9-Croiseurs légers (2)

A-Croiseurs légers classe Duguay-Trouin

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Le croiseur léger Duguay Trouin en 1936

Les Duguay Trouin ou la renaissance de la Marine Nationale

Comme nous l’avons vu plus haut, la construction des trois premiers convoyeurs d’escadrilles (peut être que les marins français prévoyaient que le Lamotte Picquet et ses deux sister-ship seraient utilisés comme navires de commandement pour les flottilles de torpilleurs) fût abandonnée en raison du déclenchement de la première guerre mondiale.

Néanmoins même en l’absence de la guerre, la construction aurait été probablement reportée car le 13 mars 1915, le directeur central des constructions navales écrivait au préfet maritime de Toulon lui demandant de surseoir aux travaux préparatoires ordonnés par les dépêches du 17 juillet et du 30 octobre 1914 puisqu’il avait été décidé de reprendre le projet à zéro.

Le Comité technique se réunit donc à nouveau le 21 juillet 1915 pour examiner les plans modifiés du Lamotte Picquet : déplacement porté de 4500 à 5026 tonnes, longueur portée à 143.80m, 14.25m de large (45cm de plus), tirant d’eau de 4.92m (+62cm), puissance propulsive portée à 44000ch sur deux lignes d’arbre qui donnait une vitesse de 29.5 noeuds et une autonomie de 3800 miles à 14 noeuds et de 700 à 29.5 noeuds. L’armement principal restait inchangé mais nouveauté 4 canons de 65mm antiaériens étaient installés.

Le projet est cependant repoussé car il ne satisfaisait pas les marins et de toute façon la saturation des arsenaux occupés par l’entretien de la flotte, la construction d’une poussière navale (escorteurs, patrouilleurs, dragueurs, cannonières…….) et la production de munitions et de matériels pour l’armée de terre repoussait la construction à la paix.

Le projet n’est pas abandonné et régulièrement amendé aboutissant à un avant projet approuvé par le Conseil Supérieur de la Marine en septembre 1919 qui donnait les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 5270 tonnes

-Longueur (hors tout) 146.30m (entre perpendiculaires) 145m largeur : 14.50m tirant d’eau 5.20m

-Puissance propulsive : 54000ch donnant une vitesse de 30 nœuds

-Armement : 8 canons de 138mm en quatre tourelles doubles dans l’axe, 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm

Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l’arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d’escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n’est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Le projet subit de nombreuses modifications. Réuni le 1er avril 1920, le CSM envisage pour les croiseurs légers des navires de 7500 tonnes, filant à 34 noeuds, armés soit de 8 canons de 138mm jumelés ou bien de 7 canons de 155mm toutes dans l’axe plus 4 tubes lance-torpilles de 550mm et des canons AA (probablement le versatile «75»).

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.

Entre temps, le projet définitif avait été adopté soit un navire de 8000 tonnes, long de 175m large de 17.20m avec un tirant d’eau de 5.60m, une puissance propulsive de 102000ch propulsant le navire à 34 nœuds avec un armement composé de 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières dans l’axe), 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm.

Le Duguay-Trouin

Le Duguay-Trouin à la mer

Le Duguay-Trouin à la mer

-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l’Arsenal de Brest le 4 août 1923, lancé le 14 août 1924. Il est armé pour essais le 1er août 1925, armé définitif le 10 septembre 1926 et enfin admis au service actif le 15 février 1927.

Avec ses deux sister-ship, il forme la 3ème Division Légère de la 2ème Escadre. La division est affecté en Méditerranée (1ère escadre) d’août 1928 à 1933. Après plusieurs périodes de travaux, il rejoint le Lamotte-Picquet au sein d’une 2ème D.L de la 2ème Escadre. Cette division est dissoute le 1er juillet 1936 et le croiseur est affecté à la Division d’Instruction de la 1ère Escadre à Toulon.

Durant la guerre de Pologne, il est affecté à Lorient au sein de la 5ème escadre, formant une division hétéroclite avec le croiseurs mouilleur de mines Pluton qui connaitra un sort funeste à Casablanca le 13 septembre 1939.

Ce court conflit terminé, les trois croiseurs légers sont regroupés en Méditerranée au printemps 1940 pour former une toute nouvelle 6ème DC avec pour port d’attache Toulon bien qu’un temps on envisagea de les déployer à Bizerte.

