9-Croiseurs légers (3)

Le Lamotte-Picquet

Le croiseur léger Lamotte-Picquet en mars 1932

Le croiseur léger Lamotte-Picquet en mars 1932

-Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l’Arsenal de Lorient le 17 janvier 1923, lancé le 21 mars 1924 et armé pour essais le 1er février 1926. Il est armé définitif le 1er septembre 1926 et admis au service actif le 5 mars 1927.

Après plusieurs croisières (Angleterre, Amérique du Sud et Antilles), le Lamotte-Picquet et la 3ème DL est affecté à la 1ère Escadre en Méditerranée en juin 1928 et ce jusqu’en 1932. En 1932, le croiseur est affecté à la 2ème Escadre en compagnie du Duguay Trouin.

Après un grand carénage à Lorient (septembre 1933-décembre 1934), le croiseur est affecté aux Forces Navales  d’Extrême d’Orient (FNEO), quittant Brest le 2 novembre 1935 pour Saigon où il arrive le 30 décembre 1935.

Il reste déployé en Extrême Orient jusqu’au début du mois de juillet 1940 quand il est décidé de le renvoyer en Méditerranée en dépit des protestations du commandement local qui estime nécessaire conserver un croiseur sur place notamment pour dissuader la marine siamoise d’attaquer l’Indochine.

Après une période d’entretien à flot, il quitte Saïgon le 7 juillet 1940 et arrive à Singapour le 14 juillet 1940. Il passe au bassin jusqu’au 22 juillet pour inspection de la coque et des hélices en très bon état alors qu’il n’a pas subit de grands travaux depuis son départ de la métropole.

Il quitte la colonie britannique le 23 juillet, traverse l’Océan Indien à bonne vitesse, fait une escale de ravitaillement à Djibouti le 2 août, remonte la mer Rouge et franchit le canal de Suez le 10 août 1940. Arrivé à Bizerte le 15 août, il est échoué au bassin n°1 pour une période d’entretien jusqu’au 30 août, regagnant Toulon le lendemain 31 août 1940.

Bien qu’officiellement affecté à la 6ème DC, il est loin d’être opérationnel, subissant des essais à la mer du 2 au 9 septembre avant un exercice de remise en condition avec le Duguay-Trouin du 15 au 25 septembre 1940. Les deux croiseurs font escale à Calvi du 26 au 30 septembre et à Bastia du 1er au 8 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 10 octobre.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs. La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’Amirauté décide alors de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941

Le Lamotte-Picquet sort pour la première fois en 1941 du 12 au 21 janvier pour un exercice combiné avec le Duguay-Trouin , les deux croiseurs se poursuivant mutuellement avant de faire escale à Nice du 22 au 27 janvier, rentrant à Toulon le 28 janvier 1941.

Le Lamotte-Picquet ressort pour exercice du 5 au 25 février 1941 entre Corse et continent avant de faire escale à Bastia du 26 février au 1er mars. Après un exercice de combat de nuit jusqu’au 8 mars, le croiseur  mouille en rade de Villefranche jusqu’au 12 mars avant de rentrer à Toulon le 14 mars.

Le Lamotte-Picquet ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 20 au 27 mars avant de mouiller aux salins d’Hyères jusqu’au 30 mars avant de rentrer à Toulon le 2 avril 1941 à l’aube.

Le 3 avril 1941, la ville de Rennes devient ville-marraine du croiseur léger, Toussaint Guillaume Picquet de la Motte étant né dans cette ville de Bretagne.

Le 6 avril 1941, le Duguay-Trouin quitte Toulon, fait une escale de ravitaillement à Bizerte le 10 avril et arrive à Beyrouth le 16 avril. Il relève le Primauguet au sein de la DNL, transmettant son rôle de navire-amiral de la 6ème DC au croiseur relevé.

Le Primauguet arrive à Toulon le 20 avril 1941 et après une période d’entretien à flot jusqu’au 2 mai, il sort en compagnie du Lamotte-Picquet pour entrainement du 3 au 12 mai 1941 avant une escale commune à Alger jusqu’au 16 mai 1941.

Après un exercice de bombardement littoral pour entrainer les défenses côtières du secteur d’Alger du 17 au 24 mai, les deux croiseurs font escale à Tunis du 26 au 30 mai, sont en entretien à flot à Bizerte du 31 mai au 8 juin 1941 avant de rentrer à Toulon le 10 juin 1941.

