9-Croiseurs légers (1)

9°) CROISEURS LEGERS

Préambule

Le croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé le 8 février 1916

Le croiseur cuirassé Amiral Charner torpillé le 8 février 1916

En 1914, la Royale entra en guerre sans croiseurs légers à la différence des autres marines européennes qui disposaient toutes de navires d’un déplacement d’environ 3000 tonnes, rapides et bien armés (canons de 100 à 152 mm).

Pour opérer dans l’Adriatique, pour patrouiller dans le canal d’Otrante afin d’empêcher une éventuelle percée de la flotte austro-hongroise en Méditerranée, la marine nationale du utiliser de poussifs croiseurs cuirassés.

Cette carence était connue depuis longtemps, le Conseil Supérieur de la Marine s’étant penché sur le problème dès le 17 mai 1909 mais la multiplication des projets fit qu’aucun navire n’était prêt au moment de la déclaration de guerre.

Schéma du convoyeur d'escadrilles

Schéma du convoyeur d’escadrilles

Il s’en était fallu de peu puisque le 10 juin 1914, un projet définitif de «convoyeur d’escadrilles» est présenté et accepté par le Comité technique et approuvé par le ministre de la marine Armand Gauthier De l’Aube, répondant au besoin exprimé par le programme naval de 1912 de dix «éclaireurs d’escadre».

La décision est alors prise de commander trois navires : deux à des chantiers et un troisième baptisé Lamotte-Picquet à l’Arsenal de Toulon qui en est informé par une décision ministérielle du 17 juillet 1914. Les trois navires prévus affichaient les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 4500 tonnes

-Dimensions : longueur 138m de long largeur 13.80m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : quatre turbines développant 40000 ch et entrainant 4 hélices

-Vitesse maximale : 29 nœuds

-Rayon d’action : 3300 miles à 16 nœuds et 775 miles à 29 nœuds

-Protection : cuirassé de 28mm s’élevant au dessus du premier faux pont dans la région centrale (chaudières et machines) avec traverse de 16mm sur l’avant de la chaufferie avant et traverse de 14mm à l’arrière du compartiment arrière des turbines

-Armement : 8 canons de 138mm (modèle 1910) en deux affûts superposés sous des masques dans l’axe à l’avant et à l’arrière et deux latéraux en casemates, 2 canons de 47mm et quatre tubes lance-torpilles de 450mm.

-Équipage : 17 officiers et 340 hommes

La mise sur cale du Lamotte-Picquet était prévue en novembre 1914 et n’aura bien sur pas lieu en raison du conflit. Ce n’était que partie remise car de ce projet de convoyeur d’escadrilles allait déboucher une classe de trois croiseurs légers de 8000 tonnes, les Duguay-Trouin qui symboliseront avec les Jaguar et les Bourrasque la renaissance de la marine nationale sous le magistère attentif d’hommes comme Georges Leygues ou François Darlan.

CL Duguay Trouin

Le Duguay Trouin et ses deux sister-ships symbolisent le renouveau de la Royale

En attendant, la marine nationale fit feu de tout bois. Les clauses navales du traité de Paix signé à Versailles le 28 juin 1919 limitent grandement les forces navales allemandes. Les grands bâtiments gagnent Scapa Flow mais se sabordent le 21 juin 1919.

Il ne reste donc plus que des navires légers. Si la Grande Bretagne et les États Unis n’ont pas besoin de navires supplémentaires, la France et l’Italie ont des carences urgentes pour compenser les pertes de la guerre et l’usure du conflit pour de nombreux navires.

Après de longues discussions toutefois le Conseil Suprême allié dans sa séance du 26 novembre 1919, autorise la France à choisir parmi les navires restants des marines allemandes et austro-hongroises, cinq croiseurs légers et dix torpilleurs.

Le Thionville ex-SMS Novarra de la marine austro-hongroise

Le Thionville ex-SMS Novarra de la marine austro-hongroise

La Royale choisit ainsi quatre croiseurs légers allemands et un croiseur austro-hongrois en l’occurence le SMS Köninsberg rebaptisé Metz et en service de 1921 à 1929, le SMS Regensburg rebaptisé Strasbourg et en service de 1922 à 1929, le SMS Stralsund rebaptisé Mulhouse en service de 1920 à 1931, le SMS Kolberg rebaptisé Colmar et utilisé de 1921 à 1927 et enfin le SMS Novarra, l’ancien croiseur austro-hongrois étant rebaptisé Thionville et utilisé de 1922 à 1932.

L’acquisition d’anciens croiseurs allemands et austro-hongrois n’était qu’une solution paliative pour remplacer les navires trop usés pour être maintenus en service. Il fallait donc penser à la construction de navires neufs.

Pas moins de vingt croiseurs légers vont être construits entre 1922 et 1948 pour équiper la marine nationale, un domaine où l’hétérogénéité est de mise

Le croiseur école Jeanne d'Arc

Le croiseur école Jeanne d’Arc

Le croiseur mouilleur de mines Pluton

Le croiseur mouilleur de mines Pluton

En effet, nous y trouverons à la fois les trois croiseurs de 8000 tonnes de classe Duguay-Trouin (Duguay-Trouin, Lamotte-Picquet et Primauguet) en fin de carrière et parfois considéré en raison de leur absence de protection comme de gros contre-torpilleurs, le croiseur-école Jeanne d’Arc qui se transformera rapidement en navire de guerre une fois le conflit déclenché, du croiseur mouilleur de mines Pluton au destin tragique mais également le «Lévrier des Mers», le splendide mais fragile Emile Bertin.

Le croiseur Emile Bertin

Le croiseur Emile Bertin

Ce dernier servit de véritable prototype aux croiseurs de 7600 tonnes de classe La Galissonnière (La Galissonnière,  Jean de Vienne, La Marseillaise, Gloire, Montcalm et Georges Leygues), navires aux lignes modernes et racées pour l’époque.

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Le croiseur léger La Galissonnière en 1936

Ces derniers furent eux mêmes suivis d’une version améliorée en l’occurrence les six croiseurs légers de classe De Grasse (De Grasse Chateaurenault Guichen Latouche-Tréville Gambetta et Condé) auxquels s’ajoute l’unique croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire destiné au commandement de l’Escadre Légère du Nord et qui annonce les futurs croiseurs légers de l’après guerre.

L’approche de la guerre ralentit sans interrompre le remplacement des Duguay-Trouin qui est assuré par le vote de la tranche 1946 (un croiseur léger type C6) et de la tranche 1948 (deux croiseurs légers type C6), des navires baptisés Dupuy de Lôme, Sully et Louvois étaient à différents stades de construction quand la seconde guerre mondiale éclata, ces trois croiseurs formant la classe Dupuy de Lôme.

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2 réflexions sur “9-Croiseurs légers (1)

  1. Frédéric dit :

    Je signale juste un espace manquant dans le premier paragraphe à 152mm et un accent manquant sur le E de États-Unis au 6e à « Si la Grande Bretagne et les Etats Unis n’ont pas besoin de navires supplémentaires, »

    Je n’était pas au courant pour les croiseurs germaniques dans la Royale.

    • clausmaster dit :

      Merci de ces observations. Il y avait également des sous-marins et des torpilleurs à la fois pour compenser les pertes et l’usure du premier conflit mondial mais également pour progresser technologiquement parlant.

      Je vais poster la suite ce soir avec les Duguay-Trouin

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