Cette décision ne fait pas l’unanimité, certains officiers réclamant l’envoi de ces navires outre-mer en raison de leur vulnérabilité de la crainte de voir l’Allemagne reprendre brutalement la guerre.

Ce déploiement en Méditerranée n’est cependant que temporaire puisque dès la mise en service des trois premiers croiseurs de classe De Grasse (De Grasse Chateaurenault Guichen), les Duguay-Trouin retrouveront les colonies.

Le Duguay-Trouin sortait d’un grand carénage à Lorient, travaux effectués du 22 janvier au 15 mai 1940. Après des essais à la mer du 15 au 18 mai, il quitte Lorient le 20 mai pour arriver à Toulon le 27 mai 1940.

Il devient navire-amiral de la 6ème DC rejoint par le Lamotte-Picquet venu d’Indochine en août 1940, le Primauguet retrouvant Toulon en novembre 1940.

Le Duguay-Trouin reprend la mer pour exercices au large des côtes de Provence  du 7 au 20 juin, faisant escale à Port-Vendres du 21 au 28 juin avant de rentrer à Toulon le 30 juin. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 1er au 12 juillet avant de rentrer à Toulon pour les célébrations du 14 juillet 1940.

Il ressort pour exercices du 25 au 30 juillet, du 4 au 9 août et du 13 au 20 août avant d’être indisponible pour une période d’entretien à flot et les permissions de l’équipage du 21 août au 5 septembre 1940.

Il ressort du 15 au 25 septembre 1940 pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet revenu d’Indochine. Les deux croiseurs font escale à Calvi du 26 au 30 septembre et à Bastia du 1er au 8 octobre. Ils sont de retour à Toulon le 10 octobre.

Le 4 novembre 1940, le Primauguet venu de Casablanca arrive à Toulon pour retrouver la 6ème DC qui atteint donc son format définitif à trois croiseurs.

La division ressort au complet pour exercices du 12 au 24 novembre avant une escale à Ajaccio du 25 au 30 novembre, à Tunis du 2 au 7 décembre, à Oran du 9 au 14 décembre avant de rentrer à Toulon le 15 décembre 1940 dans la soirée.

L’ Amirauté décide de détacher à tour de rôle un «8000 tonnes» au Levant pour renforcer les moyens de la Division Navale du Levant (DNL). Le Primauguet est le premier à y être détaché à savoir de décembre 1940 à avril 1941

Le Duguay-Trouin sort pour la première fois en 1941 du 12 au 21 janvier pour un exercice combiné avec le Lamotte-Picquet, les deux croiseurs se poursuivant mutuellement avant de faire escale à Nice du 22 au 27 janvier, rentrant à Toulon le 28 janvier.

Le Duguay-Trouin est en travaux à flot du 30 janvier au 15 février avant une sortie pour essais du 16 au 20 février avant une remise en condition du 21 février au 1er mars 1941. Il est au mouillage aux Salins d’Hyères du 2 au 12 mars 1941 avant de rentrer à Toulon le 13 mars 1941.

Le 6 avril 1941, le Duguay-Trouin quitte Toulon, fait une escale de ravitaillement à Bizerte le 10 avril et arrive à Beyrouth le 16 avril. Il relève le Primauguet au sein de la DNL, transmettant son rôle de navire-amiral de la 6ème DC au croiseur relevé.

Le Duguay-Trouin est déployé au sein de la DNL d’avril à août 1941, alternant entre exercices, missions de surveillance et escales dans les ports de la région notamment la Syrie, le Liban, la Palestine et l’Égypte. Il s’entraine du 13 au 30 mai avec le Jean de Vienne et La Marseillaise.

Le 17 août 1941, le Lamotte-Picquet arrive à Beyrouth et relève le Duguay-Trouin qui quitte le Liban le lendemain 18 août pour rentrer à Toulon le 25 août. Il est indisponible pour entretien jusqu’au 15 septembre quand il reprend la mer pour essais du 16 au 18 septembre avant de s’entrainer avec le Primauguet qui lui rétrocède le pavillon de navire-amiral de la la 6ème DC.

Les deux croiseurs sont à la mer du 21 septembre au 12 octobre, faisant escale à La Ciotat du 28 au 30 septembre et à Marseille du 13 au 16 octobre avant de rentrer à Toulon le 18 octobre 1941. Les deux croiseurs sont de nouveau à la mer pour exercice du 20 au 30 octobre avant une escale à Nice du 1er au 4 novembre, le Primauguet et le Duguay-Trouin rentrant à Toulon le 6 novembre 1941.

