équipage est récupéré après ce bain renforcé.

Le deuxième appareil est interdit de vol mais l’enquête montre que c’est la catapulte qui est en cause et celle-ci est débarquée, une autre est commandée en métropole. En attendant sa livraison, le Dewoitine HD 730 n°2 va être mis à l’eau par la grue mais ne sera pas récupéré, rentrant directement à l’hydrobase de Fort de France.

L’exercice interrompu est repris sans catapulte le 18 juin et s’achève le 25 juin, le navire-amiral des FNFA rentrant à Fort de France le lendemain 26 juin avant une période d’indisponibilité jusqu’au 15 juillet 1945.

Il reprend la mer pour essais du 16 au 20 juillet avant remise en condition avec l’aviso colonial Bougainville du 21 juillet au 3 août. Les deux navires font escale font ensuite escale à Oranjestad (Aruba) du 4 au 8 août, à Wilhelmstad (Curaçao) du 9 au 14 août, à Caracas (Venezuela) du 16 au 19 août avant de rentrer à Fort de France le 22 août 1945.

Il sort à nouveau pour entrainement du 1er au 12 septembre 1945, se ravitaillant à la mer au pétrolier Loing équipé depuis peu d’un système de ravitaillement à la mer à couple. Après une escale à Pointe à Pitre (Guadeloupe) du 13 au 16 septembre, le croiseur léger rentre à Fort de France le lendemain 17 septembre 1945.

Le 21 septembre 1945, le cargo Victor Schoelcher arrive à Fort de France. A bord, des obus de 138mm, de 155mm et de 90mm, plusieurs radars en pièces détachées et surtout une catapulte hydraulique Penhoët et trois Dewoitine HD-731 flambants neufs, les 7ème, 11ème et 13ème appareils de série

Le Primauguet est en travaux du 22 au 27 septembre pour recevoir sa nouvelle catapulte toujours sur la plage arrière, catapulte essayée sans appareils puis en mer avec un Dewoitine HD-731 du 28 au 30 septembre. Il effectue un exercice de surveillance du 1er au 12 octobre avant une escale à Port of Spain du 14 au 19 octobre avant de rentrer à Fort de France le 21 octobre 1945.

Il effectue un exercice de défense aérienne à la mer du 25 au 30 octobre puis un exercice de bombardement littoral du 2 au 8 novembre, guidé par les Dewoitine D-720 de coopération de l’armée de l’air.

Le 12 novembre 1945, il quitte Fort de France pour une Ecole à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 19 novembre et entame son entrainement le 21 novembre.

Il tire contre la terre du 21 au 25 novembre, en mer du 26 au 30 novembre avant de servir de plastron aux défenses côtières du secteur de Dakar du 2 au 8 décembre.

Après une ultime escale dans la capitale de l’AOF du 9 au 11 décembre, le croiseur rentre à Fort de France le 18 décembre et reste indisponible jusqu’à la fin de l’année.

Après une sortie d’essais du 4 au 10 janvier 1946, il sort pour un entrainement en solitaire, restant en mer non stop du 11 au 30 janvier, ravitaillé à la mer par le Loing.

Il enchaine successivement par un exercice de défense aérienne à la mer (11 au 15 janvier), de bombardement littoral (16 au 21 janvier), de raid amphibie (22 au 25 janvier) et de couverture de la navigation commerciale (26 au 30 janvier) avant de rentrer le lendemain à Fort de France.

Il est indisponible pour avarie du 2 au 20 février 1946, passant au bassin du 3 au 15 février. Il sort pour essais du 21 au 25 février avant remise en condition du 26 février au 5 mars 1946. Il ressort à nouveau pour un exercice de protection des lignes de navigation du 12 au 21 mars avant de rentrer à Fort de France le lendemain 22 mars.

Le 25 mars 1946, il appareille pour une mission de présence dans le sud de sa zone de responsabilité. Il fait escale à Port of Spain (Trinidad et Tobago) du 28 au 31 mars, à Georgetown du 2 au 6 avril et à Cayenne du 9 au 14 avril. Il fait une escale à Belem (Brésil) du 16 au 21 avril avant de rentrer à Fort de France le 27 avril.

Après un exercice de combat de nuit du 1er au 6 mai 1946, le Primauguet transporte une compagnie d’infanterie coloniale entre Fort de France et Pointe à Pitre pour une simulation de raid amphibie couvert par des tirs simulés et des tirs d’obus fumigènes et ce du 8 au 15 mai. Il rentre à Fort de France le lendemain 16 mai 1946.

Le désarmement du Lamotte-Picquet entraine une réorganisation du dispositif français dans l’Océan Indien. On envisage un temps de déployer une division de contre-torpilleurs avant de finalement choisir de déployer à Djibouti le croiseur léger Primauguet. La décision est officiellement prise le 17 mai 1946.