Du 20 juin au 2 juillet 1941,  les  4ème DCT (contre-torpilleurs Tigre Lynx Panthère) et 7ème DCT contre-torpilleurs (Vautour Albatros Gerfaut) s’entrainent avec les croiseurs légers Primauguet et Lamotte-Picquet, les croiseurs servant d’abord de plastron aux contre-torpilleurs avant de pourchasser les lévriers des mers. Le groupe occasionnel (deux croiseurs et six contre-torpilleurs) fait escale à Nice du 3 au 10 juillet avant de rentrer à Toulon le 13 juillet 1941.

Après une période d’indisponibilité du 14 au 31 juillet, il se prépare à relever le Duguay-Trouin au sein de la Division Navale du Levant (DNL)

Il quitte le Var le 10 août, fait escale à Bizerte le 13 août pour se ravitailler et reprend la mer quelques heures plus tard pour arriver à Beyrouth le 17 août 1941. Il va rester déployé au sein de la DNL jusqu’au mois de novembre 1941.

Le 13 novembre 1941, le Primauguet arrive à Beyrouth pour relever son sister-ship. Après deux jours d’exercices en commun, le Lamotte-Picquet quitte le Levant le 16 novembre, se ravitaille à Bizerte le 19 novembre avant d’arriver à Toulon le 25 novembre 1941. Il retrouve la 6ème DC après une période d’entretien du 26 novembre au 3 décembre 1941.

Les deux croiseurs sortent ainsi du 4 au 12 décembre pour un entrainement combiné qui se termine par une escale à Ajaccio où les deux navires sont présents du 13 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre après un exercice de défense aérienne à la mer pour entrainer l’aviation basée en Corse.

Après une période d’indisponibilité du 1er au 15 janvier, le Lamotte-Picquet sort pour essais à la mer du 16 au 23 janvier avant un entrainement individuel du 24 janvier au 10 février avant de rentrer à Toulon le 11 février 1942.

Après des essais à la mer du 15 au 27 février 1942, le Duguay-Trouin sort pour entrainement avec son sister-ship Lamotte-Picquet du 28 février au 5 mars. Rentré à Toulon le lendemain 6 mars, le Duguay-Trouin ressort le 12 mars 1942 direction le Levant pour un nouveau déploiement au sein de la DNL.

Le Lamotte-Picquet devient navire-amiral de la 6ème DC dont il est le seul navire disponible puisque le Duguay-Trouin est au Levant et que le Primauguet est en travaux à Bizerte jusqu’à la fin de l’année 1942.

Le Lamotte-Picquet quitte Toulon le 15 mars pour un entrainement dans le golfe du Lion du 18 mars au 7 avril avant une escale à Port Vendres du 8 au 13 avril, à La Ciotat du 15 au 18 avril avant de rentrer à Toulon le 20 avril 1942.

Il ressort du 2 au 9 mai pour un entrainement au combat de nuit avant une escale à Calvi du 10 au 13 mai puis un entrainement au combat antisurface avec pour cible le ravitailleur d’escadre L’Adour qui simule un croiseur auxiliaire. Cet entrainement à lieu du 14 au 25 mai avant de rentrer à Toulon le 29 mai après une escale à Nice du 26 au 28 mai 1942.

Après une période d’indisponibilité du 29 mai au 14 juin pour entretien et permissions de l’équipage, le Lamotte-Picquet reprend la mer pour essais du 15 au 23 juin avant un entrainement avec des unités de la 2ème escadre du 24 juin au 2 juillet 1942.

Il quitte Toulon le 10 juillet 1942, fait escale à Bizerte du 14 au 16 juillet pour ravitaillement et réparations avant de gagner Beyrouth le 21 juillet. Il s’entraine avec le Duguay-Trouin jusqu’au 25 juillet quand le premier croiseur de 8000 tonnes rentre à Toulon.

Le Lamotte-Picquet va rester déployé au sein de la Division Navale du Levant (DNL) jusqu’au mois de décembre 1942. Il ne sera pas relevé, la marine française estimant que la menace sur le Levant est limitée et ne nécessite pas le déploiement permanent d’un croiseur.

Comme durant les autres déploiements, le Lamotte-Picquet va effectuer de nombreuses patrouilles, des escales de courtoisie dans les ports de la région et des entrainements notamment au profit des futures marines libanaises et syriennes, l’indépendance étant prévue pour 1943 (elle ne sera en réalité accordé qu’en mars 1948…….).

Le Lamotte-Picquet quitte Beyrouth le 7 décembre 1942 et arrive le 11 décembre 1942. Il débarque ses munitions et est échoué dans le bassin n°3 de l’Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage bien mérite qui s’apparente à une véritable refonte à mi-vie.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont changées, des éléments des lignes d’arbre sont changées tout comme la catapulte pour hydravions. Les radars sont changés pour essayer de mettre fin aux interférences régulièrement signalées.