Le 25 novembre 1941, le Lamotte-Picquet après avoir été relevé par le Primauguet rentre à Toulon et retrouve la 6ème DC qu’il rejoint effectivement après une période d’entretien intermédiaire. Les deux croiseurs vont effectuer e nombreuses sorties pour exercices.

Les deux croiseurs sortent ainsi du 4 au 12 décembre pour un entrainement combiné qui se termine par une escale à Ajaccio où les deux navires sont présents du 13 au 17 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre après un exercice de défense aérienne à la mer pour entrainer l’aviation basée en Corse.

Le Duguay-Trouin est au bassin du 5 au 12 février 1942 (bassin n°1 du Missiessy) pour une période d’entretien allégée. Si les hélices sont inspectées puis changées et que la coque est grattée et repeinte, les principaux travaux concernent surtout l’armement.

En effet, plusieurs radars sont installés, l’armement en torpilles est allégé avec les seules douze torpilles en poste dans les tubes et la DCA est changée.
Les 4 canons de 75mm modèle 1922 sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples et les 6 affûts doubles de 13.2mm sont remplacés par 8 canons de 37mm Schneider modèle 1941 en affûts simples (en attendant la disponibilité de l’affûts doubles). La catapulte est maintenue mais le Gourdou-Lesseure GL.832 est remplacé par un Loire 130.

Après des essais à la mer du 15 au 27 février 1942, le Duguay-Trouin sort pour entrainement avec son sister-ship Lamotte-Picquet du 28 février au 5 mars. Rentré à Toulon le lendemain 6 mars, le Duguay-Trouin ressort le 12 mars 1942 direction le Levant pour un nouveau déploiement au sein de la DNL.

Après une escale à Bizerte du 16 au 18 mars, le Duguay-Trouin arrive à Beyrouth le 22 mars 1942 où il relève le Primauguet qui gagne Bizerte pour subir la même modernisation que son successeur au Levant. Le même jour, le Lamotte-Picquet devient navire-amiral de la 6ème DC.

Le premier «8000 tonnes» va être déployé dans la région jusqu’au mois de juillet 1942 et comme durant son premier déploiement un an plutôt, le Duguay-Trouin va assurer des missions de surveillance, d’entrainement et de police coloniale. Les deux croiseurs légers La Galissonnière et La Marseillaise font escale à Lattaquié du 6 au 12 juillet, à Beyrouth du 13 au 17 juillet avant de manoeuvrer avec le Duguay Trouin, navire-amiral de la DNL du 18 au 27 juillet 1942

En effet le 15 avril, les druzes se révoltent à nouveau, presque vingt ans après la révolte de 1925 et comme la précédente, cette révolte est durement réprimée.

Le croiseur léger va assurer des missions de transport rapide, de contrôle des eaux pour intercepter de possibles ravitaillement en armes et également d’appui-feu, tirant contre la terre à plusieurs reprises jusqu’à la fin de la révolte début mai.

Le Duguay-Trouin est relevé par son sister-ship Lamotte-Picquet le 21 juillet 1942 et quitte Beyrouth le 25 après un entrainement avec son sister-ship pour l’habituer au théâtre d’opérations. Il fait escale à Bizerte du 28 juillet au 4 août avant de rentrer à Toulon le 10 août après une escale à Ajaccio du 7 au 9 août. Il est indisponible à Toulon pour entretien du 11 au 31 août 1942.

Il reprend la mer pour essais du 1er au 5 septembre avant remise en condition du 8 au 15 septembre 1942. Il est ensuite au mouillage aux Salins d’Hyères du 16 au 27 septembre, effectuant des sorties quotidiennes pour s’entrainer. Il est de retour à Toulon le 30 septembre 1942.

Alors qu’approche son redéploiement en Indochine,  le Duguay Trouin est mis au bassin du 10 octobre au 15 novembre 1942 pour une véritable remise en état.

La coque est grattée et repeinte, les hélices sont inspectées, des éléments des lignes d’arbre sont changées tout comme la catapulte pour hydravions. Les radars sont changés pour essayer de mettre fin aux interférences régulièrement signalées.

En ce qui concerne la DCA, les 8 canons de 37mm Schneider en affûts simples sont remplacés par quatre affûts doubles et renforcés par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles.

Le Duguay-Trouin est en essais à la mer du 17 au 27 novembre avant un stage de remise en condition du 1er au 8 décembre 1942.