Le Primauguet subit un petit carénage à Fort de France du 24 mai au 12 juillet 1946 pour une remise en état complète, un changement des hélices, une visite des turbines, des chaudières, un grattage de la coque et une nouvelle peinture.

La DCA est renforcée portée à 12 canons de 25mm en six affûts doubles, le nombre de canons de 37mm reste identique (huit en quatre affûts doubles).

Après essais réglementaires du 13 au 25 juillet, le Primauguet appareille le 28 juillet de la Martinique, fait escale à Dakar du 7 au 9 août, Douala au Cameroun du 12 au 15 août, Simonstown (Afrique du Sud) du 22 au 24 août, Diego-Suarez du 27 au 29 août avant de gagner Djibouti le 4 septembre 1946.

Le Primauguet déployé à Djibouti effectue une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden du 12 au 20 septembre avant une escale à Aden du 21 au 27 septembre suivit d’une nouvelle mission de présence et de surveillance du 28 septembre au 4 octobre. Il rentre à Djibouti le 6 octobre 1946. Il sort à la mer pour un exercice de défense aérienne du 10 au 15 octobre avant d’être de retour au port le lendemain, 16 octobre 1946.

Le 10 septembre 1946, le croiseur lourd Duquesne s’échoue au Cap Saint-Jacques en Indochine. A l’issue de longs et coûteux travaux de renflouage, le Duquesne est récupéré mais jugé irrécupérable et désarmé le 4 octobre puis condamné le 9 octobre 1946.

Dès le 12 octobre 1946, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez.

Le croiseur léger reste cependant pour l’instant à Djibouti, sortant pour une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden et au large de la Somalie italienne du 20 au 30 octobre.

A cette occasion, on frôle d’ailleurs l’incident diplomatique, le Dewoitine HD-731 du croiseur est intercepté par un chasseur italien qui probablement dissuadé par sa hierarchie renonce à obliger l’hydravion à amerrir en Somalie. Le croiseur léger rentre à Djibouti le 4 novembre.

Il passe au bassin du 5 au 20 novembre pour inspection suite à des vibrations à grande vitesse et les travaux terminés, il sort pour essais du 22 au 27 novembre avant d’enchainer par un entrainement avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 28 novembre au 4 décembre 1946.

Le 11 décembre 1946, après seulement deux mois à Djibouti, le croiseur léger quitte le territoire de la Côte Française des Somalis pour Madagascar. Le 17 septembre 1946 à 50 miles de Diego-Suarez, il croise le croiseur lourd Tourville en route pour l’Indochine. Le Primauguet s’amarre au quai Gallieni le lendemain 18 décembre 1946.

Le 20 décembre 1946, le croiseur léger Primauguet devient navire-amiral des Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF).

Après une période d’entretien à flot du 21 décembre 1946 au 8 janvier 1947, le croiseur léger sort pour essais du 9 au 12 janvier avant un entrainement au large de Diego-Suarez du 13 au 22 janvier.

Il ressort le 2 février 1947 pour un exercice avec l’aviso colonial D’Entrecasteaux jusqu’au 12 février, les deux navires faisant escale à La Réunion du 13 au 18 février puis à Port Louis (Ile Maurice) du 19 au 25 février avant de rentrer à Diego Suarez le 28 février 1947.

Après une période d’indisponibilité accidentelle du 2 au 20 mars, le croiseur léger ressort pour essais du 21 au 25 mars avant remise en condition du 26 mars au 5 avril 1947. Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 15 avril puis par un exercice de bombardement littoral du 17 au 23 avril 1947. Il est de retour à Diego Suarez le 30 avril après une escale à Port-des-Galets à La Réunion du 24 au 28 avril.

Le 5 mai 1947, le croiseur léger appareille pour une vaste tournée dans l’Océan Indien. Il fait escale à Maputo, capitale du Mozambique portugais  du 9 au 14 mai, à Dar-es-Salam (Tanzanie) du 17 au 21 mai, à Zanzibar du 22 au 25 mai, à Monbassa du 26 au 29 mai, à Mogadiscio (Somalie italienne) du 31 mai au 2 juin (et ce en dépit des tensions entre Paris et Rome), à Djibouti du 5 au 8 juin, à Aden du 10 au 13 juin, à Mascate du 15 au 18 juin, à Karachi du 20 au 23 juin, à Bombay du 26 au 28 juin, à Cochin du 30 juin au 2 juillet puis à Colombo du 4 au 7 juillet. Il reprend ensuite le chemin du retour, faisant escale à Mahé du 9 au 11 juillet, à La Réunion du 13 au 15 juillet avant de rentrer à Diego Suarez le 18 juillet 1947.

Après une période d’indisponibilité du 19 juillet au 30 août 1947, le Primauguet ressort pour essais du 1er au 4 septembre avant remise en condition en compagnie du D’Entrecasteaux du 6 au 21 septembre 1947.