Au niveau de l’armement, les quatre canons de 75mm sont remplacés par quatre canons de 90mm, les torpilles de réserve sont débarquées et la DCA légère totalement bouleversée et modernisée avec huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en quatre affûts doubles et douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1940-41 en six affûts doubles.

Le croiseur est remis à l’eau le 25 mai 1943 et subit des travaux à quai jusqu’au 17 juin. Il est armé pour essais le 19 juin et subit une batterie d’essais jusqu’au 30 juin 1943.

Il est en remise en condition en compagnie du croiseur léger Primauguet du 2 juillet au 13 juillet 1943, rentrant à Toulon le 14 juillet 1943. Il reste affecté temporairement à Toulon le temps que le Chateaurenault _deuxième croiseur léger de classe De Grasse_ arrive et prenne ses marques.

Le Lamotte-Picquet reprend la mer le 25 juillet pour un entrainement combiné dans le golfe du Lion jusqu’au 4 août quand il fait escale à Marseille jusqu’au 9 août 1943. Reprenant la mer, il manoeuvre avec les contre-torpilleurs du 10 au 20 août avant que le croiseur et les contre-torpilleurs ne mouillent en rade de Villefranche près de Nice du 22 au 27 août avant de rentrer à Toulon le 29 août 1943.

Le Lamotte-Picquet ressort du 4 au 12 septembre pour un entrainement de défense aérienne à la mer avant une escale à Bastia du 13 au 18 septembre avant un nouvel exercice, cette fois de combat de nuit du 19 au 24 septembre. Il rentre à Toulon le lendemain 25 septembre 1943.

Le 10 octobre 1943, il sort de Toulon pour accueillir le Chateaurenault. Ce dernier avait été construit à La Seyne sur Mer mais venait de réaliser sa traversée de longue durée en Amérique du Sud suivit d’une école à feu à Rufisque.

Les deux croiseurs vont manoeuvrer ensemble du 10 au 19 octobre 1943, date à laquelle la 6ème DC est dissoute mais est recrée le lendemain 20 octobre avec le De Grasse et le Chateaurenault en attendant le Guichen dont la mise en service est prévue pour fin 1943-début 1944 (Le Primauguet encore à Toulon est placé hors rang).

Après une période d’entretien à flot du 21 au 30 octobre 1943, le Lamotte-Picquet quitte Toulon le 31 octobre, fait escale à Bizerte le 4 novembre pour se ravitailler en carburant avant de gagner la Méditerranée, franchissant le canal de Suez le 12 novembre après un ravitaillement en carburant à Port Saïd. Il arrive à Djibouti le 17 novembre 1943.

Le 19 novembre 1943, le croiseur léger Lamotte-Picquet devient navire-amiral des Forces Navales de l’Afrique Equatoriale Française (FNAEF).

On peut s’étonner que le navire-amiral des FNAEF ne soit pas stationné à Diego-Suarez, la base navale la mieux équipée (ou en voie de l’être) mais il faut rappeler qu’à l’époque l’Italie revendique Djibouti et que ce point d’appui en apparence en cul de sac peut s’appuyer sur le Somaliland  et le Yémen britannique.

Après un passage au bassin du 18 novembre au 15 décembre 1943, le Lamotte-Picquet sort pour essais du 16 au 22 décembre avant un entrainement en compagnie de l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 23 décembre au 2 janvier 1944.

Le Lamotte-Picquet quitte Djibouti le 15 janvier 1944 pour entrainement dans l’Océan Indien en compagnie du Savorgnan de Brazza. Du 18 au 24 janvier, les deux navires se pourchassent, simulant à tour de rôle un navire corsaire et son poursuivant.

Après une escale à Mahé (Seychelles) du 26 au 31 janvier, les deux navires s’entrainent à l’escorte de convois _le Savorgnan de Brazza simulant un cargo rapide transportant un chargement précieux_ du 1er au 8 février avant une escale à Diego-Suarez du 9 au 12 février 1944.

Le 13 février 1944, le Lamotte-Picquet sort avec le Savorgnan de Brazza et le D’Entrecasteaux pour une phase d’entrainement intensive. Cela commence par un exercice de bombardement littoral du 14 au 19 février suivit d’un ravitaillement à Diego-Suarez avant un entrainement au combat de nuit du 21 au 28 février.

Après un nouveau ravitaillement à Diego-Suarez, le Savorgnan de Brazza et le D’Entrecasteaux embarquent chacun 120 hommes pour une opération amphibie à La Réunion.