Le 17 décembre 1942, le croiseur léger De Grasse arrive à Toulon pour relever numériquement parlant le Duguay Trouin, les deux navires manœuvrant ensemble du 18 au 24 décembre, jour de l’admission au service actif du nouveau fleuron de la force de croiseurs de notre marine.

Le 8 janvier 1943, le croiseur léger Duguay Trouin quitte Toulon pour un long périple en direction de l’Indochine, l’Amirauté ayant choisit la voie du cap de Bonne Espérance et non du canal de Panama. Arrivé à Dakar le 19 janvier après une escale à Casablanca du 13 au 16 janvier, le croiseur effectue une école à feu à Rufisque du 20 au 31 janvier.

Reprenant la mer le surlendemain 2 février, le croiseur fait escale à Abidjan du 5 au 7 février, à Pointe-Noire du 10 au 15 février, à Simonstown du 18 au 22 février, à Diego-Suarez su 27 février au 1er mars, à  Singapour du 5 au 9 mars avant d’arriver à Saïgon son nouveau port d’attache le 16 mars 1943.

Il est indisponible du 17 mars au 24 avril, passant au bassin de l’Arsenal d’Indochine du 19 mars au 15 avril. Armé pour essais, il sort du 16 au 21 avril avant un stage de remise en condition dans le Golfe du Tonkin du 25 avril au 9 mai, rentrant à Saïgon le 13 mai après deux jours d’escale à Haïphong (10 au 12 mai).

Le 14 mai 1943, le croiseur léger Duguay-Trouin devient navire-amiral des FNEO.  

Outre sa fonction de navire-amiral (représentations publiques notamment), le croiseur va effectuer des missions de surveillance et d’appui-feu le long des côtes vietnamiennes.

Il quitte Saïgon le 20 mai pour une mission de surveillance le long des côtes du Tonkin, mouillant du 23 au 25 mai en baie de Cam Ranh même si officiellement la base navale est encore en travaux.

Reprenant la mer le 26 mai, le Duguay-Trouin entame sa mission de surveillance, allant et s’éloignant de la côte, utilisant son Loire 130 pour augmenter son rayon d’action. Le 2 juin 1943, l’hydravion est lancé pour une mission de surveillance à 75 miles au sud d’Haïphong.

L’hydravion capte alors un appel de détresse d’un poste isolé attaqué par une bande armée. Le croiseur accélère et se rapproche de la côte.

De 9.15 à 9.22, les huit canons de 155mm tirent 152 obus qui sauve le poste de l’annihilation. Le croiseur met à terre sa compagnie de débarquement (64 hommes) pour soutenir le poste attaqué. Le Duguay-Trouin reste déployé dans la région jusqu’au 15 juin le temps que le poste soit reconstruit et sa garnison renforcé.

Le croiseur léger poursuit sa mission de surveillance jusqu’au 27 juin, faisant escale à Haïphong du 28 juin au 4 juillet avant de rentrer à Saïgon le 7 juillet. Il est indisponible jusqu’au 15 juillet quand il ressort pour une nouvelle mission de surveillance cette fois au sud de Saïgon. Il est à la mer jusqu’au 4 août quand il rentre à Saïgon deux jours plus tard.

Le Duguay-Trouin ressort pour un exercice de combat de nuit du 21 au 28 août, mouillant la journée au pied du Cap Saint Jacques.

Il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 30 août au 5 septembre puis un exercice de bombardement littoral du 12 au 18 septembre.

Il est indisponible en raison d’une avarie du 19 septembre au 15 octobre avant une période d’essais du 16 au 22 octobre suivit d’un stage de remise en condition du 23 octobre au 7 novembre 1943.
Il ressort pour un exercice combiné avec d’autres navires des FNEO du 15 au 27 novembre avant une escale à Haïphong du 28 novembre au 2 décembre et à Tourane du 3 au 7 décembre avant de rentrer à Saïgon le 9 décembre 1943. Le Duguay-Trouin ressort encore deux fois pour exercices du 10 au 15 décembre et du 17 au 22 décembre.

Après une période d’indisponibilité du 23 décembre 1943 au 8 février 1944 (passage au bassin du 2 au 27 janvier), le Duguay-Trouin ressort pour essais du 9 au 12 février avant d’être en entrainement/remise en condition du 14 au 27 février.

Le 1er mars 1944, la ville de Saint Malo devient la ville marraine du croiseur léger, Réné Duguay-Trouin étant originaire de la cité corsaire.