Le croiseur léger et l’aviso colonial ressortent pour un exercice de combat de nuit, exercice mené du 24 au 29 septembre 1947, exercice qui se termine par un abordage sans gravité du croiseur par l’aviso mais mis à part un enfoncement à tribord et quelques trous, il n’y à rien à signalé.

Le croiseur léger effectue ensuite un transport rapide, celui d’une compagnie de tirailleurs malgaches à La Réunion pour compléter la garnison désormais organisée autour du bataillon mixte d’infanterie malgache (BMIM) quittant pour cela Madagascar le 2 octobre et arrive le 5 octobre à Port-des-Galets.

Il sert ensuite de plastron aux nouvelles batteries côtières récemment aménagées du 7 au 12 octobre avant de rentrer à Diego Suarez le 14 octobre 1947.

Du 2 au 8 novembre 1947, le Primauguet est à la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer avant de gagner Port Louis (Ile Maurice) pour une escale du 10 au 15 novembre, prétexte à une célébration franco-britannique de la fin du premier conflit mondial. Après une escale à La Réunion du 17 au 22 novembre, le croiseur léger rentre à Diego Suarez le 24 novembre.

Après une période d’indisponibilité du 25 novembre au 4 décembre, le croiseur léger sort pour essais du 5 au 8 décembre avant de s’entrainer intensivement du 9 au 13 décembre et du 17 au 23 décembre, passant les fêtes de fin d’année à La Réunion jusqu’au 3 janvier quand il reprend la mer pour rentrer à Diego-Suarez le 5 janvier 1948.

Après une sortie au large du Cap d’Ambre du 10 au 16 janvier 1948, le croiseur léger rentre à Diego-Suarez le lendemain. Il transfert le pavillon de navire-amiral à l’aviso D’Entrecasteaux le 18 janvier puis débarque ses munitions et vidange ses soutes.

Il est échoué dans le bassin n°1 le 20 janvier 1948 et reste au sec jusqu’au 24 juin. La coque est grattée et repeinte, les hélices et les gouvernails inspectées, l’électronique remise à jour, l’artillerie modernisée.

Remis à flot le 24 juin, il passe au quai d’armement jusqu’au 12 juillet quand il est armé pour essais, essais réalisés du 13 au 17 juillet avant remise en condition opérationnelle du 18 au 30 juillet 1948.

Le 2 août 1948, le croiseur léger redevient navire-amiral des FNAEF en remplacement du D’Entrecasteaux qui à son tour va entrer en carénage.

Le croiseur léger sort pour exercices du 5 au 12 août (défense aérienne à la mer). Au cours de cet exercice, le Dewoitine D-720 du GCRO (Groupe Colonial de Reconnaissance et d’Observation) chargé de surveiller le déroulement de l’exercice est abattu accidentellement par la DCA du croiseur mais fort heureusement, l’équipage parvient à sauter en parachute avant que l’avion ne s’abime en mer. Inutile de vous dire que les canonniers à la gâchette un peu trop facile ont entendu parlé du pays……….. .

Après un exercice de bombardement littoral du 13 au 18 août, le croiseur léger s’entraine à la navigation et au combat de nuit du 21 au 26 août, mouillant le jour dans différents lieux de la côte malgache.

Rentré à Diego-Suarez le 27 août 1948, il sort encore pour un exercice de surveillance et d’attaque antinavire du 29 août au 3 septembre, rentrant à Diego-Suarez le 7 septembre après une escale à Port Louis.

Le Primauguet en 1939

Le Primauguet en 1939

Caractéristiques Techniques de la classe Duguay-Trouin

Déplacement :  charge normale 8760 tonnes surcharge 9656 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181.03m longueur à la flottaison : 175m largeur maximum à la flottaison : 17.2m Tirant d’eau maximum 5.86m

Propulsion : 4 groupes de turbines Parson alimentées par 8 chaudières Guyot du Temple dévellopant une puissance totale de 102000 ch et actionnant quatre hélices quadripales

Performances : Vitesse maximale : 34 nœuds Distance Franchissable : 3600 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : Pont principal 10mm premier pont 20mm Tourelles 30mm Blockhaus 30mm

Électronique :  radars installés au cours de la décennie quarante essentiellement un radar de veille surface, un radar de veille aérienne, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale.

Armement d’origine :  8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles; 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute

-12 mitrailleuses de 13.2mm en six affûts doubles  

-12 tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples avec un stock de 24 torpilles. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

-15 grenades ASM de 35kg

Aviation :  une catapulte installée à la poupe avec un hydravion généralement un Gourdou-Lesseure GL-832, un Loire 130 puis un Bréguet Br790 ou un Dewoitine HD-731.

Equipage :  27 officiers 102 officiers mariniers et 452 matelots.

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