Le Lamotte-Picquet se charge de neutraliser les défenses côtières de Port-des-Galets le 3 mars avant que les deux aviso ne forcent l’entrée du port pour débarquer ses troupes et reprendre l’île.

Les trois navires patrouillent ensuite autour de l’île de la Réunion pour soutenir la reconquête menée par les 240 fantassins coloniaux en simulant des tirs contre la terre jusqu’au 9 mars 1944.

Après une école à feu en mer les 10 et 11 mars, les trois navires font escale à Port-des-Galets du 12 au 16 mars 1944 avant de se séparer, le D’Entrecasteaux rentre à Diego-Suarez alors que le Lamotte-Picquet et le Savorgnan de Brazza rentrent à Djibouti le 20 mars 1944.

Après une période d’indisponibilité du 21 mars au 2 avril, le Lamotte-Picquet sort pour un entrainement dans le Golfe d’Aden, entrainement qui le voit engagé en mer du 3 au 12 avril avant une escale à Aden du 13 au 17 avril avant de rentrer à Djibouti le 21 avril 1944.

Il ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden, quittant Djibouti le 28 avril pour une première patrouille du 28 avril au 8 mai. Après une escale à Aden du 9 au 11 mai, il effectue une deuxième et dernière patrouille du 12 au 19 mai avant de rentrer à Djibouti le 21 mai 1944.

Du 24 au 27 mai 1944, le croiseur lourd Tourville fait escale à Djibouti. C’est là qu’à lieu la cérémonie de transfert du pavillon entre le Lamotte-Picquet et le Tourville, ce dernier devenant navire-amiral des FNAEF.

Le croiseur léger repart le 8 juin pour un entrainement en compagnie du Savorgnan de Brazza jusqu’au 18 juin, date de leur arrivée à Aden. Le jour même de leur arrivée, des émeutes éclatent dans cette ville.

Les commandants des deux navires français proposent l’intervention de leurs compagnies de débarquement. Cette aide précieuse est acceptée par les autorités locales et 98 soldats français participent à la répression des émeutes non pas directement mais en sécurisant certains lieux sensibles, libérant ainsi des troupes britanniques.

Les deux navires français repartent le 24 juin 1944 pour un nouvel exercice commun en mer d’Oman jusqu’au 5 juillet avant de faire escale jusqu’au 8 juillet à Mascate avant de rentrer à Djibouti le 13 juillet, les compagnies de débarquement des deux navires paradant en ville le lendemain pour la fête nationale.

Indisponible pour avarie du 17 juillet au 4 août, le Lamotte-Picquet ressort du 5 au 8 août pour essais avant remise en condition du 9 au 21 août. Il enchaine par une mission de surveillance dans le Golfe d’Aden en appareillant de Djibouti le 24 août.

Le 27 août, en pleine nuit, il repère un navire naviguant tous feux éteints dont l’attitude lui paraît suspecte. Le croiseur arraisonne le cargo suédois Wilhem Carlsson qui transportait du coton entre l’Inde et Egypte. Après vérifications, le cargo est libre de repartir après avoir rallumé ses feux de navigation.

La mission de surveillance s’achève le 12 septembre par une escale à Aden jusqu’au 21 septembre où le croiseur peut réparer un diesel-alternateur recalcitrant qui obligeait le navire à limiter sa consommation électrique. Il est de retour à Djibouti le 24 septembre 1944.

Après une courte sortie d’entrainement du 27 au 30 septembre, le croiseur léger Lamotte-Picquet quitte Djibouti le 10 octobre pour retrouver le lendemain au large, le croiseur lourd Tourville pour un entrainement en commun.

Les deux croiseurs manœuvrent ensemble du 12 au 19 octobre avant de faire escale à Aden du 20 au 23 octobre et à Mascate du 25 au 28 octobre avant de se séparer : le Lamotte-Picquet rentre à Djibouti son port d’attache le 1er novembre alors que le Tourville rentre à Diego Suarez le 4 novembre 1944.

Le 12 novembre 1944, le croiseur léger quitte Djibouti pour une croisière aux Indes. Il fait escale à Aden le 15 novembre pour débarquer deux marins malades avant de gagner Mascate pour une escale du 18 au 20 novembre.

Il traverse la mer d’Oman pour faire escale à Karachi du 22 au 27 novembre, à Bombay du 29 novembre au 2 décembre, à Cochin du 4 au 8 décembre puis à Trinconmalee du 12 au 15 décembre avant de faire demi-tour, faisant escale à Mahé du 17 au 19 décembre avant de rentrer à Djibouti le 25 décembre 1944.