Le 2 mars 1944, il quitte Saïgon pour Cam-Ranh où il mouille au milieu de la baie, participant lors du 7 au 12 mars à l’inauguration de la grande base navale qui manquait tant à la marine française en Indochine. Désormais, le croiseur léger va être basé à Cam Ranh et non plus à Saïgon.

Il quitte son nouveau port d’attache le 18 mars 1944 pour un nouvel exercice de combat de nuit jusqu’au 25 mars avant une escale à Haïphong du 28 mars au 2 avril. Il enchaine par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 3 au 20 avril avant de rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une nouvelle mission de surveillance du Tonkin secoué par plusieurs attaques de bandes armées. Ces groupes non identifiés mènent la vie dure aux postes isolés mais sont encore trop faible pour s’attaquer aux villes.

A la mer du 27 avril au 15 mai, il tire presque 240 obus de 155mm et une centaine d’obus de 90mm contre la terre, dégageant plusieurs patrouilles et plusieurs postes assaillis. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 mai 1944.

Le 27 mai 1944, il accueille au large de Cam-Ranh le croiseur lourd Duquesne. Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 15 juin 1944 (avec un passage au bassin du 30 mai au 10 juin), le croiseur lourd devient navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay Trouin.

Alors que le Duquesne est engagé dans des missions de transport rapide pour participer à la construction de la «Ligne Doumer», le Duguay-Trouin va assurer essentiellement des missions de surveillance du sud de l’Indochine.

Il ressort ainsi du 15 au 27 juin 1944 pour une mission de surveillance dans le Golfe du Siam avant une mission de surveillance des approches de Saïgon du 4 au 16 juillet.

Après une période d’indisponibilité pour entretien et permissions de l’équipage du 17 juillet au 8 août, le croiseur léger ressort pour essais du 9 au 12 août avant remise en condition du 15 au 27 août 1944.

Le Duguay-Trouin ressort pour une mission de représentation dans les ports de la région. Il quitte Cam-Ranh le 4 septembre, fait escale à Manille du 11 au 15 septembre, à Batavia du 27 au 30 septembre, à Singapour du 4 au 8 octobre et à Kuala Lumpur du 10 au 14 octobre avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 octobre 1944.

Il ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin, appareillant le 4 novembre et patrouillant dans le golfe du 7 au 15 novembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 18 novembre quand il reprend la mer pour une deuxième patrouille de surveillance jusqu’au 30 novembre quand il fait escale à nouveau à Haïphong jusqu’au 3 décembre, début d’une troisième patrouille de surveillance jusqu’au 17 décembre au cours de laquelle, il tire contre la terre à plusieurs reprises. Il rentre à Cam-Ranh le 20 décembre et reste au port jusqu’à la fin de l’année.

Alors que le Duquesne est en petit carénage, le Duguay-Trouin redevient provisoirement le navire-amiral des FNEO. Il ressort du 7 au 20 janvier 1945 pour un exercice combiné avec l’aviso colonial Amiral Charner avant que les deux navires fassent escale ensemble à Saïgon jusqu’au 27 janvier quand ils rentrent à Cam-Ranh le 30 janvier 1945.

Le Duguay-Trouin ressort le 7 février pour transporter un bataillon d’infanterie coloniale entre Tourane et Haïphong. Il débarque le bataillon le 12 février et rentre à Cam-Ranh le 15 février.

Le Duguay-Trouin et le Duquesne manœuvrent ensuite ensemble du 19 au 27 février pour la remise en condition du croiseur lourd.

Le Duguay-Trouin ressort du 7 au 20 mars pour un entrainement combiné dans le Golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam-Ranh le 25 mars 1945.

Le Duguay-Trouin quitte Cam-Ranh le 5 avril 1945 en compagnie du croiseur lourd Duquesne pour des manœuvres conjointes dans le Golfe du Tonkin avec l’armée de l’air et l’armée de terre. Ils arrivent à Haïphong le 10 avril, retrouvant sur place la Flottille Côtière du Nord (FCN).

Cette FCN mise en place en 1943 est composé de navires réquisitionnés, de quelques navires de construction locales chargées de la sécurité des ports et du delta. Son navire-amiral après avoir été un temps le vieil aviso Nancy (toujours en service mais qui sert de ponton) est depuis mars 1944 le patrouilleur ex-torpilleur léger La Cordelière.

L’exercice commence le 11 avril 1945 d’abord à terre sur carte pour à la fois entrainer les état-majors, régler les différentes fréquences radios. Les choses sérieuses commencent le 12 avril avec un exercice de défense aérienne à la mer où des avions de l’armée de l’air vont tenter d’attaquer et de couler les deux croiseurs et la «poussière navale» de la FCN.

Les 13 avril et 14 avril 1945, le croiseur lourd effectue une simulation de tir contre la terre dans le cadre d’un assaut amphibie contre le port d’Haïphong, ce raid amphibie étant mené par un groupement composite composé de Légionnaires, de troupes coloniales et de supplétifs vietnamiens.

Face à ce débarquement, la garnison d’Haïphong (4000 hommes) peut compter sur l’appui du Groupement Mécanisé Colonial (GMC), une sorte de division cuirassée renforcée qui bien que puissant montre des difficultés à opérer dans le Delta. Si les assaillants ne parviennent pas à s’emparer de la ville, ils font suffisamment de dégâts pour rendre le port inopérant.

Durant tout cet exercice le croiseur léger lui à assuré l’appui de la garnison en tirant notamment des obus fumigènes et des obus éclairants qui provoquent d’ailleurs quelques incendies vite maitrisés.

L’exercice se termine le 16 avril par des manœuvres combinées, un exercice de synthèse où toutes les épreuves précédemment exécutées sont réalisées simultanément. Les deux croiseurs quittent le Golfe du Tonkin le 19 avril 1945 pour rentrer à Cam-Ranh le 23 avril 1945.

Le Duguay-Trouin est en petit carénage du 25 avril au 12 juin 1945, subissant des essais à la mer du 13 au 16 juin avant remise en condition du 17 au 27 juin.

Le 6 juillet 1945, il retrouve à la mer le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Niçois et Savoyard pour pour de nouveaux exercices jusqu’au 15 juillet 1945 quand les quatre navires remontent la rivière Saïgon pour mouiller à Saïgon jusqu’au 25 juillet avant de rentrer à Cam-Ranh le 27 juillet 1945.

Après une indisponibilité accidentelle du 28 juillet au 12 août, le Duguay-Trouin ressort pour essais du 13 au 17 août avant une remise en condition en compagnie de l’aviso colonial Amiral Charner et des torpilleurs légers Niçois et Savoyard du 18 au 29 août avant de rentrer à Cam-Ranh le 1er septembre 1945.

Il ressort pour un exercice de défense aérienne à la mer du 8 au 15 septembre, les avions de l’armée de l’air revendiquant avoir couler quatre fois le croiseur léger alors que ce dernier revendiqua la destruction de vingt-quatre avions.

Après une escale de ravitaillement à Cam-Ranh les 16 et 17 septembre, le croiseur léger ressort pour une mission de surveillance dans le Golfe de Thaïlande au cours de laquelle, le Loire 130 embarqué à été remplacé par un Dewoitine HD-731 plus moderne. La mission de surveillance commence le 20 septembre et s’achève le 2 octobre quand le croiseur léger met cap sur Cam-Ranh où il est de retour le 6 octobre 1945.

Il ressort du 7 au 18 octobre pour une mission de surveillance dans le golfe du Tonkin avant de rentrer à Cam Ranh le 21 octobre 1945.

Le croiseur léger Duguay-Trouin ressort le 25 octobre pour un exercice avec les autres navires des FNEO. L’exercice commence par un raid des quatre torpilleurs légers (les torpilleurs légers Catalan et Béarnais sont arrivés le 16 octobre) contre le croiseur lourd suivit par le même exercice contre le croiseur léger puis par l’attaque du croiseur léger par les quatre torpilleurs menés par le croiseur lourd avant que l’inverse ne soit réalisé. Après un exercice de défense aérienne à la mer, la force navale rentre à Cam-Ranh le 29 octobre 1945.

Le Duguay-Trouin ressort du 4 au 10 novembre 1945 pour une mission de surveillance au large des côtes de la Cochinchine avant une escale à Saïgon jusqu’au 15 novembre, la compagnie de débarquement du croiseur léger défilant dans les rues de la grande ville de Cochinchine. Il est de retour à Cam-Ranh le 18 novembre 1945.

Après une période d’entretien à flot à couple du navire-atelier Albert Caquot du 21 novembre au 12 décembre (travaux sur les auxiliaires et les chaudières, visite des hélices, renforcement de la DCA _portée à six affûts doubles de 37mm et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons Schneider de 37mm et 16 canons de 25mm Hotchkiss_, entretien de la catapulte), le croiseur léger ressort pour essais jusqu’au 15 décembre avant remise en condition jusqu’au 24 décembre 1945.