Le Lamotte-Picquet débarque ses munitions et vidange ses soutes du 5 au 8 janvier 1945 pour subir un petit carénage. Il est échoué au bassin du 12 janvier au 25 juin 1945 avant d’être remis à flot pour des travaux complémentaires à quai jusqu’au 4 juillet. Après des essais à la mer du 5 au 12 juillet, il est en remise en condition du 13 juillet au 14 août 1945.

Il reprend la mer pour un entrainement commun avec l’aviso colonial Savorgnan de Brazza du 20 août au 2 septembre 1945 suivit d’une escale à Aden du 3 au 7 septembre, à Mascate du 9 au 11 septembre. Ils franchissent le détroit d’Ormuz le 13 septembre, font escale à Abu Dhabi du 15 au 18 septembre puis à Koweit City du 20 au 24 septembre avant de faire demi-tour, se ravitaillant à Mascate le 29 septembre, faisant la dernière partie du voyage sans escale, arrivant ainsi à Djibouti le 4 octobre 1945.

Après une période d’indisponibilité du 5 au 15 octobre pour entretien à flot et repos de l’équipage, le croiseur léger reprend la mer pour des essais du 16 au 19 octobre alors qu’on apprend que son désarmement est envisagé pour 1947/48. Il effectue un entrainement en solitaire dans le Golfe d’Aden du 20 octobre au 3 novembre avant de rentrer à Djibouti le lendemain 4 novembre.
Il ressort pour une mission de surveillance de la Somalie italienne le 12 novembre 1945, patrouillant du 12 au 28 novembre avant une escale à Aden jusqu’au 1er décembre quand il reprend la mer pour une deuxième patrouille du 2 au 10 décembre. Après un rapide ravitaillement à Aden le 11 décembre, il effectue une troisième patrouille du 12 au 22 décembre avant de rentrer à Djibouti le 24 décembre 1945.

Le Lamotte-Picquet effectue une petite sortie du 3 au 7 janvier 1946 au large de Djibouti pour une mission de sécurisée suite à plusieurs incidents armés entre tirailleurs sénégalais et bandits armés.

Le 12 janvier 1946, le croiseur léger était au mouillage dans le grand bassin du port de Djibouti, se préparant à appareiller pour un exercice de défense aérienne à la mer. A 9.45, alors qu’il montait en pression, une chaudière explose tuant cinq chauffeurs tandis que douze étaient grièvement brûlés (trois décéderont par la suite).

L’explosion provoque un incendie qui est vite contenu puis maitrisé. Cette explosion désaxa les turbines bâbord et donc les lignes d’arbre bâbord, les hélices endommageant gravement la poupe avant qu’elle ne soient découplées, provoquant des voies d’eau significative.

Le navire est échoué pour éviter un possible naufrage. Les voies d’eau sont colmatées et l’eau évacuée par les pompes des remorqueurs. Le navire est allégé de son mazout et de ses munitions puis mis au bassin le 15 janvier 1946.

L’inspection montre de très graves avaries d’autant plus graves pour un navire aussi âgé. Sa remise en état ne se justifiant plus, le couperet tombe le 2 février 1946 : le Lamotte-Picquet est désarmé.  

Un temps, on envisagea de conserver l’ancien navire comme batterie flottante à Djibouti mais in fine on préféra le ramener en métropole. Le croiseur est privé de toute son artillerie qui va servir à Djibouti pour renforcer la protection de la Côte Française des Somalis (CFS), quatre canons de 155mm étant installés dans des emplacements bétonnés, les autres étant préservés comme pièces de rechange.

La coque du croiseur léger est prit en charge par le croiseur lourd Colbert le 26 avril 1946 puis remorquée jusqu’en métropole, franchissant le canal de Suez le 3 mai, rentrant à Toulon le 13 mai.

Mouillé au Brégaillon, il est ensuite échoué sur le dock flottant des chantiers navals de la Seyne sur Mer du 14 au 30 septembre pour colmater les brèches dans la coque. La coque est remorquée à Saint Mandrier pour servir de brise-lames puis de ponton-caserne.

Il est mis en place le 12 octobre 1946 et devient officiellement ponton-caserne au printemps 1947, l’intérieur de la coque et les superstructures étant transformées en dortoirs pour le personnel de la BAN, le personnel extérieur voir les navires en refonte à Toulon.

Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, le ponton-caserne reçoit des pièces de DCA pour sa propre protection et celle du port de Toulon, plus précisément huit canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples plus des mitrailleuses Darne de 7.5mm dont l’effet était plus psychologique qu’efficace.

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