Le Duguay-Trouin effectue une nouvelle mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 7 au 21 janvier avant une escale à Tourane jusqu’au 23 janvier, rentrant le 25 janvier 1946 à Cam-Ranh.

Le Duguay-Trouin ressort avec le croiseur lourd Duquesne et les torpilleurs légers Nicois et Catalan pour un exercice combiné avec l’armée de l’air au large de Saïgon du 28 janvier au 9 février 1946 avant de rentrer à Cam-Ranh le 14 février 1946.

Il ressort pour un entrainement au combat de nuit du 1er au 9 mars, faisant ensuite escale à Tourane du 10 au 15 mars avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 16 mars au 12 avril, se ravitaillant régulièrement à Haïphong.

Après une ultime escale dans le grand port du Tonkin du 13 au 21 avril, le croiseur léger rentre à Cam-Ranh le 23 avril 1946 à l’aube.

Après une école à feu au large de Cam Ranh du 7 au 10 mai 1946, le croiseur léger effectue une mission de transport rapide entre Saïgon et Tourane du 11 au 15 mai avant une mission de surveillance des mouvements de la marine japonaise depuis l’île d’Haïnan. Cette mission qui à lieu du 17 au 28 mai 1946 ne sera pas reconduite suite aux protestations de l’ambassade du Japon à Paris. Le croiseur léger est de retour à Cam-Ranh le 30 mai 1946.

Le 5 juin 1946, il quitte Cam-Ranh pour un exercice combiné avec le croiseur lourd Duquesne au large de Saïgon. Les deux navires effectuent des simulations de raids antinavires, de bombardements littoraux puis subissent les assauts répétés d’avions de l’armée de l’air basés à Tan-Son-Nuth.

Le 10 juin 1946 alors que les deux croiseurs allaient rentrer à Cam-Ranh, la ville d’Haïphong est secouée par de très violentes émeutes doublées d’une attaque de postes isolés qui ne laissent aucun doute sur le caractère prémédité de l’opération.

La garnison de 5000 hommes est dépassée par les événements et réclame des renforts. Le transport par la mer étant le plus rapide, on ordonne aux deux croiseurs de gagner en urgence Tourane pour embarquer des renforts.

C’est ainsi que le Duquesne embarque 500 légionnaires du 5ème REI alors que le Duguay Trouin embarque 300 hommes du 11ème RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) qu’ils débarquent à Haïphong le 12 juin 1946.

Ces 800 hommes vont former un groupe mobile occasionnel avec des chars Somua S-35 et des automitrailleuses Panhard du GMC. Leur apparition soulage la garnison en repoussant les bandes armées officiellement non identifiées et permettant à la garnison de rétablir l’ordre dans la ville.

Les croiseurs ont participé à cette reprise en main, le Duquesne tirant 58 obus de 203mm pour soulager plusieurs postes attaqués alors que le Duguay-Trouin tirait 120 obus de 155mm, obus explosifs et éclairants pour empêcher les infiltrations nocturnes.

Les deux croiseurs vont rester sur zone jusqu’au 5 août pour éviter que les braises ne se rallument avant de rentrer à Cam-Ranh le 10 août.

Après une période d’indisponibilité du 11 au 31 août 1946, le croiseur léger ressort pour essais du 1er au 5 septembre avant un entrainement combiné avec les torpilleurs légers avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 6 au 21 septembre, étant donc bien loin du lieu d’échouage du croiseur lourd Duquesne.

La marine nationale ayant renoncé à réparer le navire, le Duquesne cesse d’être un navire opérationnel et donc du navire-amiral des FNFEO le 16 septembre 1946 en attendant l’arrivée du Tourville.

En effet dès le 12 octobre 1946 _date du désarmement officiel du Duquesne_, décision est prise de transférer le Tourville en Indochine et de relocaliser le Primauguet à Diego-Suarez. Le croiseur lourd subit une remise en état, un petit carénage étoffé (ou un grand carénage allégé c’est selon) au bassin du 14 octobre au 10 décembre 1946.

Après des essais à la mer du 11 au 14 décembre 1946, le croiseur lourd quitte Diego-Suarez, passant le relais en haute mer au Primauguet le 17 décembre 1946. Il fait escale à Singapour du 21 au 23 décembre avant de mettre cap sur Cam-Ranh où il arrive le 29 décembre 1946.

Après un passage au bassin du 2 au 27 janvier, le croiseur lourd reprend la mer pour essais du 29 janvier au 3 février avant remise en condition en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône du 4 au 20 février 1947.

Le 21 février 1947, le croiseur lourd Tourville devient le navire-amiral des FNFEO en remplacement du Duguay-Trouin

Le 24 février, un incident frontalier oppose des légionnaires français à des soldats thaïlandais pour quelques arpents de terre disputés entre la France et la Thaïlande. La France bien décidée à ne pas se laisser se marcher sur les pieds décide d’effectuer une démonstration navale.

C’est ainsi que le Tourville appareille de Cam-Ranh le 25 février en compagnie du Duguay-Trouin et du pétrolier-ravitailleur Rhône, étant rejoints en mer par l’aviso colonial Amiral Charner venu de Saïgon pour une démonstration dans le Golfe de Thaïlande, démonstration à laquelle ne répond pas la marine thaïlandaise. Cette démonstration s’achève le 4 mars quand les trois navires français mettent cap sur Cam-Ranh où ils arrivent le 7 mars 1947.

Après un dernier entrainement combiné du 12 au 29 mars 1947, le croiseur léger débarque ses munitions puis est échoué au bassin le 4 avril pour un grand carénage. Il y reste jusqu’au 2 octobre 1947 quand il est remis à flot pour des travaux complémentaires jusqu’au 18 octobre.

Armé pour essais le 21 octobre 1947, le Duguay-Trouin est en essais du 22 octobre au 4 novembre avant un stage en remise en condition du 5 au 17 novembre.

Il sort pour une mission de surveillance du Golfe du Tonkin le 20 novembre, patrouillant du 23 novembre au 8 décembre avant une escale à Haïphong jusqu’au 12 décembre quand il reprend la mer pour une nouvelle mission de surveillance jusqu’au 22 décembre quand il met cap sur Cam-Ranh qu’il atteint le 24 décembre dans la soirée, restant au port jusqu’à la fin de l’année.

Le Duguay-Trouin ressort pour entrainement du 5 au 12 janvier avant de patrouiller au large du Delta du Mékong accueillant le 19 janvier 1948, le porte-avions léger Alienor d’Aquitaine qui arrive à Cam-Ranh après 40 jours de traversée depuis la métropole, comité d’accueil également composé du croiseur lourd Tourville.

Son arrivée renforce considérablement le pouvoir de nuisance des FNEO. Sa présence rend quasiment caduque une possible agression thaïlandaise sans pour autant éliminer l’hypothèse d’une intervention japonaise.

Le porte-avions passe au bassin du 21 janvier au 15 février et est en essais du 17 au 22 février. Ce n’est que le 24 février 1948 que le croiseur lourd peut opérer avec le porte-avions. L’Alienor d’Aquitaine et le Tourville vont ainsi s’entrainer en compagnie du Duguay-Trouin et du Rhône jusqu’au 6 mars 1948.

Le croiseur léger ne va pourtant pas opérer de manière régulière avec le porte-avions, effectuant plusieurs entrainements en solitaire du 12 au 18 mars et du 25 mars au 4 avril avant d’enchainer par une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin du 10 avril au 12 mai, se ravitaillant régulièrement à Haïphong. Durant ces patrouilles, il tire une centaine d’obus de 155mm et d’une dizaine d’obus de 90mm contre la terre.

Le pétrolier Niger

Le pétrolier Niger

De retour à Cam-Ranh le 17 mai 1948, il appareille le 21 mai en compagnie du pétrolier Niger pour gagner Balikpapan pour charger du mazout afin d’alimenter les dépôts de Cam-Ranh. Les deux navires font escale à Singapour le 27 mai avant d’arriver à Balikpapan le 3 juin.

Le mazout chargé, le pétrolier et le croiseur reprennent la mer le 5 juin 1948 pour rentrer à Cam-Ranh le 12 juin pour décharger sa cargaison.

Les deux navires reprennent la mer le 14 juin pour aller chercher un nouveau chargement. Arrivés à Balikpapan le 24 juin après la traditionnelle escale à Singapour, le pétrolier charge ses tonnes mazout puis repart avec le croiseur le 26 juin, arrivant à Cam-Ranh le 5 juillet 1948.

Le croiseur et le pétrolier vont encore effectuer trois autres rotations. La première du 7 juillet au 1er août, la seconde  du 3 au 25 août et la troisième du 27 août au 14 septembre 1948.

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